Jacques Pugin

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Jacques Pugin

Jacques Pugin, né le 20 mai 1954 à Riaz, est un artiste photographe suisse.

Il est l’un des précurseurs[1] de la technique du Light painting qui consiste à obtenir lors de la prise de vue photographique les traces lumineuses dues soit à l'exposition directe du capteur à la source lumineuse, soit aux objets éclairés. Il intervient dans ses images lors de la prise de vue où a posteriori via les différentes techniques, le dessin, la peinture, les outils numériques. Si, à ses débuts, il travaille sur le corps, son domaine de prédilection est surtout la nature. L’œuvre de Jacques Pugin est caractérisée par son attention particulière aux traces qui témoignent de la présence de l’homme ou des éléments naturels dans le paysage.

Biographie[modifier | modifier le code]

À 18 ans, Jacques Pugin s’installe à Zurich pour devenir photographe, contre la volonté de son père. Suzanne Abelin, qui anime la Galerie 38, une des premières galeries en Suisse dédiée à la photographie, organise sa première exposition personnelle en 1977. Il ouvre son premier atelier en 1978 à Genève. Il effectue un voyage en Grèce, où il réalise un travail photographique qui lui permet d’obtenir en 1979 une bourse fédérale des Arts appliqués (Suisse). Il réalise une série intitulée Graffiti greffés utilisant le Light painting. Il obtient 3 années consécutives la Bourse fédérale des Beaux-arts (Suisse) en 1980, 1981 et 1982[2].

En 1983 il poursuit avec Graffiti rouges, investiguant désormais la couleur.

En 1984 il réalise une série Les jouets, photographies qui entrent dans la collection du Centre Pompidou à Paris et dans la collection de M.et M. Auer qui les publient dans le livre « Une histoire de la photographie » en 2003.

En 1985, lors de la triennale de Fribourg en Suisse, Polaroid met à sa disposition une caméra 50x60cm avec laquelle il réalise la série Les Polaroids, qui intégre la collection éponyme. Il entre dans l’Encyclopédie internationale des photographes, de 1939 à nos jours[3], éditions Camera obscura.

Dans les années 1990, Jacques Pugin s’intéresse aussi aux images de source vidéo qui donnent lieu à une série de photographies intitulée la Montagne Bleue et à un livre du même nom, avec un texte de Jean-Michel Olivier, Éditions Ides et Calendes.

Il réalise ensuite des séries complètes sur le thème de la végétation.

Dans les années 2000, il entreprend de nombreux voyages dans le monde, et en particulier dans les déserts d’Afrique, d’Inde et d’Amérique latine pour un travail de grande envergure intitulé Sacred Sites (2002 à aujourd’hui), soutenu par une bourse de la Fondation Leenaards. Il se consacre aussi depuis 2005 à son œuvre sur le paysage de montagne, la Montagne s’ombre.

En 2013 il termine Les cavaliers du diable, un travail photographique à portée géopolitique commencé en 2008, sur les traces des vestiges de la guerre civile au Darfour.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Graffiti greffés[4] (1978 – 1979). Dans ses photographies des années 1970 Jacques Pugin utilise la lumière comme un crayon qui lui permet de dessiner à l’intérieur même du processus photographique (Light Painting). Il utilise une bougie comme crayon avec laquelle il dessine des formes dans le paysage ou il en souligne les contours. En modifiant les apparences des lieux ou des paysages, en intégrant dans ses photographies des traces qui relient les fils invisibles du présent, du passé et de l’avenir, Jacques Pugin investit symboliquement ses photographies.

Graffiti rouge (1983) Investiguant la couleur avec la technique du light painting le photographe utilise des éléments flotants sur l’eau ou le vent pour symboliser le passage du temps.

Les jouets (1984) Dans cette série les traces lumineuses soulignent et lient des corps et des jouets qui cohabitent sur l’image. Cette œuvre entre dans la collection du Centre George Pompidou à Paris.

La Montagne bleue[5] (1995-1998). Au milieu des années 1990 Jacques Pugin commence à utiliser l'informatique comme outil pour travailler sur l'image réalisée. À l’inverse des artistes du Land Art, qui interviennent dans un paysage donné avec les matériaux du lieu même, et qui photographient ensuite l’ensemble, sa démarche consiste à photographier les paysages bruts. Il intervient ensuite sur l’image, à l’aide de différents outils, en y apportant des lignes droites ou des courbes, et/ou en y ajoutant des ombres et des lumières. Dans son travail La Montagne bleue, il marie à la fois l’outil informatique et les crayons de couleurs, pour un résultat pictural, à mi-chemin entre la photo et la peinture.

Sacred Sites[6] (2001 – 2013). Ce travail photographique soutenu par la bourse de la fondation Leenaards a commencé en 2001. La série reprend le nom Sacred Sites que les aborigènes australiens habitant près du rocher Uluru (Ayers Rock) donnent à leurs lieux sacrés en les entourant avec des enclos afin de les protéger. Aujourd’hui l’artiste continue sous ce titre à photographier des lieux à travers le monde, parcourant ainsi espaces et sites naturels désertiques et dépeuplés. Il photographie des traces qui témoignent de la présence de l’homme dans le paysage et utilise plusieurs moyens pour accentuer ces traces dans l’image. Il propose dans ses photographies une réflexion sur le temps, l'espace et le rapport complexe que l’homme entretient avec la nature. Dans cette série figurent de nombreux enclos, constructions, ou traces d’habitations de nomades caractérisés par leur forme circulaire: Jacques Pugin photographie ces lieux comme des sculptures fabriquées avec les éléments environnants, par les hommes.

La montagne s’ombre[7] (2005 – 2013). Dans cette œuvre le photographe cherche à épurer ses images pour faire ressortir l’essence même de la montagne et sa force. En travaillant essentiellement sur les ombres qui deviennent des traces, il redirige le regard et la pensée vers un autre questionnement.

Les Cavaliers du Diable[8] (2008 – 2013). Pour la première fois Jacques Pugin choisit de travailler non pas sur ses images, mais en utilisant les photos satellitaires tirées de Google Earth. Cette fois les traces sont les vestiges de la guerre civile au Darfour; des exactions perpétuées par les Janjawids (les cavaliers du diable) qui ont violé les femmes, tué les enfants, massacré les populations, avant de brûler les villages, ne laissant rien d’autre que les cendres des maisons et clôtures. Jacques Pugin choisit d’appliquer à ces images un double traitement, d’une part en retirant la couleur, puis en les inversant, signifiant ainsi symboliquement le caractère fondamentalement noir et négatif de la barbarie dont elles sont le témoin. Ce travail s’inscrit dans la continuité des recherches entamées par le photographe en 1979 sur les traces, (Série Graffiti greffés) mais cette fois Jacques Pugin a une démarche plus politique. Alors que le Darfour est très difficile d’accès pour les journalistes reporters, l’artiste questionne le rôle d’internet, en faisant de Google Earth, de manière indirecte, une forme d’outil de reportage, de témoignage vu du ciel.

Bourses[modifier | modifier le code]

  • 1979 Bourse fédérale des Arts Appliqués, Suisse
  • 1980-1981-1982 Bourse fédérale des Beaux Arts, Suisse
  • 1980 Bourse de la Ville de Genève «Lissignol-Chevalier», Suisse
  • 1981 Bourse de la Ville de Genève «Berthoud», Suisse
  • 2001 Bourse de la Fondation Leenaards, Lausanne, Suisse

Collections[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 2014 Getxophoto 2014, Getxo, "Les cavaliers du diable" commissaire d'exposition Christian Caujolle, Espagne
  • 2014 AD Galerie, Nyon, Suisse
  • 2010 Galerie Kowasa, Barcelona, Espagne
  • 2009 Galerie Krisal, Carouge Genève "La Montagne s'ombre", Suisse
  • 2009 Musée de l'Élysée, Lausanne (Suisse)
  • 2006 Galerie Krisal, Carouge Genève "La Montagne s'ombre", Suisse
  • 2005 In Store, Brussels, "Sacred Site", Belgique
  • 2004 Galerie Chambre Claire, Annecy "La Montagne Bleue et Sacred Site", France
  • 2002 Galerie Osmoz, Bulle (FR) "La Montagne Bleue", Suisse
  • 2002 Galerie Krisal, Carouge Genève « Les déserts », Suisse
  • 2000 Photoforum PasquArt Bienne, Bienne, "La montagne bleue", Suisse
  • 1999 Galerie Fischlin, "Traversée du désir", Nyon, Suisse
  • 1995 Galerie Fischlin, Genève, Suisse
  • 1993 Photoforum Pasquart, Bienne, Suisse
  • 1990/91 Centre de la Photographie Genève, Suisse
  • 1990 Galeria SPECTRUM (en collaboration avec le CENTRE DE LA PHOTOGRAPHIE GENEVE), Zaragoza, Espagne
  • 1988 Palais des Congrès et de la Culture, dans le cadre du festival de l’image de la ville du Mans, Le Mans, France
  • 1987 Musée de l’Élysée, Lausanne, Suisse
  • 1984 Maison de la Culture de Rennes, Rennes, France 1984 Galerie Espace UN, Genève, Suisse
  • 1983 Galerie Canon, Amsterdam, Pays-Bas
  • 1983 Galerie Fotografia Oltre, Chiasso, Suisse
  • 1983 Galerie Viviane Esders, Paris, France
  • 1982 Galerie Suzanne Kupfer, Bienne, Suisse
  • 1982 Galerie Canon, Genève, Suisse
  • 1981 Galerie Viviane Esders, Paris, France
  • 1980 Galerie Edwind Engelberts, Genève, Suisse
  • 1979 Galerie Jean-Jacques Hofstetter, Fribourg, Suisse
  • 1977 Galerie des Pas Perdus, Bulle, Suisse
  • 1977 Galerie 38, Zurich, Suisse

Livres / Catalogues[modifier | modifier le code]

  • 2006 Livre coffret, 36 photographies de Jacques Pugin, accompagnées d'un texte de Daniel Girardin, conservateur du Musée de L'Élysée à Lausanne
  • 1998 Livre "La montagne bleue", avec un texte de Jean-Michel Olivier, Collection Photoarchives 10, Ides et Calendes, Neuchâtel, Suisse.
  • 1990 Catalogue "Jacques Pugin" SPAS Locarno, Suisse
  • 1990 Catalogue "Trace dans le monde physique" Centre de la Photographie, Genève, Suisse
  • 1983 Catalogue, Galerie Fotografia Oltre, Suisse
  • 1982 Catalogue «Espace-Ligne» Canon Gallery, Genève, Suisse
  • 1980 «Graffiti greffés I» portfolio, Galerie E. Engelberts, Suisse «Graffitis greffés II» portfolio, Galerie E. Engelberts, Suisse «Cinq mètres» Galerie E. Engelberts, Suisse
  • 1979 Catalogue «Graffiti greffés» Galerie E. Engelberts, Genève, Suisse

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]