Ispaster

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Ispaster
Blason de Ispaster
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Statut Udal / Municipio
Communauté autonome Pays basque Pays basque
Province Drapeau de Biscaye Biscaye
Comarque Durangaldea
Maire Jesús María Lekerikabeaskoa Arrillaga (PNV)
Code postal 48280
Démographie
Gentilé Ispastertarra
Population 715 hab. (2013)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 21′ 46″ N 2° 32′ 35″ O / 43.36277778, -2.5430555643° 21′ 46″ Nord 2° 32′ 35″ Ouest / 43.36277778, -2.54305556  
Altitude 0 m
Superficie 2 262 ha = 22,62 km2
Localisation
Localisation de Ispaster

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Liens
Site web www.ispaster.net

Ispaster en basque ou Ispáster en espagnol est une commune de Biscaye dans la communauté autonome du Pays basque en Espagne.
Le nom officiel de la ville est Ispaster.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Juan Antonio Moguel[1] dans son œuvre Peru Abarca[2], écrite en 1802 et publiée en 1881 a peut-être été le premier à indiquer que le mot basque itsaso (« mer » en basque), apparaît généralement en composition en formant des toponymes descriptifs uniquement avec la syllabe i ou iz. Parmi les exemples de toponymes côtiers basques avec la racine i ou iz, que Moguel a proposés, on trouve précisément celui d'Ispaster, toponyme qui est traduit par coin de mer, de cette racine i(t)as) (mer) et bazter (coin, peut aussi signifier bord). D'autres philologues postérieurs ont voulu voir dans cette racine i ou iz, un terme archaïque qui signifiait eau. Preuve en est l'existence dans le basque de mots comme izotz (glace) ou izerdi (sueur), que si iz signifiait eau on pourrait le traduire littéralement comme eau froide ou eau moyenne.

La situation géographique d'Ispaster ne rend pas insensée une signification étymologique de type coin près de la mer ou le coin avec l'eau. Ispaster est une localité côtière, mais la côte est draguée et d'accès difficile, ce pourquoi localité a traditionnellement vécu de dos à la mer.

La différence entre le nom castillan et basque du village est que le premier a un tilde et le deuxième non, puisque dans les règles orthographiques modernes du basque (euskara) on n'utilise plus les tildes. Les deux noms se prononcent de la même façon.

Le gentilé formel est ispastertarra, bien que de manière coloquiale[3], on les appelle ispastarras.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sur la côte cantabrique, apparaît la calanche d'Ogeia, formée par des roches la plus grande partie du temps, bien que parfois la mer dépose du sable en elle. Bien que manquant d'un accès confortable à la mer, sa localisation lui permet de profiter des terres fertiles d'une dépression karstique. Cette caractéristique géologique a donné lieu, surtout dans le sud, à la formation d'un paysage parsemé de collines, grottes et cimes.

Bien que son Elexalde se trouve dans une plaine dans la partie centrale de son territoire municipal, le reste de la population est installée dans des quartiers de fermes de dispersés. Ispaster est proche, entourée, des sommets de l'Otoyo (396 m) et de l'Arterreta (251 m).

Sa difficulté pour accéder à la mer a favorisé son orientation vers les activités agricoles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les traces de peuplements plus anciens ont été trouvées dans les gisements de Kobeaga I et Kobeaga II (Barainka), grotte d'Urtiaga (sans excaver) et de Jentilkoba d'Iperratx (Solarte) et d'Otoioko Jentilkoba (Artika). Les plus importantes sont les deux premières citées : Kobeaga II costitue les premières preuves de peuplement d'Ispaster. Il s'agit d'une installation de pêcheurs mésolithiques, datant d'environ 3 500 a. J.C, juste avant le début le Néolithique.

À Kobeaga I on a trouvé d'abondants objets d'ornementation en os et restes de céramiques qui incluent des fragments de verre en cloche. La chronologie est problématique, s'agissant probablement d'une nécropole de l'âge du bronze.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La première mention d'Ispaster dans l'histoire n'aura pas lieu avant 1334, dans un ordre dicté par le Roi Alfonse XI pour qu'on restitue à l'église de Lekeitio la dîme des gentilshommes d'Amoroto, Ispaster, Gardata et Asumendi. Ispaster, organisée comme elizate, aura des procès fréquents avec la ville voisine de Lekeitio, une chose parfaitement incurable dans le conflit général entre villes et des Tierra Llana qui a affecté la totalité du territoire biscaïen.

Toutefois, le grand conflit qui a mis sous tension la vie de la seigneurie pendant cette période n'a été autre que celle des luttes banderizas (Guerre des bandes)[4] entre Oñaciens et Gamboins. Cela a été un conflit de longue durée (deux siècles) et d'une extrême dureté dans lequel Ispaster a pris parti du côté Oñacien, dont la tête au niveau local était la lignée des Adán de Yarza, seigneurs de Zubieta.

La fin de cette période de convulsions a marqué l'offensive contre les "banderizos" entamée par le roi Henri IV[5] autour de l'année 1457 et conclue par les Rois Catholiques vers 1492.

Ère moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

L'étude de la population à l'ère Moderne et Contemporaine nous offre un panorama d'alternance entre des périodes de croissance et de recul, ces derniers marqués par l'incidence des mauvaises récoltes, les épidémies et la Guerre. La croissance démographique ne sera pas stable jusqu'au XXe siècle.

Ispaster était une elizate dont les habitants se consacraient principalement à l'agriculture, au bétail et, dans une moindre mesure, à la pêche (celle-ci, liée à ville de Lekeitio). L'introduction de la culture du maïs dans les premières décennies a été d'une importance transcendantale, comme elle l'a été pour le reste du territoire, du XVIIe siècle (les premières informations de sa culture à Ispaster datent de 1614).

Par rapport à ce développement de la culture du maïs, on doit mentionner l'essor de la minoterie, Ispaster arrivant à compter quatre moulins en 1630. En outre, dans des terrains de l'elizate, a construit dans le siècle suivant quelques moulins à vent répartis dans la seigneurie de Biscaye/Bizkaia : le moulin d'Aixeder, construit entre 1728 et 1729, encore visible.

Actualité[modifier | modifier le code]

Dans le présent, Ispaster maintient une physionomie qui est l'héritage direct de la vocation agricole qui l'a caractérisée pendant des siècles. L'incidence de l'activité industrielle s'est sentie dans l'apparition d'entreprises comme Onduvisa et la coopérative Lealde. Le tourisme, finalement, vient offrir une nouvelle forme d'exploitation des ressources naturelles riches dont dispose la commune.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Parmi les monuments, on peut citer :

  • Grottes
  • Ferm Aixpe Aurrokoa
  • Moulin Aixeder
  • Palais Araignée
  • Palais Zubieta
  • Casa Consistorial ou mairie

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • Église de San Miguel
  • Ermitage de San Martin
  • Ermitage Santiago

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Juan Antonio Moguel Urquiza (1745 - 1804) a été un prêtre et un écrivain espagnol d'origine basque.
  2. Le Peru Abarca (1802) - dont le titre complet est El doctor Peru Abarca, catedrático de la lengua bascongada en la Universidad de Basarte, o Diálogos entre un rústico solitario bascongado y un barbero callejero llamado Maisu Juan- est un roman en basque, écrite par le prêtre et l'auteur basque Juan Antonio Moguel Urquiza (1745-1804). Il a été publié en 1881.
  3. L'utilisation coloquiale est l'emploi du langage, d'une certaine manière, dans un contexte informel, familial et distendu, avec des mots caractérisés par son utilisation commune, fréquente et directe qui s'éloignent de tout type de rhétorique et, dans une certaine mesure, de la norme cultivée, il est aussi appelé connotation.
  4. La guerre des bandes opposait les partisans de deux familles: les Oñas et les Gamboins. Les Oñaciens étaient des partisans de la lignée guipuscoane des Oñas. Elle était menée par la famille Mendoza, avec comme alliés les Beaumontais et la couronne de Castille. Les Gamboins étaient les partisans de la lignée guipuscoane des Gamboa. Ils étaient alliés aux Agramontais (qui apparaissent pour la première fois au début du XIIe siècle avec Sanche VII le Fort) et le Royaume de Navarre.
  5. Henri IV de Castille, né à Valladolid en 1425, décédé à Madrid en 1474 fut roi de Castille et de León de 1454 à 1474. Il était fils de Jean II et de Marie d'Aragon (1396-1445).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]