Invasion normande de l'Irlande

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Invasion normande de l'Irlande
Résultat de l'invasion normande de l'Irlande 150 ans plus tard. Un siècle après l'état de cette carte, la majorité de l'Irlande, à l'exception notable de Dublin, était redevenu un territoire gaélique.
Résultat de l'invasion normande de l'Irlande 150 ans plus tard. Un siècle après l'état de cette carte, la majorité de l'Irlande, à l'exception notable de Dublin, était redevenu un territoire gaélique.
Informations générales
Date 1169-1175
Lieu à Wexford, s'étendant ensuite à toute l'Irlande
Casus belli le roi de Leinster exilé, utilisa, grâce à l'aide d'Henri II, des troupes normandes pour reconquérir son trône
Issue Traité de Windsor. L'invasion réussie avec l'aide d'Henri II marque le début de huit siècles de domination anglaise.
Changements territoriaux L'Irlande était auparavant une mosaïque de royaumes rivaux, qui évoluait lentement vers un proto-état dirigé par un Haut-roi. Après 1169, le pouvoir était théoriquement centralisé à Dublin, mais cela ne fut pas véritablement réalisé avant le XVIe siècle
Belligérants
Normands
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Leinster
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
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Flandre
Drapeau du Pays de Galles Pays de Galles
Royaumes irlandais
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Ulster
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Munster
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Connacht
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Vikings
Commandants
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MacMurrough
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Henri II
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Strongbow
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Raymond Carew
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Richard Fitz Godbert
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Petr Hackett
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Rhys ap Gruffydd
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Maurice Fitz Gerald
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Robert Fitz Stephen
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Ruaidri O'Connor
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Askulf Mac Torkil
Forces en présence
Note : les chiffres varient selon les sources
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12 000+
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Vikings 3 000+
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Vikings 30 navires

L'Invasion normande de l'Irlande est une expédition militaire normande en Irlande, qui débuta le 1er mai 1169, sur la demande du roi de Leinster, Dermott MacMurrough alors en exil. Le roi Henri II d'Angleterre accepta que Dermott recrute à cet effet un certain nombre de ses chevaliers, puis se rendit lui-même en Irlande le 18 octobre 1171. Ses expéditions aboutirent à long terme à la domination anglo-normande sur l'île. Sa conséquence immédiate fut la fin des hauts-rois d'Irlande.

Dermott MacMurrough, Strongbow et l'invasion de 1169[modifier | modifier le code]

MacMorrough bénéficia de la protection du haut-roi d'Irlande, Muirchertach MacLochlainn. À la mort de celui-ci en 1166, une confédération d'armées irlandaises, dirigée par le nouveau haut-roi, Ruaidri O'Connor, l'obligea à s'exiler.

Il s'enfuit tout d'abord à Bristol, puis en Normandie. Il demanda et obtint la permission d'Henri II de se servir de ses sujets pour reconquérir son royaume. En 1167, MacMurrough avait obtenu les services de Maurice FitzGerald, lord de Lanstephan, et, plus tard, il persuada Rhys ap Gruffydd, prince de Deheubarth, de libérer Robert FitzStephen, demi-frère de FitzGerald, afin qu'il prît part à l'expédition. Mais, ce qui est le plus important, il obtint l'aide du comte de Pembroke, Richard FitzGilbert de Clare, le célèbre « Strongbow ».

Le premier chevalier normand à débarquer en Irlande fut Richard FitzGodbert de Roche en 1167, mais il fallut attendre 1169 pour voir le gros des troupes normandes, galloises et flamandes débarquer dans le comté de Wexford. En peu de temps, le Leinster fut regagné, et Diarmait MacMurrough prit le contrôle de Waterford et de Dublin. Strongbow se maria avec la fille de Diarmait, Aoife, et fut désigné comme l'héritier du royaume de Leinster. Ce dernier point causa la consternation d'Henri II, qui craignit là l'instauration en Irlande d'un État normand rival. Aussi se résolut-il à se rendre au Leinster pour y affirmer son autorité.

Le pape Adrien IV, le seul pape d'origine anglaise, avait déjà, en 1155, dans un de ses tout premiers actes, publié la bulle Laudabiliter, qui donnait à Henri II le droit d'envahir l'Irlande, afin d'y mettre un frein à la corruption et aux abus des ecclésiastiques. On fit pourtant, à cette époque, peu référence à cette bulle, car son texte faisait valoir, en vertu de la donation de Constantin, la suzeraineté papale non seulement sur l'île d'Irlande, mais aussi sur toutes les îles de la côte européenne, incluant donc l'Angleterre. Le passage en question dit :

« Il y a en effet aucun doute, comme Sa Grandeur le reconnaît aussi, que l'Irlande et toutes les autres îles que le Christ, Soleil de Vertu, a éclairées, et qui ont reçu les doctrines de la foi chrétienne, appartiennent à la juridiction de saint Pierre et de la sainte Église romaine. »

Les références à la bulle Laudabiliter se firent plus fréquentes à la fin de l'ère Tudor, lorsque les recherches des humanistes de la Renaissance jetèrent des doutes sur l'authenticité de la donation de Constantin.

Henri débarqua avec une importante flotte à Waterford en 1171, devenant ainsi le premier roi d'Angleterre à fouler le sol irlandais. Waterford et Dublin furent toutes deux proclamées cités royales. Le successeur d'Adrien IV, le pape Alexandre III, {{référence nécessaireratifia en 1172 la cession des terres irlandaises à Henri II, qui les attribua à son plus jeune fils, Jean Sans terre avec le titre de Dominus Hiberniae (« seigneur d'Irlande »). Quand, de façon inattendue, Jean, cinquième fils d'Henri II, succéda à son frère sur le trône anglais, la seigneurie d'Irlande tomba dans les possessions de la Couronne anglaise}}.

Henri II fut reconnu volontiers par la plupart des rois irlandais, qui voyaient en lui une occasion de mettre un frein à l'expansion du Leinster et des Hiberno-Normands. Ceci conduisit, en 1175, à la signature du Traité de Windsor entre Henri II et Ruaidri O'Connor. Mais après la mort de Diarmait et de Strongbow, respectivement en 1171 et en 1176, avec le retour d'Henri II en Angleterre et avec l'incapacité de Ruaidri de maîtriser ceux qui étaient théoriquement ses vassaux, ce traité ne valut plus même le velin sur lequel il avait été écrit. Jean de Courcy envahit et s'empara d'une grande partie de l'est de l'Ulster en 1177, Raymond le Gros avait déjà pris Limerick et une bonne partie du nord du Munster, tandis que les autres familles normandes, comme les Prendergast, fitz Stephen, fitz Gerald, fitz Henry et le Poer, s'occupaient activement à se découper pratiquement des royaumes.

Gallóglaigh[modifier | modifier le code]

Le terme Gallowglass ou Galloglass est une anglicisation de l'irlandais Gallóglaigh, qui signifie « soldats étrangers ». L'importation de gallowglass en Irlande joua un rôle important pour contenir l'invasion cambro-normande du XIIe siècle, car leurs rangs renforcèrent la résistance des seigneurs irlandais. Pendant tout le Moyen Âge, des troupes de gallowglass furent entretenues par les Irlandais gaéliques, ainsi que par les seigneurs hiberno-normands. Le Lord lieutenant d'Irlande lui-même gardait à son service généralement une compagnie de ceux-ci.

Liste des capitaines présents lors de l'invasion normande de l'Irlande[modifier | modifier le code]

William Camden prétend que les personnes suivantes étaient présentes lors de l'invasion[1].

Personnes qui collaborèrent avec Diarmait MacMurrough durant l'invasion de 1169[modifier | modifier le code]

  • Maurice de Prendergast
  • Robert Barr
  • Meiler Meilerine
  • Maurice FitzGerald, seigneur de Lanstephan
  • Redmond neveu de FitzStephen
  • William Ferrand
  • Miles De Cogan
  • Walter de Ridensford
  • Walter et Alexander fils de Maurice FitzGerald
  • William Notte
  • Richard Caddell (ancêtre de la famille Blake)
  • Robert FitzBernard
  • Hugues de Lacy
  • William FitzAldelm
  • William Macarell
  • Humphrey De Bohun
  • Hugh De Gundevill
  • Philip de Hasting
  • Hugh Tirell
  • David Walsh
  • Robert Le Poer (premier Le Poer en Irlande)
  • Osbert de Herloter
  • William de Bendenges
  • Adam de Gernez
  • Philip de Breos
  • Griffin neveu de FitzStephen
  • Ralph FitzStephen
  • Walter de Barry
  • Philip Walsh
  • Adam de Hereford
  • Tommy de Downes

Autres personnes qui prétendirent être présentes lors de l'invasion de 1169[modifier | modifier le code]

  • Jean de Courcy
  • Hugh Contilon
  • Redmund FitzHugh
  • Miles de St. David's Walynus, un Gallois qui vint en Irlande avec Maurice Fitzgerald
  • Sir Robert Marmion, avec Strongbow

Personnes présentes durant l'invasion de Henry II en 1172[modifier | modifier le code]

  • Risteárd de Tiúit
  • William de Wall
  • Randolph FitzRalph, avec FitzStephen
  • Alice of Abervenny, avec Raymond FitzWilliam Le Gros
  • Richard de Cogan, avec Strongbow
  • Philippe Le Hore, avec Strongbow
  • Bertram III de Verdun, avec Henry II
  • Theobald Walter, 1er baron Butler, avec Henry II
  • Robert de Bermingham, avec Strongbow
  • d'Evreux, avec Strongbow
  • Eustace Roger de Gernon, avec Strongbow
  • de la Chapelle (Supple)
  • Gilbert d'Angulo et ses fils Jocelyn et Hostilo (Costello), avec Strongbow.

Ces derniers, les MacCostellos (Mac Oisdealbhaigh) furent une des premières familles normandes à s'installer dans le Connacht, comté de Mayo, dans ce qui allait devenir la baronnie de Costello, qui inclut à l'origine une partie du comté de Roscommon proche. D'ailleurs au XVIe siècle, leur siège se trouvait près de Ballaghadereen, actuellement dans le Roscommon. Ils furent les premiers envahisseurs normands à adopter un nom gaélique, indiquant leur descendance d'Oisdealbh, fils du fameux Gilbert de Nangle (latin: de Angulo), un des premiers envahisseurs cambro-normands. La famille de ce dernier, les de Angulos, obtinrent de vastes territoires dans le comté de Meath, où ils furent barons de Navan. Par la suite, la famille essaima dans le Leinster et le Connacht, où la famille principale adopta le patronyme gaélique Mac Oisdealbhaigh. Ceux du Leinster et du Connacht qui n'adoptèrent pas cette forme devinrent des Nangle, et ceux du comté de Cork des Nagle. Les Waldron (Mac Bhaildrin) sont une branche des MacCostellos de Mayo.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. William Camden (1610) Britannia

Source[modifier | modifier le code]