Jacques Perconte

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Jacques Perconte

Nom de naissance Jacques Perconte
Naissance 23 octobre 1974
Grenoble
Nationalité Français Drapeau de la France
Activités Artiste plasticien

Jacques Perconte est un réalisateur de films expérimentaux et un plasticien français né en 1974. Son film Après le feu a fait le tour du monde des festivals.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1974 à Grenoble,  Jacques Perconte vit et travaille à aujourd’hui à Paris après avoir passé une vingtaine d’années dans le Sud-Ouest. Même s'il est reconnu comme l'un des pionniers français de l'art sur internet[1],[2], c'est avant tout l'un des touts premiers à avoir envisagé la vidéo numérique comme un médium. Il a ouvert la voie du travail par les codecs (travail sur la compression et la décompression) et à avoir donné au numérique une nouvelle dimension picturale[3].

«Après le dessin j'ai découvert la peinture puis la vidéo, l'informatique et les réseaux. Je suis passé par les cours du soir des Beaux-Arts, par l'université, par le CNRS. Arts plastiques, cinéma, philosophie, design interactif, systèmes d'information, stratégie d'innovation… J'ai plongé dans le numérique en 1995. » Jacques Perconte explore le corps, le paysage et la couleur à travers les supports numériques. Après une entrée en matière très classique par le dessin et la peinture, Internet et la vidéo ont été les grands points de départ. Ses premiers films datent de 1995 et ses premières œuvres internet de 1996-1997. Ses œuvres circulent depuis 1997. En 2010 la cinémathèque française lui offert deux cartes blanche[4]. En 2013 le festival Côté Court[5]lui consacre son focus et programme presque une trentaine de films [6],[7]. Il est représenté à Paris par la Galerie Charlot.

Œuvres[modifier | modifier le code]

« Jacques Perconte pratique la photographie, la vidéo, la création numérique et la musique ; il explore les ressources conjuguées du corps, du paysage et de la couleur détachés d'une inscription limitative et contraignante. Caractérisée par l'altération programmée, par la puissance entraînant toute production dans la tension d'un flux constamment renouvelé, son œuvre est avant tout destinée à être vécue, partagée dans une expérience à la fois ouverte, mouvante et resserrée. Son sens réside moins dans les forces qui s'y dépensent que dans les états affectifs suscités. Il ne consiste pas en la cohérence issue d'une structure unifiée, mais dans l'énergie d'une déambulation intime s'offrant à l'imagination en changeant constamment la nature de sa focalisation. »

— Didier Arnaudet, 2008[8]

Il est membre de plusieurs collectifs d'artistes : fondateur du groupe de recherche metamorph[9], membre de la communauté internationale Rhizome (en) depuis 1998[10], membre fondateur de l'association paradoxal[11], membre fondateur du collectif ewmo[12], membre du collectif Pavu.com (2001), membre fondateur du premier collectif délocalisé de netart français Lieudit [13] et du collectif Jeune cinéma [14].

Il collabore fréquemment avec d'autres artistes, on peut compter parmi eux Michel Herreria (peintre), Didier Arnaudet (poète), Marc Em (musicien), Hugo Verlinde (cinéaste), Léos Carax dans Holy Motors[15],[16], Jean-Benoit Dunckel, Julie Rousse, Eddie Ladoire, Simonluca Laitempergher, Hélène Breschand, Jean-Jacques Birgé, Vincent Segal, Antonin-Tri Huang[17] et Jeff Mills[18],[19],[20]

Jacques Perconte essaie d'ouvrir son travail et sa démarche à des fins pédagogiques pour désacraliser la position de l'artiste et partager chaque étape de la réflexion à la conception. De plus en plus sur chaque œuvre il porte une attention particulière à la conservation des éléments fondateurs et à la fabrication d'images documentaires. [réf. nécessaire]

Avis critiques[modifier | modifier le code]

« Comme rien de la machine ne lui est étranger, Jacques Perconte sait pousser celle-ci à ses limites, penser à partir de ses insuffisances, créer en fonction de ses erreurs. La machinerie informatique pour lui n’est pas fidèle au monde en ce qu’elle serait capable d’en enregistrer et traiter les apparences, mais parce qu’elle peut dégager des vibrations, en particulier chromatiques, non pas mimétiques, mais analogues aux vibrations du réel. Auteur d’une vingtaine de films, de plusieurs expositions monographiques, il déclare :  « Je ne cherche pas, je m’aventure !  »

— Nicole Brenez, 2011

« Dans l’obscurité de la salle de cinéma ou dans l’espace tamisé de la galerie, l’emprise des images de Jacques Perconte est saisissante. Il y va d’une densité des formes qui s’auto-génèrent jusqu’à leur disparition. Pulsations et ressacs, pures intensités chromatiques créent une texture épaisse, alors que d’énormes pixels font que les couleurs se diluent, circulent, se rependent d’un plan à l’autre. L’extrême fidélité et la précision mimétique de l’image numérique sont détournées dans un acte radical qui s’attaque à la racine binaire de l’information numérique pour mieux accéder à l’essence vibratoire du réel. »

— Smaranda Olcèse « Jacques Perconte : Art numérique à la galerie Charlot », 2012[21]

Le film Impressions est qualifié par Nicole Brenez de « fresque sur les paysages de Normandie qui renouvelle les formes du montage[22]. »

Sur le film Après le feu :

« Jacques Perconte place dans une perspective nouvelle cette approche, simple et minimale, qui doit se traduire dans un processus de transformation du visible afin d’en éprouver, ou d’en révéler, des qualités nouvelles, Après le feu se donne comme un long travelling filmé en plan-séquence, depuis un train qui traverse les terres brûlées de Corse. Par une série de compressions successives, Jacques Perconte nous fait perdre de vue la réalité pour entrer en contact avec sa puissance plastique. »

— Rodolphe Olcèse, « L’expérience filmique du monde », 2011[23]

« L’image prend la texture des braises, des flammes et des vagues incandescentes. Elle fond, se liquéfie, se délite, attaquée par des couleurs fortes et saturées. Seul le chemin de fer garde son obstination qui nous mène toujours plus loin dans les profondeurs de l’image – paysage. La couleur s’épuise, des aplats, des murs de « non-couleur » obscurcissent le travelling. L’abstraction appelle des formes nées d’elles-mêmes. »

— Smaranda Olcèse « Jacques Perconte : Art numérique à la galerie Charlot », 2012[21]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2013 : La Chinoise 115, 2e
  • 2012 : Arvore Da vida
  • 2012 : Chuva (Sélectionné en Compétition Expérimental / Essai / Art vidéo 2013 au festival de Pantin Côté Court[24]
  • 2012 : Dépaysages (expérience live) HD
  • 2012 : Impressions[25] HD 48min, production Triptyque films, musique originale Simonluca Laitempergher
  • 2012 : Libres
  • 2012 : Les Moutiers
  • 2011 : Fontainebleau (diptyque)
  • 2011 : Silence Lurks
  • 2010 : Après le feu[26] HD 7min, production Triptyque films, musique originale Arnaud Castagné
  • 2009 : Le Passage
  • 2008 : Pauillac, Margaux[27] HD 10min.
  • 2007 : Uishet[28] HD 13min.
  • 2007 : White Altaïr[29] (d'après Hugo Verlinde) 3min.
  • 2007 : Le Soleil de Patiras [30] 3min.
  • 2006 : M’pempba, avec Roger Djiguembé
  • 2005 : Octobre[31] 2min.
  • 2005 : Saint Augustin SD 10min.
  • 2005 : Starkles 38min.
  • 2005 : Uaoen[32] SD, 29min.
  • 2003 : Isz[33] SD, 17min.
  • 2003 : Snsz[34] SD 29min
  • 2002 : Nszra[35] SD
  • 2002 : Esz[36] SD 4min.
  • 2002 : Xsz[37] SD 4min.
  • 2001 : Phex SD 145min.
  • 2001 : Tempo e pause SD 60min.
  • 2001 : Matre zias e imaji imacul SD 132min.
  • 1999 : Promenade SD 11 min.
  • 1998 : Corps numériques SD 44min.
  • 1997 : Ncorps SD 43min.
  • 1997 : Sables SD 63min
  • 1999 : Razer SD 6min.

Performances[modifier | modifier le code]

  • 2014 : Mille lumières, avec julie Rousse [38]
  • 2013 : Extension Sauvage, avec Jeff Mills [39]
  • 2012 : Dépaysages, avec Jean-Jacques Birgé, Vincent Segal et Antonin-Tri Hoang [40])


Photographie[modifier | modifier le code]

  • 2008 : It's all about love, exposition (Pessac, Lyon, Villefranche-sur-Saône, Paris, Bagnolet)[41]
  • 2007 : Nybc[42]
  • 2005 : Puppe & Ottavio[43]
  • 2002 : Corps Numériques
  • 1999 : Chloé[44]

Installations[modifier | modifier le code]

  • 2010 : François Mauriac[45] Châlet Mauriac à Saint-Symphorien, France
  • 2008 : Soldes d'hiver : Installation monumentale in situ réalisée pour les soldes d'hiver 2008 au magasin de chaussureschez Michard Ardillier, à Bordeaux, patrimoine mondial de l'UNESCO[46] Bordeaux, France
  • 2007 : Entre le ciel et la terre Evry, France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annick Rivoire poptronics, 2008, la Galerie Bordelaise au pied du mur
  2. Entretien avec Gabriel Soucheyre, Revue Turbulences Vidéo, Vidéoformes 2012 Turbulences vidéo no 78
  3. Damien Marguet, Jacques Perconte : « Image de l’invisible », 2009, Revue Turbulences Vidéo turbulences vidéo no 78
  4. Émergence des styles numériques, une approche physique Première carte blanche à la cinémathèque française Seconde carte blanche à la cinémathèque française
  5. Festival Côté Court Festivals de cinéma en France La liste des festivals de cinéma en France
  6. Focus Jacques Perconte Festival Côté Court 2013
  7. Jacques Perconte : Côté court. Focus Paris art, juin 2013
  8. Didier Arnaudet. Art Press, mai 2008, no 345
  9. Metamorph : rapprochements entre arts et science affilié au CNRS dans le cadre du SIRA dirigé par Robert Vergnieux, 1997-2000.
  10. Le profil de Jacques Perconte sur le site de Rizhome.org souligne son appartenance à la communauté depuis sa fondation.
  11. Paradoxal : collectif de cinéma indépendant en Aquitaine 1999-2005.
  12. Ewmo : collectif : installations et performances de musique et vidéo électronique 2001-2004.
  13. Lieudit, avec entre autres Yann Le Guennec, Annie Abrahams, Pierre Cuvelier, Nicolas Frespech, Antoine Moreau, Karen Dermineur
  14. Première coopérative de diffusion du cinéma expérimental fondée, en France, en 1971 Site du collectif Jeune Cinéma
  15. Traitement de l'image dans Holy Motors Holy Motors sur Wikipedia
  16. Équipe technique du Film Holy Motors Dossier officiel du film, Fetsival de Cannes 2012
  17. Birgé Hoang Segal dimanche sur un film de Jacques Perconte traité en temps réel blog culture sur Médiapart, 16 novembre 2012
  18. Wild Extension; festival extension Sauvage page officielle du festival 2013
  19. Smaranda Olcèse, « extension sauvage : retour sur un festival qui a du corps… Un live prodigieux : Jeff Mills et Jacques Perconte », Inferno,‎ 12 juillet 2013 (lire en ligne)
  20. Jeff Mills et Jacques Perconte lancent Extension sauvage journal Ouest France, 29 juin 2013
  21. a et b Smaranda Olcèse, « Jacques Perconte : Art numérique à la galerie Charlot », Toute la culture,‎ 5 mars 2012 (lire en ligne)
  22. Nicole Brenez, 2011: The year in review, 2011 Sight and Sound 1er janvier 2012, no 22
  23. Rodolphe Olcèse, « L’expérience filmique du monde », 2011 Art Press 2 mai 2011, no 21
  24. Site du festival de Pantin
  25. Impressions sur le site de Jacques Perconte
  26. Après le feu sur le site de Jacques Perconte
  27. Pauillac, Margaux sur le site de Jacques Perconte
  28. Uishet sur le site de Jacques Perconte
  29. White Altaïr sur le site de Jacques Perconte
  30. Le Soleil de Patiras sur le site de Jacques Perconte
  31. Octobre sur le site de Jacques Perconte
  32. Uaoen sur le site de Jacques Perconte
  33. Isz sur le site de Jacques Perconte
  34. Snsz sur le site de Jacques Perconte
  35. Nszra sur le site de Jacques Perconte
  36. Esz sur le site de Jacques Perconte
  37. Xsz sur le site de Jacques Perconte
  38. Mille lumières'
  39. 'Wild Extension
  40. Dépaysages sur le site de Jean-Jacques Birgé
  41. It's all about love
  42. Nybc sur le site de Jacques Perconte
  43. Puppe & Ottaviosur le site de Jacques Perconte
  44. Chloé sur le site de Jacques Perconte
  45. % François Mauriac sur le site de Jacques Perconte
  46. Soldes d'hiversur le site de Jacques Perconte

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]