Ivar Ragnarsson

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Ivar Ragnarsson, dit « Ivar le Désossé » (vieux norrois : Ivarr inn Beinlausi), né vers 794 et mort en 872 ou 873[1] à Dublin), est un des chefs viking qui ont pris part à la conquête du Danelaw, en Angleterre à la fin du IXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné du légendaire guerrier viking Ragnar Lodbrok[2], Ivar régnait sur une zone comprenant probablement des parties des actuels Danemark et Suède.

Dès l’automne 855, Ivar débarque en Angleterre, avec ses frères Halfdan et Ubbe Ragnarsson pour se livrer à des pillages dans la région d’Est-Anglie avant de parvenir rapidement à un compromis fut rapidement atteint avec les Est-Angliens. L’année suivante, il poussa ses forces montées au nord jusqu’à York, appelé Jorvik par les Danois qu’il captura sans peine aux Northumbriens, qui étaient à l’époque en guerre civile, et réussit à conserver contre une vaine tentative de reprise en 867[3]. Plus tard, en 865, les trois hommes, ensemble à la tête de la Grande Armée danoise qui conquiert le Danelaw, cherchent à dominer l’ensemble de l’Angleterre, mais se heurtent à Alfred le Grand, roi de Wessex.

On a attribué à Ivar l’immolation du roi Edmond d'Est-Anglie en 869. L’histoire est connue grâce à la Passion latine du roi Edmund rédigée par Abbon de Fleury, puis adaptée en vieil anglais par Ælfric d'Eynsham. Ceux-ci rapportent qu’Edmund aurait été tué de la même façon que Saint-Sébastien après avoir refusé de devenir le vassal d’un païen : lié à un arbre, les Vikings auraient tiré des flèches sur lui jusqu’à sa mort[4]. Des récits postérieurs affirment qu’il aurait été tué dans la nef d’une église[3].

Après 869, Ivar laissa le commandement de la Grande Armée danoise en Angleterre à ses frères Ragnarsson Halfdan et Ubbe. Il parait avoir émigré à Dublin (ou, selon certains, être retourné occuper une précédente seigneurie).

Uí Ímair[modifier | modifier le code]

Ivar Ragnarsson est largement identifié avec Ivarr ou Ímar roi de Dublin le fondateur des Uí Ímair, ou Maison des Ivar, la dynastie qui a régné, à diverses époques, à partir de York sur la Northumbrie, de la moitié du IXe siècle jusqu’au Xe siècle et a dominé la mer d’Irlande à partir de royaume de Dublin. Leurs descendants apparents, la Maison des Godred Crovan, a régné sur le royaume de Man et des Îles du XIe jusqu’au XIIIe siècle, bien que la plupart du temps vassaux des rois de Norvège.

Mort[modifier | modifier le code]

Le nom d’Ivar disparait des archives peu après 870. Son sort ultime est incertaine. Les Annales d'Ulster décrivent la mort d’Imam en 873 :

« Imar, roi des Normands de toute l’Irlande et la Grande-Bretagne, a fini sa vie[1]. »

Les Annales fragmentaires d'Irlande mentionnent également la mort d’Ivar en 873 :

« Le roi de Lochlainn, c’est à dire Gothfraid, a succombé à une maladie soudaine et hideuse. Ainsi, a-t-il plu à Dieu[5]. »

En 1686, un ouvrier agricole du nom de Thomas Walker découvrit à Repton un tumulus scandinave à proximité d’un champ de bataille où la Grande Armée danoise avait dépossédé le roi Burgred de Mercie de son royaume. Le nombre de squelettes partiels autour du corps, deux cents guerriers et cinquante femmes, signifierait un statut très élevé de l’homme enterré, et on a suggéré qu’un tel tumulus pourrait constituer un lieu de repos digne d’un Viking de la notoriété d’Ivar[6].

L’identification du roi de Lochlann à Gothfraid (c’est-à-dire père d’Imar) a été rajoutée par un copiste au XVIIe siècle. Dans le manuscrit d’origine du XIe siècle, le sujet de l’inscription est appelé simplement righ Lochlann (« le roi de Lochlainn »), ce qui se réfère plus que probablement à Imar, dont Les Annales fragmentaires ne notent pas autrement la mort[7]. La cause de la mort – une maladie soudaine et horrible – n’est mentionnée dans aucune autre source, mais elle soulève la possibilité intéressante que le surnom d’Ivar en vieux norrois tire sa véritable origine des effets dévastateurs d’une maladie non indéterminée l’ayant frappé sur la fin de sa vie. Bien que « soudaine et horrible », la mort due à un certain nombre de maladies était une cause fréquente de mortalité au IXe siècle. D’autres suggèrent que les moines ont tout simplement donné à sa mort la forme d’une maladie soudaine et horrible en rétribution envers celui qui avait tant persécuté les chrétiens de son vivant.

Ivar avait également la réputation d’être un berserker.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Annales d'Ulster. http://www.ucc.ie/celt/published/T100001A/index.html Retrieved on May 4, 2007
  2. « The most cruel of them all was Ingvar, the son of Lodbrok, who everywhere tortured Christians to death » (« Le plus cruel de tous était Ingvar, le fils de Lodbrok, qui torturait partout les chrétiens à mort. »). This was written in the Gesta of the Franks." Adam de Brême, Gesta Hammaburgensis Ecclesiae Pontificum I xxxvii (§ 39), tr. Francis J. Tschan, History of the Archbishops of Hamburg-Bremen, New York, 1959.
  3. a et b "The Vikings", Frank. R. Donovan, author; Sir Thomas D. Kendrick, consultant; Horizan Caravel Books, by the editors of Horizan Magazine, Fourth Edition, American Heritage Publishing Co.: New York, 1964, LCC# 64-17106, p. 44-45 ; 145, 148.
  4. Abbon de Fleury, Passio Sancti Eadmundi Regis et Martyris, ed. Michael Winterbottom, Three Lives of English Saints. Toronto Medieval Latin Texts. Toronto, 1972, p. 65-87 ; Ælfric, Life of St Edmund, ed. and tr. W.W. Skeat, Ælfric’s Lives of Saints. 2 vols. : vol. 1. Oxford, 1881-1900, p. 314-34.
  5. « Fragmentary Annals of Ireland 409 », CELT (consulté le 2 February 2009).
  6. (en) Martin Arnold, "The Vikings : A Short History", The History Press, Stroud, 2008, Introduction , "The Death of Ivar the Boneless & Viking Age History", p. 9-21.
  7. John O’Donovan, qui a édité et traduit les Annales fragmentaires en 1860, a compris l’entrée comme faisant référence à Ímar. Auparavant dans ces mêmes annales, Ímar et son frère Amlaíb sont nommés « na righ Lochlann » ou « rois de Lochlainn » (FA 388). Voir également Donnchadh Ó Corráin, The Vikings in Scotland and Ireland in the Ninth Century §40 for further discussion.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]