Jacques Le Brigant (1720-1804)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Jacques Le Brigant)
Aller à : navigation, rechercher

Jacques Le Brigant, né à Pontrieux en 1720 et mort en 1804, fut avocat au Parlement de Bretagne et celtisant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il ne plaida guère, préférant passer son temps à étudier l'histoire de la Bretagne et la langue bretonne dont il devint l'un des plus ardents promoteurs. Il fut l’un des premiers celtomanes, mouvement qui allait éclore de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XIXe siècle, avant que les études scientifiques ne remplacent ce type de travaux.

Jacques Le Brigant imagine que le breton est la langue-mère de tous les idiomes et prétend pouvoir comprendre de nombreuses langues. Sa devise, valant programme, était : « Celtica negatur, negatur orbis » (« Qui nie la Celtie, nie l'Univers »). On l'affubla du surnom de « Prince des Celtomanes »[réf. nécessaire]. Il fonda, avec Jacques Cambry, l’Académie celtique le 30 mars 1804.

« Ses excès et sa puérilité rendent [sa] tâche difficile. Voltaire, qu'il a croisé en Hollande, se moque de lui. Dans les salons parisiens, on se gausse et on lui tend un piège. On lui propose de servir d'interprète à un jeune Tahitien qui n'est, en fait, qu'un garçon des rues hurlant des sons gutturaux sans aucun sens. Le Brigant affirme qu'il peut le comprendre, provoquant l'hilarité de l'assemblée[1].[réf. incomplète] »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éléments de la langue des Celtes Gomérites ou Bretons. Introduction à cette langue et, par elle, à celles de tous les peuples connus, 64 pages, publié à Strasbourg par Lorenz et Schouler, en 1779. Consultable sur la bibliothèque numérique de l'Université Rennes 2
  • Observations fondamentales sur les langues anciennes et modernes ; ou de l'Ouvrage intitulé : la langue primitive conservée. Prospectus ; Advertissement sur les notes ; 1. Langues orientales ; 2. Observations sur les traductions ;3. Différences entre les synonymes apparens ; 4. Chinois ; 5. Sanscrit ; 6. Galibi ; 7. Langue de l'île de Tahiti  ; 8. Dictionnaires celtiques. 1787.
    Dans cet essai présenté comme « prospectus » d’un grand traité qui ne parut jamais, l'auteur livre l'essentiel des recherches qui occupèrent une partie de sa vie et qui le poussèrent à abandonner ses fonctions d'avocat au Parlement de Bretagne  : démontrer que le celte est la langue originelle, matrice de toutes les autres, et rechercher ses dérivés dans les langues anciennes, les langues orientales, en particulier le chinois et le sanscrit, le « caraïbe » ou le tahitien. Des tableaux comparatifs, un essai sur la traduction et des analyses critiques des dictionnaires celtiques en font l'un des premiers essais de linguistique comparée. Un autre membre du Parlement de Bretagne, l'économiste physiocrate Louis-Paul Abeille participa à la rédaction de cet ouvrage.

Source[modifier | modifier le code]

  • Marc Décimo, La celtomanie au XIXe siècle, Bulletin de la Société de linguistique de Paris, t. XCIII (1998), fasc. 1, Paris-Louvain, Peeters, p. 1-40.
  • V. Tourneur, Esquisse d’une histoire des études celtiques, 1905

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erwan Chartrier-Le Floch, Journal Le Télégramme n° 738 du 1er avril 2012