Itakura Shigemune

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Itakura Shigemune est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Itakura, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).

Itakura Shigemune (板倉 重宗?) (1586-15 janvier 1657) est un daimyo japonais du début de l'époque d'Edo[1] dont la famille prétend descendre de la branche Shibukawa du Seiwa-Genji. Les Itakura identifient les origines de leur clan dans la province de Mikawa, et les descendants de son père Itakura Katsushige[2], dont son fils Shigemune, sont considérés comme la branche aînée du clan[3]. En 1622, ses services sont récompensés par sa nomination de daimyo du domaine de Sekiyado[3]. Son titre de cour était Suo no Kami.

Biographie[modifier | modifier le code]

Shigemune est le fils aîné d'Itakura Katsushige[3]. Il est choisi dans son enfance pour devenir page de Tokugawa Ieyasu et celui-ci déclare qu'il a beaucoup d'estime pour lui. Shigemune participe à la bataille de Sekigahara et au siège d'Osaka.

En 1619, Shigemune est nommé troisième Kyoto shoshidai[4], une fonction qu'il tient pendant 35 ans (1619-1654)[1]. À ce poste, il s'engage activement et personnellement à la tête d'un réseau d'espions chargés de découvrir et de signaler toute volonté de sédition, d'insurrection ou de n'importe quel autre trouble[5].

Dans les subtilités de la politique du shogunat, Shigemune aurait développé un grand sens de l'impartialité. Lorsqu'il était chargé de juger une affaire, il plaçait une lanterne entre lui et l'orateur, et s'occupait à faire du thé, pour ne pas laisser les apparences influencer son sens de la justice[6].

Shigemune était chargé de la garde du palais et de la direction des nobles de cour et réalisa progressivement que sa nouvelle fonction n'était pas une sinécure. Par exemple, un jour que l'empereur Go-Kōmyō prenait ses leçons d'escrime, Shigemune menaça de se suicider et le souverain lui répondit « je n'ai jamais vu un guerrier se suicider, le spectacle sera intéressant. Vous devriez ériger une scène dans la cour du palais afin que votre exploit soit vu de tous »[7]. Les deux hommes trouvent finalement une solution à cette impasse.

Shigemune meurt en 1657 au domaine de Sekiyado.

Le mérite gagné par les services loyaux de Shigemune envers le shogunat ressurgissent des années plus tard lorsque les actions d'un descendant menacent de dévaster la famille Itakura. En 1739, Hosokawa Munetake de Higo est assassiné à l'intérieur du château d'Edo par Itakura Katsukane qui est ensuite condamné à se suicider. Cependant, le shogun Tokugawa Yoshimune intervient personnellement pour atténuer les conséquences néfastes sur la famille fudai du défunt[8].

Les restes de Shigemune sont répartis entre le temple Kōetsu-ji à Kyoto[9], et le Chōen-ji à Nishio[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]



Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Meyer, Eva-Maria. "Gouverneure von Kyôto in der Edo-Zeit." Universität Tübingen (in German).
  2. Nussbaum, Louis-Frédéric et al. (2005). "Itakura Katsushige" in 'Japan encyclopedia, p. 403. sur Google Livres; n.b., Louis-Frédéric is pseudonym of Louis-Frédéric Nussbaum, see Deutsche Nationalbibliothek Authority File.
  3. a, b et c Papinot, Jacques. (2003). Nobiliare du Japon -- Itakura, pp. 16-17; Papinot, Jacques Edmond Joseph. (1906). Dictionnaire d’histoire et de géographie du Japon. (in French/German).
  4. Murdoch, James. (1996). A History of Japan, p. 10.
  5. Murdoch, p. 134.
  6. Article japonais de Wikipédia sur Shigemune
  7. Porter, Robert. (2001). Japan: the Rise of a Modern Power, p. 65.
  8. Screech, Timon. (2006). Secret Memoirs of the Shoguns: Isaac Titsingh and Japan, 1779-1822, p. 117-121.
  9. (ja) いたくら
  10. (ja) 板倉重宗の紹介

Source de la traduction[modifier | modifier le code]