Intelligibilité de la parole

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'intelligibilité de la parole est une mesure du taux de transmission de la parole, utilisée pour évaluée les performances de systèmes de télécommunication, de sonorisation, de salles, ou encore de personnes (généralement des locuteurs ou bien des auditeurs présentant des pathologies).

Historique[modifier | modifier le code]

L’intelligibilité de la parole est une mesure apparue à la fin des années 1920 (Fletcher & Steinberg, 1929[1]), avec le besoin pour les ingénieurs d’évaluer différents systèmes de transmission téléphonique.

Types de mesures[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de l’acoustique, on distingue généralement trois types d’évaluation de l’intelligibilité de la parole (Houtgast & Steeneken, 2002[2]) :

  • les mesures subjectives, faisant appel à des locuteurs et des auditeurs ;
  • les mesures prédictives, se basant sur des paramètres physiques (du canal de transmission, des salles, des interlocuteurs, etc.) ;
  • les mesures objectives, effectuées à l’aide de signaux artificiels.

Les mesures subjectives se basent sur un protocole mettant en jeu un ou plusieurs locuteurs, et un ou plusieurs auditeurs. Les auditeurs sont soumis à différents stimuli verbaux (généralement des listes de mots ou de phrases), directement prononcés par les locuteurs ou bien pré-enregistrés. L’intelligibilité correspond alors au score obtenu par le jury (c'est-à-dire les auditeurs) dans les tâches qui suivent chaque stimulus, à savoir généralement la transcription de sons perçus ou la sélection d’unités – phonétiques ou lexicales – parmi plusieurs choix proposés. Le test aux syllabes de Fletcher & Steinberg[3], le test de time de Fairbanks[4], le test de rime modifié[5] et le test de rime à visée diagnostique[6] sont des tests subjectifs d'intelligibilité de la parole.

Les mesures objectives et prédictives de l'intelligibilité de la parole permettent d'évaluer l'intelligibilité d'un système de télécommunication ou de sonorisation sans faire appel à des personnes jouant le rôle d'auditeurs. Les principales mesures objectives et prédictives sont l'indice d'articulation[7] (A.I.), l'indice d'intelligibilité de la parole[8] (S.I.I.) l'indice de transmission de la parole[2] (S.T.I.) et le niveau d'interférence avec la parole[9] (S.I.L.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fletcher, H., & Steinberg, J. C. (1929). Articulation Testing Methods. Bell Syst. Tech. J., 8, 806-854.
  2. a et b Houtgast, T., & Steeneken, H. J. M. (2002). The roots of the STI approach. In S.J. van Wijngaarden (Ed.), Past, present and future of the Speech Transmission Index. Soesterberg (NL): TNO Human Factors.
  3. (en) Fletcher, H., & Steinberg, J. C., Articulation Testing Methods, Bell Syst. Tech. J., 8,‎ 1929, p. 806-854
  4. Fairbanks, G. (1958). Test of Phonemic Differentiation: The Rhyme Test. The Journal of the Acoustical Society of America, 30(7), 596-600.
  5. House, Williams, Hecker et Kryter (1965). Articulation Testing Methods : consonantal differentiation with a closed-response set, JASA, Vol. 37, n°1, pp. 158-166.
  6. Voiers (1983). Evaluating processed speech using the Diagnostic Rhyme Test, Speech Technology, janvier-février, pp. 30-39.
  7. French, N. R., & Steinberg, J. C. (1947). Factors Governing the Intelligibility of Speech Sounds. The Journal of the Acoustical Society of America, 19(1), 90-119.
  8. ANSI. (1997). ANSI S3.5-1997. American National Standard Methods for the Calculation of the Speech Intelligibility Index. New York.
  9. AFNOR. (2004). Norme NF EN ISO 9921 - Ergonomie - Evaluation de la communication parlée. Saint-Denis: Association Française de Normalisation.