Italo Disco
L'Italo Disco (ou disco italien) est un genre musical qui constitue un style particulier de disco, et qui fut très populaire durant les années 1980 en Europe. Il provient majoritairement du nord de l'Italie (Florence, Milan, Rimini, Rome), mais aussi d'Allemagne, de Suisse et même d'Espagne qui développa sa propre variante, le sonido Sabadell. On situe essentiellement l'italo disco dans une fourchette allant de 1983 à 1988, avec un apogée en 1985 ; il s'agit donc d'un genre très caractéristique des années 1980. Il s'agit d'une des premières formes de musique de danse électronique, ce qui fait de l'italo disco un précurseur de la dance des années 1990. L'intérêt du public pour l'italo disco a décliné à la fin des années 1980, et le genre s'est fondu dans d'autres styles de musique électronique ou de musique dance européenne.
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[modifier] Usage du terme
À l'échelle internationale, le terme « italo disco » désigne toute musique électronique des années 1980 qui ne vient ni de Grande-Bretagne, ni des États-Unis. Pour cette raison, un certain nombre de productions francophones des années 1980, comme celles d'Images, de Magazine 60 ou de Stéphanie de Monaco, portent cette étiquette dans d'autres pays européens que la France, ainsi qu'aux États-Unis.
Le terme « italo » signifie italien et entre habituellement dans la construction d’adjectifs composés. Il fut, isolé, utilisé dès 1980 sur des compilations de musique pop en Allemagne, telles qu'Italo Top Hits sur le label K-Tel ou sur le premier opus d’Italo Super Hits sur le label Ariola.
L’origine du terme « italo disco » est généralement associée à des productions disco italiennes et d’autres pays européens commercialisées sur le marché allemand. Ainsi, l’expression « Original Italo-Disco » apparait sur la pochette de l’édition allemande de Girl On Me par Amin-Peck. L'usage de l'expression « italo disco » pour désigner spécifiquement le disco italien comme un genre à part entière est dû à Bernhard Mikulski[1], le fondateur du label allemand ZYX Music, qui, en 1985, a estimé qu'il fallait donner un nom à ce style particulier de musique afin de le commercialiser.
Les séries The Best of Italo-Disco et Italo Boot Mix, la seconde désignant des mégamix, ont compris chacune 16 disques jusqu’en 1991. Les deux productions se sont d’abord composées de musique disco d’origine italienne, souvent avec l’accord de labels italiens indépendants qui avaient peu de ventes et de visibilité hors d’Italie ; cependant, les séries se sont diversifiées avec l’introduction de chansons dans un style similaire, interprétées par des artistes allemands ou d’autres pays d’Europe.
Les présentateurs de l’émission musicale italienne Discoring, produite par la RAI, avaient l’habitude de faire référence aux titres italo disco sous l'expression « rock elettronico » (rock électronique) ou « balli da discoteca » (danses pour discothèque), avant que l’expression « italo disco » ne soit forgée.
Le terme « euro disco » peut également s’appliquer aux titres italo disco : il est utilisé pour désigner la musique dansante, ou tout style particulier de disco, produit en Europe au cours des années 1980. Il est préféré au terme italo disco lorsqu’il s’agit de marquer la différence entre le disco à l’européenne et les productions américaines.
[modifier] Histoire
[modifier] Origines (1976-1983)
L’arrivée des synthétiseurs et des effets électroniques dans le disco a fait émerger la musique de danse électronique, dont la Hi-NRG aux Etats-Unis et le space disco en Europe. Le producteur italien Giorgio Moroder avec From here to eternity en 1977 et sa collaboration avec Donna Summer pour I feel love la même année, le musicien Didier Marouani au sein du groupe Space avec Magic Fly, toujours la même année, les succès du batteur Cerrone (notamment Supernature sorti en 1977), les artistes et groupes électronique ou de synthpop comme Kraftwerk, Telex, Devo et Gary Numan, et les premiers albums de Hi-NRG produits à San Francisco par Patrick Cowley pour Sylvester et Paul Parker sont les principales influences de l’italo disco.
En 1980, le genre est apparu complètement achevé dans sa forme en Italie et dans d’autres parties de l’Europe. Les chansons étaient ainsi parfois entièrement électroniques et comprenaient souvent des boites à rythmes, des mélodies accrocheuses, des vocodeurs, des réenregistrements, et des paroles en anglais traitant de l’amour et du romantisme de façon particulièrement appuyée. Le chant n’était pas destiné à transmettre un message, qui ne pouvait être compris par les artistes et un public non-anglophone dans sa grande majorité ; la voix se concevait davantage comme un instrument qui venait se rajouter. Les paroles évoquaient certes l’amour, mais aussi les robots et l’espace, parfois en combinant les trois, comme dans Robot Is Systematic par ‘Lectric Workers en 1982, ou Spacer Woman par Charlie en 1983. L’italo disco était alors diffusé principalement sur les stations de radio et dans les discothèques en Europe.
Les années 1982 et 1983 ont vu la sortie des titres Dirty Talk, Wonderful et The M.B.O. Theme, trois titres empreints d’ironie et souvent cités comme ayant influencé le développement de la musique house. Ces chansons sont interprétées par Klein + M.B.O., un projet parallèle développé par Davide Piatto du duo italo disco N.O.I.A., avec lui-même et Rossana Casale au chant.
L’année 1983 est parfois considérée comme l’apogée de l’italo disco, avec de nombreux titres au succès immédiat et plusieurs labels émergeant à ce moment. Ces derniers comprenaient notamment American Disco, Crash, Merak, Sensation et X-Energy. Le label en vogue DiscoMagic sortit pour sa part plus de trente titres durant l’année.
[modifier] Style musical
Certaines sonorités s'inspirent effectivement de la musique disco - d'où son nom - mais le style musical lui-même se rattache davantage à la new wave anglaise. De fait, il était nettement plus électronique que le disco, avec l'utilisation systématique d'instruments électroniques (synthétiseurs, boites à rythmes, sons artificiels), mais aussi plus lent et plus mélancolique que le disco traditionnel ou que sa cousine d'Amérique, la Hi-NRG. On peut donc tout à fait considérer l'Italo Disco comme une déclinaison italienne de la new wave, tendance electro-pop, ou encore la percevoir comme une ancêtre de la dance, en raison de son caractère éminemment électronique et lié aux pistes de danse.
[modifier] Caractéristiques du genre
La très grande majorité des titres étaient chantés en anglais et, de façon plus marginale, en italien ainsi qu'en allemand. L'emploi de l'anglais permettait aux producteurs de viser un succès le plus international possible. Les chanteurs et chanteuses Italo Disco étaient essentiellement recrutés pour leur physique avantageux et leur capacité à chanter en anglais mais ne prenaient que rarement part au processus de création des chansons, devenant ainsi « jetables » au bout de quelques chansons. C'est ce qui explique que, derrière une très grande diversité d'interprètes, on retrouvait finalement souvent les mêmes noms d'auteurs-compositeurs et de producteurs. Il en résulte que peu d'artistes Italo Disco ont publié des albums, le format single convenant mieux à ce mode opératoire.
Pour autant, le caractère éphémère et préfabriqué des groupes d'Italo Disco, comme ce sera plus tard aussi le cas des artistes de dance, ne doit pas amener à mépriser ce genre qui sut offrir des morceaux très mélodieux, romantiques, colorés, souvent dotés d'arrangements très soignés et réalisés par des producteurs de qualité.
[modifier] Artistes et groupes Italo Disco
Parmi les groupes mythiques et précurseurs du genre italo-disco, on peut citer la Bionda qui débuta ce registre dans les années 70 (Bandido, One For You, One For Me) et qui l'enrichit au cours des années 80 (I Wanna Be Your Lover). Ce style sera suivi par l'ItaloDance à la fin des années 1980, puis par la dance au cœur des années 1990 qui sera de moins en moins localisées en Italie.
- Albert One
- Aleph
- Amin Peck
- Atrium
- Baltimora
- Carrara
- Casco
- Charlie
- Chris Luis
- Cyber People
- Daydream
- Deborah Kinley
- Den Harrow
- Duke Lake
- Dust Man
- Eddy Huntington
- Fancy
- Finzy Kontini
- Flowchart
- Fun Fun
- Gazebo
- J.D. Jaber
- Kano
- Koto
- Klein & MBO
- Ken Laszlo
- La Bionda
- Lou Sern
- Marcel Fobert
- Martinelli
- Miko Mission
- Mike Mareen
- Mirage
- Monte Kristo
- Moon Ray
- Mozzart
- My Mine
- N.O.I.A
- O'Ryan
- P.Lion (dont le titre Dream est connu pour avoir été le générique du Top 50 en France)
- Plastic Mode
- Radiorama
- Raf
- Ryan Paris
- Sabrina Salerno
- Sandy Marton
- Savage
- Scotch
- Silent Circle
- Silver Pozzoli
- Starflight
- The Advance
- Tony Esposito
- Valerie Dore
[modifier] Tubes Italo Disco
- 1978 La Bionda : One For You, One For Me
- 1982 Gazebo : Master Piece
- 1983 Savage : Don't Cry Tonight
- 1983 Kano : Another Life
- 1983 Ryan Paris : Dolce Vita
- 1983 P.Lion : Happy Children
- 1984 Gazebo : I Like Chopin
- 1984 Fancy : Chinese Eyes
- 1984 Valérie Dore : The Night
- 1984 Ivan : Fotonovela
- 1984 Betty Miranda : Take Me To The Top
- 1984 RAF (Raffaele Riefoli) : Self Control (qui sera repris par Laura Branigan)
- 1984 Primadonna : Flashing On The Floor
- 1984 Marcel Fobert & Folie Club : Rap Folie
- 1984 Miko Mission : How Old Are You ?
- 1984 Sandy Marton : People From Ibiza
- 1984 P.Lion : Dream (utilisé plusieurs années comme générique du Top 50 français)
- 1984 Carrara : Shine On Dance
- 1985 Alba : Only Music Survives
- 1985 Hong Kong Syndikat : Too Much
- 1985 Hong Kong Syndikat : Concrete And Clay
- 1985 Carrara : Welcome To The Sunshine
- 1985 Citizen's : Shanana (qui servira plusieurs étés comme générique d'Intervilles)
- 1985 Valérie Dore : Get Closer
- 1985 Valerie Dore : It's So Easy
- 1985 Koto : Visitors
- 1985 Den Harrow : Future Brain
- 1985 Eddy Huntington : U.S.S.R.
- 1985 Ken Laszlo : Hey Hey Guy
- 1985 Ken Laszlo : Tonight
- 1985 Martinelli : Cenerentola (Cinderella)
- 1985 Silver Pozzoli : Around My Dream
- 1985 Kazino : Around My Dream (reprise de Silver Pozzoli)
- 1985 Mirage : No More, No War
- 1985 Opus : Live is Life
- 1985 Stargo : Live Is Life (reprise du titre homonyme du groupe Opus)
- 1985 Silent Circle : Touch In The Night
- 1985 Tony Esposito : Kalimba De Luna
- 1985 Topo & Roby : Under The Ice
- 1985 Scotch : Take Me Up
- 1985 Scotch : Mirage
- 1986 Blossom Child : I Pray
- 1986 Lou Sern : Swiss Boy
- 1986 Valerie Dore : Lancelot
- 1986 Spagna : Easy Lady
- 1986 Den Harrow : Catch The Fox (Caccia Alla Volpe)
- 1987 Italian Boys : Forever Lovers
- 1987 Tony Esposito : Papa Chico
[modifier] Instruments utilisés
L'utilisation de synthétiseurs est caractéristique de la musique italo disco. Parmi les instruments utilisés se trouvent :
- le Roland Jupiter-8 et le Roland Juno-60 (Giorgio Moroder, Depeche Mode)
- le Yamaha DX7, très largement employé
- la boite à rythmes Roland TR-808