Jacques Joseph Viennet

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Jacques Joseph Viennet, né à Béziers le 14 avril 1734, mort à Béziers le 12 août 1824, est un homme politique français, membre de la Convention en 1792.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était issu d'une famille d'origine italienne, qui remonterait à un lieutenant de Didier, roi des Lombards. À l'âge de 18 ans, il fut gratifié d'un canonicat au chapitre de Capestang, mais il y renonça deux ans plus tard, pour embrasser la carrière des armes, entrant comme officier dans le régiment des dragons du Languedoc. Il fit les campagnes de Hanovre (1757-1759) et participa aux derniers conflits de la guerre de Sept Ans. À la fin de celle-ci, en 1763, son régiment fut licencié, et il vécut alors dans la retraite jusqu'à la Révolution française.

Officier municipal de Béziers en 1790, il fut élu, le 9 septembre 1791, député de l'Hérault à l'Assemblée législative, le 8e sur 9, par 233 voix sur 420 votants. Il siégea parmi les modérés. Réélu le 4 septembre 1792 par le même département, avec 409 voix sur 484 votants, il contesta à l'Assemblée le droit de juger Louis XVI. Il déclara à cette occasion : « Je ne me suis jamais cru autorisé par nos commettants à me constituer juge ; j'ai toujours pensé qu'une assemblée de législateurs ne pouvait s'ériger en tribunal judiciaire ; que le même corps ne pouvait à la fois exercer la justice et faire les lois ; que cette cumulation de pouvoirs serait une monstruosité. La précipitation avec laquelle vous avez décidé que vous jugeriez Louis donnera à vos ennemis une ample matière de la plus amère et peut-être de la plus juste des critiques. ». Pressé de répondre, il poursuivit : « Interpellé de déclarer si Louis est coupable, j'ai répondu Oui. On me demande aujourd'hui le genre de peine qui doit être appliqué à Louis, je réponds : nul ne peut être puni que par les lois préexistantes aux crimes qu'il a commis. La seule qui existe contre Louis est la prévention de l'abdication de la royauté. » Il vota pour la réclusion du roi pendant tout le temps de la guerre, l'appel au peuple et le sursis.

Dans une altercation qu'il eut avec Marat, celui-ci ayant tiré un pistolet de sa poche, Viennet lui saisit le bras et l'invita à venir se battre le lendemain au bois de Boulogne ; mais Marat déclina l'invitation.

Viennet combattit les propositions de Voulland qui prétendait révolutionner l'Hérault, et fut nommé, avec Cochon de Lapparent, commissaire à la remonte de la cavalerie des 14 armées de la République. Il donna dans ce poste des preuves de probité. Élu le 13 octobre 1795 député de l'Hérault au Conseil des Anciens par 193 voix sur 232 votants, et de l'Aisne par 286 voix sur 326 votants, il fut sociétaire de cette assemblée, où il siégea jusqu'en mars 1798. À partir de cette date, il ne reparut plus sur la scène politique.

Il était le père de Jean-Pons-Guillaume Viennet et le frère du prêtre Louis Esprit Viennet, qui fut, pendant quarante ans, curé de l'église Saint-Merry à Paris, et qui, en 1790, prêta serment à la constitution civile du clergé.

Sources[modifier | modifier le code]