Rébellion salafiste au Maghreb

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Rébellion salafiste au Maghreb
États du Maghreb et du Sahel touchés par l'insurrection.
États du Maghreb et du Sahel touchés par l'insurrection.
Informations générales
Date 2002 - aujourd'hui
Lieu Maghreb et Sahel
Casus belli Insurrection du GSPC (devenu AQMI en janvier 2007)
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de l'Algérie Algérie
Drapeau de la Libye Libye
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau du Mali Mali
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie[1]
Drapeau du Niger Niger[2]
Drapeau de la Tunisie Tunisie
Drapeau de la France France[3]
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[4]
Participation limitée :
Sénégal Sénégal[5]
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso[5]
Drapeau du Nigeria Nigeria[6]
Soutenus par :
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau du Tchad Tchad[7]
Drapeau de l'Égypte Égypte
Flag of Jihad.svg GSPC
(2002-2007)
Flag of Jihad.svg AQMI
(depuis 2007)
ShababFlag.svg Les Signataires par le sang
(2013)
ShababFlag.svg Al-Mourabitoune
(depuis 2013)
ShababFlag.svg Jund al-Khalifa
(depuis 2014)

Mali
Drapeau Ansar Dine.JPG Ansar Dine
(depuis 2012)
ShababFlag.svg MUJAO
(2012-2013)

Maroc :
Flag of Jihad.svg Groupe salafiste pour la prédication et le combat marocain[8]
Flag of Jihad.svg Front islamique marocain[8]
Flag of Jihad.svg Groupe islamique combattant marocain

Tunisie :
Flag of Jihad.svg Groupe de combat tunisien
Flag of Jihad.svg Groupe de combat islamique tunisien
Flag of Jihad.svg El Jabha El Islamiya Ettounsia
ShababFlag.svg Ansar al-Charia
(depuis 2013)

Libye :
Flag of Jihad.svg Ansar al-Charia
ShababFlag.svg Brigade du 17 février

Espagne (Ceuta et Melilla) :
Flag of Jihad.svg Salafia Jihadia
Flag of Jihad.svg Nadim al-Maghrebi
Commandants
Drapeau de l'Algérie Abdelaziz Bouteflika
Drapeau de la Libye Abdallah al-Thani
Drapeau du Maroc Mohammed VI
Drapeau de la Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz
Drapeau du Mali Amadou Toumani Touré
Drapeau du Niger Mahamadou Issoufou
Drapeau de la Tunisie Moncef Marzouki
Drapeau de la France François Hollande
Flag of Jihad.svg Hassan Hattab White flag icon.svg
Flag of Jihad.svg Nabil Sahraoui
Flag of Jihad.svg Abdelmalek Droukdel
Drapeau Ansar Dine.JPG Iyad Ag Ghali
Flag of Jihad.svg Mohammed Al Zahawi
ShababFlag.svg Mokhtar Belmokhtar
Forces en présence
Drapeau de l'Algérie
ANP :
511 000 hommes
DGSN :
200 000 hommes

Drapeau de la Libye
Armée nationale libyenne :
35 000 hommes

Drapeau du Maroc
Forces armées royales :
196 000 hommes
Sûreté nationale :
46 000 hommes

Drapeau de la Mauritanie
Forces armées mauritaniennes :
21 000 hommes

Drapeau du Mali
Forces armées et de sécurité du Mali :
12 000 hommes

Drapeau du Niger
Forces armées nigériennes :
12 000 hommes

Drapeau de la Tunisie
Forces armées tunisiennes :
45 000 hommes
Flag of Jihad.svg GSPC-AQMI :
~ 1 000 hommes[9]
(2006)

600 à 1 000 hommes en Algérie[10]
1 000 à 1 500 hommes au Mali[11],[12]
(2012-2013)

Drapeau Ansar Dine.JPG Ansar Dine :
3 000 à 10 000 hommes[13],[11]
(2012-2013)

ShababFlag.svg MUJAO
500 à 1 000 hommes[11],[14]
(2012-2013)

ShababFlag.svg Les Signataires par le sang
200 à 300 hommes[15]
(2013)

ShababFlag.svg Al-Mourabitoune
300 hommes[16]
(2013)
Pertes
Flag of Jihad.svg GSPC-AQMI :
1 521 morts
1 579 prisonniers
231 repentis
(En Algérie, de janvier 2007 à décembre 2012)[17]
plus de 6 000 tués au total
(civils, forces de sécurité et militants)
Guerre contre le terrorisme
Batailles
Guérilla et attentats salafistes en Afrique du nord-ouest

Mizrana · Attentat de la Ghriba · Teniet El-Abed · Attentats de Casablanca · Lemgheity · Soliman · Attentats d'Alger (1er) · Attentat de Batna · Attentat de Dellys · Attentats d'Alger (2e) · Aït-Khalfoune · Attentat des Issers · Skikda · Tourine · Garn-Akassa · El M'hir · Araouane · Beni Melik · Tlemss · Tilwa · Tinzaouten (1er) · Akla · Areich Hind · Azazga · Djerrah · Attentat de Marrakech · Ouraren · Wagadou · Bassikounou · Attentat de Cherchell · Adrar Bouss · Tinzaouten (2e) · Chaambi · In Amenas · Ahnif · Agadez et Arlit · Timiaouine · Tinzaouten (3e) · Touayel · Sidi Ali Ben Aoun · Raoued · Iboudraren

Opération Enduring Freedom - Trans Sahara


Guerre du Mali


Opération Barkhane

Azawagh


La rébellion salafiste au Maghreb est un conflit armé opposant les états du Maghreb et du Sahel à des groupes armés djihadistes salafistes. Elle touche particulièrement l'Algérie, la Mauritanie, la Tunisie, le Mali et le Niger.

Le conflit est une conséquence et une continuation de la guerre civile algérienne, achevée en 2002. Après la défaite des forces islamistes en Algérie, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) s'implante dans le Sahara, puis dans le Sahel. En 2007, il fait allégeance à Al-Qaïda et devient Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Le « Trans-Sahara Counterterrorism Partnership » est initié en 2004 par les États-Unis avec la Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Niger, Nigeria et le Sénégal afin d’affronter le défi posé par les organisations terroristes dans la région[18]. Depuis février 2007, dans le cadre de l'Opération Enduring Freedom - Trans Sahara, des conseillers américains et britanniques viennent épauler les armées mauritanienne, malienne et nigérienne contre AQMI.

En avril 2010, les chefs d’états major des pays du Sahel, regroupant l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad décident d’augmenter l’effectif des forces chargées de la lutte contre le terrorisme de 25 à 75 000 éléments, dans les 18 mois à venir. Un plan de sécurité permet aux pays du Sahel cités de bénéficier d’aides militaires de l'armée algérienne. Le bureau de coordination sécuritaire entre les armées des pays du Sahel, installé dans la wilaya de Tamanrasset, est promu à une antenne de commandement habilitée à émettre des ordres et faire le suivi des opérations militaires sur zone[19].

En 2012, la guerre du Mali éclate, mélangeant la rébellion salafiste aux rébellions touarègues. Les rebelles salafistes battent les forces gouvernementales maliennes ainsi que les rebelles indépendantistes et s'emparent de tout le nord du Mali de juin 2012 à janvier 2013. En 2013, l'intervention militaire conduite par la France avec un appui international dont plusieurs pays africains, permet au Mali de reconquérir la plus grande partie de ce territoire. En 2014, la France annonce son intention d'étendre son intervention à l'ensemble du Sahel.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1997, l'Armée islamique du salut (AIS) déclare un cessez-le-feu unilatéral avec le gouvernement algérien, alors que le Groupe islamique armé (GIA) se déchire à la suite de sa nouvelle politique de massacre.

En 1999, l'élection d'un nouveau président, Abdelaziz Bouteflika est suivie d'une nouvelle loi amnistiant la plupart des combattants, qui motive un retour à la vie normale. La violence diminue sensiblement avec la victoire du gouvernement. Les restes du GIA proprement dit disparaissent pratiquement en 2002 : la guerre civile algérienne prend alors fin. Cependant, un groupe dissident du GIA, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), basé principalement à la périphérie de la Kabylie, est constitué en 1998, se dissociant des massacres. Visant l'armée et la police pour la plupart, il rejette l'amnistie et poursuit son combat.

Le 5 mai 2002, le GSPC attaque de façon spectaculaire les troupes gouvernementales, menant une embuscade à Tizi Ouzou en Kabylie contre des soldats algériens, faisant 15 morts[20].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Attentat de la synagogue de la Ghriba[modifier | modifier le code]

Un camion-citerne de gaz naturel bourré d’explosifs saute à h 35 devant la synagogue de la Ghriba à Djerba en Tunisie le 11 avril 2002, tuant 21 personnes (quatorze touristes allemands, cinq Tunisiens et deux Français[21]) et faisant trente blessés.

Les autorités tunisiennes présentent d’abord l’explosion comme un accident[22], mais l’enquête menée par la Tunisie, la France et l’Allemagne montre rapidement qu’il s’agissait d’une attaque délibérée, ce que confirme une bande sonore, attribuée au réseau terroriste Al-Qaida d’Oussama Ben Laden, qui revendique la responsabilité de l’attaque et déclare « envoyer un message à l’Allemagne ».

Nizar Naouar, un Franco-Tunisien de 25 ans mort dans l’explosion d'un camion-citerne[23], est identifié comme le kamikaze qui a effectué l’attaque avec l’aide de son oncle Belgacem Naouar. L’enquête montre qu’il avait fait croire à ses proches, une famille originaire de Ben Gardane, qu’il poursuivait des études en tourisme au Canada, entre 1999 et 2001, alors qu’il s’entraînait dans des camps d’Al-Qaida en Afghanistan[24].

Dans son testament découvert dans la cache d’un membre d’Al-Qaida à Karachi, en septembre 2002, il y dit « sa haine des Juifs, des Américains et des régimes arabes impies qui empêchent leurs ressortissants de participer au djihad contre Israël » et indique avoir agi seul[25].

Attentat de Batna[modifier | modifier le code]

Soldats mauritaniens lors d'une opération contre AQMI dans le désert du Sahara, près de la frontière avec le Mali, 2010.

Un attentat-suicide est commis peu de temps avant l'arrivée du président Abdelaziz Bouteflika à Batna le 7 septembre 2007. L'explosion fait 22 morts et 107 blessés[26]

Un kamikaze, présumé islamiste, avait dissimulé la bombe dans un sac en plastique qu'il portait et s'était joint à un rassemblement près de la mosquée Djamaa Atik, attendant l'arrivée du président Bouteflika. Ce dernier a été repéré par la population[27], il a tenté de prendre la fuite et a été poursuivi par un policier.

C'est à ce moment qu'il a actionné la bombe. L'assaillant a précipité son action avant l'arrivée du président de la République sur les lieux. Immédiatement informé de l'attentat, le président Bouteflika s'est rendu au chevet des victimes au CHU de la ville.

Attentats de Casablanca[modifier | modifier le code]

Les attentats de Casablanca sont une séries de cinq attentats suicides terroristes qui se sont déroulés le 16 mai 2003 dans la ville marocaine de Casablanca[28]. Ils se sont produits quelques jours après des attaques visant des intérêts occidentaux à Riyad en Arabie saoudite, et furent perpétrés par une dizaine d'islamistes radicaux originaires du bidonville Thomas, faisant un total de 41 victimes et d'une centaine de blessés[29]. Ces attentats visaient précisément des lieux soigneusement sélectionnés par les terroristes : un hôtel et un restaurant accueillant des clients internationaux, le bâtiment de l'alliance israélite et le cimetière juif de la ville ainsi que le consulat de Belgique[29].

Attentats d'Alger[modifier | modifier le code]

Attentats d'avril 2007[modifier | modifier le code]

Carte indiquant la zone d'influence et d'opérations du groupe revendiquant les attentats.

Selon la Protection civile, un attentat visant le Palais du gouvernement, dans le centre d'Alger, fait 12 morts et 135 blessés le 11 avril 2007. Un autre attentat perpétré à l'aide de trois voitures piégées contre le commissariat de police de Bab Ezzouar, dans la banlieue d'Alger fait 12 morts et 87 blessés. Une des trois explosions a détruit un poste électrique de la compagnie publique algérienne Sonelgaz et les deux autres ont endommagé gravement le commissariat de ce quartier populeux, comptant des dizaines d'immeubles à plusieurs étages. Les deux attentats à l'explosif ont eu lieu quasi-simultanément vers 10 heures 45 (heure locale) (9 heures 45 UTC).

L'attentat-suicide à la voiture piégée à l'entrée du Palais du gouvernement a été provoqué par une bombe qui visait les bureaux du Premier ministre. Des débris de verre jonchaient le sol sur un rayon de deux à trois cents mètres à l'entrée du Palais et sur l'esplanade de l'immense bâtisse de plusieurs étages qui abrite notamment les services du ministère de l'Intérieur.

L'attentat est revendiqué par le groupe « al-Qaida pour le Maghreb islamique », ex-GSPC, qui s'était peu de temps avant affilié à al-Qaida[30].

Attentats de décembre 2007[modifier | modifier le code]

Une première voiture piégée frappe un bus de transport d'étudiants à Ben Aknoun, sur les hauteurs d'Alger, devant le Conseil constitutionnel et à proximité de la Cour suprême le 11 décembre 2007. Une seconde voiture conduite par un kamikaze a explosé devant le siège du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans le quartier résidentiel de Hydra, qui abrite également les ministères de l'Énergie et des Finances, ainsi que plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques.

Quelques heures après les attentats, dans un communiqué publié sur un site internet islamiste, Al-Qaida pour le Maghreb islamique (anciennement Groupe salafiste pour la prédication et le combat) a revendiqué le double attentat, destiné à « défendre la nation de l'islam et humilier les croisés et leurs agents, les esclaves des États-Unis et les fils de France », ainsi qu'à faire « voler en éclats la légende selon laquelle le noyau dur de notre groupe a été détruit. »[31] Le mode opératoire de ces attentats est identique à celui observé lors des attentats du 11 avril 2007 à Alger, et confirme la nouvelle orientation du GSPC, qui calque désormais ses actions sur le modèle des attentats-suicides perpétrés en Irak[32].

Attentat de Marrakech[modifier | modifier le code]

Le café Argana dans lequel l'explosion s'est produite.

Un attentat est perpétré le 28 avril 2011 dans le café Argana situé sur la place Jamaâ El Fna dans la ville de Marrakech au Maroc et fait 17 morts ainsi que 20 blessés de nationalités différentes. Une semaine après, le ministère marocain de l'Intérieur annonce que trois suspects marocains ont été arrêtés, dont l'acteur principal présumé de l'acte terroriste qui serait imprégné de l'idéologie jihadiste et affilié à Al Qaida.

À la date du 28 septembre 2011, neuf suspects sont jugés pour acte de terrorisme. Le Maroc n'avait pas connu une telle attaque meurtrière depuis mai 2003 lorsque des attentats commis par des extrémistes islamistes avaient fait 45 morts à Casablanca.

Evènements de 2011 et 2012[modifier | modifier le code]

Conseiller américain entraînant des soldats de l'armée malienne en décembre 2010 dans le cadre de l'opération « Enduring Freedom - Trans Sahara ».

Le bilan mensuel des violences en 2010 s'élevent à entre 20 et 25 tués. Depuis l'amnistie de 2005, les services de sécurité ont arrêté jusqu’à septembre 2010 1 290 terroristes, tandis que 7 540 autres, dont 81 émirs, à leur tête Hassan Hattab, se sont rendus et ont bénéficié de la cessation de l’action publique[33].

  • Le 8 janvier 2011, Al-Qaida au Maghreb Islamique enlève deux Français au Niger, l'un faisant partie d'une ONG ; l'autre était un ami du premier. La revendication est authentifiée le 12 janvier 2011 par un document audio. Au cours d'une tentative de libération par les forces françaises, les deux otages, Antoine de Léocour et Vincent Delory, sont tués.
  • Le 17 avril 2011, 20 soldats algériens sont tués et 22 blessés dans trois attaques distinctes revendiquées par Al-Qaida. 11 islamistes sont également tués dans les échanges de tir[34],[35].
  • Le 12 mai 2011, 7 soldats algériens et trois terroristes sont tués lors d'une attaque contre un avant-poste militaire dans la région de Jijiel[36].
  • Le 5 juillet 2011, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) affirme avoir attaqué une base de l'armée mauritanienne au Mali, tuant 20 soldats et détruisant 12 véhicules. Un porte-parole de l'armée mauritanienne a pour sa part indiqué qu'ils avaient tué 15 militants et perdu 2 hommes durant les affrontements[37].
  • Le 27 août 2011, un attentat-suicide contre l'Académie militaire de Cherchell, à une centaine de kilomètres d'Alger, font 18 morts (dont 16 officiers et 2 civils) et 20 blessés. L'attaque s'est produite moins de 10 minutes après la fin du Ramadan (à 19H30 heure locale)[38].
  • Le 9 septembre 2012, Nabil Abou Alqamale chef d'AQMI trouve la mort dans un accident de voiture dans la région de Gao au Mali[39]

Prise d'otages en Algérie[modifier | modifier le code]

Au matin du 16 janvier 2013, soit cinq jours après le début de l'opération Serval, un groupe islamiste prend en otage plus de 700 personnes, essentiellement de nationalité algérienne, mais aussi une quarantaine d'Occidentaux de nationalités norvégienne, japonaise, française, américaine et britannique travaillant sur une plateforme gazière coexploitée par BP, Statoil et Sonatrach à In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie, proche de la frontière libyenne[40]. Les ravisseurs, au nombre d'une trentaine, se réclament de la katiba de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, récemment destitué d'Al-Qaida au Maghreb islamique, baptisée brigade Al-Mouthalimin[40]. Ils réclament, entre autres, « l'arrêt de l'agression au Mali » et menacent de faire exploser le site si les forces armées algériennes qui encerclent la plateforme ne se retirent pas[40]. Toutefois, il apparaît que la prise d'otages a été préparée bien avant le déclenchement de l'opération française au Mali et que la demande de l'arrêt de cette action est seulement opportuniste[41].

Le 17 janvier dans l'après-midi, l'Armée algérienne a lancé l'assaut sur la plateforme gazière. Le 18 janvier, les services de sécurité algérien publie un nouveau bilan : 573 Algériens et près de 100 des 132 otages étrangers auraient été libérés. Le site n'est pas entièrement sécurisé et les combats se poursuivent[42]. La prise d'otages s'est terminée le 19 janvier au matin après un assaut des forces algériennes sur le dernier réduit des assaillants[43]. Selon le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, lundi 21 janvier, trente-sept étrangers de huit nationalités différentes (dont un Français, trois Américains, deux Roumains, trois Britanniques, six Philippins et sept Japonais) ont été tués de même qu'un Algérien, la plupart exécutés « d'une balle dans la tête ». Cinq étrangers sont toujours portés disparus après l'attaque[44].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

138 combattants du GSPC ont été tués en Algérie pendant l'année 2001[45]

En 2007, les pertes d'AQMI en Algérie sont de 299 morts, 280 militants sont arrêtés et 26 se sont rendus[17].

En 2008, les pertes d'AQMI en Algérie sont de 210 morts, 299 militants sont arrêtés et 49 se sont rendus[17].

En 2009, les pertes d'AQMI en Algérie sont de 260 morts, 376 militants sont arrêtés et 43 se sont rendus[17].

En 2010, les pertes d'AQMI en Algérie sont de 242 morts, 289 militants sont arrêtés et 24 se sont rendus[17].

En 2011, les pertes d'AQMI en Algérie sont de 132 morts, 152 militants sont arrêtés et 33 se sont rendus[17].

En 2012, les pertes d'AQMI en Algérie sont de 222 morts, 112 militants sont arrêtés et 56 se sont rendus[17].

En 2014, 65 djihadistes d'AQMI sont tués en Algérie entre janvier et août, dont 12 près de la frontière malienne lors du mois de mai[46].

De 2007 à 2012, 80 personnes ont été prises en otages par AQMI, les rançons versées lui auraient apporté 183 millions d'euros[47].

83 djihadistes sont tués au Mali par la DGSE depuis le début des années 2000 jusqu'à 2012[48].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Al-Qaeda 'behind' Mauritania raid, BBC News, 6 juin 2005
  2. (en) Niger army hunts for Al-Qaeda after clash, AFP, 15 juin 2011
  3. (en) France's War on Terror, The Wall Street Journal, 30 juillet 2010
  4. (en) Dutch forces in covert mission in Africa, RNW News, 23 avril 2011
  5. a et b (en) The al Qaeda Threat from West Africa and the Maghreb: French Hostage Execution and Beyond, Critical Threats, 2 août 2010
  6. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Al_Jazeera.
  7. (en) West African states discuss Al-Qaeda fight, AFP, 7 août 2010
  8. a et b L'INFILTRATION D'AL-QAEDA EN AFRIQUE, 30 juin 2004
  9. Cf2R : NOTE D'ACTUALITÉ N°28 POURSUITE DE L'ACTIVITÉ DU GSPC
  10. Assemblée Nationale : Rapport d’information par la Commission des Affaires étrangères sur « La situation sécuritaire dans les pays de la zone sahélienne », par MM. Henri Plagnol et François Loncle, députés, le 6 mars 2012.
  11. a, b et c francetvinfo Mali. Qui sont les islamistes à qui la France a déclaré la guerre ?
  12. Le Figaro : « L'intervention française au Mali a déplacé la menace djihadiste vers le sud »
  13. Le Nouvel Observateur : MALI. Qui sont les islamistes touaregs d'Ansar Dine ?
  14. Droits humains.org : Les traces du Polisario sur le front malien se confirment
  15. M6 info : Qui est Mokhtar Belmokhtar ?
  16. RFI : Terrorisme au Sahel: «Al-Mourabitoune est l’organisation en devenir»
  17. a, b, c, d, e, f et g Le Midi Libre : Une centaine d’"émirs" éliminés depuis 2006
  18. « Le Partenariat Transsaharien Contre le Terrorisme (Trans-Sahara Counter Terrorism Partnership - TSCTP) », sur http://www.africom.mil, Africom,‎ 11 octobre 2009 (consulté le 11 octobre 2009)
  19. « Établissement d’une liste des terroristes les plus dangereux au Sahara:Les forces de lutte contre le terrorisme au Sahel s’élèvent à 75000 éléments », sur http://www.temoust.org/, El Khabar,‎ 24 avril 2010 (consulté le 27 avril 2010)
  20. (en) Algerian ambush leaves 15 dead, BBC News, 6 mai 2002
  21. (fr) « Ouverture du procès des complices de l’attentat de Djerba », France Info, 5 janvier 2009.
  22. (fr) Samir Gharbi et Sonia Mabrouk, « Vingt ans, vingt dates », Jeune Afrique, 22 octobre 2007.
  23. Samy Ghorbal, « Deux ombres », Jeune Afrique, 11 janvier 2009, p. 10-12.
  24. Samy Ghorbal, « Attentat de Djerba : les liens du sang », Jeune Afrique, 25 janvier 2009, p. 50-51.
  25. Samy Ghorbal, « Un mystérieux kamikaze », Jeune Afrique, 11 janvier 2009, p. 11.
  26. (fr) Algérie : 22 morts dans un attentat à Batna Libération, édition du 8 septembre 2007
  27. (fr) Attentat de Batna : Une réédition de l'assassinat de Boudiaf ? sur www.hoggar.org, par Djamaledine Benchenouf
  28. « Arrestation d'un Marocain soupçonné d'être impliqué dans les attentats de Casablanca et Madrid » dans Le Monde du 09/03/2007, [lire en ligne]
  29. a et b Les attentats de Casablanca sur le site de l'INA (consulté le 26 mai 2010).
  30. l'annonce de ce rattachement fut connue des services de presse en septembre 2006.
  31. « Al-Qaïda revendique le double attentat d'Alger », Le Parisien, 11 décembre 2007
  32. Salima Tlemçani, « Quelle stratégie pour contrer les attentats kamikazes ? », El Watan, 16 décembre 2007
  33. (fr) 7540 terroristes se sont rendus depuis 2005, 4 octobre 2010, Fouad Irnatene, L'expression, 4 octobre 2010
  34. Un militaire tué et deux terroristes abattus à Boumerdès, tsa-algerie.com, 17 avril 2011
  35. 8 terroristes dont un émir abattus, lexpressiondz.com, consulté le 17 mai 2011
  36. Algérie : trois militaires tués dans une explosion, LeMonde, 6 juin 2011
  37. Mali : Aqmi affirme avoir tué 20 Mauritaniens lors d'un raid, 20minutes, 5 juillet 2011
  38. Attentat suicide en Algérie : 18 morts, selon le dernier bilan officiel, leParisien, 27 août 2011
  39. http://www.rfi.fr/afrique/20120910-chef-aqmi-sahara-meurt-accident-voiture
  40. a, b et c « Algérie : les ravisseurs réclament « l'arrêt de l'agression » au Mali », sur lemonde.fr (consulté le 17 janvier 2013)
  41. « In Aménas : le bilan du siège s'alourdit », sur BBC,‎ 20 janvier 2013
  42. Article consulté le 18 janvier sur lemonde.fr [1]
  43. Article consulté sur lemonde.fr le 20 janvier 2013 [2]
  44. Article consulté sur lemonde.fr [3]
  45. Djazairess : 138 terroristes abattus en 2001
  46. Le Figaro : Deux islamistes armés tués en Algérie
  47. Le Monde : Sahara : peut-on arrêter Al-Qaida ?
  48. RFI : Jean-Christophe Notin:«A défaut de victoire, le Mali est une réussite»

Liens externes[modifier | modifier le code]