Isabelle de Montolieu

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Isabelle de Montolieu

Description de l'image  Isabelle_de_Montolieu.jpg.
Nom de naissance Elisabeth Jeanne Pauline Polier de Bottens
Naissance 7 mai 1751
Lausanne, Suisse
Décès 29 décembre 1832 (à 81 ans)
Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Profession Romancier et traducteur

Isabelle de Montolieu, née Elisabeth Jeanne Pauline (dite Isabelle) Polier de Bottens, est un écrivain suisse, auteur de romans et de traductions, née le , à Lausanne et décédée le dans sa maison de Vennes (actuellement sur la commune de Lausanne).

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et enfance[modifier | modifier le code]

Isabelle est la fille d'Antoine-Noé de Polier (1713-1783), originaire de Villefranche-de-Rouergue, seigneur de Bottens, professeur de théologie, et d'Elizabeth-Antoinette-Suzanne de Lagier de Pluvianes. Elle naît à Lausanne le . Enfant, elle vit dans la maison des parents de sa mère, où elle est peut-être également née, à l'emplacement de l'actuel no 6 de la rue de Bourg.

À 11 ans, elle fait la connaissance de Jean-Jacques Rousseau qui l'influencera notablement, ainsi qu'elle l'écrit dans la préface du Serin :

« J'ai connu Rousseau personnellement dans mon enfance, et j'ai passé quelque temps avec lui à Yverdon chez Mr de Gingins de Moiry, qui était mon proche parent. J'avais alors l'âge que je suppose à Rosine, j'ai donc pu le peindre, d'après nature, et je crois avoir bien saisi sa manière et son caractère… »

Vie privée[modifier | modifier le code]

Isabelle épouse Benjamin-Adolphe de Crousaz le à Prilly. Les jeunes époux habitent probablement à la rue de Bourg, soit à la maison Polier (no 6 actuel), soit à la maison de Crousaz (no 18 actuel). De leur union naissent deux enfants, dont un seul survit, Henri-Antoine de Crousaz, né le . Benjamin-Adolphe meurt de maladie le , à 32 ans. Pendant son veuvage, elle se lie d'amitié avec Mme de Genlis qui lui sera d'un grand réconfort.

Elle fait la connaissance du baron Louis de Montolieu, gentilhomme du Languedoc, et l'épouse après onze ans de veuvage, le 9 août 1786, à Saint-Sulpice. C'est sous le nom de son second mari qu'elle sera célèbre dans le monde littéraire. Pendant cette période, elle se lie d'amitié avec le marquis de Lezay-Marnésia et son fils Adrien. Le baron de Montolieu, paralysé, décède le 15 février 1800.

Après la mort de son mari, Isabelle de Montolieu s'adonne encore plus à l'écriture. Elle publie des récits historiques, des adaptations et des traductions de romans. En 1816 paraissent les Châteaux suisses. Elle entretient une correspondance avec Edward Gibbon. Elle vit toujours à la rue de Bourg mais se rend parfois en été à La Maisonnette, sa résidence de Bussigny. Souffrant à son tour de paralysie, vers la fin de sa vie, Isabelle de Montolieu fait de longs séjours dans la maison de campagne de Vennes (actuellement au nord de la commune de Lausanne), habitée dès 1828 par son fils.

Décès[modifier | modifier le code]

Elle meurt le à Vennes, un jour avant son fils. Tous deux sont enterrés au cimetière de Pierre-de-Plan. Sur la pierre, on peut lire « Me voici Seigneur avec le fils que tu m'as donné ». À la suite de travaux effectués au cimetière en 1876, la pierre est déplacée dans une sorte de chapelle creusée dans la falaise au-dessus de Vennes. Ce caveau a disparu au moment de la construction de l'autoroute de contournement de Lausanne.

Premières œuvres reconnues[modifier | modifier le code]

En 1786, avec la publication à Lausanne de son premier roman Caroline de Liechtfield, publié avec l'aide de G. Deyverdun, elle obtient un grand succès de librairie. Le roman est réédité la même année à Paris et, traduit par Deyverdun, à Londres.

Dès lors, on parle beaucoup d'elle et de ses travaux littéraires dans la société lausannoise et parisienne. Elle organise des réceptions dans ses appartements et y fait même jouer ses créations, comme L'Amie sans exemple en 1780. Elle produira par la suite nombre d'œuvres personnelles et de traductions qui la feront connaître dans toute l'Europe.

Rues à son nom[modifier | modifier le code]

Une rue porte son nom à Lausanne depuis 1934. Elle part du chemin Louis-Boissonnet et va jusqu'au lieu-dit Champ-du-Grand-Chêne. Une rue parallèle porte le nom de son fils, Henri-Antoine de Crousaz. Les deux rues se situent à proximité du Château de Vennes. Une autre rue porte le nom d'Isabelle de Montolieu à Bussigny, à l'endroit de sa résidence La Maisonnette, entre la rue du Temple et le chemin de la Sauge.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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  • Caroline de Lichtfield, ou Mémoires extraits des papiers d'une famille prussienne, par Mme de ***, Publié par le Traducteur de Werther, Chez P.-François Lacombe, Lausanne, 1786. (Cet ouvrage sans nom d'auteur, en deux tomes, fut publié grâce à l'aide de Jacques-Georges Deyverdun, le traducteur de Werther, et Gibbon.)
  • Le Mystère ou Mémoires de Madame Melvin, Chez Arthus Bertrand, Paris, 1795. (Cet ouvrage contient peut-être quelques éléments autobiographiques).
  • Le Serin de J.-J. Rousseau, première nouvelle des Dix nouvelles, pour servir de suite à ses « Douze nouvelles » et à son « Recueil de contes », J.-J. Paschoud, Genève et Paris, 1815.
  • Les Châteaux Suisses : anciennes anecdotes et chroniques, Chez Arthus Bertrand, Paris, 1817.
  • Les Chevaliers de la cuillère, suivis du Château des Clées et de Lisély. Anecdotes suisses, Chez Arthus Bertrand, Libraire, Paris, 1823.
  • Le Robinson suisse, ou Journal d'un père de famille naufragé avec ses enfans ; continué par Madame Isabelle, Baronne de Montolieu, Chez Arthus Bertrand, Libraire, 3 tomes, Paris, 1824. (Le premier tome commence par le chapitre 37 : c'est la suite et la fin des aventures de la famille Robinson, entièrement écrites par Mme de Montolieu. L'ouvrage connut un tel succès, qu'il eut plus de quatre rééditions la même année.)

Traductions / adaptations[modifier | modifier le code]

Elle a réalisé plus de 100 traductions ou adaptations d'ouvrages, dont :

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Ma patrie est celle de Jean-Jacques Rousseau. Je fus longtemps enthousiaste de son génie et de ses ouvrages. »
  • « J'ai connu Rousseau personnellement dans mon enfance, et j'ai passé quelque temps avec lui à Yverdon chez Mr de Gingins de Moiry, qui était mon proche parent. J'avais alors l'âge que je suppose à Rosine, j'ai donc pu le peindre, d'après nature, et je crois avoir bien saisi sa manière et son caractère… »
  • « Convenez, que la vie est bien triste et l'amitié bien douce. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]