Internet en Tunisie

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Internet en Tunisie dispose d'infrastructures développées, faisant de la Tunisie le troisième pays africain pour ce qui est du taux de pénétration avec 43,8 % en 2013[1]. Le nombre d'abonnements à Internet atteint 968 025 en 2012 contre 635 756 en 2010[2]. Le nombre de sites web atteint 12 684 en 2012 contre 1 775 en 2004[2].

La Tunisie est le premier pays arabe et africain à se connecter à Internet en 1991, mais le service ne devient public qu'en 1996 sous un contrôle strict du gouvernement. En 1999, le gouvernement s'est fixé comme objectif de donner aux Tunisiens l'accès à des services de télécommunications performants sur le plan de la qualité et du coût[3]. À cet effet, le Xe plan de développement économique prévoit de renforcer le réseau ADSL[4]. Un ensemble d'actions et de mesures sont également arrêtées concernant la mise en place de l'administration électronique.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Pourcentage d'internautes[1]
Année 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
% 6,49 8,53 9,66 12,99 17,10 27,53 34,07 36,80 39,10 41,44 43,80

En 2012, le nombre d'abonnés à Internet dépasse les 600 000 dont plus de 540 000 d'abonnements au haut débit. Le nombre total de noms de domaine enregistrés chez des plateformes tunisiennes (FAI et autres) dépasse les 20 500 dont près de 14 500 noms de domaine en .tn[5]. Le nombre d'utilisateurs d'Internet est estimé à 4,2 millions[6].

Selon un sondage publié en novembre 2014, 5,81 millions de Tunisiens utilisent Internet, soit 53 % de la population du pays. Selon le même sondage, 42 % de la population utilise les réseaux sociaux, Facebook étant le plus populaire avec 4,6 millions d'utilisateurs[7].

Fournisseurs d'accès[modifier | modifier le code]

Évolution du nombre d'abonnés en Tunisie
(jaune : téléphone fixe, bleu : mobile, violet : Internet)

On recense douze fournisseurs d'accès (FAI) dont sept publics et cinq privés :

  • FAI publics :
    • Agence tunisienne d'Internet ;
    • Centre de calcul El Khawarizmi ;
    • Centre informatique du ministère de la Santé publique ;
    • Institut national de bureautique et micro-informatique ;
    • Institution de la recherche et de l'enseignement supérieur agricoles ;
    • Fournisseur de services Internet de la défense ;
  • FAI privés :

L'Agence tunisienne d'Internet gère le réseau Internet au plan national et le domaine national de premier niveau : .tn. Il existe par ailleurs 281 publinets (accès publics à Internet) répartis sur l'ensemble du territoire[8]. La connexion ADSL est commercialisée depuis mai 2002 mais a du mal à décoller à cause de tarifs jugés trop élevés : seuls 66 000 abonnements ont été conclus à la fin avril 2007[9]. De plus, le commerce électronique est quasiment inexistant, notamment en raison d'un problème de moyens de paiement en ligne sécurisé, tout comme la téléphonie IP.

La Tunisie accueille, en novembre 2005, la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), organisé par l'UIT, accédant ainsi à une visibilité et à une notoriété internationale. Selon le gouvernement tunisien, les technologies de l'information et de la communication (TIC) constituent un « outil formidable pour la croissance économique » et un impératif d'adapter les systèmes éducatifs aux possibilités offertes par ces technologies. L'apprentissage en ligne et le commerce électronique sont des secteurs prometteurs dans lesquels le gouvernement est à la quête de partenariats et d'investissements. Durant les quinze dernières années, beaucoup d'efforts sont déployés pour l'investissement dans les TIC et Internet. L'infrastructure physique est modernisée. Mais, en dépit du choix de placer le développement dans les TIC en tant que priorité par le gouvernement, la Tunisie reste en retard par rapport à d'autres pays en voie de développement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En juillet 2004, la Banque mondiale approuve l'attribution d'un prêt de treize millions de dollars au gouvernement tunisien pour accompagner les efforts du pays dans l'accélération des réformes touchant le secteur.

Censure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Censure d'Internet en Tunisie.

La Tunisie a longtemps possédé, selon beaucoup d'organisations, des procédés de censure sur Internet parmi les plus stricts du monde[10]. Techniquement, il s'agit d'un serveur mandataire qui traite toutes les requêtes HTTP et filtre les sites sur la base de leur nom de domaine.

Du 23 au 27 novembre 2006, Wikipédia et tous les serveurs de la Wikimedia Foundation ne sont plus accessibles depuis la Tunisie. Il est impossible de déterminer si cet épisode relève de la censure ou d'un simple problème technique. Par ailleurs, le site Web de Libération est bloqué à partir du 21 février 2007[11] à la suite de la parution d'un article du journaliste Taoufik Ben Brik[12] ; il est redevenu accessible quelques semaines plus tard.

Fin avril 2010, quelques jours avant les élections municipales et la sortie de prison du journaliste Taoufik Ben Brik, la liste des sites Web bloqués en Tunisie s'allonge : les plates-formes vidéo Blip.tv, Metacafe, Vidoemo et Wat TV, le site de partage de photos Flickr, plusieurs sites d'information (dont 20 minutes, Rue89, Le Nouvel Observateur et ReadWriteWeb France) ainsi que de nombreux blogs tunisiens critiques sont rendus inaccessibles[13] ; une page d'erreur HTTP 404 les remplace. Une protestation pacifique intitulée Sayeb Sala7 s'organise : les internautes tunisiens révoltés par la censure des blogs et les internautes étrangers solidaires prennent une photo d'eux-mêmes avec un panneau réclamant la fin de la censure[14]. Le message est adressé à Ammar, personnage fictif personnifiant la censure du web tunisien et dont le nom est inspiré de l'ancien ministre de la Communication Habib Ammar.

La levée de la censure sur les sites Internet est annoncée le 13 janvier 2011[15], durant la révolution tunisienne. Après la chute de Ben Ali, un débat se développe sur le rôle d'Internet dans le succès de ce mouvement[16].

Sites visités[modifier | modifier le code]

Les sites les plus visités depuis la Tunisie sont Facebook et la version tunisienne du moteur de recherche Google. Le forum Tunisia-Sat (ar), suivi des radios Mosaïque FM et Shems FM sont les sites web tunisiens les plus visités ; Wikipédia occupe la neuvième position[17].

Les sites pornographiques attirent 50 000 visiteurs tunisiens par jour, ces sites étant suivis par différentes catégories d’âge[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Statistiques de l'Union internationale des télécommunications
  2. a et b (fr) « Les chiffres de l'Internet tunisien », Tekiano, 8 juin 2012
  3. (fr) [PDF] Document de travail présenté par la Tunisie pour la deuxième réunion du comité de préparation du SMSI (Union internationale des télécommunications)
  4. (fr) [PDF] Budget économique 2005 (Tunisie Info)
  5. (fr) Statistiques du mois de mars 2012 sur l'Internet en Tunisie (Agence tunisienne d'Internet)
  6. (en) Statistiques de l'usage d'Internet en Afrique (Internet World Stats)
  7. (fr) Perrine Massy, « Tunisie Sondage : 53% des Tunisiens utilisent Internet, et 42% utilisent les réseaux sociaux », Webdo, 13 novembre 2014
  8. (fr) Télécom et Internet en Tunisie (Medibtikar)
  9. (fr) « 1,4 million d'utilisateurs », Webmanagercenter, 7 mai 2007
  10. (fr) Liste des sites bloqués en Tunisie (Tunezine)
  11. (fr) Fabrice Rousselot, « Libe.fr censuré en Tunisie », Libération, 28 février 2007
  12. (fr) Taoufik Ben Brik, « En 2009, je vote pour Ben Ali », Libération, 21 février 2007
  13. (fr) « La censure du Web s'intensifie en Tunisie », Le Monde, 4 mai 2010
  14. (fr) Camille Gévaudan, « L'Internet tunisien en Ammar », Libération, 7 mai 2010
  15. (fr) « Tunisie : levée de la censure sur les sites internet bloqués », Agence France-Presse, 13 janvier 2011
  16. (fr) Réseaux sociaux et révolte (Huyghe.fr)
  17. (en) Sites les plus visités en Tunisie, sur Alexa. Consulté le 2 novembre 2013.
  18. (fr) « Les sites pornographiques attirent 50 mille visiteurs tunisiens par jour », African Manager, 27 mai 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]