J. Marion Sims

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James Marion Sims

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J. Marion Sims

Naissance 25 janvier 1813
Hanging Rock, Caroline du Sud (États-Unis)
Décès 13 novembre 1883
New-York City (États-Unis)
Nationalité Américaine
Champs Gynécologie
Diplôme Université Thomas Jefferson

J. Marion Sims, né James Marion Sims (25 janvier 181313 novembre 1883) est un pionnier de la chirurgie, considéré comme le père de la gynécologie américaine. Les historiens modernes critiquent son héritage car il a utilisé des esclaves comme sujets d’expérimentation (en)[1].

Débuts[modifier | modifier le code]

Sims nait à Hanging Rock, Caroline du Sud, de John et Mahala Mackey Sims. Sims passe avec sa famille ses douze premières années à Heath Springs dans le comté de Lancaster. Il écrira par la suite que cette période d'enfance était divertissante mais se rappelle une occasion où il a été sauvé de la noyade par un garçon de quatorze ans, Arthur Ingram, qui vivait au Sud de Hanging Rock Creek.

Son père, John Sims, est élu shérif du comté de Lancaster en 1825 et déménage avec sa famille à Lancaster où Marion entre à la Franklin Academy.

Après deux ans d'études au South Carolina College de Columbia, Sims travaille avec le Dr. Churchill Jones à Lancaster (Caroline du Sud) et suit trois mois de cours au Medical College de Charleston. Il part ensuite à Philadelphie et entre à l'Université Thomas Jefferson, il en sort diplômé en 1835. Il retourne à Lancaster pour pratiquer mais après la mort de ses deux premiers patients il part en Alabama.

Il revient à Lancaster en 1836 pour se marier avec la fille du Dr. Barlett Jones, Theresa, dont il était tombé amoureux alors qu'il étudiait au South Carolina College de Columbia. Ils repartent ensemble en Alabama où en 1845 Marion Sims fonde son hôpital privé pour femmes.

Traitement des fistules vésico-vaginales[modifier | modifier le code]

Les femmes avec des fistules vésico-vaginales sont à cette époque rejetées socialement. Aucun traitement n'est disponible. À Montgomery, Sims expérimente sur trois esclaves d'Alabama — Anarcha, Betsy, and Lucy — qui souffraient de fistules de nouvelles techniques de réparation[1]. De 1845 à 1849 il expérimente sur elles, opérant Anarcha 30 fois (on ne sait pas si c'était à cause de l'échec des sutures ou si c'était délibéré). Bien que l'anesthésie soit devenue disponible, il n'utilise pas lors des opérations d'Anarcha, Betsy et Lucy[1]. Après d'importantes expérimentations et difficultés, Sims finalement perfectionne sa technique et répare avec succès les fistules d'Anarcha. Il traite ensuite plusieurs autres esclaves[2]. Ce n’est qu'après le succès de plusieurs opérations sur des esclaves qu'il commence à pratiquer sa méthode sur des femmes blanches, cette fois en les anesthésiant.

Spéculum de Sims
J Marion Sims

Ces expériences sont une étape vers la chirurgie vaginale moderne. Sims conçoit des instruments dont le spéculum de Sims. Un position d'examen rectale où le patient est couché sur le côté avec le genou droit relevé contre l’abdomen le genou gauche légèrement fléchi est appelé position de Sims (en). Il insiste sur la propreté. Ses sutures utilisant du fil d'argent conduisent à une réparation des fistules dès 1853.

New-York et Europe[modifier | modifier le code]

Sims déménage à New York en 1853 à cause de sa santé et parce qu'il est déterminé à se concentrer sur les maladies féminines. En 1855 il fonde le Woman's Hospital (en), premier hôpital pour femmes aux États-Unis. C'est là qu'il opère des femmes indigentes, souvent dans un amphithéâtre pour que d'autres puissent assister. Mary Smith subit trente de ces opérations entre 1856 et 1859 dans cet hôpital. En 1862, durant la guerre de sécession, il part en Europe et travaille d'abord à Londres puis à Paris, et de 1863 à 1866 il est le chirurgien de l'Impératrice Eugénie. Il reçoit des médailles et des honneurs pour ses opérations couronnées de succès dans plusieurs pays. La nécessité de plusieurs de ces opérations a depuis été remise en question et plusieurs de ses patientes ont subi des chirurgies gynécologiques comme des clitoridectomies pour contrôler l'hystérie ou un mauvais comportement à la demande de leurs maris. Sous le patronage de Napoléon III, il organise un corps d'ambulanciers anglo-américain qui soigne les blessés des deux camps lors de la bataille de Sedan[2].

En 1871 Sims retourne à New-York, et après s'être disputé avec la direction du Woman's Hospital sur l'admission de patients cancéreux (ce qu'il souhaitait), il crée un nouvel hôpital qui deviendra le Memorial Center for Cancer and Allied Diseases.

Il avait prévu une autre visite en Europe mais il meurt d'un attaque le 13 novembre 1883 à New York, âgé de 70 ans[3]. Ferdinand Freiherr von Miller (en) coule une statue de bronze montrant Sims en habits de chirurgien[4], cette statue est située dans Central Park, près du mur vers la Cinquième avenue et la 103ième rue, à l'opposé de la New York Academy of Medicine. C'est la première statue aux États-Unis d'un médecin[2]. D'autres lieux commémoratifs se trouvent près du South Carolina State Capitol à Columbia, Caroline du Sud, et à Montgomery, Alabama[5].

Statue à Central Park

Contributions[modifier | modifier le code]

  • Chirurgie vaginale : réparation des fistules.
  • Instruments : spéculum de Sim ; cathéter sigmoïde de Sim.
  • Position chirurgicale : position de Sims (en).
  • Traitement de la fertilité : Insémination et test postcoïtal (en).
  • Traitement contre le cancer : Sims s'est battu pour l'admission de cancéreuses au Woman's Hospital, une position rejetée par beaucoup qui pensaient le cancer contagieux.
  • Chirurgie abdominale : Sims défendait qu'en cas de blessure abdominale par balle une laparotomie est nécessaire pour arrêter le saignement, réparer les dommages et drainer la plaie. Ainsi son avis a été demandé quand le président James Garfield a reçu un coup de feu, avis transmis par télégramme depuis Paris. Les recommandations de Sims ont été acceptées après sa mort[2].
  • Chirurgie de la vésicule biliaire : en 1878 Sims draine une vésicule biliaire distendue lui retire ses calculs. Il publie le cas pensant être le premier à l’avoir réalisé, cependant une opération similaire est rapportée à Indianapolis en 1867[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Lerner, Barbara, « Scholars Argue Over Legacy of Surgeon Who Was Lionized, Then Vilified », New York Times'',‎ 28 octobre 2003
  2. a, b, c, d et e (en) H M Shingleton, « The Lesser Known Dr. Sims », ACOG Clinical Review, vol. 14, no 2,‎ mars–avril 2009, p. 13–16
  3. (en) « Ob/Gyn Biographies », www.obgynhistory.com (consulté le 31 December 2010)
  4. La statue est signée "[F. v]on Miller fec. München 1892" ; ewlle est dressée au début au Reservoir Square, maintenant Bryant Park, en 1894 et est déménagée sur le site actuel en 1934 (Text of historical sign).
  5. http://www.scstatehouse.gov

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en)Washington, Harriet A. "Medical Apartheid: The Dark History of Medical Experimentation on Black Americans from Colonial Times to the Present" [1] (via archive.org
  • (en)Speert H. Obstetrics and Gynecologic Milestones. The MacMillan Co., New York, 1958, pages 442–54.
  • (en)Spencer, Thomas. "UAB shelves divisive portrait of medical titans: Gynecologist's practices at heart of debate." Birmingham News (en), 21 janvier 2006.
  • (en)Gamble, Vanessa. "Under the Shadow of Tuskegee: African Americans and Health Care". American Journal of Public Health, novembre 1997, page 1773.
  • (en)Sims, J. Marion. The Story of My Life. Appleton, New York, 1889, pages 236–237.
  • (en)Wall LL, "Did J. Marion Sims Deliberately Addict His First Fistula Patients to Opium?." Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, Vol 62:3, 336–356, Oxford University Press.

voir aussi[modifier | modifier le code]