Iossif Chklovski

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Iossif Chklovski

Description de l'image  I. S. Shklovsky and Ya. B. Zel'dovich, 1977.jpg.
Naissance 1er juillet 1916
Hloukhiv
Flag of Russian Empire for private use (1914–1917).svg Empire russe
Décès 3 mars 1985 (à 68 ans)
Moscou, RSFS de Russie
Drapeau de l’URSS Union soviétique
Nationalité Russe (1916-1922)
Soviétique (1922-1985)
Champs Astronome
Renommé pour ses travaux sur les champs magnétiques des pulsars et la nébuleuse du Crabe
Distinctions Médaille Bruce 1972
Académie des sciences de Russie
Astéroïde (2849) Shklovskij

Iossif Samouïlovitch Chklovski (en russe : Иосиф Самуилович Шкловский), né le 1er juillet 1916 et décédé le 3 mars 1985, est un radioastronome russe. Ses travaux s'articulent principalement autour des supernovae et des pulsars, ainsi que sur des problématiques liées à la vie extraterrestre.

Travaux dans le domaine de des supernovae et des pulsars[modifier | modifier le code]

On lui doit notamment la mise en évidence d'un mécanisme secondaire de formation des pulsars dans les systèmes binaires à faible excentricité orbitale, déduit de l'observation de PSR B0820+02. L'existence de tels systèmes n'est pas prévue par les mécanismes de formation usuels des pulsars, basés sur l'explosion d'une supernova, qui éjecte le résidu compact (pulsar ou trou noir) à grande vitesse (de l'ordre de 1000 kilomètres par seconde)[1]. Il est également découvreur de l'effet Chklovski, correspondant à la lente variation apparente de la période de rotation des pulsar du simple fait de leur déplacement[2]. Il a également identifié la nature exacte de la source de rayons X Scorpius X-1[3]. C'est également lui qui a identifié la nature du rayonnement de la nébuleuse du Crabe, à savoir une émission synchrotron produite par des électrons ultrarelativistes se déplaçant le long des lignes du champ magnétique du pulsar central[4].

Il a travaillé à l'observatoire d'astrophysique de Crimée. Son confrère Nikolaï Tchernykh a nommé en son honneur l'astéroïde (2849) Shklovski, découvert le 1er avril 1976.

Vie extraterrestre et collaboration avec Nikolaï Kardachev[modifier | modifier le code]

Vers 1958, Iossif Chklovski connut une notoriété mondiale en suggérant que le satellite de mars Phobos pourrait être une structure artificielle. Son argumentation[5]reposait sur l'observation d'un léger freinage du mouvement orbital de Phobos qui aurait impliqué que celui-ci était creux, chose impossible pour un objet naturel. Chklovski proposa comme modèle une sphère d'acier creuse de 16 km de diamètre et de moins de 6 cm d'épaisseur[6], et son hypothèse fut relayée à travers le monde, par exemple dans le journal Astronautics[7] par Fred Singer (en), conseiller scientifique du président des États-Unis Eisenhower. Cependant, objet de controverse dès 1963[8], ce modèle fut abandonné à la fin des années 1960[9] ; les observations ultérieures de Phobos par des sondes spatiales ne firent que confirmer le caractère irréaliste de cette théorie.

Collaborateur de Nikolaï Kardachev et de sa fameuse échelle, Iossif Chklovski a participé à l'écoute de très larges portions de l'univers dans les années 1960 et 70.

Il est aussi célèbre pour une prise de position à rapprocher du Paradoxe de Fermi. Selon l'échelle de Kardachev, une civilisation de Type III est une civilisation qui aurait à sa disposition et qui maîtriserait pour sa consommation d'énergie une puissance d'au moins 1036 W, soit la puissance totale disponible[Quoi ?] dans la galaxie de résidence de ladite civilisation. D'après Chklovski, si une telle civilisation existe, elle devrait rayonner tellement d'énergie, intentionnellement (message) ou non (fuite), que les Terriens (qui n'ont pas encore atteint le stade de civilisation de Type I, mais pour tout cela cf Échelle de Kardachev), avec la technologie dont ils disposent depuis les années 1960, devraient néanmoins être capables d'intercepter ces messages ou fuites. Devant l'échec de l'interception d'un signal d'origine extra-terrestre, Chklovski, quelque peu désabusé, a conclu au suicide obligé d'une super-civilisation de Type III.

Iossif Chklovski est enfin célèbre pour avoir coécrit un livre avec Carl Sagan, Intelligent Life in the Universe (1966).

Il est décédé le 3 mars 1985 à Moscou et enterré au cimetière Vostriakovo.

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. I. S. Shklovski, PSR0820+02 - the Stellar Remnant of a Silent Collapse, Soviet Astronomy, 24, 515 (1980) Voir en ligne.
  2. I. S. Shklovski, Possible causes of secular increase in pulsar period, Soviet Astronomy, 13, 562 (1970) Voir en ligne.
  3. I. S. Shklovski, On the Nature of the Source of X-Ray Emission of SCO XR-1, Astrophysical Journal, 148, L1-L4 (1967) Voir en ligne.
  4. I. S. Shklovski, Pulsar NP 0532 and the Injection of Relativistic Particles into the Crab Nebula, Astrophysical Journal, 159, L77-L80 (1970) Voir en ligne.
  5. I. S. Shklovsky, The Universe, Life, and Mind, Académie des Sciences de l'URSS,‎ 1962
  6. (en) —, « News and Comments: Phobos, Nature of Acceleration », Irish Astronomical Journal, vol. 6,‎ 09/1964, p. 281-283 (résumé)
  7. S. F. Singer, « Mars May have Orbiting Space Base, says White House Advisor », Astronautics,‎ février 1960
  8. (en) « News and Comments: Phobos, Nature of Acceleration », Irish Astronomical Journal, vol. 6,‎ 03/1963, p. 40 (lien Bibcode?)
  9. (en) Singer, S. F., « On the Origin of the Martian Satellites Phobos and Deimos », Moon and Planets, A Session of the Seventh International Space Science Symposium held 10-18 May, 1966 in Vienna, vol. {{{4}}},‎ 1967, {{{5}}} (résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]