Iyasou V d'Éthiopie

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Iyasou V
እያሱ 5ኛ
Image illustrative de l'article Iyasou V d'Éthiopie
Titre
Empereur d'Éthiopie
12 décembre 191327 septembre 1916
(3 ans, 0 mois et 15 jours)
Prédécesseur Menelik II
Successeur Zewditou
Prince héritier d'Éthiopie
15 mai 190912 décembre 1913
Monarque Menelik II
Successeur Tafari Makonnen
Biographie
Titre complet Negusse negest d'Éthiopie, Lion conquérant de la tribu de Judah, élu de Dieu
Dynastie Dynastie salomonide
Nom de naissance Iyasu Mikael
Date de naissance 3 février 1896 / 1897
Lieu de naissance Dese (Wello)
Date de décès novembre 1935 (à 39/38 ans)
Père Mikaél du Wello
Mère Säwaräga

Iyasou V d'Éthiopie
Monarques d'Éthiopie

Iyasou V (amharique : እያሱ 5ኛ) (3 février 1897 - novembre 1935), aussi connu sous le nom de lidj Iyasou (amharique : ልጅ እያሱ) est negus d'Éthiopie du 12 décembre 1913 au 27 septembre 1916.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né le 3 février 1897 (27 ter 1890 EC) à Dessie. Il est le fils du ras Mikaél et de Säwaräga, deuxième fille du negus Menelik. Sa mère meurt peu après sa naissance, et il est élevé à côté d'Ankober. Il est amené à Addis-Abeba en 1904, à 7 ans.

Le règne[modifier | modifier le code]

Il est désigné comme héritier dès 1908, position confirmée par un décret de Menelik en 1909. Après plusieurs attaques cérébrales, Menelik est hors d’état de gouverner à partir d'octobre 1909. Comme Iyasu est mineur, la régence est exercée jusqu’en 1911 par ras Tessamma, puis par ras Mikael jusqu’à la mort de Menelik.

Après la mort officielle de Menelik en décembre 1913, les grands de l'empire lui prêtent serment de fidélité en janvier 1914. Cependant, pour des raisons encore controversées (soupçonné de conversion à l'Islam, trop jeune, faiblesse politique, refus d'être le suzerain de son père…), il n'est pas officiellement couronné.

Iyasu entreprend d'adapter le système institutionnel pour conforter son autorité et l'unité du pays, toujours menacée. Il tente d'intégrer politiquement les groupes dominés, en particulier musulmanes (Harar, Afars, Somalis…), du royaume. Ce faisant, il s'affronte aux élites chrétiennes en place. Son rapprochement de la Triplice durant la Première Guerre mondiale lui aliène également les autres puissances européennes (Royaume uni, France, Italie), qui se sont partagées l'influence sur l'Éthiopie par l'accord de décembre 1906 [1].

En septembre 1916, alors qu'Iyasu est à Harar, l'abuna Matewos l'excommunie pour apostasie. Son père est battu à la bataille de Sagäle en octobre 1916, et fait emprisonné jusqu'à sa mort en 1918. Iyasu vit caché jusqu'à son arrestation en janvier 1921. Il est assassiné sans doute en novembre 1935.

Après sa destitution, sa tante Zewditu est couronnée impératrice, ouvrant la porte à l'accession au trône du ras Tafari Mekonen, qui devient Haile Selassie en 1930.

Appréciations de son rôle[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, lidj Yasou invite, Mazhar Bey le consul général de Turquie à Harar, à s'installer à Addis Abeba, ce qui pourrait révéler une tentative de rapprochement avec la Turquie. D'autre part, Yasou avait eu un précepteur allemand et son compagnon le plus intime, Tessema Echeté, était germanophone, d'où le rapprochement de Yasou avec la Triplice[réf. nécessaire].

Yasou se marie d'abord avec Romanework Mengesha, la petite fille de l'empereur Yohannes IV et nièce de Taïtu, ensuite il se marie avec Seble Wongel Hailu, petite-fille du négus Tekle Haymanot du Godjam. Cependant, il semblerait[réf. nécessaire] qu'Iyassou ait eu au moins treize maîtresses et un nombre incertain d'enfants, tous prétendants au trône. Sa seule fille légitime est Imebet-Hoi Alem Tsehai Iyasu, née de la relation avec sa seconde femme. Lidj Yasou était aussi très proche des musulmans et essaya souvent d'améliorer les relations entre les religions. Cela contrariait énormément la noblesse du Shewa et surtout l'Église éthiopienne orthodoxe, craignant que le pays se convertisse à l'Islam. Une crainte renforcée lorsque Fitaourari Tekla Hawariat entendit Lidj Yasou dire : « Si je ne fais pas de ce pays un pays musulman, je ne suis pas Yasou ! »[réf. nécessaire].

Iyasu a tenté de rallier les régions périphériques du pays, conquises au XIXe siècle. Il y mène une active politique matrimoniale en épousant successivement des filles des chefs du Goggam, de Harar, Zayla, Gimma, etc.[2].

On peut mettre à l'actif de Iyasu plusieurs innovations politiques :

  • l'attribution aux jeunes intellectuels de responsabilités jusque-là réservées aux vétérans;
  • l'opposition à la politique des zones d'influence, notamment à l'accord Tripartite de 1906 et à celui du 9 mars 1906;
  • sa politique anticolonialiste que concrétisent l'assistance au mouvement indépendantiste du mullah[réf. nécessaire] Mohammed Abdullah Hassan et son rapprochement avec les balabbat somali et afar;
  • la volonté de donner à ses sujets musulmans le droit de se sentir membres à part entière de l'unité éthiopienne dans la diversité des confessions religieuses.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bahru Zewde [1991].
  2. Sohier [2011], p. 47-48.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bahru Zewde [1991], A History of Modern Ethiopia - 1855-1974, London, Eastern African Studies, (2e éd. 1999), 244 p.
  • (en) Ficquet (Éloi), Smidt (Wolbert G. C.), éd., The Life and Times of Lïj Iyasu of Ethiopia. New Insights, Lit. Verlag, 2014
  • (fr) Sohier (Estelle), Portraits controversés d’un prince éthiopien. Iyasu 1897-1935, L’Archange Minotaure, 2011, 105 p.
  • (fr) Sohier (Estelle), «Le corps des rois des rois dans la ville : Ménélik II et Haylé Sellasé à Addis Abeba», Afriques, En ligne, n° 3, mis en ligne le 27 janvier 2012.