Isabelle d'Este

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Portrait fort idéalisé d'Isabelle d'Este par Titien[N 1] (1534/36). Kunsthistorisches Museum

Isabelle d'Este (née le 20 mai 1474 à Ferrare et morte le 13 février 1539 à Mantoue), est une noble italienne, qui fut, comme d'ailleurs sa jeune sœur cadette la duchesse de Milan Béatrice, l'une des principales femmes de la Renaissance italienne et une figure à la fois culturelle et politique de tout premier plan. Liée tant par la haute naissance que par le mariage à la très grande noblesse d'Espagne, elle est restée célèbre dans l'histoire comme la Première dame de la Renaissance.

Biographie[modifier | modifier le code]

La jeune Isabelle d'Este est la fille aînée d'Hercule Ier d'Este, duc de Ferrare, de Modène et de Reggio, et de son épouse Éléonore de Naples, elle-même fille de Ferdinand Ier de Naples et d'Isabelle de Claremont. Sa plus jeune sœur n'est autre que Béatrice d'Este qui épousa le duc de Milan, Ludovic Sforza.

Elle n'a à peine que six ans qu'un contrat de mariage est signé, le 28 mai 1480, entre les Este et les Gonzague, contrat qui, si l'on peut dire, la « fiance » au fils aîné du marquis Frédéric Ier de Mantoue et de la belle Marguerite de Bavière, François, alors lui-même âgé de treize ans. Le négociateur mantouan trouva que plus que sa beauté, son intelligence et son talent sont admirables (più che la bellezza è mirabile l'intelletto e l'ingegno suo).
Elle épousera donc, à Mantoue même, le 12 février 1490, âgée de quinze ans, François II de Mantoue, âgé de vingt-trois ans, qui est, depuis 1484, marquis de Mantoue.
Ils n'eurent ensemble pas moins de huit enfants.

Dès son entrée dans la ville de Mantoue, les mantouans sont tous immédiatement éblouis par son raffinement. De son côté, elle tomba tout aussitôt sous le charme irrésistible de la petite cour mantouane. Un mois seulement après son arrivée, elle écrivait à son père : « J'ai déjà pris tant d'amour à cette ville, que je ne peux pas ne pas prendre soin du respect et des intérêts des citadins (Io ho già preso tanto amore a questa città, che non posso fare che non piglia cura de li honori et utilitate[N 2] de li citadini) ». Sa contribution fut absolument déterminante pour l'avènement d'un nouveau climat culturel très fécond. D'un goût parfaitement sûre, elle fut l'exigeante mécène d'une importante cour d'hommes de lettres, mais aussi de musiciens ou d'artistes plasticiens comme Andrea Mantegna (pour son studioletto).

Isabella qui dépensait des sommes énormes pour ses atours et ses bijoux, devint une référence pour tout le monde occidental en matière de mode, de savoir-vivre, de cosmétiques et de beauté.

Elle fut également fort habile et avisée en politique, ayant plusieurs fois à assumer la régence de l'État pendant les nombreuses absences de son mari, notamment durant la très délicate période de la captivité de François II à Venise.
Son adresse charismatique dans la sollicitation lui permit d'obtenir, en 1527, la pourpre cardinalice pour son fils bien aimé Ercole et, en 1533, la dignité ducale pour son second fils Frédéric.

En réalité, derrière cette façade toute en beauté et en féminité, se cachait un cœur impavide qu'aucun obstacle ne pouvait arrêter. Elle écrivait d'elle-même à son propre sujet : « Même dans notre sexe se retrouve une nature virile (Etiam[N 3] nel nostro sesso[N 4] si ritrovano animi virili[N 5]). »

François II décéda en 1519, à l'âge de 52 ans à peine et elle lui survécut encore vingt ans. Elle mourut en 1539 âgée elle-même de 64 ans.

Descendance[modifier | modifier le code]

De son mariage avec François II, naquirent huit enfants :

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Les ambassadeurs, en visite à Mantoue, recevaient la mission de leurs rois de faire des dessins des vêtements et des bijoux que portaient Isabelle. Ces dessins étaient destinés à être reproduits, à leur retour, à l'usage des rois qui les mandataient.
  • Isabelle fut une des premières femmes à porter des caleçons ! Elle raconte, dans une lettre aux Castiglione, une mésaventure survenue à la cour alors qu'une estrade sur laquelle se trouvent les dames de la cour s'écroule lamentablement et que tout ce beau monde se retrouve « les jambes en l'air (gambe all'aria) » ; elle écrit : « toutes les autres firent un superbe spectacle, qui étaient sans pantalon ; nous, par chance, nous les avions. (tutte le altre fecero uno bellissimo vedere, che erano senza calzoni; noi per fortuna li avevamo.) »
  • L'Arétin, son implacable ennemi, la décrit : « archi-malhonnêtement maquillée, dents d'ébène et cil d'ivoire (arcidisonestamente imbellettata, i denti d'ebano et le ciglia d'avorio). »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle d'Este autorisa Titien à faire deux portraits d'elle dans les années 1530. Le premier à l'âge réel de 60 ans qui n'est conservé qu'à travers une copie de Rubens (Inv.- N. GG 1530) ; le second correspond à celui-ci dans lequel le sujet est idéalisée, représentée beaucoup plus jeune et élégante, vêtue selon la mode de l'époque
  2. Honori et utilitate est une expression latine signifiant respect (considérations) et intérêts. Donc en italien Honori ne doit pas être traduit par honneur et utilitate par utilité, ce serait un faux-ami.
  3. Etiam, mot latin signifiant aussi, même ou encore.
  4. Il ne s'agit pas du sexe au sens propre, mais de sa féminité.
  5. Viril ici au sens de fort

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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