Isaac Parker

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Isaac Parker vers 1896.

Isaac Charles Parker, né le 15 octobre 1838 à Barnesville et mort le 17 novembre 1896 à Fort Smith, surnommé The Hanging Judge (le juge qui pend), est un juge américain. Il a été juge fédéral à la cour fédérale du district de l'Ouest de l'Arkansas à Fort Smith pendant 21 ans, à l'époque de la Conquête de l'Ouest. Connu pour être sévère, mais juste, il a également servi en tant que membre du Congrès des États-Unis pour la 7e district du Missouri.

Notable pour son bilan, le juge Parker a, durant sa magistrature fédérale (pour laquelle il siégeait six jours sur sept, jusqu'à dix heures d'affilée), jugé 13 490 cas. Les suspects ont plaidé coupable ou ont été condamnés dans 9 454 de ces cas. Des 160 condamnés à mort par pendaison (156 hommes et 4 femmes), 79 ont été pendus. Le reste des personnes étant mort pendant leur incarcération, ont fait appel, ou ont été graciés..

À une journaliste il déclare : « Ce n'est pas la sévérité de la peine, mais plutôt la certitude de la punition qui fait reculer le crime ». Abandonnant son poste de juge après 21 ans de magistrature, il meurt de différentes maladies quelques semaines plus tard[1].

De l'enfance à la vie active[modifier | modifier le code]

Il est né le 15 octobre 1838 à Barnesville dans l’Ohio. Isaac était le plus jeune fils de Joseph et Jane Parker. Son père était fermier, il a été élevé dans la ferme familiale. Quant à sa mère elle était connue pour ses qualités mentales, elle était active au sein de l’église méthodiste. Isaac a attribué son succès à l’éducation que lui avait apportée sa mère. À la fin de ses primaires, il part étudier à l'Institut Classique de Barnesville, une école privée. Il aurait été instituteur en école primaire pour payer ses études supérieures. À 17 ans, Parker prend la plus grande décision de sa vie et part étudier le droit. Il devient apprenti d’un avocat de Barnesville et passe à la barre en 1859. Ses débuts d’avocats il les faits dans le cabinet de son oncle Shannon et en 1861, Isaac ouvre son propre cabinet. C’est à ses débuts qu’il rencontre Mary O’Toole qui deviendra sa femme le 12 décembre 1861. C’est avec elle qu’il aura deux fils, Charles et James.

Ses débuts dans la vie politique[modifier | modifier le code]

En avril 1861, Parker est élu procureur de la ville en tant que démocrate, mais la guerre civile l’empêche de profiter de son nouveau poste plus de quelques jours. Il part avec le 61ème régiment d’urgence du Missouri. En 1862 et 1863, il est à nouveau élu procureur de la ville. Mais la guerre a modifié ses convictions politiques, Il rompt avec le parti démocrate en 1864. Il sert au Congrès américain à deux reprises, il est élu en 1870 et en 1872. À travers le Congrès américain, il aide les anciens combattants avec la garantie des pensions, il fait pression pour la construction d’un nouvel immeuble fédéral à Saint-Joseph. Il participe aux lois qui permettent aux femmes de voter et d’accéder aux fonctions publiques. Lors de son second mandat au Congrès américain, Isaac Parker a focalisé ses efforts sur les Indiens et leur territoire. Il souhaitait un traitement équitable des tribus qui vivaient sur le territoire indien. À la suite de son deuxième mandat, Parker cherche un poste en tant que juge de district. Le 18 mars 1875, le président Ulysses Grant le nomme juge du district de l’ouest de l’Arkansas à Fort Smith.

Le juge Parker[modifier | modifier le code]

Isaac Parker arrive à Fort Smith le 4 mai 1875 et tient la cour pour la première fois le 10 mai 1875. Au début, la cour de Parker ne devait se réunir que 4 fois dans l’année, mais le nombre de cas étant trop important, le nombre de réunions de la cour été donc plus importante. Le juge Parker était aussi souvent appelé à témoigner devant le Congrès ou à se substituer à d’autres juges fédéraux de la région. Mais une diminution des compétences de Parker se fait sentir avec la Loi des Cours de 1889. Désormais, les crimes capitaux pouvaient être examinés par la cour suprême et des territoires indiens ne seront plus sous la présidence de Parker. La cour du juge Parker a condamné des bandits notoires comme Colorado Bill ou Rufus Buck Gang qui ont été condamnés à mort puis exécutés lors du mandat d’Isaac Parker.

L'affaire des 18 meurtres en 1875[modifier | modifier le code]

L’affaire des 18 meurtres marque une étape importante dans la carrière de Parker, c’est sa première affaire en tant que juge. En effet fin août 1875, 15 coupables sont condamnés dont 8 à la pendaison. Mais, tout ne se déroule pas comme prévu car un des 15 coupables s’échappe pour se faire abattre sur-le-champ. Un autre condamné lui est condamné à perpétuité. Il reste donc 6 condamnés : 3 hommes blancs ( Evans, James Moore et John Whittington) ainsi que 2 hommes cherokee (Smoker Mankiller et Samuel Fooy) et enfin 1 homme noir (Edmond Campbelle). La sentence de la peine de mort est prononcée et le 3 septembre 1875 ils sont pendus pour leur crime.

Un juge impliqué dans la vie locale[modifier | modifier le code]

Au fur et à mesure des années, le juge Parker s’est impliqué dans la communauté de Fort Smith. Il a financé le système scolaire public, il a été président du conseil d’administration de l’Hôpital de Saint-Jean et été actif dans le conseil de l’école. Sa femme Marie était également très impliquée dans les actions sociales. Quant à James et Charles, les deux fils de Marie et Isaac, ils fréquentaient tout les deux, l’école publique que leur père avait contribué à créer.

Une nouvelle manière de penser[modifier | modifier le code]

Le juge Parker a été surnommé « the hanging judge » à la suite des nombreuses condamnations qu’il a pu faire au cours de sa vie. À l’époque les viols et assassinats ont été condamnés par la peine de mort. Le juge Parker instruit avec impartialité En effet, bien qu’il ait jugé et condamné un nombre important de personnes, le juge Parker prononce ses jugements non sans raison et ne pratique pas de discrimination raciale puisqu'aussi bien les hommes blancs que noirs ou indiens sont condamnés lors de diverses affaires. Le peine de mort vient de la loi et non du juge. Car le juge Parker était pour l’abolition de cette peine de mort qui entraîne la mort de quelqu’un sur des incertitudes. Dans un article publié le 1er septembre 1896 dans la République de St Louis, le juge dit « je n’ai jamais accroché un homme. C’est la loi ».

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1896, une loi passe supprimant ainsi le dernier territoire indien sous la compétence de Parker. Le juge étant malade, les interviews sur la fin de sa juridiction sur le territoire indien se font à son chevet. Parker décède le 17 novembre 1896 à la suite de plusieurs maladies comme la dégénérescence du cœur et la maladie de Bright (insuffisance rénale). Il a été enterré au cimetière national de Fort Smith et son audience est maintenant un lieu historique national.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, « 3 septembre 1875. Tueur en série, le juge Parker fait pendre ses six premiers hors-la-loi », sur Le Point.fr,‎ 3 septembre 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

1. Maranda Ratcliff, « Isaac Charles Parker », The Encyclopedia of Arkansas History and culture, 04 mars 2012.

2. Brodhead, Michael J. Isaac C. Parker: Federal Justice on the Frontier. Norman: University of Oklahoma Press, 2003.

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3. Lewino F. et Dos Santos G, 3 septembre 1875. Tueur en série, le juge Parker fait pendre ses six premiers hors-la-loi, le point.fr, 3 septembre 2013.