Jack Churchill

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John Malcolm Thorpe Fleming « Jack » Churchill
Image illustrative de l'article Jack Churchill

Surnom Mad Jack
Naissance 16 septembre 1906
Surrey
Décès 8 mars 1996 (à 89 ans)
Surrey
Origine Britannique
Allégeance Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Grade Lieutenant-colonel
Années de service 1926-1936 – 1939-1959
Conflits Seconde Guerre mondiale
Distinctions Distinguished Service Order, Military Cross
Famille Rosamund Margaret Denny (femme)
Malcolm Churchill et Rodney Churchill (fils)

Le Lieutenant-colonel John Malcolm Thorpe Fleming « Jack » Churchill, DSO avec barrette, MC avec barrette (16 septembre 19068 mars 1996), surnommé Fighting Jack Churchill et Mad Jack, était un soldat britannique qui combattit pendant la Seconde Guerre mondiale armé d'un arc, de flèches et d'une claymore. Il est connu pour sa devise « un officier qui part au combat sans son épée n'est pas correctement armé. »

Premières années[modifier | modifier le code]

Né dans le Surrey[1] et formé dans le King William's College sur l'Île de Man, Churchill obtint son diplôme de Sandhurst en 1926 et servit en Birmanie avec le régiment Manchester. Il quitta l'armée en 1936 et travailla comme éditeur de journal. Il utilisa ses talents d'archer et de joueur de cornemuse pour trouver un petit rôle dans le film Le Voleur de Bagdad.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Churchill observe un canon de campagne 75 mm, capturé à l'armée belge.

Churchill reprit son commandement après que la Pologne fut envahie. En mai 1940, Churchill et son unité, le régiment Manchester, prit une patrouille allemande en embuscade près de L'Épinette, en France. Churchill donna le signal d'attaquer en tuant le Feldwebel (sergent) ennemi avec une flèche, devenant ainsi le seul soldat britannique à avoir abattu un ennemi avec un arc pendant la Seconde Guerre mondiale[2]. Après avoir combattu à la bataille de Dunkerque, il se porta volontaire pour le Commandos. Churchill était le second en commandement du Commando No. 3 dans l'Opération Archery, un raid dans la garnison allemande à Vågsøy, en Norvège le 27 décembre 1941[3]. Alors que la rampe se posa sur le premier bateau, Churchill s'avança de sa position et se mit à jouer un air de cornemuse, avant de jeter une grenade et de courir au combat sur la baie. Pour ses actions à Dunkerque et Vågsøy, Churchill reçut la Military Cross et Bar.

En juillet 1943, en tant qu'officier commandant, il mena deux commandos depuis leur site d'origine en Catania en Sicile avec sa « marque de fabrique » : son sabre écossais accroché à sa ceinture, un arc et des flèches autour du cou et sa cornemuse sous le bras[4], ce qu'il fit aussi aux débarquements à Salerne. Menant le Commando No. 2, Churchill avait pour ordre de prendre un poste d'observation allemand à côte de la ville de La Molina, en contrôlant un passage jusqu'à la plage de Salerne. Il mena l'attaque des commandos No. 2 et 41, infiltra la ville et prit le poste. Il prit 42 prisonniers. Churchill mena les hommes et prisonniers sur le retour, avec les blessés portés sur des charrettes poussées par les prisonniers allemands. Il en dit que c'était une « image des guerres napoléoniennes[5]. » Il reçut la Distinguished Service Order pour avoir mené cette action à Salerne[6]. En 1944, il mena les commandos en Yougoslavie, où ils apportèrent leur soutien aux partisans de Josip Broz Tito de l'île adriatique de Vis[7]. En mai, il ordonna un raid sur les Allemands à l'île de Brač. Il organisa une « armée hétéroclite » de 1 500 partisans, 43 commandos et une troupe de 40 commandos pour le raid. L'atterrissage ne posait pas de problème mais la vue des nids d'aigle d'où ils avaient combattu les Allemands, les Partisans décidèrent de reporter l'attaque au lendemain. Les cornemuses de Churchill signalèrent aux commandos restant d'attaquer. Après avoir été mitraillé par un Supermarine Spitfire de la RAF, Churchill décida de se retirer pour la nuit et de relancer l'attaque le lendemain matin[8]. Le matin suivant, 43 commandos attaquèrent par le flanc, avec 40 d'entre eux menés par Churchill. Les Partisans restèrent sur l'aire d'atterrissage, seuls Churchill et six autres réussirent à atteindre l'objectif. Un obus de mortier tua ou blessa tout le monde, à part Churchill, qui jouait "Will Ye No Come Back Again?" à la cornemuse alors que les Allemands avançaient. Il fut assommé par grenade et capturé[8]. Plus tard, il est emmené par avion à Berlin pour être interrogé et est transféré au camp de concentration Oranienburg-Sachsenhausen[9].

Jack Churchill (sur la droite) menant un exercice, l'épée à la main, depuis un Eureka boat, à Inveraray.

En septembre 1944, Churchill et un officier de la Royal Air Force rampèrent sous les fils, à travers les égouts et tentèrent d'atteindre la côte baltique. Ils furent capturés près de la ville côtière Rostock, à quelques kilomètres de la mer. Fin avril 1945, Churchill et environ 140 autres compagnons de camp de concentration proéminents furent transférés en Tyrol, gardés par la Waffen-SS. Une délégation de prisonniers confia aux officiers supérieurs Allemands qu'ils avaient peur d'être exécutés. Une unité militaire commandée par le Capitaine Wichard von Alvensleben (en) fut chargée de protéger les prisonniers. En infériorité numérique, les gardes SS partirent, laissant les prisonniers derrière[10]. Les prisonniers furent libérés et après le départ des Allemands, Churchill marcha 150 kilomètres (93 miles) jusqu'à Vérone en Italie où il rencontra une troupe armée américaine[9].

En pleine Guerre du Pacifique, Churchill est envoyé en Birmanie[9], là où les plus importantes batailles contre le Japon se déroulaient. Le temps que Churchill atteigne l'Inde, Hiroshima et Nagasaki avaient été bombardées et la guerre était terminée. On dit que Churchill n'est pas satisfait de la fin soudaine de la guerre : « Sans ces maudits Yankees, nous aurions pu continuer la guerre pour encore 10 ans. »[9]

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1946, la Twentieth Century Fox produisait Ivanhoé avec l'ancien compagnon d'aviron de Churchill Robert Taylor. Le studio engagea Churchill pour apparaître en archer, tirant depuis les murs du Château de Warwick. Après la Seconde Guerre mondiale, Churchill, parachutiste qualifié, fut transféré aux Seaforth Highlanders, et plus tard, en Palestine comme commandant en second du 1er Bataillon, la Highland Light Infantry (en). Au printemps 1948, juste avant la fin du mandat britannique dans la région, Churchill s'engagea dans un autre conflit. Avec douze de ses soldats, il tenta d'apporter son aide lors du massacre du Convoi médical de l'hôpital Hadassah attaqués par des centaines d'Arabes[9]. Il coordonna l'évacuation de 700 médecins, étudiants et patients juifs de l'hôpital Hadassah sur le campus de l'Université hébraïque de Jérusalem, sur le mont Scopus à Jérusalem.

Des années plus tard, Churchill occupa le poste d'instructeur à l'école militaire aéro-terrestre en Australie, où il devint un passionné de surf. De retour en Angleterre, il fut le premier homme à surfer sur la vague de 1,5 mètre de la rivière Severn et conçut sa propre planche. À la retraite, il n'arrêta pas ses excentricités. Il fit sursauter les conducteurs et passagers d'un train en lançant son attaché-case par la fenêtre du train lors de son voyage de retour. Il expliqua plus tard qu'il l'avait lancée dans son propre jardin afin de ne pas avoir à la porter depuis la gare à chez lui[9]. Il se retira de l'armée en 1959, avec deux récompenses du Distinguished Service Order, et mourut dans le Surrey en 1996.

Famille[modifier | modifier le code]

Churchill épousa Rosamund Margaret Denny le 8 mars 1941 [11] avec qui il eut deux enfants : Malcolm John Leslie Churchill, né le 11 novembre 1942 et Rodney Alistair Gladstone Churchill, né le 4 juillet 1947.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Lieutenant-Colonel Jack Churchill », Telegraph (consulté le 7 avril 2013)
  2. (en) Young, Peter (1969). Commando, Ballantine Books
  3. (en) Parker p. 41
  4. (en) Parker p. 133
  5. (en) Parker pp.136–137
  6. (en) London Gazette
  7. (en) Parker p. 148
  8. a et b Parker p. 150–152
  9. a, b, c, d, e et f (en) Smith (2005)
  10. Peter Koblank: Die Befreiung der Sonder- und Sippenhäftlinge in Südtirol, Online-Edition Mythos Elser 2006 Modèle:De icon
  11. (en) thepeerage.com

Sources[modifier | modifier le code]