Jack le tueur de géants

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Jack le tueur de géants
Image illustrative de l'article Jack le tueur de géants
« Le géant Cormoran était la terreur de toute la région. »
Illustration d'Arthur Rackham,
dans Flora Annie Steel, English Fairy Tales (1918)
Conte populaire
Titre Jack le tueur de géants
Titre original Jack the Giant-killer
Folklore
Genre Conte merveilleux
Aarne-Thompson AT 328
Mythologie Légende arthurienne (contexte)
Personnage(s)-type(s) géant
Pays Angleterre
Région Cornouailles
Époque XVIIIe siècle
Version(s) littéraire(s)
Publié dans Andrew Lang, The Blue Fairy Book (1889)
Joseph Jacobs, English Fairy Tales (1890).
Illustrateur(s) Richard Doyle
Arthur Rackham

Conte(s) en rapport Jack et le Haricot magique
Le Vaillant Petit Tailleur

Jack le tueur de géants (Jack the Giant-killer) est un conte populaire anglais. Situé au temps du roi Arthur, il met en scène Jack, un vaillant jeune homme des Cornouailles, qui use de sa ruse pour vaincre successivement plusieurs géants.

Résumé (version de Lang)[modifier | modifier le code]

L'histoire est celle d'un jeune homme des Cornouailles nommé Jack, qui vit au temps du roi Arthur, et de ses rencontres avec des géants.

Jack tue le géant Cormoran...
...et le géant Blunderbore et son frère. Illustrations extraites d'un chapbook, v. 1820.

Jack capture le premier géant, qui sévit sur le St Michael's Mount, en le faisant tomber dans un piège, et il le tue avec son pic. Pour cet exploit, il reçoit une ceinture sur laquelle sont gravés les mots : « Ceci est l'homme vaillant des Cornouailles, qui a tué le géant Cormoran[1] »[2].

Un deuxième géant, nommé Blunderbore[3], vit au milieu des bois dans un château enchanté. Alors que, se trouvant par hasard dans le bois, Jack s'y est endormi, Blunderbore le surprend et l'emmène dans son château. Il l'y retient captif le temps d'aller chercher son frère, un géant lui aussi, qu'il invite à partager le repas. Quand les deux géants arrivent, Jack, cependant, parvient à les étrangler tous les deux à l'aide d'une corde, et à leur planter son couteau dans le cœur. Jack délivre trois dames qui étaient également prisonnières des géants et offre à celles-ci les clefs du château.

Jack continue son périple et se retrouve au Pays de Galles. Fourbu, il décide de demander l'hospitalité dans une belle maison. Elle est habitée par un géant gallois[4], qui se montre d'abord aimable et donne un lit à Jack. Mais Jack comprend vite que, dès qu'il sera endormi, le géant viendra le tuer. Alors, au lieu de se glisser sous les draps, il y place un morceau de bois. La nuit, le géant surgit dans la chambre de Jack et donne des coups violents sur la forme dans le lit, croyant mettre en pièce le jeune homme, puis il retourne se coucher. Le lendemain matin, Jack se présente au géant qui, tout surpris, lui demande s'il a bien dormi. Jack lui dit que oui, si ce n'est qu'un rat a dû lui donner deux ou trois petits coups, mais qu'il s'est tout de suite rendormi. Jack, par la suite, fait mine de pouvoir ingurgiter autant de nourriture que le géant, et d'être en mesure de pouvoir se couper la tête et la remettre en place. Pour rivaliser avec Jack, le géant, alors, se poignarde lui-même et tombe raide mort.

Jack, avant de poursuivre son voyage, s'équipe d'un cheval, d'un bonnet de connaissance, d'une épée d'acuité, de chaussures de célérité, et d'une cape d'invisibilité. Traversant ensuite une forêt, il voit un autre géant traînant par les cheveux un chevalier et sa dame. Jack revêt alors son manteau d'invisibilité, sous lequel il dissimule son épée. Il attaque le géant et parvient à lui couper les deux jambes, avant de l'achever. Après quoi, il trouve le frère du géant, et s'en débarrasse en procédant de la même manière.

« Le géant Galligantua et le méchant vieux magicien transforment la fille du duc en biche blanche. » Illustration d'Arthur Rackham, dans Flora Annie Steel, English Fairy Tales, 1918.

Jack continue sa route, et arrive près d'une maison isolée située au pied d'une montagne. Il y trouve un ermite qui l'avertit qu'au sommet de la montagne habitent le géant Galligantus[5] et un méchant magicien[6], dans un château enchanté. Ils ont enlevé la fille du duc et l'ont transformée en biche. Jack fait le serment de rompre le sortilège. Paré de son manteau, il se dirige vers le château. En chemin, il trouve une trompette magique et, grâce à celle-ci, il peut anéantir le géant et le sorcier. Jack envoie la tête de Galligantus au roi Arthur. À la demande du roi, Jack obtient, en récompense de tous ses exploits, la main de la fille du duc, laquelle a retrouvé sa forme humaine.

Variantes[modifier | modifier le code]

Comme c'est le cas pour la plupart des contes populaires, il existe de nombreuses versions de cette histoire. Par exemple, le livre de Ruth Manning-Sanders, A Book of Giants en présente six variantes. Dans l'une de ces versions, Jack a un oncle à trois têtes, dont il parvient par la ruse à soutirer une épée d'acuité, des bottes de célérité, une cape d'obscurité et un bonnet de connaissance.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le conte est vraisemblablement issu de la combinaison de plusieurs récits différents, dont certains, comme semble l'indiquer la précision de certains lieux géographiques réels, ainsi que le contexte « arthurien », relèvent du domaine de la légende. [...]

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

La version cinématographique du conte par Nathan Juran, produit par United Artists et sorti en 1962 : Jack le tueur de géants, avec en vedettes Kerwin Mathews et Torin Thatcher, est une adaptation très libre du conte, par Orville H. Hampton et Nathan Juran.

Auparavant, trois films portant le même titre (dans la version originale) avaient déjà été réalisés : en 1916, un court-métrage d'animation réalisé par W.L. Glacken ; en 1925, un court-métrage d'animation réalisé par Herbert M. Dawley&nbsp et en 1933, un film de Bryant Fryer[7]. Le titre a également pu servir, en 1912 et 1955, à désigner des films en fait basés sur l'histoire de Jack et le Haricot magique[7].

Une nouvelle adaptation, Jack le chasseur de géants, plus moderne et réalisée par Bryan Singer, est sortie en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cormoran » vient du vieux français corp, « le corbeau » et marenc, « marin », « de mer » ; le mot qui désigne aujourd'hui l'oiseau en anglais est cormorant, avec un « t » final.
  2. Passage absent de Lang
  3. Blunder signifie en français « la bévue », « la gaffe », et bore, « l'ennui ». Un géant du même nom apparaît dans des légendes et d'autres contes des Cornouailles.
  4. Un géant à deux têtes, selon la version illustrée par Doyle.
  5. Ou Galligantua, dans certaines versions. Le nom peut venir de Gargantua, le géant de Rabelais et/ou être une déformation de ad galli cantum, expression latine signifiant « au chant du coq ».
  6. Appelé, dans certaines versions, Hocus Pocus.
  7. a et b IMDb.com

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Versions/ éditions du conte[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]