Jacob Bjerknes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bonnevie et Bjerknes.

Jacob Aall Bonnevie Bjerknes

Naissance
Stockholm (Drapeau de la Suède Suède)
Décès (à 77 ans)
Los Angeles (Drapeau des États-Unis États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Champs Météorologie
Institutions École de météorologie de Bergen
Université de Californie
Diplôme Université d'Oslo
Renommé pour Fronts météorologiques et El Niño
Distinctions Médaille Carl-Gustaf Rossby

Jacob Aall Bonnevie Bjerknes (1897-1975) est un météorologue norvégien. Fils du géophysicien et météorologue Vilhelm Bjerknes, et petit-fils du géophysicien Carl Anton Bjerknes, il devint lui-même un des plus éminents chercheurs en météorologie de son temps. Il participa à l'élaboration du modèle frontal avec l'école de météorologie de Bergen au tournant des années 1920. Il émigra aux États-Unis en 1940 et poursuivit ses recherches à UCLA où il participa à l'effort de guerre. Il fut plus tard un pionnier de l'étude du phénomène météorologique connu comme El Niño.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Jacob Bjerknes est né à Stockholm (Suède) où son père était professeur. Il fut nommé en l'honneur de son grand-père maternel, Jacob Aall Bonnevie, ministre de l'éducation de Norvège. Issu d'une famille d'intellectuels, il fut initié tôt aux sciences. En 1907, la famille déménage à Kristiania (Norvège). En 1913, la famille se déplace à Leipzig (Allemagne), mais Jacob reste à Kristiania pour terminer son collège et le début de ses études universitaires.

En 1916, il rejoint la famille à Leipzig et se joint à l'équipe de recherche de son père comme étudiant. Un autre étudiant au doctorat, Herbert Petzold, avait fait des recherches sur la convergence des vents dans les observations météorologiques le long de bandes de gradients de températures. Ce dernier fut appelé sous les armes et mourut à la bataille de Verdun. Jacob reprit ses travaux et trouva que ces zones s'étendaient sur des milliers de kilomètres. Il publia les résultats de ses recherches avant d'avoir vingt ans.

Comme les conditions se détérioraient à Leipzig à cause de la guerre, tant du point de vue conditions matérielles que du manque de personnel, Wilhelm Bjerknes trouva, grâce à Fridtjof Nansen et Bjørn Helland-Hansen, un poste à Bergen (Norvège) pour poursuivre ses recherches.

Jacob partit donc en 1917 avec sa famille. L'institut de géophysique de Bergen était une toute nouvelle institution universitaire et son père réalisa que ses moyens étaient limités pour la suite de ses recherches théoriques. Il réussit à convaincre le gouvernement norvégien de décupler le nombre de stations météorologiques dans le sud de la Norvège et mit sur pied un service de prévision météorologique pour l'agriculture auquel participa Jacob à partir de l'été 1918. Grâce à cette expérience pratique, il put observer que les zones de gradient thermique, qui deviendraient plus tard les fronts, étaient reliées aux zones dépressionnaires. Il écrit un article scientifique, On the Structure of Moving Cyclones, à l'automne 1918 à ce sujet. Il n'avait pas encore 21 ans et il présentait déjà un embryon du modèle frontal.

École de météorologie de Bergen[modifier | modifier le code]

Il devint chef du bureau météorologique de l'ouest de la Norvège en 1920 tout en faisant partie du fameux groupe de météorologues norvégiens à l'École de météorologie de Bergen. Sous la direction de son père, ce groupe de recherche développa le modèle frontal pour expliquer la génération, l'intensification et le déclin des systèmes météorologiques des latitudes moyennes en 1922. Le manque de données en altitude ralentit le développement des théories dans ce domaine. Jacob et son père allèrent en 1922 en Suisse, à l'invitation du service météorologique de ce pays, où il travailla sur les profils de températures verticaux des fronts. Ce travail lui mérita un doctorat de l'Université d'Oslo en 1924.

En 1926, il fut météorologiste pour l'expédition de Roald Amundsen lors de sa traversée de l'Arctique à bord du dirigeable Norge. Il devint professeur de météorologie à Bergen en 1931 et quitta le service météorologique.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En juillet 1939, Jacob partait avec son épouse, Hedvig Borthen, et sa famille en Amérique pour huit mois comme professeur invité. Avec la déclaration de la guerre et l'invasion de la Norvège, il y resta et devint finalement citoyen américain. Il fut engagé par le gouvernement américain pour former les nombreux météorologistes nécessaires pour l'effort de guerre. Il organisa le Training school for Air Force weather officers à l'Université de Californie. En 1940, il devint professeur de physique et de météorologie à cette université à Los Angeles (UCLA). Il visita durant la guerre l'Angleterre, l'Italie, Hawaii et Guam comme consultant à la US Army Air Corp (devenu plus tard USAF). En 1945, il reçoit la médaille William Bowie de l'American Geophysical Union

Après-guerre[modifier | modifier le code]

À partir de 1957, il étudia le phénomène El Niño et découvrit à la fin des années 1960 un lien entre ce phénomène et le cycle de vie des tempêtes aux latitudes moyennes. Il suggéra également que les températures de surface anormalement chaudes des eaux du Pacifique méridional sont reliées aux alizés faibles et aux fortes chutes de pluie qui accompagnent El Niño. En effet, lorsqu'un El Niño se produit, les alizés faiblissent et reculent dans l'est du Pacifique, permettant aux régions centrales du Pacifique de se réchauffer, tandis que les zones de pluie normalement confinées à l'ouest se déplacent vers l’est. Pour Bjerknes, l'El Niño et l’oscillation australe sont les deux composantes d’un même phénomène qu'on appelle aujourd'hui ENSO (El Niño / Southern Oscillation).

Les apports de Bjerknes à la météorologie sont résumés dans l'ouvrage Dynamic meteorology and weather forecasting, sous la direction de C.L. Godske, publié en 1957 par l'American Meteorological Society de Boston.

Il reçoit en 1960 la Médaille Carl-Gustaf Rossby de l’American Meteorological Society pour son œuvre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]