Jacqueline Harpman

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Jacqueline Harpman

Activités Romancier
Naissance 5 juillet 1929
à Etterbeek (Belgique)
Décès 24 mai 2012 (à 82 ans)
à Bruxelles (Belgique)
Langue d'écriture Français
Distinctions Prix Victor-Rossel (1959)
Prix Point de mire (1992)
Prix Médicis (1996)
Prix triennal du roman de la Communauté française de Belgique (2003)

Œuvres principales

  • Brève Arcadie (Roman, 1959)
  • La plage d'Ostende (Roman, 1991)
  • Orlanda (Roman, 1996)
  • La Dormition des amants (Roman, 2002)
  • Mes Oedipe (Théâtre, 2006)

Jacqueline Harpman (née à Etterbeek, le 5 juillet 1929 et morte le 24 mai 2012[1]) est une psychanalyste, écrivain belge de langue française contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacqueline Harpman est née le 5 juillet 1929 à Etterbeek (Bruxelles) de Jeanne Honorez et Andries Harpman[2]. En avril 1940, sa famille quitte Bruxelles pour le Maroc, à Casablanca [2]. En s'y rendant, elle passe par Paris où elle écrit son premier roman, long d’une demi-page. Elle vit à Casablanca pendant cinq ans. Elle y découvre la littérature grâce à la bibliothèque de la ville et Freud, parce que sa mère lui interdit Flaubert rangé juste à côté. Une partie de sa famille, — qu’elle ne reverra jamais[2] —, est déportée à Auschwitz lors de la Seconde Guerre mondiale.

Jacqueline est admise au collège Mers Sultan de Casablanca : le lycée français de Casablanca lui est interdit, parce que juive. Elle étudie les langues modernes dont l’anglais et l’arabe. Fascinée par son professeur de français, Mademoiselle Barthes, elle se passionne pour la grammaire, la syntaxe et les classiques de la littérature. Elle envisage déjà de devenir tragédienne.

En 1945, elle finit ses humanités à Bruxelles, au lycée de Forest. Ensuite, elle entreprend des études de médecine[2] à l’ULB (Université libre de Bruxelles). Trois ans plus tard, elle est atteinte de la tuberculose. Elle passe 21 mois sous pneumothorax au sanatorium universitaire d’Eupen. Elle commence à écrire son premier roman : Les Jeux dangereux, jamais publié, sans doute l'un des premiers jets de La Mémoire Trouble. Deux ans après, elle recommence ses études de médecine. Elle réussit l’ensemble de ses examens et passe en premier doctorat. La même année son père meurt.

En 1953, elle est à nouveau malade. Atteinte d’une appendicite, elle rate ses examens. Elle se marie avec le cinéaste flamand Émile Degelin.

Elle rencontre ensuite l’éditeur René Juillard, puis publie ensuite son premier texte L’amour et l’acacia et son roman L’apparition des esprits. En 1959, elle reçoit le prix Victor-Rossel pour son roman Brève Acardie. Elle écrit énormément pour le cinéma, mais aussi pour elle-même. Elle fait aussi des émissions radiophoniques et des critiques théâtrales[3]. En 1963, elle se marie avec Pierre Puttemans[3], architecte et poète. Elle met au monde sa première fille, Marianne.

En 1965, elle écrit son troisième roman Les bons sauvages et met au monde sa deuxième fille, Toinon. René Julliard décède en 1962, les éditions sont reprises par Christian Bourgois et par la veuve de René Julliard. En 1965, les Presses de la Cité reprennent Julliard, et cette nouvelle direction laisse Les Bons Sauvages passer inaperçus. Jacqueline Harpman subit une sorte de blocage dans l’écriture. En 1967, elle commence des études de psychologie à l’ULB. Elle obtient de nombreuses dispenses, et fait deux candidatures en un an. Une fois diplômée, après un mémoire sur le pronostic à l’aveugle des tests de Rorschach, elle travaille comme psychothérapeute à la clinique de Fond’Roy, qu’elle quitte quelques années plus tard. Elle reçoit alors ses patients dans un cabinet privé, pratique le psychodrame avec quelques collègues, et commence à s'intéresser de plus en plus à la psychanalyse.

En 1976, elle entre à la Société belge de psychanalyse et elle commence une analyse didactique pendant quelques années. En 1980, elle écrit des articles pour la Revue belge de psychanalyse. Psychanalyste confirmée, elle reprend l'écriture, et publie en 1987 son roman La Mémoire trouble.

En 1989, elle rencontre Blandine de Caunes, créatrice de la collection « Bleu » chez Stock. Elle enchaîne alors la publication de romans. En 1990, La fille démantelée ; en 1991, La plage d’Ostende, qui reçoit en 1992 le prix Point de Mire. Ensuite, elle publie La lucarne, recueil de nouvelles dans lesquelles elle revisite notamment les mythes de Marie, Antigone et Jeanne d'Arc, et le Bonheur dans le crime. Ce roman se passe dans une maison bruxelloise existante: la maison Delune au croisement des avenues de l'Orée et Roosevelt. Le plan imaginaire du roman a été créé avec la collaboration de son mari architecte Pierre Puttemans. Elle continue d'ailleurs de jouer avec les architectures en mettant en scène un architecte dans En toute impunité dans lequel trois générations de femmes essaient par tous les moyens de préserver le château en ruine qu'elles possèdent depuis toujours. L'architecte qui témoigne de l'histoire de ces femmes s'appelle Jean Avijl, pseudonyme littéraire de Pierre Puttemans.

En 1995, elle publie son roman Moi qui n’ai pas connu les hommes. Elle fait aussi quelques conférences littéraires et quitte Stock pour Grasset. Un an après, son roman Orlanda est publié et reçoit le prix Médicis en 2006. En 1997, Moi qui n’ai pas connu les hommes est réédité en format de poche, et est traduit dans différentes langues (néerlandais, anglais, roumain, letton, etc). L'année qui suit, elle publie l’Orage rompu.

Jacqueline Harpman a continué à écrire et à exercer ses activités de psychanalyste jusqu'à sa mort, le 24 mai 2012.

Ses écrits[modifier | modifier le code]

  • Moi qui n'ai pas connu les hommes. Quarante femmes retenues dans une cave depuis des années pour on ne sait quelles raisons, vont pouvoir sortir de l'enfer après le retentissement d'une alarme. À leur sortie, tous sont morts sauf elles. Dans le lot, une petite fille sûrement arrivée là par erreur raconte le nouveau monde. Un monde où quarante femmes vivent dans le souvenir du monde d'avant sauf elle ne l'ayant pas connu. Tour à tour, elles vont partir de vieillesse ou à cause de la maladie. Le titre du livre est à double sens : la jeune fille n'ayant jamais connu ni la gent masculine ni l'humanité.
  • La plage d'Ostende. Ce roman parle d'amour, de passion et d'art. Emilienne, onze ans, tombe passionnément amoureuse de Léopold, vingt-cinq ans. Léopold fait un mariage d'argent pour vivre de sa passion, l'art, et entre dans le monde de la bourgeoisie et de la mondanité. Emilienne va tout faire pour avoir son Léopold. La thématique de l'amour et des sentiments.
  • Orlanda. Aline est professeur en littérature anglaise. Un jour, Orlanda la partie masculine de son âme migre dans le corps d'un autre, Lucien. S'ensuit alors le jeu du chat et de la souris entre Aline et Lucien. Orlanda à travers le corps de Lucien se permet des fantasmes qu'elle n'aurait jamais pu faire avec Aline. Harpman laisse souvent des traces de psychanalyse dans cet écrit. La question du moi.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Amour et l'Acaciacoll. Nouvelles, 1958)
  • Brève Arcadie (Julliard, 1959) prix Victor-Rossel.
  • L'Apparition des esprits (Julliard, 1960)
  • Les Bons Sauvages (Julliard, 1966 et Labor, coll. Espace Nord, no 79)
  • La Mémoire trouble (Gallimard, 1987)
  • La Fille démantelée (Stock, 1990)
  • La Plage d'Ostende (Stock, 1991 et Livre de Poche no 9587)
  • La Lucarne (Stock, 1992)
  • Le Bonheur dans le crime (Stock, 1993)
  • Moi qui n'ai pas connu les hommes (Stock, 1995 et Livre de Poche no 14093)
  • Orlanda (Grasset, 1996 et Livre de Poche no 14468) prix Médicis
  • L'Orage rompu (Grasset, 1998)
  • Dieu et moi (Mille et une nuits, 1999)
  • Récit de la dernière année (Grasset, 2000)
  • Le Véritable Amour (Ancrage, 2000)
  • La Vieille Dame et moi (Le Grand Miroir, 2001)
  • En quarantaine (Mille et une nuits, 2001)
  • Ève et autres nouvelles (Espace nord, 2001)
  • La Dormition des amants (Grasset, 2002) prix du roman CF de Belgique
  • Le Placard à balais (Le grand miroir, 2003)
  • Jusqu'au dernier jour de mes jours (Labor, 2004)
  • Le Passage des éphémères (Grasset, 2004)
  • La Forêt d'Ardenne (Le grand miroir, 2004)
  • En toute impunité (Grasset, 2005)
  • Du côté d'Ostende (Grasset, 2006) (grand prix SGDL de littérature 2006, pour l'ensemble de l'œuvre)
  • Mes Œdipe (Grand Miroir, 2006)
  • Ce que Dominique n'a pas su (Grasset, 2007)
  • Écriture et Psychanalyse (Mardage 2011)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacqueline Harpman est décédée, La Libre, 24 mai 2012
  2. a, b, c, d, e, f, g et h (fr) « Femmes remarquables... Jacqueline Harpman », sur Rosadoc (consulté le 14 mars 2010)
  3. a et b (fr) « Jacqueline Harpman, Romancière... », sur Service du livre (consulté le 14 mars 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]