Jacques Ozanam

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Jacques Ozanam, né le à Sainte-Olive (Ain) et mort le à Paris, est un mathématicien français. Il est surtout connu pour ses différents écrits mathématiques, dont un portant sur des tables trigonométriques et logarithmiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit dans une riche famille catholique, dont la tradition familiale disait qu'elle était autrefois juive et avait été convertie au catholicisme en 607 par saint Didier. Quoiqu'il eût commencé l'étude de la théologie pour complaire à son père, il se sentait plus fortement attiré par les mathématiques, qu'il maîtrisa sans l'aide d'un précepteur. À l'âge de quinze ans il rédigea un traité de mathématiques. À la mort de son père, il renonça à la théologie qu’il avait étudiée pendant quatre ans et commença, à Lyon, à donner gratuitement des leçons privées de mathématiques. Plus tard, comme les biens de la famille étaient entièrement passés à son frère aîné, il dut à contrecœur accepter d’être payé.

En 1670, il publia des tables trigonométriques et logarithmiques plus précises que celles d'Adriaan Vlacq, de Pitiscus et de Henry Briggs qui existaient alors. Un acte de charité (il avait prêté de l’argent à deux étrangers) attira sur lui l’attention de Henri d'Aguesseau, père du chancelier, qui l’invita à s’établir à Paris. Là, il connut la prospérité et une vie heureuse pendant plusieurs années. Il se maria, eut une grande famille et tira des revenus suffisants des leçons privées de mathématiques qu’il donnait surtout à des élèves étrangers.

Jacques Ozanam confie au docteur Élie Richard, médecin à La Rochelle, le soin de réaliser un prototype d'un véhicule « dans lequel on pourrait se déplacer, sans chevaux ». Cet ancêtre de la voiture est décrite dans le 21e des cinquante problèmes de mécanique formant la première partie du tome II de ses Récréations Mathématiques et Physiques qui contiennent plusieurs problèmes utiles et agréables [...], publiées en 1696. Derrière le conducteur, qui tient dans ses mains les rênes, se tient debout un valet qui actionne avec les pieds deux planches montées sur ressort, donnant ainsi l'impulsion au charriot.

Ses publications mathématiques étaient nombreuses et bien accueillies. Le manuscrit intitulé Les six livres de l'Arithmétique de Diophante augmentés et réduits à la spécieuse mérita l'éloge de Leibniz. Récréations, traduit plus tard en anglais et bien connu aujourd'hui, fut publié en 1694. Ozanam fut élu à l'Académie royale des sciences en 1701. La mort de sa femme le plongea dans la douleur la plus profonde et la perte de ses élèves étrangers, due à la Guerre de Succession d'Espagne, le réduisit à la pauvreté. Il mourut à Paris le 3 avril 1717.

Il a été honoré plus à l'étranger que dans sa patrie. Il était dévot, charitable, courageux et de foi simple. Au temps où il était un jeune homme, il avait su vaincre sa passion pour le jeu. Il avait l'habitude de dire qu'il appartenait aux docteurs de la Sorbonne de discuter, au pape de décider, et à un mathématicien d'aller au ciel par une ligne perpendiculaire.

Date du décès[modifier | modifier le code]

Selon l'éloge de M. Ozanam prononcé par Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Jacques Ozanam est décédé le dimanche 3 avril 1717. Mais ceci soulève quelques points d'interrogation. Selon des membres de sa famille, le décès serait survenu le dimanche 3 avril 1718. Voici quelques éléments avancés par un membre de la famille en faveur de cette thèse.

  • Le Bouyer de Fontenelle parle du dimanche 3 avril 1717 : or c'était un samedi, alors que le 3 avril 1718 était bien un dimanche[1].
  • MM. Robert Courrier et Louis de Broglie, secrétaires perpétuels de l'académie, ont confirmé dans une lettre à la famille les points suivants : Jacques Ozanam était présent à la séance du 5 mars 1718. Sa mort fut annoncée à la séance du 9 avril (1718). Son éloge par Fontenelle fut lu le 27 avril 1718.
  • Le testament olographe de Jacques Ozanam daté du 22 janvier 1718 et l'inventaire après décès de ses biens daté du 8 avril 1718 se trouvent dans les archives nationales sous la côte Z.2, 3622, année 1718.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Tables des Sinus, Tangentes et Sécantes et des Logarithmes de sinus et des tangentes ; et des nombres depuis l’unité jusques à 10000. Avec un traité de Trigonométrie par de nouvelles Démonstrations & des Pratiques très-faciles, Chez l’Auteur et Estienne Michallet, Paris, 1685 ; Ch. A. Jombert, 1741.
  • Traité des lignes du premier gene, expliquées par une méthode nouvelle et facile. Traité de la construction des équations, pour la solution des problèmes indéterminez. Traité des lieux géometriques expliqués par une méthode courte et facile, Paris, Michallet, 1687.
  • L'Usage du Compas de Proportion expliqué et démontré d'une manière courte et facile et augmenté d'un Traité de la division des Champs, Étienne Michallet, 1688 ; Jombert, 1769. Texte en ligne
  • Methode de Lever les Plans et les Cartes de terre et de Mer, avec toutes sortes d'Instrumens, & sans Instrumens. La description & l'usage de ces Instrumens, qui sont le Demi-cercle, la Planchette de diverses facons, la Boussole, l'Instrument universel, & le Recipiangle. Et la maniere de faire les remarques des marees, courants, ecueils, &c. & de lever les Plans des Villes ennemies, Paris, Michallet, 1693 ; Paris, Claude Jombert, 1716.
  • Récréations mathématiques et physiques, qui contiennent plusieurs problèmes d'arithmetique, de géometrie, de musique, d'optique, de gnomonique, de cosmographie, de mécanique, de pyrotechnique, & de physique. Avec un traité des horloges elementaires, 1re édition, Paris, Jombert, 1694 ; 2e édition, 2 volumes, Jombert, 1725 ; Jombert, 1735 ; nouvelle édition, rev., corr. & augm., 4 volumes, Paris, Jacques Rollin, 1750 ; Firmin-Didot, 1790. L'ouvrage apporte une approche ludique des mathématiques à travers nombre de problèmes distrayants et techniques nouvelles de calcul tels la « multiplication par les doigts ». Cette édition est considérée comme la plus pertinente parue jusqu'alors et comporte un traité des horloges élémentaires de Domenico Martinelli, une longue dissertation sur les lampes perpétuelles et surtout des « tours de gibecière » (tours de prestidigitation). Texte en ligne sur Gallica 1 2 3 4 et sur le site du CNUM
  • Cours de mathématique, qui comprend toutes les parties les plus utiles & les plus nécessaires à un homme de guerre, & à tous ceux qui se veulent perfectionner dans cette science, 5 volumes, Paris, Jean Jombert, 1697.
  • Méthode facile pour arpenter ou mesurer toutes sortes de superficies, et pour toiser exactement la maçonnerie, les vidanges des terres, & tous les autres corps, dont on peut avoir besoin dans la pratique ; avec le toise du bois de charpente selon la Coutume de Paris, & un traité de la séparation des terres, Paris, Jombert, 1699 ; 1725 ; 1747.
  • La Fortification Régulière Et Irrégulière Qui Comprend la Construction L'attaque & la Défense de Toutes Sortes de Places, Claude Jombert, 1711.
  • Traité de fortification contenant les méthodes anciennes et modernes pour la construction et la deffense des places, et la manière de les attaquer, expliquée au plus long qu'elle n'a été jusques à présent, Paris, Jean Jombert, 1694 [1]
  • La Perspective Théorique et Pratique, où l’on enseigne la manière demettre toutes sortes d’objets en perspective, tirée du Cours de Mathématique. Paris, Claude Jombert, 1711
  • Les elemens d'Euclide du R. P. Dechalles, de la compagnie de Jesus ; et de M. Ozanam, de l'academie des sciences. Demontres d'une maniere nouvelle & facile, & augmentes d'un grand nombre de propositions & d'usages, & d'un traite complet des rapports, Jombert, 1735 ; 1753.
  • La gnomonique, ou l'on donne par un principe general la maniere de faire des cadrans sur toutes sortes de surfaces, & d'y tracer les heures astronomiques, babylonniennes & italiques, les arcs des signes, les cercles des hauteurs, les verticaux & les autres cercles de la sphere, Paris, Quay des Augustins, chez Charles-Antoine Jombert, 1746.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ceci peut être vérifié par exemple sur un site personnel http://actu63.free.fr/perpetuel.htm.

Liens externes[modifier | modifier le code]