Insurrection islamique aux Philippines

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Insurrection islamique aux Philippines
Rebelle du Front de libération islamique Moro.
Informations générales
Date 1969 - en cours
Lieu Philippines
Issue En cours
Belligérants
Drapeau des Philippines Philippines
Soutenues par :
Drapeau des États-Unis États-Unis[1]
Drapeau de l'Australie Australie[2]
Ph mnlf-tripoli.gif Front Moro de libération nationale
Flag of the Moro Islamic Liberation Front.png Front Moro islamique de libération
Flag of Jihad.svg Abu Sayyaf
Flag of Jihad.svg Jemaah Islamiyah
Commandants
Drapeau des Philippines Benigno Aquino III
Drapeau des Philippines Gloria Macapagal-Arroyo
Drapeau des Philippines Joseph Estrada
Drapeau des Philippines Corazon Aquino
Drapeau des Philippines Fidel V. Ramos
Drapeau des Philippines Ferdinand Marcos
Drapeau des Philippines Secrétaire de la Défense Voltaire Gazmin
Drapeau des Philippines Général Ricardo David
Drapeau des Philippines Général Hermogenes Esperon
Drapeau des Philippines Général Roy Cimatu
Drapeau des Philippines Angelo Reyes
Flag of the Moro Islamic Liberation Front.png Murad Ibrahim
Flag of the Moro Islamic Liberation Front.png Hashim Salamat
Flag of the Moro Islamic Liberation Front.png Commandant Bravo
Flag of Jihad.svg Abu Sabaya
Flag of Jihad.svg Khadaffy Abubakar Janjalani
Flag of Jihad.svg Isnilon Totoni Hapilon
Ph mnlf-tripoli.gif Nur Misuari
Pertes
572 soldats philippins tués[3]
20 soldats américains tués (dont 3 au combat)[4]
160 000 civils/miliciens pro-gouvernements/rebelles tués

L'insurrection islamique aux Philippines est un conflit armé indépendantiste et religieux opposant le Front Moro islamique de libération, le Front Moro de libération nationale et Abu Sayyaf au gouvernement des Philippines depuis 1969.

Historique du conflit[modifier | modifier le code]

Les Moros s'organisent politiquement à partir du milieu des années 1960. La Moro National Liberation Organization est fondée en 1966. D'un mouvement d'opposition plus régionaliste que religieux, rapidement est exigée l'indépendance de l'ensemble des îles du sud des Philippines à majorité musulmane, avec l'apparition du Mouvement d'indépendance du Mindanao. Le massacre de Jabidah en mars 1968, celui de Manili en juin 1971 et l'instauration de la loi martiale le 21 septembre 1972 achèvent de radicaliser l'opposition moro.

Le Front Moro de libération nationale (FMLN), fondé en 1969, décide de passer à l'action armée. Les premiers pourparlers entre le gouvernement et le FMLN ont lieu en 1975 à Djeddah mais n'aboutissent pas. Tandis que les indépendantistes s'allient aux guérillas communistes, l'Armée philippine tente de briser militairement l'insurrection.

Les accords de Tripoli en décembre 1976, projet d'autonomie de 13 provinces des Philippines[5], tentent de mettre fin au conflit, mais le référendum d'avril 1977, conduit sur l'ensemble du pays, est boycotté par les indépendantistes, entraînant un retour de la violence[6].

L'insurrection perd en intensité à la fin de la décennie. Suite aux pourparlers démarrées par la présidente Cory Aquino en 1986, un accord est signé en janvier 1987 à Djeddah, renforçant l'autonomie. L'opposition du Front Moro islamique de libération (FMIL) bloque le processus de paix, mais la Région autonome en Mindanao musulmane est créée en 1990 et un « Programme de réconciliation nationale et de développement » est mis en place[7].

Un cessez-le-feu du FMLN est établi bilatéralement avec le gouvernement en novembre 1993, prélude à la signature d'un traité de paix en septembre 1996. Ce processus de paix entraîne la montée des groupes islamistes qui y sont opposés, le FMIL, principal rival du FMLN, et Abu Sayyaf, fondé en 1992[8].

Un cessez-le-feu a été signé en 1997 entre le gouvernement central de Manille et le Front Moro islamique de libération, mais il a été aboli en 2000 sous la présidence de Joseph Estrada. Depuis, des négociations sont toujours en cours pour tenter de mettre fin au conflit.

Bataille de Zamboanga (2013)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Zamboanga.

À partir du 9 septembre 2013, de 200 à 300 membres du FMLN opposés aux négociations de paix entre le gouvernement philippin et le FMIL qui marginalise selon eux leur mouvement lancent une attaque dans la péninsule de Zamboanga. Ils capturent entre 170 et 290 otages servant de bouclier humain provenant de 6 villages et de la ville de Zamboanga et se retranchent dans un bidonville à l’extérieur de celle-ci après être restés bloqués par les force philipinnes alors qu’ils voulaient se rendre maître de la mairie et des batiments publics a la demande de Nur Misuari[9],[10].

Le gouvernement et le mouvement annoncent malgré tout vouloir régler le conflit de manière pacifique[11]. Le FMLN demande que le drapeau de la république de Bangsamoro soit hissé sur l'hôtel de ville pour relâcher les otages.

Le 12 septembre un groupe de 150 rebelles s’en est également pris aux positions militaires sur Basilan, une petite île recouverte par la jungle et séparée de Zamboanga par un étroit bras de mer et tentaient de capturer Lamitan City, enclave catholique de Basilan[12].

Le 14 septembre, les combats continuent entre l’armée qui tente de les déloger des quartiers qu’ils occupent et les rebelles, les deux camps utilisant des tireurs de précision[13]. Le bilan à cette date est selon l’armée de 56 morts, dont 47 rebelles, deux soldats, trois policiers et quatre civils tandis que plus 62 000 villageois déplacés étaient à l’abri dans un complexe sportif de Zamboanga[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. US plays quiet role in the Philippines, BBC News, 28 mars 2008
  2. AUSTRALIAN GOVERNMENT BOOSTS PHILIPPINE CAPACITY TO COMBAT TERRORISM AND IMPROVE SECURITY, Australian Embassy, consulté le 3 avril 2012
  3. RP terror campaign cost lives of 11 US, 572 RP soldiers—military, INQUIRER, consulté le 3 avril 2012
  4. Pertes détaillées de l'Opération Enduring Freedom - OEF, consulté le 3 avril 2012
  5. Zamboanga del Sur, Zamboanga del Norte, Lanao del Sur, Lanao del Norte, Sultan Kudarat, Maguindanao, Davao del Sur, Cotabato du Sud, Cotabato, Tawi-Tawi, Sulu, Basilan, Palawan
  6. Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 578-580
  7. Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 581
  8. Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 582-583
  9. « Des rebelles prennent 300 otages aux Philippines », sur Métro,‎ 9 septembre 2013 (consulté le 10 septembre 2013)
  10. « Quelque 170 otages entre les mains des rebelles philippins », sur Romandie,‎ 10 septembre 2013 (consulté le 10 septembre 2013)
  11. « Philippines: les rebelles musulmans prennent des dizaines d'otages supplémentaires », sur Romandie,‎ 10 septembre 2013 (consulté le 10 septembre 2013)
  12. AFP, « Philippines: une ville d’un million d’habitants assiégée par des rebelles », sur 45e Nord,‎ 13 septembre 2013 (consulté le 15 septembre 2013)
  13. (en) Roel Pareño, « Troops recover mosque from rebels », sur The philippine star,‎ 11 septembre 2013 (consulté le 11 septembre 2013)
  14. Jacques N. Godbout, « Les troupes philippines poursuivent leur offensive contre les rebelles », sur 45e Nord,‎ 15 septembre 2013 (consulté le 15 septembre 2013)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Dovert et Rémy Madinier, Les Musulmans d'Asie du Sud-est face au vertige de la radicalisation, Les Indes savantes, 2003.