Jaco Pastorius

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Jaco Pastorius

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Jaco Pastorius en 1987

Informations générales
Nom de naissance John Francis Pastorius
Naissance 1er décembre 1951
Norristown, Pennsylvanie
Décès 21 septembre 1987 (à 35 ans)
Fort Lauderdale, Floride
Activité principale Bassiste, compositeur
Genre musical Jazz fusion
Instruments Guitare basse (Fender Jazz Bass)
Années actives 1964 - 1987
Labels Epic Records
Warner Bros. Records
Columbia Records
Site officiel Site officiel

John Francis Anthony Pastorius III, plus connu sous le nom de Jaco Pastorius, est un bassiste de jazz et jazz-rock américain, né le 1er décembre 1951 à Norristown (Pennsylvanie) et mort le 21 septembre 1987 après avoir été violemment battu dix jours plus tôt à Fort Lauderdale (Floride). Considéré comme l'un des plus grands bassistes de tous les temps, technicien virtuose, il a eu une influence majeure sur le rôle de la basse électrique et sur son passage du rôle de simple accompagnateur à celui de véritable soliste. Établissant sa réputation internationale au sein du groupe Weather Report à partir du milieu des années 1970, il a ainsi imposé à son époque le son fretless, obtenu en jouant sur un manche de basse électrique sans frettes. Pat Metheny a dit de lui qu'il était « le dernier jazzman du XXe siècle à avoir influencé les générations suivantes »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

John Francis, dit Jaco Pastorius, naît en 1951 en Pennsylvanie. Son père, musicien professionnel (batteur et chanteur) est d'origine allemande et sa mère d'origine finlandaise. Il a 7 ans quand sa famille s'installe en Floride. C'est là que Jaco passe son enfance et s'imprègne de toutes les musiques qu'il peut entendre (musique des Caraïbes, jazz, Rhythm and Blues, rock…).

Il va à l'école élémentaire à la St. Clement Catholic School, puis au lycée au Northeast High à Oakland Park. Sportif accompli, il pratique de nombreux sports, dont le football américain, le basket-ball, le baseball. Il semble que son arrogance lui vaille des déboires assez tôt et c'est ainsi qu'à 13 ans, il est pris en embuscade par un joueur de football qui lui casse le poignet ce qui aura pour conséquence d'entraver durablement son aptitude à jouer de la batterie.

Il s'initie au piano, à la guitare et même au saxophone. À 15 ans, après une nouvelle opération au bras, il adopte définitivement la basse. Il utilise une basse fretless qu'il s'est bricolée à partir d'une Fender Jazz Bass 1962 dont il enlève les frettes, recouvre le manche de plusieurs couches d'un vernis époxy et y adapte dans un premier temps des cordes à « filets plats » (pour sonner comme une contrebasse), puis des cordes à « filets ronds » (qui donneront l'originalité de sa sonorité de basse fretless).

Il débute dans des orchestres locaux, notamment « La Olas Brass », un groupe de cuivres de neuf musiciens, spécialisé dans les reprises d'Aretha Franklin, Otis Redding, Wilson Pickett, James Brown et le Tijuana Brass. Après le départ de son bassiste David Neubauer, il le remplace et commence son ascension irrésistible de bassiste légendaire. Il joue, un temps, sur des bateaux de croisière (il va croiser les musiciens des Wailers et découvrir le reggae en Jamaïque). Il fait une très longue tournée avec les C.C. Riders (alias Chitlin's Circuit's Riders), le groupe du chanteur Wayne Cochran. Pastorius considérera toujours cette tournée comme la période la plus heureuse de sa vie.

Surnom[modifier | modifier le code]

Né « John Francis Pastorius III », son nom de confirmation Anthony produit « John Francis Anthony Pastorius III ». Le choix du nom « Jaco » semble avoir été influencé par son admiration pour l'arbitre de la Ligue nationale de baseball Jocko Conlan. Une erreur d'orthographe dans une lettre adressée par le pianiste français Alex Darqui aurait orienté son choix vers « Jaco ».

Influences[modifier | modifier le code]

L'une des plus grandes sources d'influence de sa vie fut, selon lui, Herbie Hancock qui lui fit découvrir notamment Gil Evans et la musique du temps de Louis Armstrong. Il a d'ailleurs grandi dans l'entourage de Herbie Hancock en Floride et suivi ses pas[2].

D'autres influences citées par lui : James Brown, les Beatles, Miles Davis, Igor Stravinski, Jimi Hendrix, Duke Ellington, Charlie Parker, Paul Hindemith, Frank Sinatra, Tony Bennett, The Band, Santana, Frank Zappa, Bob Marley, Rocco Prestia, Ray Charles, Charles Mingus, John Coltrane, Otis Redding, Cannonball Adderley, Jerry Jemmott, James Jamerson et Lucas Cottle (un bassiste néo-zélandais inconnu qui jouait souvent avec lui).

Le succès[modifier | modifier le code]

Avec Ira Sullivan, Paul Bley et Pat Metheny[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, installé à Miami, Jaco Pastorius joue dans l'orchestre du multi-instrumentiste Ira Sullivan et donne des cours à l'Université. Là, il rencontre le jeune Pat Metheny qui lui présente le pianiste Paul Bley. En 1974, le groupe de Bley, composé de Metheny, Pastorius et du batteur Bruce Ditmas, enregistre un album (qui, « business oblige », sera réédité ultérieurement sous le titre Jaco, le bassiste étant entre temps devenu une vedette). En 1975, Pastorius joue aux côtés du batteur Bob Moses sur le premier disque de Pat Metheny, Bright Size Life, qui est en fait à l'origine la démo de Metheny pour chercher des concerts. ECM distribuera ce disque comme un album produit par la maison.

En solo[modifier | modifier le code]

En 1975, il enregistre pour le label Epic son premier album comme leader, intitulé Jaco Pastorius. C'est cet album qui lui apporte la célébrité. Il est vrai que ce disque est foisonnant et donne un bon aperçu de la virtuosité et du large spectre musical de Pastorius (jazz, rhythm and blues, rock, musique des Caraïbes). Cet album contient, entre autres morceaux d'anthologie, une reprise du standard bebop Donna Lee de Miles Davis en duo avec le percussionniste Don Alias, un morceau en solo Portrait of Tracy (où Pastorius utilise - largement au-delà de ce qui était alors entendu - la technique du jeu mélodique et en accords en harmoniques et démontre que la basse peut être abordée comme un instrument polyphonique), un thème soul Come on, come over avec les chanteurs Sam and Dave, des titres jazz fusion ou latin jazz avec Herbie Hancock et Hubert Laws, etc.

Cet album sort en 1976, année de sortie de l'album Black Market de Weather Report, sur lequel il joue deux morceaux.

La même année, il enregistre avec la chanteuse Joni Mitchell l'album Hejira qui le fera connaître dans le monde de la pop music « West Coast ».

Weather Report : la période de gloire[modifier | modifier le code]

Weather Report, Toronto, 27 novembre 1977 : Joe Zawinul, Jaco Pastorius et Wayne Shorter

C'est donc en 1976 qu'il rejoint Weather Report, le groupe de jazz rock fondé par Joe Zawinul et Wayne Shorter dans lequel Pastorius restera jusqu'en 1982. Avec l'arrivée de Pastorius, et grâce au charisme de ce dernier, Weather Report connaît un succès planétaire dépassant largement le petit cercle des amateurs de jazz. Zawinul et Shorter ne s'y trompent pas et Pastorius est coproducteur dès le deuxième album. On peut entendre Pastorius sur les albums Black Market (1976), Heavy Weather - qui contient Birdland et Teen Town - (1977), Mr Gone (1978), 8:30 (1979), Night Passage (1980) et Weather Report (1982). Joe Zawinul surnomma « Jaco the catalyst » en raison de sa capacité à catalyser l'attention du public.

Pour évaluer l'importance de Jaco dans l'univers du Jazz Rock, citons la simple phrase publiée quelques années plus tard lors d'un tour d'horizon historique par le magazine Le Monde de la musique : « fin 82, Pastorius et Erskine quittent Weather Report, mort du Jazz Rock »...

Entre 1977 et 1979, Pastorius est par ailleurs très actif. Il enregistre comme accompagnateur de la chanteuse Joni Mitchell avec le guitariste Pat Metheny et le percussionniste Don Alias Don Juan's Reckless Daughter (1977), Shadows and lights et Mingus (1979). On peut l'entendre aussi aux côtés du tromboniste Albert Mangelsdorff, d'Airto Moreira, de Flora Purim, d'Herbie Hancock, de Michel Colombier, et même sur le morceau Une simple mélodie de Michel Polnareff.

C'est à cette époque que Jaco Pastorius commence à avoir des comportements de plus en plus étranges. Il souffre en effet de troubles bipolaires (psychose maniaco-dépressive) où alternent phases d'euphorie et phases de dépression. Par ailleurs, il consomme beaucoup de drogue et d'alcool. Ceci aboutit à des prestations catastrophiques (le concert à La Havane avec John McLaughlin et Tony Williams, en 1979, Trio of Doom, est resté l'un des pires souvenirs du guitariste britannique), des concerts annulés, des altercations avec des musiciens et des dirigeants de maisons de disques.

Word of mouth[modifier | modifier le code]

En 1981, Jaco enregistre pour le label Warner Music Group avec un big band monté pour l'occasion, le Word of Mouth Band, un album, éponyme pour cause de disputes avec les producteurs des nombreux interprètes du premier plan qui interviennent sur celui-ci. On trouve dans cet orchestre des musiciens de premier plan comme Don Alias, Peter Erskine, Jack DeJohnette, Herbie Hancock, Othello Molineaux, Michael Brecker, Howard Johnson, Hubert Laws, Wayne Shorter, Toots Thielemans... plus un orchestre classique très particulier, car seuls les meilleurs de chaque pupitre ont été retenus par Jaco. L'orchestre qu'il avait demandé n'était pas assez performant. L'ensemble des solistes ont donc enregistré leur partie et ils les ont triplées voire quadruplées pour donner l'effet d'un orchestre de 70 personnes. Le tout dirigé par l'arrangeur Michael Gibbs. On peut retrouver une bonne partie du Big Band sur l'album The Birthday Concert enregistré en public pour les 30 ans du bassiste.

La profondeur du jeu de Pastorius en complément - assez désorientant à prime écoute - des sections de cuivres et de percussions, est alors à son apogée. L'originalité des compositions (notamment Three views of a secret) et des arrangements (notamment John and Mary qui oscille entre ballade western sur fond de steel drum et symphonie classique) est poussée aux extrêmes. Sans compter l'interprétation virtuose d'une fantaisie chromatique de Jean-Sébastien Bach jouée à toute allure. Cet aboutissement donne à l'album un aspect testamentaire. On y trouve beaucoup de directions, à l'instar de son premier album solo de 1975.

En 1981 toujours, il enregistre un dernier album avec Weather Report, éponyme, qui sortira en 1982. Pastorius fait une tournée avec le Word of Mouth remonté pour l'occasion. L'orchestre se produit entre autres au Japon (où est enregistré le double album live Twins, dont sera tiré l'album Invitation). Si de nombreux concerts sont merveilleux - comme l'atteste l'écoute des disques -, cette tournée est pour le moins chaotique, à cause du comportement erratique de son leader. Les anecdotes commencent à remplir la rubrique scandales des journaux. De plus, Pastorius est en instance de divorce (qui se passe mal) et en crise avec sa maison de disques (CBS Sony Music) qui le contraint à dissoudre son big band (l'un des plus onéreux de l'époque).

Jaco Pastorius enregistre ce qui sera publié après sa mort comme l'album Holiday for pans. Cet album, assez étrange, contient essentiellement des maquettes consacrées à l'utilisation des steel drums et met en avant Othello Molineaux, spécialiste de l'instrument. À l'époque, le producteur de la maison de disques refuse de sortir l'album, dont la réalisation a pourtant été coûteuse, considérant la musique enregistrée comme trop hermétique et pensant qu'un tel produit n'aurait aucun avenir commercial. Jaco en restera très frustré. L'album sortira donc dans les années 1990, mais les bandes originales, qui avaient été laissées un peu à l'abandon, se sont retrouvées dans les mains de « clones » de Jaco, copiant son son et son style, ce qui fait que nous ne savons pas et ne saurons peut être jamais qui a joué sur les morceaux... Il y a également des parties de guitares qui semblent comme ajoutées.

Le déclin[modifier | modifier le code]

Folie[modifier | modifier le code]

Pastorius se retrouve donc sans maison de disques et sans orchestre. Ses problèmes psychiatriques sont de plus en plus néfastes à sa carrière. Il enchaîne les accidents (comme la chute d'un balcon en Italie) et les scandales (apparitions sur scène nu, couvert de boue, ivre mort)... Les anecdotes sur ses « excentricités » abondent, parfois amusantes (convoqué en urgence pour une répétition au milieu de la nuit, Brian Melvin trouve le bassiste en train de jouer avec un canard en plastique dans son bain), mais le plus souvent tragiques (lors d'une tournée en Allemagne avec Biréli Lagrène, il saute du bus et est retrouvé le lendemain par la police locale dormant dans la neige vêtu d'un seul t-shirt). Il suit un temps un traitement au lithium qui le rend apathique et l'empêche selon lui de jouer. Mais dès qu'il cesse ce traitement, il redevient incontrôlable et prétend que seul l'alcool arrive à le calmer.

Dernières participations[modifier | modifier le code]

À partir de 1984, son comportement lui ferme les portes d'une bonne partie de la scène musicale. On peut cependant l'entendre auprès de Mike Stern, Hiram Bullock, Brian Melvin, Biréli Lagrène, etc. En 1984, il fonde avec Derf Scratch, John Densmore et Jeffrey Meek un groupe de rock, baptisé Crime[3]. Ses concerts et ses disques de l'époque ressemblent malheureusement souvent à des jam sessions informelles et bruyantes. Ils ne sont souvent, même si on y trouve parfois de bonnes surprises, qu'un pâle reflet de son génie. Il participe cependant en 1985 à la réalisation d'une excellente vidéo pédagogique Modern Electric Bass.

Sans domicile fixe[modifier | modifier le code]

En 1986, il est devenu sans domicile fixe, dormant à la belle étoile et passant la plupart de son temps à traîner avec des clochards sur un terrain de basket. En juillet, il est interné à l'hôpital psychiatrique Bellevue (New York). En décembre, il retourne en Floride, habite un temps chez son père avant de reprendre une vie de semi-clochard. Il est régulièrement arrêté par la police, et « interdit de séjour » dans de nombreux clubs de jazz. De même, il est fréquemment éjecté manu militari de concerts d'autres musiciens durant lesquels il essaie de monter sur scène sans y être invité (concert de Carlos Santana à Fort Lauderdale, par exemple).

Mort[modifier | modifier le code]

Le soir du 11 septembre 1987, il est violemment battu par Luc Havan, responsable du Midnight Bottom Club une discothèque de Wilton Manors, Fort Lauderdale. On retrouve Pastorius gisant, un œil et un bras en très mauvais état, le crâne fracturé et atteint d'une pneumonie. Il est conduit au Broward General Medical Center où il meurt 10 jours plus tard en n'ayant jamais repris connaissance. La légende dit que son cœur s'est arrêté 3 heures après que l'on eut débranché son assistance respiratoire, alors que son électro-encéphalogramme était plat. Luc Havan, alors âgé de 25 ans, d'abord inculpé de meurtre (second degree murder) a finalement été condamné à vingt-et-un mois de prison ferme et cinq ans de mise à l'épreuve pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner (third degree murder), après avoir plaidé coupable et passé un accord avec la justice[4]. Il est libéré après quatre mois et s'installe à Palm Beach County où il exerce la profession d'agent immobilier[5].

Style[modifier | modifier le code]

L'influence majeure de la basse électrique moderne[modifier | modifier le code]

Jaco Pastorius est un musicien clé dans l'histoire de la guitare basse. À l'instar de Jimi Hendrix pour la guitare ou de Charlie Parker pour le saxophone, Pastorius a révolutionné l'approche de son instrument. En popularisant le son particulier produit par un manche de basse électrique sans frettes. Par sa virtuosité, son inventivité, son sens du groove, son exploration de toutes les ressources de l'instrument (rythmiques, mélodiques, harmoniques, etc.), mais aussi des spécificités des instruments « amplifiés » : larsen, utilisation de pédales d'effets. Il a inspiré des milliers de bassistes. Il y a un « son Pastorius » qu'on retrouve encore aujourd'hui chez de nombreux musiciens.

Plus largement, Jaco Pastorius a apporté au jazz un vent de folie (il n'est pas innocent qu'une de ses compositions soit titrée Punk jazz). Il fait une magnifique prestation sur Black Market lors d'un concert à la Stadthalle à Offenbach (Allemagne).

Pastorius était aussi un compositeur et un arrangeur remarquable. On lui doit des titres aux mélodies lyriques, aux harmonies complexes qui sont devenus des standards de jazz : une reprise de The Chicken (de Pee Wee Ellis), Continuum, Portrait of Tracy, Three views of a secret, Teen town, Liberty city, Reza, Used to be a cha cha, River people, Opus pocus, etc. sans oublier des reprises très originales de standards remaniés tels que Sophisticated Lady de Duke Ellington, Donna Lee de Charlie Parker, Pinocchio de Wayne Shorter...

Instruments et technique[modifier | modifier le code]

Jaco Pastorius était connu pour utiliser principalement deux basses Fender Jazz Bass du début des années 1960. Il en possédait une avec frettes, l'autre sans : le modèle fretless ayant été sa basse fétiche. Contrairement aux dires de beaucoup de gens, Jaco a acheté cette basse avec un manche en mauvais état. Et c'est son luthier, Kevin Kaufmann qui aura « sauvé » le manche en y mettant du vernis et de la résine pour coque de bateau...

Il fut l'un des premiers bassistes à utiliser les contrôles d'égaliseur pour remonter la puissance des fréquences médiums, accentuant ainsi le rendu déjà très rond de sa Fender fretless. Ses amplis de prédilection étaient des Acoustic 360 (tête + baffle de 18") et à la toute fin, il utilisa aussi des baffles Hartke composés de haut-parleurs de 10", car il appréciait le son net des cônes en aluminium. Il utilisait aussi l'effet Delay MXR (qu'on peut entendre sur son solo avec Weather Report, Slang, où il met en boucle un petit riff avant de jouer un solo par-dessus). Cet effet lui permettait de créer également un son très particulier, doublant les notes quand il réglait le delay au minimum. Il utilisa vers 1983 une pédale Chorus et un Octaver (que l'on entend notamment dans les sessions avec Biréli Lagrène, en 1986). C'était également un maître unique dans l'utilisation des harmoniques naturelles et artificielles (particulièrement dans Portrait of Tracy), ce qui lui permettait d'obtenir des effets sonores proches d'un carillon[6].

Ses deux basses de 1960 et 1962 ont été volées peu après son entrée à l'hôpital de Bellevue, en 1986. Il possédait aussi deux basses Jaydee conçues pour lui peu avant sa mort. En 2002, sa basse frettée, reconnaissable à une grosse marque d'usure sur le haut du corps fut vendue sur eBay. La famille ignore maintenant où elle se trouve. (Source : Ingrid Pastorius). Sa basse fretless fut cassée par Jaco après une violente colère et une chute dans un escalier, puis réparée par son luthier Kevin Kaufman en 86. Les morceaux furent ré-assemblés. La basse fut ainsi remise totalement à neuf avec un vernis ne rappelant pas la légendaire « Bass of Doom ». Quelques semaines ou mois plus tard, elle est volée dans un parc alors que Jaco s'était absenté quelques minutes du banc ou il s'était assis. Elle fut retrouvée récemment, et Victor Wooten, Will Lee et Victor Bailey l'ont authentifiée comme étant celle de Jaco Pastorius, bien évidemment après sa rénovation. Anecdote : le jour ou Jaco récupéra sa basse, il alla enregistrer le morceau de Mike Stern, Mood Swings, de l'album Uspide Downside, sorti en 1986. C'est à priori le seul enregistrement connu, ou l'on peut réentendre la Bass of Doom, après rénovation. Aujourd'hui, son possesseur n'est autre que Robert Trujillo, le Bassiste de Metallica. Des négociations pour que cette basse revienne enfin à la famille, sont en cours[7].

Peter Erskine, ancien batteur de Weather Report et sideman émérite avec Don Alias (percussionniste) de Jaco, rapporte sur les commentaires de l'album 30th Anniversary qu'il travaillait énormément son jeu scénique (cf. son morceau Slang, où il joue son dernier accord en sautant à pieds joints sur sa basse, également en saupoudrant la scène de talc pour lui permettre de danser en pivotant très vite sur ses pieds, ce qui énervait passablement Joe Zawinul à la longue). Cet épisode démontre que Jaco Pastorius, non content de soigner parfaitement sa virtuosité et la qualité de ses compositions/arrangements, tenait à un jeu de scène remarquable pour mettre en évidence sa musique, à l'instar d'un Jimi Hendrix qu'il allait jusqu'à singer en jouant des solos avec les dents lors de certains concerts de Weather Report.

Discographie[modifier | modifier le code]

Solo / bandleader[modifier | modifier le code]

  • 1976 : Jaco Pastorius
  • 1981 : Word of Mouth
  • 1981 : The Birthday Concert
  • 1982 : Twins I & II
  • 1982 : Holiday for Pans
  • 1983 : Invitation (compilation des albums Twins)
  • 1984 : Blackbird
  • 1986 : Heavy'n Jazz
  • 1986 : Stuttgart Aria
  • 1986 : Nightfood (Timeless Records)
  • 1990 : Standards Zone (Global Pacific Records)

Weather Report[modifier | modifier le code]

  • 1976 : Black Market [dans Cannon Ball et Barbary Coast]
  • 1977 : Heavy Weather
  • 1978 : Mr. Gone
  • 1979 : 8:30
  • 1980 : Night Passage
  • 1982 : Weather Report
  • Live and Unreleased (compilation d'enregistrements live, entre 1975 et 1983)

Autres Projets[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Miles Davis a rendu hommage à Jaco Pastorius en lui dédiant un des morceaux de l'album Amandla : Mr. Pastorius (composition de Marcus Miller).
  • Ana Popovic lui a dédié le morceau Jaco de l'album Comfort to the soul (2003).
  • Peter Erskine rapporte une phrase célèbre de Jaco lorsqu'il dirigeait son big band World of Mouth de manière critique et drôle lorsque l'orchestre n'allait pas dans le bon sens : « men remember women and children and rythm section first ! » :« les mecs, souvenez vous que les femmes et les enfants et la section rythmique d'abord ! » désignant par là les priorités absolues d'écoute dans un orchestre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bill Milkowski, la Vie extraordinaire et tragique de Jaco Pastorius : le plus grand bassiste du monde. In folio, 2003. (traduction par Pascal Nuoffer de  : Jaco : the extraordinary life of Jaco Pastorius).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pat Metheny, notes de pochette de l'album Jaco Pastorius, ré-édition de 2000.
  2. Voir l'interview de Jaco lui-même qui parle de l'influence de Herbie Hancock dans sa musique : http://www.youtube.com/watch?v=Z8KWkLAeSO0&feature=related
  3. http://www.imdb.com/name/nm0576088/bio
  4. http://jmdl.com/library/view.cfm?id=928 James F. McCarty - Miami Herald du 8 novembre 1988
  5. http://www.corporationwiki.com/Texas/Livingston/piney-woods-land-inc-3776861.aspx
  6. Marc-Édouard Nabe, Pastorius à mort, Jazzman n°138, août 2007, p.29.
  7. http://www.fender.com/news/index.php?display_article=533

Liens externes[modifier | modifier le code]

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