Jēran

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation, etc.), consultez la page d’aide Unicode.

Jeran

Nom
Proto-germanique Vieil anglais Vieux norrois
*Jē₂ra-
« année, moisson »
Gēr / Ior
« année, moisson / anguille »
Ár
« moisson, abondance »
Tracé
Vieux futhark Futhorc Futhark récent
Runic letter jeran.svg Runic letter ger.svgRunic letter ior.svg Runic letter ar.svg
Unicode (HTML)

U+16C3
(#5827;)
ᛄ / ᛡ
U+16C4 / 16E1
(#5828;)

U+16C5
(#5857;)
Translittération
j j / io a
Transcription
j j / io a
API
[j] [j] / [jo] [a]
Position dans l'alphabet
12 28 / 29 10

Jēran (ou Jēra) est la douzième rune du Futhark (l'alphabet runique des anciens peuples germaniques) et la quatrième de la famille de Hagalaz. Elle est précédée de Īsaz et suivie de Eihwaz. Elle est nommée Ger en anglo-saxon et Ār en vieux norrois. Dans toutes ces langues, elle signifie « année » ou « moisson, récolte ». Elle a donné, par exemple, l'allemand Jahr ou l'anglais year.

Le Codex Vindobonensis 795 donne un nom de lettre correspondant dans l’alphabet gotique sous la forme gaar, restitué en gotique comme jer (𐌾). *Jēran (également cité sous la forme *Jēraz) est la forme reconstruite pour le proto-germanique à partir de cette correspondance et du vieux saxon gêr, jâr.

Cette rune notait à l'origine le son [j].

Évolution du tracé[modifier | modifier le code]

Évolution du tracé

De toutes les runes, Jēran est celle qui a subi le plus de transformations ; elle possède donc de nombreuses variantes[1].

L’origine de son tracé est incertain ; toutefois on peut supposer il provient du G latin (C — ᚲ — avec une barre). Il pourrait également s’agir d’une innovation germanique. En tout cas, la rune ᛃ du vieux Futhark n’apparaît que dans les inscriptions les plus anciennes, disparaissant dès le Ve siècle.

Au cours des VIIe et VIIIe siècles, les mutations phonétiques du proto-norrois menèrent à l’aphérèse du j de *jara. La valeur de la rune fut ainsi modifiée, passant de /j/ à /a/. Par la suite, son tracé évolua vers une ligne verticale barrée d’un trait horizontal, translittéré A pour la distinguer du a de la rune Ansuz. Parallèlement, au VIIe siècle, la rune Sōwilō évolua vers une forme qui pouvait prêter à confusion (Long-branch Sol.png)[1] ; ainsi, vers la fin de la période du vieux Futhark, la rune Jēra était représentée par une ligne verticale barrée de deux traits entrecroisés (H-rune.png). Lorsque Naudiz se stabilisa, aux VIe et VIIe siècles, sa barre verticale était inclinée vers la droite : on pouvait donc simplifier la rune Jēra en utilisant une seule barre qui penche vers la gauche, faisant ainsi naître la rune Ár (ᛅ) du Futhark récent. La nouvelle rune Ár étant enfin stable, l’ancienne version H-rune.png servit à représenter la rune Hagall[1].

Poèmes runiques[modifier | modifier le code]

Les trois poèmes runiques décrivent cette rune :

Poème runique[2] Traduction en français

Vieux norvégien
ᛅ Ár er gumna góðe;
get ek at ǫrr var Fróðe.


L’abondance est une bénédiction pour les hommes ;
Je reconnais que Frodi est généreux.

Vieil islandais
ᛅ Ár er gumna góði
ok gott sumar
algróinn akr.
annus allvaldr.


L’abondance est bénédiction des hommes
et un bon été
une récolte florissante.

Anglo-saxon
ᛄ Ger byþ gumena hiht, ðonne God læteþ,
halig heofones cyning, hrusan syllan
beorhte bleda beornum ond ðearfum.


L’année est une joie pour les hommes, lorsque Dieu,
saint roi des cieux, laisse la terre donner
brillamment aux riches et aux pauvres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (sv) Lars Magnar Enoksen, Runor: historia, tydning, tolkning, Falun, Historiska Media,‎ 1998 (ISBN 91-88930-32-7), p. 51, 52
  2. Poèmes et traduction en anglais sur cette page.