János Gálicz

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János Gálicz (en hongrois Gálicz János, en russe Янош Галич) , né à Tótkomlós en 1890, mort à Moscou en 1939, est un militaire hongrois qui obtint la nationalité soviétique et qui, sous le pseudonyme de "Colonel Gal", ou "Général Gal" , combattit aux côtés des Républicains pendant la guerre civile espagnole.

Chef très controversé des Brigades internationales (en particulier de la XV° B.I.) il fut rappelé à Moscou et liquidé lors des Grandes Purges.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et adhésion au communisme[modifier | modifier le code]

Gálicz nait à Tótkomlós, alors ville de l’Empire austro-hongrois (actuellement dans le comitat de Békés, à l’extrême Est de la Hongrie.

Fait prisonnier par les Russes sur le front oriental, il est envoyé en camp de prisonniers et devient communiste ; il participe avec les bolcheviques à la guerre civile russe [1].

Par la suite il sort de l’ Académie militaire Frunze avec le grade de colonel.

Guerre civile espagnole[modifier | modifier le code]

Sous le pseudonyme de « général Gal » [2] , il commande dès le 31 janvier 1937 la XVe brigade internationale[3] et se signale par son caractère intraitable.

Il est blessé le 15 février et remplacé par Vladimir Ćopić. Gal et Senko (Ćopić) alterneront par la suite à la tête de la XV° BI [4].

Après la bataille du Jarama, 6 au 27 février 1937, les pertes ayant été énormes dans la XV° BI, Gal réorganise les effectifs et entraîne ses troupes.

Pendant la bataille de Brunete, du 6 au 25 juillet 1937, Gal commande la 15.ª División del Ejército Popular de la República, une troupe de choc composée de la XIII° BI et de la XV° BI[5]. Les pertes sont énormes, les conditions extrêmes, les combats atroces - les Nationalistes ne font pas de prisonniers - et l’incompétence des chefs grande.

A Brunete, le chef d'état-major de Gal , George Montague Nathan, est tué.

Controverses[modifier | modifier le code]

Aucun historien n’a écrit de commentaire favorable sur l’action de Galic pendant la guerre civile espagnole [6] .

En particulier son ordre d’attaquer le cerro (colline) du Pingarrón pendant la bataille du Jarama a été jugé suicidaire et stupide[7]. et a entraîné des pertes énormes dans la XV° BI : plus du tiers des anglophones [8] .

Il semble que Galic a voulu à tout prix remporter des lauriers en Espagne, sans tenir compte du fait que ses soldats étaient des citoyens américains, britanniques et canadiens, ayant familles et correspondants - et non les combattants anonymes et innombrables de la guerre civile russe. De plus, le caractère du « plus mystérieux et incompétent des officiers soviétiques » [9] était imprévisible, et son incompétence évidente [10].

Herbert Matthews, reporter du New York Times, a décrit Galic comme « un Hongrois qui lutte pour l’Internationale communiste au lieu de lutter pour la République Espagnole ». Selon Eby, Ernest Hemingway aurait dit que les conditions chez Gal étaient déplorables, et qu’il méritait d’être fusillé (voir infra le chapitre « Gal vu par Ernest Hemingway »).

Fin[modifier | modifier le code]

Fin 38, Staline, apparemment bien tenu au courant, entre autres par son envoyé spécial en Espagne Mikhaïl Koltsov, rappelle Gal à Moscou et le fait liquider [11]dans le cadre des Grandes Purges[12].

Gal vu par Ernest Hemingway[modifier | modifier le code]

Hemingway reprochait à Gal comme à son collègue Senko, Vladimir Ćopić, de sacrifier inutilement les combattants de la XVe brigade internationale (et en particulier les Américains du Lincoln Batallion et les Britanniques du British Battalion) en appliquant à la lettre la méthode russe de l'assaut massif dérivée des combats de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe. De plus Hemingway pensait (et affirmait) que les Américains et Britanniques devaient avoir un chef d'origine anglo-saxonne et non hongroise ou croate.

Dans Pour qui sonne le glas , le héros, Robert Jordan, maquisard américain qui se bat aux côtés des Républicains espagnols, pense aux chefs soviétiques qu’il a rencontrés au Gaylord, leur hôtel de Madrid, et il ne cache pas son exécration pour Gal : "Et puis il y avait Gal, le Hongrois, qui aurait dû être fusillé si l’on ne croyait que la moitié de ce que l’on entendait sur lui au Gaylord. Même si l’on n’en croit que le dixième, d’ailleurs… " [13]

Hemingway a décrit aussi dans Pour qui sonne le glas comment, lors des conseils de guerre de l’état-major des forces républicaines, Massart (André Marty) , le commissaire politique tout puissant mais incompétent en matière stratégique, décidait quel était selon lui le point faible de l’ennemi et pointait du doigt, au hasard, sur la carte, la position à attaquer. Alors que le général Golz (Karol Świerczewski) protestait contre l’ordre inepte, "Gall et Copic, qui étaient des politiciens ambitieux, approuvaient chaque fois et, plus tard, des hommes qui n’avaient pas vu la carte, mais apprenaient par ouï-dire le numéro de la colline avant de quitter leur point de départ, et à qui on avait juste montré le terrain ou les tranchées qui s’y trouvaient, escaladaient encore une fois la pente pour y trouver leur mort, ou, encore une fois arrêtés par des mitrailleuses placées dans des bosquets d’oliviers, ils devaient renoncer à atteindre le sommet. Ou bien, sur d’autres fronts, les hommes grimpaient aisément, et cela ne servait absolument à rien."[14].

Sources[modifier | modifier le code]

  • les articles "János Gálicz" de WP en , WP es, et WP ca
  • l’article de WP es "XV Brigada Internacional"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Eby, Cecil D. Comrades and commissars: the Lincoln Battalion in the Spanish Civil War. Penn State Press, 2007. ISBN 9780271029108, p. 65
  2. Il y eut en Hongrie un général Gál ( voir l’article de WP magyar "Gál Sándor (tábornok)" ) : Gál Sándor, héros de la révolution de 1848, né en 1817, mort en exil dans une prison italienne (1866)
  3. SBHAC «Orden de batalla del Ejército Popular al cese de Lago Caballero: Abril - Mayo de 1937» Consultado el 14 de marzo de 2012
  4. Selon l’article de WP es "XV Brigada Internacional" , les chefs qui se sont succédé à la tête de la XV° B.I. sont : János Gálicz du 31 janvier au 15 février 1937, Vladimir Ćopić du 15 février au 10 juillet 1937, Klaus Becker du 10 juillet au 5 août 1937, Vladimir Ćopić du 5 août 37 au 7 mars 1938, Robert Hale Merriman du 7 mars au 31 mars 1938, Vladimir Ćopić du 1er avril au 15 mai 1938. Un Espagnol, José Antonio Valledor, puis un Cubain et un Brésilien commandèrent ensuite la XV° BI jusqu’à sa dissolution.
  5. SBHAC «Cronología de las Brigadas Internacionales»
  6. Eby, Cecil D. Voluntarios norteamericanos en la guerra civil española. Ediciones Acervo, 1974, p. 92.
  7. Ediciones Ruedo Ibérico «El asedio de Madrid (1936-1937)»
  8. Kitchen, Martin. Europe between the wars. Pearson Education, 2006. ISBN 058289414X, p. 356
  9. Eby, Cecil D. Comrades and commissars: the Lincoln Battalion in the Spanish Civil War. Penn State Press, 2007. ISBN 9780271029108, p. 65
  10. Petrou, Michael. Renegades: Canadians in the Spanish Civil War. UBC Press, 2008. ISBN 9780774814171, p. 63
  11. comme, entre autres, Vladimir Ćopić, son collègue à la tête de la XV° BI
  12. Mora, Juan Miguel de. Sólo queda el silencio. Univ de Castilla La Mancha, 2005. ISBN 848427361X, p. 166
  13. Pour qui sonne le glas, milieu du chapitre 18. "Then there was Gall, the Hungarian, who ought to be shot if you could believe half you heard at Gaylord’s. Make it if you can believe ten per cent of what you hear at Gaylord’s … ".
  14. milieu du chapitre 42 de "For Whom the Bell Tolls" (Pour qui sonne le glas) : " Gall and Copic, who were men of politics and of ambition, would agree, and later, men who never saw the map, but heard the number of the hill before they left their starting place and had the earth or diggings on it pointed out, would climb its side to find their death along its slopes or, being halted by machine guns placed in olive groves would never get up it at all. Or on other fronts, they might scale it easily and be no better off than thay had been before."