Jacqueline Marval

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Femme au Chapeau, Musée Mainssieux, Voiron

Jacqueline Marval, née Marie-Joséphine Vallet le 19 octobre 1866 à Quaix-en-Chartreuse, Isère, et morte le 28 mai 1932 à l'hôpital Broussais (Paris), est une artiste-peintre française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Joséphine Vallet est issue d'une famille d'instituteurs. Séparée de son premier mari en 1891, elle gagne sa vie comme giletière.

En 1894, elle rencontre le peintre François-Joseph Girot et s'installe avec lui à Paris. L'année suivante, elle fait la connaissance d'un autre peintre, élève de Gustave Moreau, Jules Flandrin. Elle quitte Girot et emménage chez Flandrin rue Campagne-Première, dans le quartier du Montparnasse. Cette liaison décide de sa vocation de peintre. Jules Flandrin fera d'elle un portrait[1].

Proposés au Salon des indépendants de 1900, ses premiers tableaux sont refusés. Mais, en 1901, et sous le nom de Jacqueline Marval, une dizaine de ses peintures sont présentées à ce même salon. Le marchand Ambroise Vollard les achète toutes.

En 1902, quelques-uns de ses tableaux sont accrochés aux côtés d'œuvres de Flandrin, Albert Marquet, Henri Matisse dans une galerie de la rue Victor-Massé, dirigée par Berthe Weill, particulièrement intéressée à la promotion des femmes artistes vivant à Paris.

En 1911, elle est choisie par un jury composé de Gabriel Astruc, du sculpteur Antoine Bourdelle, et des peintres Maurice Denis et Édouard Vuillard pour décorer le foyer du nouveau Théâtre des Champs-Élysées. Elle réalise une série de douze tableaux sur le thème de Daphnis et Chloé qu'elle achève en 1913. Cette même année, elle proteste contre le retrait du Salon d'automne du tableau de Kees van Dongen Nu au pigeon. Elle se lie d'amitié avec ce dernier et installe son atelier près du sien.

En 1913, Francis Picabia lui demande son tableau Les Odalisques, (créé en 1903), pour le salon d'avant-garde de New York, l'Armory Show. En 1914, dans la revue Chronique des arts[2], Guillaume Apollinaire considère qu'avec ce tableau, « Madame Marval a donné la mesure de son talent et réalise une œuvre importante pour la peinture moderne. »

En juillet 1916, au Salon d'Antin, organisé par le poète André Salmon, ces mêmes Odalisques (tableau représentant cinq femmes : trois, nues et assises en rond, une quatrième debout et habillée portant un plateau et la cinquième habillée également, couchée et reposant sur un coude)[3], côtoient le tableau de Pablo Picasso Les Demoiselles d'Avignon.

Jacqueline Marval commence alors à être reconnue en Europe. Elle expose à Bâle, Barcelone, Oslo, Venise (pour la Biennale), Winterthur, Zurich.

Cependant, Jacqueline Marval, ne s'intéresse plus vraiment à la peinture depuis quelques années. Elle préfère danser, s'habiller comme une « précieuse ridicule », se teindre les cheveux en rouge et porter des chapeaux verts de sa fabrication. On lui donne le surnom de « fée de la Belle Époque ».

À partir de 1923, elle milite pour la création d'un musée d'art moderne à Paris et à Grenoble.

Après sa mort, ses œuvres sont exposées en permanence à la galerie Druet avant d'être dispersées après sa fermeture en 1938.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Odalisque au guépard, 1901
  • Les Odalisques, 1903
  • L'Espagnole, 1904
  • Hommage à Gérard de Nerval, 1912

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Gonnard et Élisabeth Lebovici, Femmes / Artistes, artistes femme. Paris, de 1880 à nos jours, Éditions Hazan, Paris, 2007, pages 67 et 68
  • François Roussier, Jacqueline Marval, 1866-1932, Thalia Édition, Paris, 2008
  • Maurice Wantellet, Le Dauphiné et les peintres, une source d'inspiration, éditions Le Dauphiné libéré
  • Maurice Wantellet, Deux siècles et plus de peinture dauphinoise, Grenoble, édité par l'auteur,‎ 1987, 269 p. (ISBN 2-9502223-0-7)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Base Joconde
  2. numéro du 5 avril
  3. Photographie de l'œuvre et de l'artiste dans Gonnard & Lebovici, op. cité, page 67

Liens externes[modifier | modifier le code]