Inuit (langue)
L'inuit appartient à la famille des langues eskimo-aléoutes parlée par le peuple inuit. Plus qu'une langue, il s'agit d'un continuum linguistique qui se subdivise en seize variétés, elles-mêmes regroupées en quatre grands ensembles :
- L'inupiaq (nord de l'Alaska)
- L'inuktun (Arctique occidental canadien)
- L'inuktitut (Arctique oriental canadien)
- Le groenlandais (Groenland)
Le nombre total de locuteurs est d'environ 80 000.
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Caractéristiques syntaxiques[modifier]
L'inuit, de même que les autres langues eskaléoutes, représente un type particulier de langue agglutinante appelé langue polysynthétique : il « synthétise » sur un radical donné des suffixes et des morphèmes grammaticaux aboutissant à la formation de longs « mots-phrases ».
Exemple tunumiusut (groenlandais oriental)[1] :
- aattarsinnaanngorpoq « il lui devint possible de partir » : s'analyse en aattaq « partir » + sinnaa « pouvoir » + nngoq « devenir » + pu (indicatif) + q (3e pers.)
Les langues inuit ont entre autres particularités celle d'exprimer la possession de la même manière que l'action :
- arn-ara « c'est ma mère » (mère-mienne)
- tusarp-ara « je l'entends » (entendre-je.le)
ainsi que de pouvoir incorporer l'objet dans la forme verbale :
- sapangarsivoq « perle(s)-il.a.acheté » (sapangaq = perle).
Lexique[modifier]
Pronoms[modifier]
- uvanga : moi
- ivvit : toi
- ilissi : vous
- uvagut : nous
Termes de parenté[modifier]
- anaana : mère, maman
- ataata : père, papa
- qiturngaq : enfant (fils ou fille de qqn)
- irniq : fils
- panik : fille
- nukaq : cadet du même sexe que soi, frère ou sœur cadet(te)
- angajuk : aîné du même sexe que soi, frère ou sœur aîné(e)
- najak : sœur d'un homme (cadette ou aînée)
- ani : frère d'une femme (cadet ou aîné)
- anaanatsiaq : grand-mère
- ataatatsiaq : grand-père
- irngutaq : petit-enfant (garçon ou fille)
- ui(k) : mari
- nuliaq : épouse
- piaraq : enfant en bas âge (jusqu'à 3-4 ans)
- surusiq : enfant plus âgé
- inummarik : adulte
- inutuqaq : aîné, personne âgée
- qallunaaq : blanc, européen, non inuit
- alla : litt. "autre", les autres Amérindiens (ex. Algonquins Cris)
Divers[modifier]
- kina : qui?
- qanuq : comment?
- qanga : quand?
- nani : où?
- li : oui
- aakka : non
- immaqaa : peut-être
- mik : s'il vous plaît
- nakurmik : merci
- pisugtooq : ours polaire (littéralement: "l'éternel vagabond")
Termes relatifs à la neige[modifier]
Les précepteurs de méthodes de développement personnel aiment à dire que les Inuits ont une centaine de mots pour dire neige. La réalité est qu'il n'y a que deux racines : qanik, signifiant « la neige en l'air » ou « flocon de neige » et aput pour « la neige sur le sol »[2]. Les autres formes sont des mots composés : par exemple la neige pour l'igloo est en fait désignée par un mot signifiant « matériaux pour construire une habitation ». D'ailleurs le français lui-même a un grand nombre de mots pour désigner la neige sous toutes ses formes : flocon, bâtonnets, givre, grésil, soupe, poudreuse, plaque, manteau, croûte, avalanche, congères, glacier, etc.
Emprunts français[modifier]
Anorak (<annuraaq "vêtement"), igloo (<iglu i.e. endroits habitables i.e. maison ou abris) et kayak (<qajaq) sont des mots d'origine inuit.
Voir aussi[modifier]
Liens internes[modifier]
Notes et références[modifier]
- Philippe Mennecier & al., Entre verbal et nominal, Classes de monèmes en langue inuit, 1996, in N. Tersis et M. Therrien, La dynamique dans la langue et la culture inuit, Paris, Peeters ; cité par Claude Hagège, Dictionnaire amoureux des langues, Plon / Odile Jacob, 2009 (ISBN 978-2-259-20409-5)
- Combien de mots Esquimaux pour la neige ?