Ivry Gitlis

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Ivry Gitlis

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Naissance 25 août 1922 (92 ans)
Haïfa, Palestine-Mandate-Ensign-1927-1948.svg Palestine mandataire
Activité principale Violoniste
Conjoint Sabine Glaser
Famille Il a quatre enfants : Raphaëlle, Nessie, David et John.

Ivry Gitlis (en hébreu : עברי גיטליס) est un violoniste israélien, né le 25 août 1922 à Haïfa [1], en Palestine mandataire. Il est également ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO (1990).

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaires de Kamenets-Podolski, aujourd'hui en Ukraine, les parents d’Ivry Gitlis se rencontrent lors de leur départ pour la Palestine mandataire, où naît le violoniste en 1922.

Un grand-père hazzan, un père modeste artisan puis meunier, pas de pression familiale sur ce fils unique : c’est le jeune Ivry qui réclame un violon à l’âge de quatre ans. Son entourage se cotise pour lui offrir l’instrument et les premières leçons. Les progrès sont fulgurants. Il donne son premier concert à sept ans[2].

Les dons musicaux d’Ivry sont vite remarqués par l’influent Bronislaw Huberman (fondateur de l’orchestre de Palestine) qui encourage l’enfant prodige à travailler en Europe. Ce sera le départ pour Paris, tout d’abord, avec l’expérience en demi-teinte du Conservatoire avec Jules Boucherit, puis à Londres où il travaille avec Carl Flesch, enfin, il reçoit aussi un enseignement particulier avec des géants du violon (Jacques Thibaud, Georges Enesco tous deux élèves de Martin-Pierre Marsick).

À Londres, à l’approche de la guerre, période agitée pour le jeune violoniste, il connaît ses premiers succès devant l’armée britannique tout en se portant volontaire pour travailler dans une usine de munitions[3]. Après la guerre, il fait ses débuts avec l'orchestre philharmonique de Londres et enregistre pour la BBC radio.

Puis, au début des années 1950, c’est la découverte des États-Unis et la rencontre avec Jascha Heifetz et le grand pédagogue Théodore Paskus.

En 1955, il rentre dans « l’écurie » du plus grand imprésario de l’époque, Sol Hurok, qui fera d’Ivry un symbole, le premier violoniste israélien à aller jouer en URSS. Parallèlement, plusieurs tournées ont lieu à travers les États-Unis avec des chefs comme Eugene Ormandy et George Szell. Viennent ensuite les premiers enregistrements pour relayer les concerts. Ses interprétations des grands concertos du XXe siècle, comme Alban Berg, Igor Stravinsky, Jean Sibelius, Béla Bartók, sont saluées par les plus hautes récompenses en France comme aux États-Unis.

Dans les années 1960, c’est le retour à Paris, où Ivry réside le plus régulièrement entre deux tournées. Il devient un des interprètes les plus demandés de la scène classique internationale et donne des concerts avec les plus grands orchestres. Ses disques d’anthologie, des grandes œuvres de virtuosité du répertoire, sont des succès populaires.

Ses apparitions sur les chaînes de télévision sont nombreuses, à partir de son débat avec Marcel Marceau dans Italiques en 1974[4], et il contribue ainsi largement à populariser la musique classique auprès du grand public. C'est ainsi qu'en 1981, il tient avec bonheur le rôle de René Vivien, clochard violoniste, dans l'épisode "Maigret et l'homme tout seul" de la série Les Enquêtes du commissaire Maigret avec Jean Richard (première diffusion le 8 mai 1982).

Mais sa célébrité « médiatique » n’empêche pas les compositeurs contemporains les plus exigeants, tels Bruno Maderna et Iannis Xenakis, d’écrire pour lui. À la même époque, il crée et anime le festival de musique de Vence, qui devient le symbole d’une nouvelle manière, plus libre, de diffuser la musique classique. Il tentera d’autres expériences du même type en collaboration, notamment, avec la pianiste Martha Argerich.

Il apparaît avec Yōko Ono dans The Rock and Roll Circus, concert filmé des Rolling Stones en 1968. Il apparaît également dans L'Histoire d'Adèle H. de François Truffaut et dans Sansa, un film de Siegfried sorti en 2003, dans lequel il interprète un violoniste passionné et participe ainsi à la bande originale du film. Il est également l'interprète du concerto pour violon composé par Vladimir Cosma pour La Septième Cible de Claude Pinoteau.

En 2008, il devient parrain de l'association inspiration(s)[5], dont le but est de rendre la musique classique accessible à tous.

En 2009, un documentaire écrit par Sandra Joxe et Christian Labrande, réalisé par Sandra Joxe et produit par Classifilms / ARTE / INA lui est consacré : Ivry Gitlis, le violon sans frontières, diffusé le 30 mars 2009 sur Arte.

Ivry Gitlis a eu trois enfants avec la comédienne Sabine Glaser dont deux (David et John) sont membres du groupe de rock français Enhancer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gitlis, L’Âme et la corde, p. 28
  2. L'âme et la corde, éd. Robert Laffont, 1980.
  3. Ivry Gitlis, Le violon sans frontières, entretiens, prod. : Classifilms, 2008.
  4. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 22 novembre 1974.
  5. inspirations-site.fr

Publication et ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Entretien avec Ivry Gitlis. Nicole Coppey, Revue musicale suisse juillet/août 2008
  • Ivry Gitlis - L'homme du violon, Philippe Clément, 2011, (ISBN 978-2-7466-3516-6)
  • L’Âme et la Corde, Ivry Gitlis, Buchet/Chastel, 2013 (ISBN 978-2-283-02514-7)
  • Jean-Michel Molkhou: Les grands violonistes du XXe siècle (Buchet-Chastel)
  • L'amitié entre Ivry Gitlis et Léo Ferré est évoquée dans le livre de Dominique Lacout consacré à Léo Ferré (Sévigny/Hachette, 1991)

Cinéma[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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