Isabelle d'Orléans (1878-1961)

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Isabelle d’Orléans

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La « duchesse de Guise » en 1935.

Titre

Épouse du prétendant orléaniste
au trône de France

28 mars 192625 juin 1940
(14 ans, 2 mois et 28 jours)

Prédécesseur Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine
Successeur Isabelle d’Orléans-Bragance
Biographie
Titulature Princesse d’Orléans
« Duchesse de Guise »
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Isabelle Marie Laure d'Orléans
Naissance 7 mai 1878
Eu, France
Décès 21 janvier 1961 (à 82 ans)
Larache, Maroc
Père Philippe d'Orléans,« comte de Paris »
Mère Marie-Isabelle d'Orléans
Conjoint Jean d’Orléans, « duc de Guise »
Enfants Isabelle d'Orléans (1900-1983)
Françoise d'Orléans (1902-1953)
Anne d'Orléans (1906-1986)
Henri d'Orléans (1908-1999), Royal Crown of France.svg

Isabelle d’Orléans — de son nom de naissance Isabelle Marie Laure d’Orléans[1] —, « duchesse de Guise », est née le 7 mai 1878, au château d’Eu, en Normandie, et est décédée le 21 janvier 1961 à Larache, au Maroc.

Membre de la maison capétienne d’Orléans, Isabelle d’Orléans est pour les orléanistes, « reine de France » de 1926 à sa mort.

Famille[modifier | modifier le code]

Isabelle d'Orléans est la fille de Philippe d'Orléans (1838-1894), comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « Philippe VII », et de son épouse et cousine germaine Marie-Isabelle d'Orléans-Montpensier (1848-1919), infante d'Espagne.

Le 30 octobre 1899, la princesse épouse, à Twickenham, en Angleterre, son cousin germain le prince Jean d’Orléans (1874-1940), « duc de Guise » et futur prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « Jean III ». De cette union heureuse naissent quatre enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

La princesse « Miou », telle que la surnomme sa famille, passe les premières années de sa vie en Normandie, aux côtés de ses parents, le comte et la comtesse de Paris. Mais, en 1886, alors qu’elle n’est âgée que d’à peine huit ans, une loi d'exil touchant les membres des familles ayant régné sur la France est mise en place par le gouvernement de la IIIème République. La jeune Isabelle quitte alors le château d’Eu pour se rendre avec ses parents et ses frères et sœurs à Stowe House, au Royaume-Uni, et à Villamanrique de la Condesa, en Espagne. Par la suite, la princesse peut cependant occasionnellement revenir en France puisque la loi d’exil touche principalement les chefs des Maisons de France et leurs héritiers directs, et que les femmes sont exclues de ces fonctions par la loi salique.

Jeune fille, Isabelle d’Orléans est éduquée dans un milieu sélect dans lequel la culture, et particulièrement l’histoire, jouent un rôle primordial. Pourtant, elle acquiert, comme la plupart de ses parents Orléans, une très mauvaise orthographe, ce dont témoigne aujourd'hui sa correspondance…

En grandissant, la princesse devient une très jolie jeune femme, ce qui, ajouté à la qualité de chef de Maison de son père, lui permet d’avoir de très nombreux soupirants. Parmi ceux-ci, le plus notable est certainement le futur Albert Ier de Belgique (1875-1934), mais ce dernier doit malheureusement renoncer à sa cour devant l’opposition de son oncle le roi Léopold II qui craint les réactions de Paris face à un mariage avec la fille d’un prétendant exilé[2].

C’est finalement l’un des cousins germains d'Isabelle, le prince Jean d’Orléans (1874-1940), qu’elle épouse, en 1899. À cette occasion, la princesse et son mari reçoivent de son frère, le prétendant orléaniste « Philippe VIII », "duc d'Orléans", le titre de « duc » et « duchesse de Guise ».

Pendant plusieurs années, le couple partage ensuite son existence entre Paris et ses terres du Nouvion-en-Thiérache. Mais, comme bon nombre de leurs parents[3], les « Guise » s’ennuient en Europe. C’est la raison pour laquelle, un an après avoir donné naissance à son dernier enfant, en 1909, le couple part au Maroc et s’y installe finalement –sous le nom d’Orliac – dès l’année suivante. Le prince et la princesse acquièrent alors, dans la région de Larache, une demeure, « le palais de la duchesse de Guise » (aujourd’hui l’« hôtel Riad »), et un vaste domaine sur les terres duquel ils pratiquent une agriculture moderne.

En 1912, lorsque le Maroc devient un protectorat franco-espagnol, la résidence de Larache passe sous régime espagnol tandis que les domaines de Maarif passent sous contrôle français. Heureusement pour les « Guise », la loi d’exil ne s’applique pas au Maroc !

Pendant la Première Guerre mondiale, le duc de Guise rentre en France pour jouer le rôle de délégué de la Croix-Rouge près du front, mais sa femme et leurs enfants restent au Maroc, où ils continuent à mener la vie du blédard…

C’est seulement après la mort du frère de la "duchesse de Guise" et l’élévation de son époux au rang de chef de la Maison d’Orléans, en 1926, que le prince et la princesse repartent vivre en Europe. Le couple s’installe alors au Manoir d’Anjou, en Belgique, où il dirige le mouvement monarchiste français, avec l’aide de Charles Maurras et de l’Action française. Et, tandis que le nouveau prétendant s’entretient de politique avec les militants français qui viennent régulièrement lui rendre visite sur ses terres, la duchesse de Guise s'occupe d'œuvres de bienfaisance, et devient notamment marraine de colonies de vacances pour enfants pauvres.

C'est à cette époque que le sculpteur Philippe Besnard exécute le buste de la duchesse (en marbre) et de son fils Henri d'Orléans, comte de Paris (en bronze)[4].

Quand éclate la Deuxième Guerre mondiale, le "duc" et la "duchesse de Guise" regagnent leurs terres marocaines, mais le prétendant ne supporte pas la défaite française de 1940 et meurt peu de temps après le début de l’occupation allemande… Entourée de son fils, le nouveau « comte de Paris », de sa belle-fille et de plusieurs petits-enfants, la « duchesse douairière de Guise » ne perd cependant pas courage. Elle maintient ses fonctions caritatives en visitant régulièrement les déshérités et en gérant notamment la « Casa del Niño », une institution vouée au secours des enfants pauvres qu’elle a elle-même fondée.

La princesse s’éteint finalement à Larache en 1961. De fait, grâce aux bonnes relations des Orléans avec la famille royale du Maroc et à l’affection dont jouit la "duchesse de Guise" auprès des habitants de Larache, la princesse et sa famille n’ont pas eu à quitter le Maroc après son indépendance.

Titulature[modifier | modifier le code]

Titulature orléaniste[modifier | modifier le code]

  • 7 mai 1878 : Son Altesse royale la princesse Isabelle, fille de France
  • 30 octobre 1899 : Son Altesse royale la duchesse de Guise
  • 28 mars 1926 : Madame la duchesse de Guise[5]

Titulature traditionnelle[modifier | modifier le code]

(non portée par Jean d'Orléans et son épouse)

  • 7 mai 1878 : Son Altesse royale la princesse Isabelle d'Orléans[6]
  • 28 mars 1926 : Son Altesse royale la duchesse d'Orléans
  • 25 août 1940 : Son Altesse royale la duchesse douairière d'Orléans

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de la Seine-Maritime en ligne, acte de naissance 4E 05277, vue 55/145, acte 100
  2. Voir Pierre Daye, Léopold II, Fayard, 1934, p. 462
  3. La famille d’Orléans compte bon nombre d’explorateurs et de « globe-trotters » éprouvés, comme la princesse Hélène d’Orléans ou le duc de Montpensier, tous deux frères et sœurs de la duchesse de Guise.
  4. L'Atelier, bulletin de l'Association Le Temps d'Albert Besnard, n° 4, 2008, spécial Philippe Besnard, (ISSN 1956-2462)
  5. À la mort de son mari, elle ne prend pas le titre de douairière, son fils ne relevant pas le titre de duc de Guise.
  6. Son mariage ne change pas sa titulature étant altesse royale et princesse par sa naissance. Par ailleurs, son mari est issu d'une branche cadette des Orléans.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Michel de Grèce, Mémoires insolites, Xo, Paris, 2004 (ISBN 2-84563-186-3).
  • Isabelle d’Orléans, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur (t. 1), Éditions Robert Laffont, Paris 1978, (ISBN 2-221-00107-9). Le chapitre IX de cet ouvrage, intitulé « La fée et le minotaure », traite tout particulièrement de la « duchesse de Guise » et de sa vie au Maroc.
  • Isabelle d’Orléans, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur, Les Chemins creux (t. 2), Éditions Robert Laffont, Paris 1981, (ISBN 2-221-00834-0).
  • Georges Poisson, Les Orléans, une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999 (ISBN 2-262-01583-X).