Jacques Balsan

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Jacques Balsan

Louis Jacques Balsan est un aviateur français, pionnier de l’aéronautique, né à Châteauroux (Indre) le 16 septembre 1868 et mort à New York le 4 novembre 1956 des suites d’une insolation.

En 1921, à Londres, il devint le second époux de la milliardaire américaine Consuelo Vanderbilt, divorcée du 9e duc de Marlborough, cousin de Winston Churchill.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille[modifier | modifier le code]

Jacques Balsan, fils d'Auguste Balsan, est issu d’une dynastie drapière. Après avoir repris en 1856 l’ancienne Manufacture royale (1751) de drap de Châteauroux, la famille Balsan va, pendant près d’un siècle, y fabriquer du drap cardé destiné à la confection des tenues de l’administration et aux uniformes militaires. C’est dans les ateliers de Châteauroux que la « Société anonyme des établissements Balsan » a mis au point pendant la Première Guerre mondiale le fameux drap bleu horizon.

Engagé volontaire[modifier | modifier le code]

Cavalier émérite et grand sportif, Jacques rejoint le 7 novembre 1888, en tant qu’engagé volontaire pour une durée de cinq ans, le 2e régiment de hussards à Châlons-sur-Marne (actuellement Châlons-en-Champagne).

Grand voyageur[modifier | modifier le code]

Libéré en 1892 avec le grade de sous-lieutenant, il parcourt la Terre pour le compte de l'entreprise lainière familiale, à la recherche de laines de qualité (Amérique du Sud, Australie, Philippines et Chine).

Aéronaute célèbre du début du siècle[modifier | modifier le code]

Dans le cadre des Jeux de la IIe Olympiade de l’ère moderne, Jacques Balsan est présent au concours international d’aérostation qui se déroule à Paris en 1900 au moment de l'Exposition universelle internationale.

Participant entre le 17 juin et le 9 octobre 1900 à douze épreuves sur un total de quatorze, il se classe second immédiatement derrière le comte Henry de La Vaulx.

Le 23 septembre 1900, Jacques Balsan, avec comme second passager Louis Godard, à bord du ballon Le Saint-Louis, porte même le record français d’altitude à 8 558 mètres.

Le 30 septembre 1906, avec son assistant Albert Corot, Jacques Balsan, à l’époque vice-président de l’Aéro-Club de France[1], participe depuis le jardin des Tuileries à Paris, à bord du ballon le Ville-de-Châteauroux, au premier départ de la Coupe aéronautique Gordon Bennett. L’équipage, opposé à seize autres ballons, atterrit au château de Dowe près de Singleton en Angleterre, et se classe cinquième.

Pionnier de l’aviation[modifier | modifier le code]

Jacques Balsan achète son premier avion à Louis Blériot en 1909 ; c’est un Blériot XI type “traversée de la Manche ”.

Le 6 janvier 1910 Balsan obtient le brevet n° 22 de l’Aéro-club de France à l’école Blériot de Pau[2].

En février 1910, à Héliopolis en Égypte, parmi douze concurrents, Balsan cumule les bons classements : il arrive deuxième du prix de la plus grande distance sans escale (prix du baron Édouard Empain) et dans le Grand Prix d'Égypte (prix de la totalisation des distances) il se classe troisième avec 139 km 500.

Début 1911, il contribue à la diffusion du sport aéronautique en créant l'Association générale aéronautique, Société populaire de tourisme aérien. Cette société, placée sous le patronage de l'Aéro-club de France, s'est rapidement développée et est devenue la Ligue aéronautique de France.

Balsan accomplit ensuite deux stages volontaires sans solde au Maroc, le premier du 1er mars 1913 au 21 juin 1913, où il est attaché comme observateur à la colonne du colonel Mangin au Tadla, le deuxième du 10 janvier au 5 juin 1914. Il prend part aux opérations de l’escadrille mise à la disposition du général Gouraud pour la jonction des deux Maroc (le Maroc oriental et le Maroc occidental), jonction des colonnes Baumgarten et Gouraud, qui fut effective à Taza le 13 mai 1914.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, affecté à la VIe armée du général Joseph Maunoury, Jacques Balsan fait partie de la poignée d’officiers observateurs brevetés d’état-major qui constatent le changement général d’orientation des colonnes de l’armée von Kluck au moment où s’engage la première bataille de la Marne.

Créée le 18 avril 1916, l’Escadrille 124 : l’“Escadrille américaine ” est transformée le 6 décembre 1916 en “Escadrille Lafayette ”. L’homme qui est choisi pour la diriger est le capitaine Georges Thenault (en). Mais, si l’on en croit Victor Emmanuel Chapman et Georges Thenault lui-même, Jacques Balsan avait également été pressenti pour ce poste. Jacques Balsan achève la Première Guerre mondiale à la tête de la Mission française aéronautique à Londres avec le titre provisoire de lieutenant-colonel.

Retour à la vie civile[modifier | modifier le code]

Le 4 juillet 1921, Balsan se marie à Londres avec Consuelo Vanderbilt (1877-1964), épouse divorcée du duc de Marlborough par son premier mariage avec Charles Spencer-Churchill, duc de Marlborough.

Elle est la fille du milliardaire William Kissam Vanderbilt, qui gérait avec ses deux frères un vaste empire familial construit aux États-Unis dans les domaines du transport des marchandises et du chemin de fer. William Kissam Vanderbilt est également connu pour avoir été pendant la guerre l’un des principaux mécènes de l’escadrille Lafayette.

Consuelo et Jacques Balsan mènent ensuite une vie mondaine partagée entre la France et les États-Unis.

En France, Consuelo achète peu après son second mariage une propriété à Èze dans les Alpes-Maritimes et y fait aménager le château « Lou Sueil ». Profitant de la douceur du climat le couple y passe en général la saison hivernale, recevant nombre de célébrités comme le duc de Connaught, le plus jeune fils de la reine Victoria, le maharajah de Kapurthala, Charlie Chaplin, ainsi que Winston Churchill avec son épouse.

À Paris, le couple réside dans un hôtel particulier construit par l’architecte René Sergent pour Jules Steinbach, au 9 avenue Charles-Floquet dans le VIIe arrondissement, juste à côté de la tour Eiffel.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En février 1942, Balsan bien qu’âgé de 73 ans et alors que le couple est à New York, qui ne peut rester impassible devant les événements, s’engage volontairement dans les Forces aériennes françaises libres.

En mai 1943, il quitte New York pour Londres ; à son arrivée, le colonel Balsan se retrouve affecté à l’état-major F dont le chef est le général Cochet.

En décembre 1943, au moment de la dissolution de la “Force F ”, il est ensuite muté à la Mission Air aux États-Unis d’Amérique[3], jusqu'en août 1945.

Décorations[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Balsan en fut président d'honneur et vice-président actif de 1905 à 1921
  2. Jacques Balsan aviatechno
  3. Jacques Balsan œuvre pour la France libre depuis février 1942, tout d'abord aux États-Unis, puis à Londres où il sert à titre militaire de juin 1943 à août 1945

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Saint-Yves - "Histoire des 100 premiers pionniers de l'aviation", juil.2009, p. 60, autoéditeur
  • Journal L’Aérophile : oct.1900 (Portrait de Jacques Balsan : pp. 129–131), déc.1900 (De France en Russie en ballon : pp. 164–174), mai et juin 1901 (Concours de Bordeaux : pp. 123,139-145), juil.et déc.1901 (Balsan/Corot Le nuage : pp. 167–168,303-304), aout 1909 (banquet en l'honneur de Louis BLERIOT : p. 376), sep.oct.1909 (Issy : pp. 430,467), oct.1909 (Boulogne s/mer : p. 477), déc.1909 (Pau et Issy : pp. 554–555), jan.1910 (Pau : pp. 6,28), fév.1910 (Héliopolis : pp. 75,79-81,97-98)
  • Archives du Service historique de la Défense à Vincennes - Département de l’Armée de l’Air.
  • François Balsan - "Les vieux jeunes du Parc - Industrie, ballons et chevaux d'une belle époque", (Chronique familiale), 1969, 138 pages, pp. 2–12, 18, 34-39, 105, 133
  • François Balsan - Au Parc entre les deux guerres (chronique familiale), 1970, 88 pages, pp. 44–46, 84
  • Didier Dubant - 50 ans d’aviation dans le ciel de l’Indre 1909-1959, Éditions Alan Sutton, 2006, 160 pages, pp. 12
  • Didier Dubant - Base américaine de Châteauroux-Déols, 1951-1968, Éditions Alan Sutton, 2008, 144 pages.
  • Georges Bellenger pionnier de l’aviation (1878-1977) - Pilote d’essais du cerf-volant à l’aéroplane, L’Harmattan Mémoires du XXe siècle 1995, 271 pages.
  • Stéphane Nicolaou - "Belfort et l’Armée d’Alsace" dans Icare n° 193, « L’aviation française en août-septembre 1914 », 2005/2, pp. 23–44.
  • Georges Thenault (lieutenant-colonel). - L’escadrille La Fayette avril 1916 - janvier 1918, Librairie Hachette 1939, 127 pages.
  • Consuelo Vanderbilt Balsan - The Glitter and the Gold, 1953, George Mann Maidstone rééd., 1973, 270 pages, pp. 27, 61, 11, 167, 189-193, 202-214, 218-219, 228, 237, 240-241, 243-245, 247-251, 253-259
  • (fr) Consuelo Vanderbilt Balsan, Une duchesse américaine, New York - Londres - Paris, mémoires, éditions Tallandier, Paris, octobre 2012. Traduit, préfacé, postfacé et annoté par Olivier Lebleu.http://www.tallandier.com/ouvrages.php?idO=670

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]