Iwashimizu Hachiman-gū

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Le sanctuaire Iwashimizu Hachiman

Le Iwashimizu Hachiman-gū (石清水八幡宮?) est un des trois grands sanctuaires Hachiman-jinja du Japon et fait partie des Chokusaisha. Il est situé dans la ville de Yawata, préfecture de Kyoto au Japon.

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation du sanctuaire remonte à l'an 859 (ère Jōgan 1)[1] lorsque commence la construction de ses plus anciens bâtiments[2]. Il existe à l'époque de Heian un sanctuaire appelé Iwa-Shimizu-sha qui est transformé en sanctuaire Hachilman lors du transfert de la capitale de Nara à Tokyo. Il devint ainsi un rempart contre le « démon des portes » (notion de de la mythologie chinoise) de la capitale puis du pays, rempart auquel le pays est protégé des influences maléfiques. Cette conviction est si forte que lors des invasions mongoles et face aux menaces des navires noirs sur les côtes du Japon, les tennō viennent prier au sanctuaire.

La tradition du sanctuaire veut que l'empereur Seiwa en ait ordonné la construction par respect pour un oracle dans lequel Hachiman exprime le désir d'être à proximité de Kyoto afin de veiller sur la ville et sur la famille impériale[3]. Cette vision est rapportée par un moine bouddhiste, Gyōkyō, qui a une autre illumination laquelle entraîne le choix de Otokoyama comme emplacement du sanctuaire là où il se trouve encore[4]. Comme les autres sanctuaires Hachiman, jusqu'en 1868 Iwashimizu est en fait un ensemble « sanctuaire-temple » (jingū-ji) appelé Iwashimizu Hachimangū-ji (石清水八幡宮寺?) consacré au Bouddhisme comme au culte des kami.

Le sanctuaire bénéficie du patronage impérial au début de l'époque de Heian[5]. En 965, l'empereur Murakami ordonne que des messagers impériaux soient envoyés aux kami gardiens du Japon pour les informer des événements importants. Ces heihaku sont dans un premier temps présentés à seize sanctuaires dont le sanctuaire Ōharano[6].

L'importance et l'influence du sanctuaire grandissent dans les siècles suivants, et ses vastes propriétés foncières entraînent des conflits mineurs avec Minamoto no Yoritomo au cours des années durant lesquelles se met en place le shogunat de Kamakura. Le sanctuaire cherche à maintenir son exemption traditionnelle de contribution aux frais des forces militaires[7]. Avec le temps, le bakufu a disparu et le sanctuaire s'est maintenu.

L'actuel bâtiment principal est construit par Tokugawa Iemitsu en 1634. Son magnifique style Asuri Momoyama est particulièrement renommé. Certaines parties du sanctuaire sont construites dans un style hachiman-zukuri (八 幡 造) assez élaboré.

La prêtrise reste héréditaire depuis la fondation du sanctuaire. Chaque prêtre (gūji) est un descendant direct de Take-no-uchi-no-sukune, le premier ministre de l'impératrice Jingū-kōgō. Tous les sanctuaires qui abritent un bunrei de Iwashimizu Hachiman-gū, disposent généralement d'un sanctuaire secondaire (sessha) à l'intention de Take-no-uchi-no-sukune situé directement derrière leur honden.

Le honden est divisé en six parties pour trois kami. Ceux-ci doivent normalement rester à l'arrière et s'avancer lorsque leur culte est vénéré. Dans un sanctuaire voisin, (le sessha), les trois kami Sumiyoshi sont adorés en compagnie de Isora-no-Mikoto, leur messager.

De 1871 jusqu'en 1946, Iwashimizu Hachiman-gū fait officiellement partie des Kanpei-taisha (官幣大社?) dans le « système moderne de classement des sanctuaires shinto », ce qui signifie qu'il se trouve au premier rang des sanctuaires soutenus par l'État. Les autres sanctuaires Hachiman pareillement honorés sont Usa Hachiman-gū à Usa, préfecture d'Ōita et Hakozaki-gū à Fukuoka, préfecture de Fukuoka[8].

Iwashimizu Hachiman-gū et Ise-jingū sont classés « les deux mausolées ancestraux » (二所宗廟?) de l'époque féodale.

Chaque année, au début du mois de juin, le Iwa-Shimizu-Hachiman-gu organise la cérémonie du Sakura Otokoyama, fête de la floraison des cerisier. Le 15 septembre a lieu la fête d'Iwashimizu (aussi appelé Minami-Matsuri), l'une des trois grandes fêtes impériales au Japon. Elle se déroule en suivant des prescriptions ordonnées par l'empereur Sanjō en 863. Entre autres choses, des poissons et des oiseaux sont libérés et une danse spéciale miko kagura est effectuée pour apaiser les âmes des poissons morts dans l'année.

Les hamaya (flèches) du sanctuaire sont particulièrement connues et ils s'en vend plus de 100 000 unités par an.

Processions impériales au sanctuaire[modifier | modifier le code]

En 979 (Tengen 2), l'empereur Enyū rend visite au sanctuaire et presque tous les empereurs se rendent au sanctuaire jusqu'au règne de l'empereur Go-Daigo, lorsque les souverains commencent à mener une vie plus recluse[9].

Durant l'ère Shōhei (1346–1370), l'empereur Murakami rend visite personnellement au sanctuaire Iwashimizu[10].

En 1456 (Kōshō 2, 3e mois) : Ashikaga Yoshimasa se déplace au sanctuaire Iwashimizu et tous les dignitaires du Daijō-kan l'y accompagnent[11].

Après la guerre d'Ōnin (1467–1477), les visites impériales sont suspendues pendant 200 ans[12].

Croyance Shinto[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire est consacré à la vénération de Hachiman, kami gardien de la légitimité impériale[1]. Depuis l'époque de sa fondation en 859, Hachiman a été reconnu comme empereur Ojin[13].

Trésors[modifier | modifier le code]

En 2005, une étude des trésors d'Iwashimizu a révélé, entre autres choses, l'existence d'un kris, poignard indonésien serti de joyaux, qui a été exposé au Musée national de Kyoto dans le cadre d'une exposition intitulée « Célèbres épées des temples et sanctuaires de Kyoto »[14].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Kanda, Christine Guth. (1985). Shinzō: Hachiman Imagery and Its Development, p. 41.
  2. Brown, Delmer et al. (1979). Gukanshō, p. 288.
  3. Ponsonby-Fane, Richard. (1962). Studies in Shinto and Shrines, p. 78.
  4. Kanda, p. 42.
  5. Breen, John et al. (2000). Shinto in History: Ways of the Kami, pp. 74-75.
  6. Ponsonby-Fane, Studies, pp. 116-117.
  7. Maas, Jeffrey P. (1999). Yoritomo and the Founding of the First Bakufu: The Origins of Dual Government in Japan, p. 202.
  8. Ponsonby-Fane, Richard Arthur Brabazon. (1959). The Imperial House of Japan, pp. 124-126.
  9. Ponsonby-Fane, Studies, p. 116.
  10. Ponsonby-Fane, Studies, p. 218.
  11. Titsingh, p. 348.
  12. Ponsonby-Fane, Studies,, p. 244.
  13. Ponsbonby-Fane, Studies, pp. 78, 196.
  14. Kyoto National Museum: 2006 exhibition, treasures

34° 52′ 47″ N 135° 42′ 00″ E / 34.87972, 135.7