Jacques-Henri Schloesing

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Jacques-Henri Schloesing, né le 12 décembre 1919 à Montreux en Suisse et tué le 26 août 1944 au-dessus de Beauvoir-en-Lyons (Seine-Maritime), est un aviateur français de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille protestante alsacienne, il s'installe avec les siens à Mulhouse, où son père, le pasteur Émile Schloesing (1888-1971) exerce de 1919 à 1928. En 1928, la famille Schloesing part à Paris. En 1937, son père devient directeur-adjoint de la Société des missions évangéliques de Paris. Après des études secondaires au lycée Carnot, il prépare l'École coloniale et suit des cours de droit tout en étant très impliqué dans le scoutisme protestant. Le 5 septembre 1939, il devance l'appel et rejoint l'école d'EOR de Laval, où il obtient successivement ses brevets d'observateur et de chef de bord[1],[2],[3].

Encore en école de pilotage durant la campagne de France, Schloesing est entraîné dans la débâcle et se retrouve avec sa formation à Toulouse-Francazal, où il entend la demande d'armistice du maréchal Pétain le 17 juin. Décidant immédiatement de quitter le pays, il embarque le 22 juin à bord d'un Caudron Goéland, avec Didier Béguin, René Casparius, Raymond Roques et Louis Ricard-Cordingley, et rejoint l'Angleterre. Là, il retrouve ses deux frères Olivier et François et sa mère, qui ont quitté la France à Sète trois jours après lui à bord d'un cargo chargé d'embarquer des aviateurs tchèques, le Britannic. Quant à son père, lui aussi engagé volontaire à la déclaration de la guerre, il a été fait prisonnier avec sa division dans les combats du Donon et ne sera libéré qu'en 1941 (date à laquelle il est nommé directeur de la Société des missions évangéliques de Paris)[1],[2],[4],[3].

Intégré aux Forces aériennes françaises libres, il subit un long entraînement au pilotage à la 59 Operational Training Unit, avant d'être affecté dans deux unités (squadrons) britanniques. Promu sous-lieutenant, il rejoint en novembre 1941 le groupe de chasse Île-de-France, le 340th « Free French » Squadron[1],[2].

Le 10 avril 1942, il subit son baptême du feu sur Spitfire V lors d'une mission au-dessus des côtes françaises où son groupe perd un quart de son effectif. Le soir même, il est promu commandant adjoint de l'escadrille « Versailles ». Le 4 juin, il endommage un Junkers Ju 88 au-dessus de la Manche. En juillet 1942, promu lieutenant, il prend le commandement de l'escadrille « Versailles »[1],[2].

Promu capitaine en octobre 1942, il abat, le 2 novembre, un Fw 190 et succède, le 1er décembre, à Bernard Dupérier, qui l'a lui-même recommandé, à la tête du groupe, équipé dorénavant du Spitfire IX[1],[2].

Le 13 février 1943, lors d'un combat au-dessus de la Somme, il est abattu par quatre Fw 190. Gravement brûlé au visage et aux mains, il parvient à s'extraire de son appareil en flammes et à actionner son parachute. Pendant plusieurs jours, il échappe aux patrouilles allemandes, avec l'aide de fermiers. Caché et soigné par la population, il regagne Paris, où sa famille demeurait dans la capitale et des résistants qui travaillent avec le réseau d'évasion « Comète » - l'héberge et le soigne pendant deux mois. En juin 1943, il rejoint l'Angleterre, via l'Espagne, grâce au réseau d'évasion « Comète ». Promu commandant, il est hospitalisé. Après huit opérations successives et de longs mois de convalescence, il est de nouveau déclaré le 25 avril 1944 apte à la reprise des vols d'entraînement. Le 6 juin 1944 toujours en entraînement en Angleterre il enrage de ne pouvoir prendre part aux premiers combats libérateurs de son pays. Il finit par retrouver le service actif et rejoint son groupe le 25 juin 1944 pour participer aux opérations de soutien aérien de la tête de pont au-dessus de la Normandie. Ce 25 juin, pendant la mission du jour il sera parmi sept pilotes à poser son Spitfire sur un terrain d'aviation avancé allié sur la terre de France.

Le 24 août 1944, il prend la tête du groupe de chasse Alsace, le 341th « Free French » Squadron, basé dans la région de Caen, et reçoit la croix de la Libération. Le 26 août, au cours d'une patrouille au nord de Rouen, il est abattu au-dessus de Beauvoir-en-Lyons, où il est inhumé. Il avait effectué 148 heures de vol de guerre et 85 missions offensives[1],[2].

Le 27 novembre 1964, la rue des Réservoirs, dans le 16e arrondissement de Paris, a été rebaptisée rue du Commandant-Schloesing en son honneur[5].

Décorations[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Bernard Dupérier, « Schloesing », Revue de la France Libre, no 49, juin 1952.
  2. a, b, c, d, e et f Fiche biographique de l'ordre de la Libération
  3. a et b Patrick O'Reilly, « Nécrologie », Journal de la Société des océanistes, 1971, vol. 27, no 31, p. 211; Aimé Bonifas, Les Protestants nîmois durant les années noires: 1940-1944, Presses du Languedoc, 1993, 102 p., p. 27 (ISBN 2859981179); Jacques Poujol, Protestants dans la France en guerre : 1939-1945. Dictionnaire thématique et biographique, Éditions de Paris, 2000, 301 p., p. 264 (ISBN 2846210004).
  4. Eddy Florentin, Les Rebelles de La Combattante, Ancre de Marine Editions, 2009, 628 pages, p. 68-70 (ISBN 2841412261).
  5. Rue du Commandant-Schloesing

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Collet, Itinéraire d'un Français libre : Jacques-Henri Schloesing (préface de Pierre Schœndœrffer, avant-propos du général Jean-Paul Paloméros, chef d'état-major de l'armée de l'Air), L'Esprit du livre Éditions, 2010, 208 pages (ISBN 2-915960-74-7).