Jacques Coghen

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Jacques Coghen

Le comte Jacques-André Coghen (1791-1858) est un négociant, un financier et un homme politique belge de tendance libérale[1]. Il est élevé au rang de comte en 1839.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Coghen, que des généalogistes complaisants ont fait descendre d'une famille de pairs irlandais, est né à Bruxelles le 31 octobre 1791 de Joseph Coghen (1749-1820), apothicaire à Bruxelles, et d’Isabelle Stielemans. Il descendait d'une ancienne famille[2] de Diest dont les ancêtres au XVIe siècle étaient bouchers et marchands de chevaux et qui commença dès le XVIIe siècle à faire partie des magistrats de la vieille cité campinoise. Il épousa, le 17 mai 1821, Caroline Rittweger, dont il eut plusieurs enfants.

Il était, lorsque la révolution belge éclata, l'un des négociants les plus considérés de Bruxelles. Déjà à cette époque, il avait occupé les fonctions honorables de membre et de président du tribunal de commerce et de membre de la chambre consultative de commerce. Les troupes néerlandaises s'étaient à peine retirées de la capitale de la Belgique que le gouvernement provisoire, par un arrêté en date du 28 septembre 1830, nommait Jacques Coghen administrateur général des Finances, poste éminent et difficile qu’il occupait encore au moment de la réunion du Congrès national.

Lors des premières élections pour la formation des conseils de régence ou conseils communaux au mois d’octobre 1830, Jacques Coghen fut l'un des citoyens que les Bruxellois envoyèrent siéger à l'hôtel de ville, et son mandat, renouvelé en 1836, ne cessa qu'en 1840. Il n'est pas inutile de rappeler qu’à cette époque sa détermination de ne plus rester membre du conseil fut provoquée par l'opposition que rencontra dans cette assemblée le projet de reconstruire le palais de justice au quartier Léopold, projet qui était patronné par des sociétés financières et en particulier par la Société civile pour l'agrandissement et l'embellissement de Bruxelles, dont Jacques Coghen était l'un des fondateurs.

Coghen aurait aussi siégé au Congrès national s'il avait cru devoir accepter l'offre qui lui en fut faite ; mais, en 1831, il entra à la Chambre des représentants comme député de l'arrondissement de Bruxelles et fut réélu en 1833, en 1837 et en 1841. Éliminé en 1845 lorsque la lutte devint plus vive entre les deux partis qui divisait le pays, il fut envoyé, en 1848, par les électeurs du même arrondissement au Sénat, dont il resta membre jusqu'à sa mort et dont il était l'un des vice-présidents lorsqu'il expira.

Jacques Coghen figura dans le premier ministère que forma le roi Léopold Ier, le 24 juillet 1831. Il conserva le portefeuille des Finances jusqu'au 20 octobre 1832 et traversa ainsi une période difficile, marquée par la campagne des Dix-Jours. C'est à lui qu'on doit la réorganisation de cette branche importante des services publics.

Rentré dans la vie privée il se livra avec ardeur aux grandes entreprises financières, industrielles et commerciales et son nom fut attaché à la création de la plupart des importantes associations qui se formèrent à cette époque, telles que la Société de mutualité industrielle, la Société des manufactures de glaces, etc., dont il fut, dès leur création, l'un des administrateurs. Il était aussi devenu l'un des directeurs de la Société générale pour l’industrie nationale.

Il fut également membre du conseil supérieur de l'École centrale du commerce et de l'industrie[3].

Jacques Coghen s'occupa, avec succès, de la conclusion d'un emprunt pour la cour de Rome, et en fut récompensé par le titre de comte, que le pape Grégoire XVI lui accorda, le 7 avril de l’année suivante. Quelque temps après, le premier Roi des Belges, qui avait eu l'occasion d’apprécier son mérite et son intégrité, sanctionna en quelque sorte cette distinction en lui conférant le titre de comte pour lui et ses descendants du sexe masculin (arrêté royal du 30 décembre 1837). Jacques Coghen fut en outre décoré de la Croix de fer et devint, successivement, chevalier, officier (9 juin 1837) et commandeur (1er juin 1845) de l'ordre de Léopold ; il fut créé par le gouvernement français officier de l'ordre de la Légion d'honneur.

Il est mort à Bruxelles le 16 mai 1858.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Bartelous, Nos Premiers Ministres, de Léopold Ier à Albert Ier, 1983, Bruxelles, éd. J.M. Collet, p. 23.
  2. Lire concernant cette famille, dont une branche restée au lieu d'origine existe toujours actuellement :
    • Étienne Cogen, Jacques-André graaf Coghen : zijn afstamming, leven, werk en nakomelingschap = Jacques-André Comte Coghen : ses origines, sa vie, ses activités et sa descendance, Gand, 1998.
    • Étienne Cogen et Alice Demeyer, Uitvoerige genealogie van de familie Cogen van 1300 tot 1993, Vol. 1-2, Gand, 1994.
    • François Houtart, Liste des familles belges par ancienneté, Bruxelles, 2008. (cet auteur donne comme date d'ancienneté prouvée l'an 1483).
  3. Almanach Royal et du Commerce de Belgique pour l’an M DCCC XXX VIII, présenté à Sa Majesté, Bruxelles, Imprimerie Balleroy, 1838 : "ECOLE CENTRALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE , Rue Royale Neuve, 53. Conseil supérieur, MM.Le baron de Stassart, président du sénat et gouverneur du Brabant. Engler, sénateur. Desmaisières, représentant. Le comte Ferd. Meeus, représentant, directeur de la société générale pour favoriser l'industrie et de la société de commerce. Coghen, représentant et directeur de la société Nationale. Zoude, représentant. Rouppe, Bourgmestre de Bruxelles. Wyns, membre du conseil provincial du Brabant. Dindal, membre du conseil provincial du Brabant. Van Dievoet, avocat à Bruxelles".

Source[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Wauters, « Jacques Coghen », dans Biographie nationale de Belgique, t. IV, 1873, col. 267-269.