Jack Johnson (boxe anglaise)

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Jack Johnson
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Fiche d’identité
Nom complet John Arthur Johnson
Surnom Le géant de Galveston
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de naissance 31 mars 1878
Lieu de naissance Galveston, Texas
Date de décès 10 juin 1946 (à 68 ans)
Lieu de décès Raleigh, Caroline du Nord
Taille 1,87 m (6 2)
Catégorie Poids lourds
Palmarès
  Professionnel
Combats 104
Victoires 73
Victoires par KO 40
Défaites 13
Matchs nuls 9
Sans décision 9
Titres professionnels Champion du monde poids lourds (1908-1915)
Dernière mise à jour : 7 février 2014

Jack Johnson est un boxeur américain né le 31 mars 1878 à Galveston, Texas, et mort le 10 juin 1946 à Raleigh, Caroline du Nord. Surnommé « le géant de Galveston », il fut le 1er champion du monde poids lourds noir entre 1908 et 1915.

Johnson remporta son 1er titre le 3 février 1903 en battant "Denver" Ed Martin en 20 reprises pour le Colored Heavyweight Championship. Il défia alors le tenant du titre mondial, James J. Jeffries, mais ce dernier refusa le combat. Les boxeurs noirs pouvaient en effet boxer contre des blancs dans toutes les catégories à l'exception des poids lourds, la plus prestigieuse.

Jack Johnson brisa ce tabou en affrontant le 26 décembre 1908 le Canadien Tommy Burns à Sydney. Le combat dura 14 rounds, avant que la police n'intervienne pour l'interrompre. Les arbitres attribuèrent alors le titre à Johnson sur décision. De fait, Johnson avait puni son adversaire et l'avait mis KO technique. En 1909, il bat Victor McLaglen, Frank Moran, Tony Ross, Al Kaufman, et le champion des poids moyens Stanley Ketchel.

Le « combat du siècle »[modifier | modifier le code]

En 1910, l'ancien champion invaincu des poids lourds James J. Jeffries sort de sa retraite et annonce « Je vais combattre dans le seul but de prouver qu'un homme blanc est meilleur qu'un Nègre »[1]. Jeffries n'avait pas combattu depuis six ans et dut perdre environ 100 pounds pour faire le poids. Il semblait avoir le support de tous les blancs américains et de tous les médias, ainsi Jack London écrivit : « Jeffries gagnera sûrement car l'homme blanc a 30 siècles de traditions derrière lui - tous les efforts suprêmes, les inventions et les conquêtes, et, qu'il le sache ou pas, Bunker Hill et Thermopylae et Hastings et Azincourt »[1].

Johnson contre Jeffries en 1910

Le combat eut lieu le 4 juillet 1910 devant 22000 spectateurs sur un ring monté pour l'occasion à Reno (Nevada). On pouvait entendre dans la salle le morceau "All coons look alike to me", un des titres phares du genre de musique Coon song caractérisée par sa présentation raciste des noirs américains. Les promoteurs du combat incitèrent même le public entièrement blanc à chanter « Tuez le nègre ! »[2] avant et pendant le combat. Jeffries alla deux fois au tapis lors des 15 premières reprises de ce combat, ce qui ne lui était jamais été arrivé dans sa carrière. Son encadrement le poussa à l'abandon. Cette victoire de Johnson lui permit d'empocher 60 000 dollars et de faire taire les critiques à propos de son titre face à Burns. Nombre de spécialistes, faisant ouvertement preuve de racisme[3], n'admettaient pas qu'un boxeur noir fût champion du monde des poids lourds, et considéraient le match Burns-Johnson comme non significatif. Pour eux, Jeffries était le champion invaincu. L'annonce de cette victoire fut marquée par des agressions racistes de blancs sur des noirs à travers tous les États-Unis[4], principalement dans l'Illinois, le Missouri, l'Ohio, la Pennsylvanie, le Colorado, le Texas et les villes New York et Washington. Le poète noir William Waring Cuney publia un poème pour marquer ces évènements : My Lord, What a Morning. Certains états américains interdirent la diffusion du film du match puis interdirent que les rencontres de Johnson contre des boxeurs blancs soient filmées. En 2005, le film de ce match historique fut placé sur la liste du National Film Registry.

Johnson défraya de nouveau la chronique en épousant une femme blanche. Il dut fuir au Canada puis en France afin d'éviter la prison pour une violation de la loi Mann qui interdit le transport de femmes à travers les états en vue de prostitution ou d'actes dits "immoraux", faits qu'il réfute mais qui le condamnent à 1 an de prison[5].

Johnson perd son titre le 5 avril 1915 face à Jess Willard lors d'un match disputé à La Havane (Cuba) devant 25 000 spectateurs. Prévu en 45 reprises, ce combat est arrêté après 26 reprises à la suite du KO de Johnson. Il revient aux États-Unis en 1920 où il purge un an de prison pour avoir épousé une femme blanche. Il divorce en 1924 et meurt dans un accident de la route en 1946. Une pièce de théâtre d'Howard Sackler, The Great White Hope (L'insurgé), raconte sa carrière.

Distinction[modifier | modifier le code]

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Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • In the Ring and Out, 1927

Musiques[modifier | modifier le code]

Cinématographiques[modifier | modifier le code]

  • The Great White Hope est une pièce de théâtre 1967 de Howard Sackler et film en 1970 de Martin Ritt en français L'Insurgé avec James Earl Jones.
  • Documentaire Jack Johnson. Le champion qui divisa l'Amérique (Unforgivable Blackness : The Rise and Fall of Jack Johnson) de Ken Burns, USA, 2004. 90 min.

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Denzil Batchelor, Jack Johnson and His Times, Londres, Phoenix Sports Books, 1956, 190 p.
  • Robert H. DeCoy, Jack Johnson. The Big Black Fire, Los Angeles, Holloway House Publishing Company, 1991, 320 p. (ISBN 0870675818)
  • Finis Farr, Black Champion. The Life and Times of Jack Johnson, Fawcett, 1969, 192 p.
  • Sal Fradella, Jack Johnson, Boston, Branden Books, 1990, 116 p. (ISBN 0828319316)
  • Al-Tony Gilmore, Bad Nigger! The National Impact of Jack Johnson, Port Washington, Kennikat Press, 1975, 162 p. (ISBN 0804690618)
  • Nick Healy, Jack Johnson, Chicago, Raintree, 2003, 64 p. (ISBN 1410900363)
  • Thomas R. Hietala, The Fight of the Century. Jack Johnson, Joe Louis, and the Struggle for Racial equality, Armonk, M.E. Sharpe, 2004, 390 p. (ISBN 0765607239)
  • Robert Jakoubek, Nathan Irvin Huggins, Jack Johnson, New York, Chelsea House, 1990, 111 p. (ISBN 0791011135)
  • Graeme Kent, Harry Carpenter, The Great White Hopes. The Quest to Defeat Jack Johnson, Stroud, Sutton, 2007, 253 p. (ISBN 075094613X)
  • Kevin J. Mumford, Interzones. Black/White Sex Districts in Chicago and New York in the Early twentieth century, New York, Columbia University Press, 1997, 248 p. (ISBN 0231104928)
  • Randy Roberts, Papa Jack. Jack Johnson And The Era Of White Hopes, New York, Free Press ; Londres, Collier Macmillan, 1983, 304 p. (ISBN 0029266408)
  • Geoffrey C. Ward, Unforgivable Blackness, The Rise and Fall of Jack Johnson, New York, A.A. Knopf, 2004, 512 p. (ISBN 0375415327)
  • Joe R. Lansdale -"The Big Blow" histoire courte (prix Bram Stoker Award 1997)
  • Molefi Kete Asante, 2002 "100 Greatest African Americans" (dictionnaire)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Remnick, David "Struggle for his soul", The Observer, 2003-11-02. Consulté le 11 juin 2008
  2. Zirin, Dave "The Hidden History of Muhammad Ali", Edge of Sports
  3. (en) Boxing While Black: Ken Burns Chronicles Jack Johnson's Bout with Racism (documentary.org)
  4. « Jack Johnson, le champion qui divisa l'Amérique », par Lucas Armati, Télérama, Samedi 7 juin 2008.
  5. Film documentaire Unforgivable Blackness: The Rise and Fall of Jack Johnson de Ken Burns, 2005.

Lien externe[modifier | modifier le code]