Guerre civile irakienne

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Insurrection en Irak (1991).
Guerre civile irakienne
     Territoire irakien sous contrôle du  gouvernement central irakien.     Région autonome sous le contrôle du gouvernement irakien kurde.     Territoire irakien contrôlé par l'État islamique (ex-EIIL) et par les milices sunnites.
Informations générales
Date 18 décembre 2011 – présent
Lieu Irak
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de l'Irak République d'Irak
Flag of Kurdistan.svg Gouvernement régional du Kurdistan
People's Protection Units Flag.svg YPG
Flag of Kurdistan Workers Party (PKK).svg PKK

Soutiens :
Drapeau des États-Unis États-Unis[1]
Drapeau de l'Iran Iran
Drapeau de la Syrie Syrie[2]
Drapeau de la Russie Russie
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la France France
ShababFlag.svg État islamique
Flag of Iraq (1991-2004).svg Armée des hommes de la Naqshbandiyya
Flag of the Revolutionary Tribal Council.svg Révolutionnaires tribaux d'Al-Anbar
Drapeau de l'Armée islamique en Irak Armée islamique en Irak
Flag of Ansar al-Islam.svg Ansar al-Islam
Flag of Hamas.svg Hamas en Irak
Flag of Iraq (1991-2004).svg Armée irakienne libre
Brigade de la Révolution de 1920
Commandants
Drapeau de l'Irak Nouri al-Maliki
Drapeau de l'Irak Haïder al-Abadi
ShababFlag.svg Abou Bakr al-Baghdadi
Flag of Iraq (1991-2004).svg Ezzat Ibrahim Al-Duri
Flag of the Revolutionary Tribal Council.svg Ali Hatem al-Suleiman
Forces en présence
Drapeau de l'Irak
Forces armées irakiennes :
350 000 hommes[3]

Police nationale irakienne
600 000 hommes[3]

Sahwa :
92 000 hommes

Sociétés militaires privées

Drapeau du Kurdistan irakien
Peshmerga :
200 000 hommes[4]

Drapeau des États-Unis
1 150 hommes[5]
ShababFlag.svg
75 000 hommes[6],[7],[8]
(en Syrie et en Irak)
Pertes
Drapeau de l'Irak
3 398 morts
6 134 blessés
(Janvier 2012 - Juillet 2014,
selon l'AFP)
[9]

Flag of Kurdistan.svg
150 morts[13]
500 blessés[13]
(juin et juillet 2014)
ShababFlag.svg (et autres)
1 882 morts
5 378 prisonniers
(Janvier 2012 - Juillet 2014,
selon l'AFP)
[9]
Civils :
11 978 morts
18 875 blessés
(Janvier 2012 - Juillet 2014,
selon l'AFP)
[9]

14 045 morts
(2012-2013, selon Iraq Body Count)[10],[11],[12]
Guerre d'Irak
Batailles
Invasion de l'Irak (2003)

Opération Southern Focus · Umm Qasr · Al Faw · Bassorah · Nassiriya · Nadjaf · Opération Northern Delay · Opération Viking Hammer · Samawa · Kerbala · Bagdad

Coalition militaire en Irak (2003-2011)
(Guérilla irakienne et Attentats de la guerre d'Irak)

Vol DHL à Bagdad · Sadr City · Opération Cajun Mousetrap II · Nadjaf · 1re Falloujah · 2e Falloujah · 1re Al-Qaim · 1er Tall Afar · Opération Steel Curtain · Massacre de Haditha · Fusillade d'Ishaqui · Ramadi · Offensive du Ramadan · Campagne de Diyala · Siège des bases britanniques à Bassorah · Raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad · Attentat de Qahtaniya · Opération Black Eagle · Opération Restore Peace III · Bassorah · Opération Bashaer al-Kheir · Opération New Dawn

Guerre civile irakienne (2011-en cours)

Opération al-Shabah · Al-Anbar · Youssoufiya · Mahallabiyah · Samarra · Mossoul · Massacre de Tikrit · Baïji · 2e Tall Afar · 2e Al-Qaim · Massacre de Hilla · Tikrit · Jourf al-Sakhr · Zoumar · Sinjâr · Massacres de Sinjâr · Barrage de Mossoul

La guerre civile irakienne est une phase de la guerre d'Irak qui s'engage en décembre 2011, après le retrait de la Coalition militaire en Irak.

Le 18 décembre 2011, l'armée américaine achève l'Opération New Dawn et retire ses dernières troupes du pays. Les groupes insurgés sunnites, principalement l'État islamique d'Irak, poursuivent cependant leurs attaques contre le gouvernement central et la population chiite[14].

Avec le début de la guerre civile syrienne, les tensions s'accroissent en Irak, du fait que Bagdad offre un soutien indirect au régime syrien en ouvrant son espace aérien aux avions iraniens transportant du matériel à destination de l'armée syrienne[15]. Une « armée irakienne libre » est par ailleurs fondée en 2012 sur le modèle de l'Armée syrienne libre combattant le régime de Bachar el-Assad en Syrie[16].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Attentats de la guerre d'Irak.
Soldats américains et koweïtiens s'unissent pour fermer le portail à la frontière entre l'Irak et le Koweït une fois le dernier convoi militaire passé marquant la fin de l'opération New Dawn, 18 décembre 2011.

2011[modifier | modifier le code]

  • 22 décembre 2011 : Au moins 63 morts et 185 blessés dans 10 attentats à Bagdad.

2012[modifier | modifier le code]

Soldat irakien dans les rues Bagdad, 26 décembre 2011.
Soldat irakien à Bagdad, 26 décembre.

2013[modifier | modifier le code]

  • 3 janvier 2013 : un attentat à la bombe à Musayyib tue 28 pèlerins chiites et en blesse 60 autres alors qu'ils retournaient à Kerbala[25].
  • 22-23 janvier 2013 : une vague d'attentats à Bagdad fait 26 tués et 58 blessés.
  • 4 mars 2013 : embuscade d'Akachat contre un convoi de l'armée syrienne défendu par des soldats irakiens.
  • 19 mars 2013 : une série d'attaques coordonnées contre des civils chiites fait 98 morts et 240 blessés à Bagdad et dans les autres villes du nord du pays. L'Émirat islamique d'Irak revendique les attaques[26].
  • 15 mai 2013 : des insurgés attaquent neuf magasins d'alcool dans l'ouest de Bagdad, tuant 12 personnes[27].
  • 15 mai 2013 : 33 personnes dont 3 officiers de police sont tués dans les quartiers chiites de Bagdad[28].
  • 16 mai 2013 : des attentats à la voiture piégée à Bagdad font 17 tués[29].
  • 17 mai 2013 : plusieurs attentats à la bombe visant des sunnites font au moins 76 morts à travers le pays[30].
  • 20 mai 2013 : déclenchement de l'opération al-Shabah par les forces irakiennes afin de sécuriser les frontières syrienne et jordanienne.
  • 27 mai 2013 : une série d'attaques coordonnées à travers le pays font 71 morts et plus de 220 blessés[31].
  • 1er juin 2013 : les autorités irakiennes annoncent avoir déjoué une tentative par Al Qaïda d'utiliser des armes chimiques[32].

L'ONU estime que plus de 1 000 irakiens ont péri dans les violences en mai 2013, mois alors le plus sanglant du conflit depuis 2008[33].

  • 6 juin 2013 : des hommes armés attaquent un bus dans la province d'Al-Anbar, tuant 13 policiers et 5 civils irakiens[34].
  • 7 juin 2013 : deux attentats-suicides font 19 morts à Bagdad[35].
  • 16 juin 2013 : une série d'attentats à la voiture piégée dans le centre et le sud du pays font 20 morts[36].
  • 18 juin 2013 : deux attentats-suicides font 31 morts et 60 blessés dans le district d'al-Qahira à Bagdad[37].
  • 20 juillet 2013 : Dix attentats à la voiture piégée ont fait au moins 60 morts et 190 blessés à Bagdad[38].
  • 25 juillet 2013 : Deux attentats à la voiture piégée dans les villes irakiennes de Nawfel et Madaïn et d'autres explosions ont fait 17 morts et 25 blessés[39].
  • 28 juillet 2013 : Un attentat suicide à la voiture piégée tue 8 policiers dans le nord de l'Irak[40].
  • octobre 2013 : Les violences ont fait un total de 964 personnes tuées. 855 civils, 65 policiers et 44 soldats ont été tués, selon des chiffres compilés par les autorités irakiennes. Il s'agit du mois le plus meurtrier depuis 2008.
  • 21 décembre 2013 : 18 officiers et soldats irakiens sont tués (dont le général Mohammed al-Karawi commandant la 7e division) et 30 autres blessés dans un attentat à la bombe à Rutbah dans la province d'Al-Anbar[41],[42].
  • 23 décembre 2013 : une attaque au mortier contre une base de l'armée à l'ouest de Bagdad tue 4 officiers et 2 soldats irakiens[43].
  • 25 décembre 2013 : 34 personnes sont tuées et 50 autres blessés dans trois attentats à la bombe visant les quartiers chrétiens de Bagdad[44].
  • 30 décembre 2013 : Début de le Troisième bataille de Falloujah avec la prise de cette ville par les Révolutionnaires tribaux d'Al-Anbar et l'État islamique en Irak et au Levant.

En décembre 2013, les États-Unis font part de leur intention de livrer des AGM-114 Hellfire et des drones au gouvernement irakien afin de l'aider dans sa lutte contre l'insurrection islamiste[1].

2014[modifier | modifier le code]

Insurrection d'Al-Anbar[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille d'Al-Anbar.

Le 30 décembre 2013, une insurrection de tribus sunnites a lieu dans la province d'Al-Anbar. Les djihadistes salafistes de l'État islamique en Irak et au Levant interviennent également et le 4 janvier, Falloujah et plusieurs quartiers de Ramadi sont conquis par les rebelles. L'armée irakienne intervient, elle reprend le contrôle de la plus grande partie de Ramadi mais n'ose lancer l'assaut sur Falloujah, qui reste assiégée.

Offensive des rebelles sunnites à Ninive[modifier | modifier le code]

En juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant lance une grande offensive dans le nord de l'Irak. Le 5 juin, les rebelles salafistes prennent pendant quelques heures le contrôle de la ville de Samarra, mais ils en sont expulsés le jour même par une contre-attaque de l'armée[45].

Le 6 juin, Mossoul est attaquée à sont tour, mais au bout de quatre jours de combats, les djihadistes prennent cette fois-ci l'avantage et se rendent maîtres de la ville au termes de combats ayant fait plusieurs centaines de morts[46]. La chute de Mossoul suit celle de toute la province de Ninive, abandonnée par les forces gouvernementales[47].

Les djihadistes poursuivent leur progression et le 11 juin, ils s'emparent de l'ouest de la province de Kirkouk, et du nord de la province de Salah ad-Din[48]. Le même jour, Baïji, qui possède la plus grande raffinerie pétrolière d'Irak, puis Tikrit sont conquises[49],[50]. La progression des rebelles est finalement arrêtée à Samarra, où là encore l'armée irakienne repousse les insurgés[51].

Le 12 juin, l'armée irakienne abandonne Kirkouk, qui est alors prise par les Peshmergas du Gouvernement régional du Kurdistan[52]. De plus, le lendemain, l'État islamique en Irak et au Levant affirme avoir pris une base de l'armée irakienne[53].

Article détaillé : Massacre de Tikrit.

Le 13 juin, l'EIIL revendique le massacre de 1 700 prisonniers chiites de l'armée irakienne à Tikrit[54],[55].

Le 14, l'armée irakienne, soutenue par des tribus loyalistes, parvient à reprendre les villes de Mouatassam et Ishaqi, où 12 corps de policiers sont découverts carbonisés. Le lieutenant-général Qassem Atta, porte-parole chargé de la sécurité auprès du premier ministre Nouri al-Maliki, affirme ce jour-là que 279 « terroristes » ont été tués dans les dernières 24 heures[56].

Article détaillé : Bataille de Tall Afar (2014).
Peshmerga kurdes avec un char T-55 près de Kirkouk en juin 2014.

Le 15 juin, les rebelles attaquent Tall Afar. Ils commencent par bombarder la ville, faisant 10 morts et 40 blessés, puis lancent l'assaut. Selon l'armée irakienne, une première attaque est repoussée et 18 insurgés sont tués[55]. Mais le 17 juin, les insurgés avancent victorieusement et s'emparent de la plus grande partie de la ville[57].

Le 17, l'EIIL attaque Bashir, un village peuplé de Turkmènes chiites. Les habitants tentent de résister, mais mal armés, se replient vers le village voisin de Tazeh, tenu par les Peshmergas[58]. Les villages d'Albou Hassan, Birwajli et Bastamli, dans la province de Salah ad-Din, sont également pris par les rebelles sunnites après des combats contre les forces de sécurité et les habitants, 20 civils, sont tués[59]. Le même jour, le premier ministre irakien limoge quatre officiers supérieurs des forces de sécurité, dont le commandant de la province de Ninive. À l'est de Samarra, 18 corps de membres des forces irakiennes sont retrouvés après avoir été probablement exécutés par balles. À Bakouba, une attaque des djihadistes est repoussée par l'EIIL, qui s'empare toutefois brièvement d'une prison et 44 détenus sont tués lors des combats, tant par les insurgés que les militaires[60].

Le 16 juin, l'armée américaine déploie 275 soldats pour protéger sont ambassade à Bagdad, de plus l'USS Mesa Verde avec à son bord 550 Marines et des V-22 Osprey est envoyé dans le Golfe Persique afin de disposer de renforts en cas d'évacuation de l'ambassade américaine. Le 18 juin, le gouvernement irakien demande l'aide des États-Unis, en réclamant principalement des bombardements contre les positions de l'EIIL. Le 19, le président américain Barack Obama refuse d'engager des troupes au sol mais annonce l'envoi de 300 conseillers militaires issus des United States Special Operations Command[61],[59],[62].

Le 20 juin, des heurts éclatent à Hawija, dans la province de Kirkouk, entre des combattants de deux groupes rebelles sunnites, l'État islamique en Irak et au Levant et l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya. Les combats font au moins 17 morts[63].

Article détaillé : Bataille d'Al-Qaim (2014).

Le 21 juin, les loyalistes abandonnent les villes d'Aanah, Rawa qui sont prises sans combat par les insurgés sunnites. Le même jour, l'EIIL conquiert Rutba et la région d'Albu Haiyat[64]. Le même jour, les rebelles s'emparent de la ville d'al-Qaïm, un important poste gardant la frontière syrienne[63].

Article détaillé : Massacre de Hilla.

Le forces de sécurité irakiennes commettent également des exactions. Selon Human Rights Watch, au moins 255 prisonniers, pour la plupart sunnites, sont exécutés par des militaires, des policiers ou des miliciens chiites entre le 9 et le 21 juin à Moussoul, Tall Afar, Bakouba, Jumarkhe et Rawa. La plupart des victimes sont exécutées par balles, plusieurs dizaines d'autres sont brûlées vives ou encore tuées à coups de grenades[65]. Le 23 juin, à Hilla, au sud de Bagdad, 69 prisonniers sunnites sont exécutés par des policiers[66].

Parallèlement aux combats, les djihadistes continuent de commettre des attentats : Le 11 juin, des attentats contre des Chiites font un quarantaine de morts à Bagdad le 11 juin[67]. Au moins 15 personnes sont tuées le 4 juillet près de Samarra[68]. 12 personnes, dont quatre policiers sont tuées à Bagdad les 7 et 8 juillet par deux kamikazes de l'EI[69]. Au moins 28 personnes, dont quatre femmes et deux enfants sont tuées à Kirkouk le 12 juillet[70].

Article détaillé : Bataille de Tikrit (2014).

Le 28 juin, l'armée irakienne lance une offensive contre la ville de Tikrit[71]. Le lendemain, l'État islamique en Irak et au Levant annonce le rétablissement du califat et prend officiellement le nom d'État islamique[72].

De son côté, la Russie livre une commande de 12 avions Soukhoï Su-25 au gouvernement irakien. Les cinq premiers appareils gagnent l'Irak le 29 juin[73].

Le soir du 12 juillet, des hommes armés commettent un massacre dans le quartier de Zayouna, à l'est de Bagdad, 29 prostituées et deux proxénètes sont assassinés dans deux immeubles. Les combattants des milices chiites, alors très présents dans la capitale, sont les plus suspectés d'être les auteurs de la tuerie[74]. Le même jour, les forces irakiennes et alliés à des combattants tribaux loyalistes repoussent une attaque des insurgés à Haditha, quatre policiers et treize rebelles sont tués dans l'affrontement[75].

Le 14 juillet, les insurgés sunnites lancent l'assaut sur Al-Joubour, seul quartier de la ville de Dhoulouiyah – à 80 kilomètres au nord de Bagdad[76].

Le 17 juillet, l'explosion d'une bombe fait trois morts en plein cœur de Bagdad et six autres personnes sont tuées et 18 blessés par un attentat suicide dans la périphérie de la capitale irakienne[77].

Le 23 juillet, l'attaque d'un autobus de prisonniers fait 60 morts, dont 51 prisonniers et neuf policiers. Le bus transportait des prisonniers d'une base militaire de la ville de Taji à Bagdad quand il a été atteint par une bombe[78].

Article détaillé : Bataille de Jourf al-Sakhr.

Vers fin juillet, les djihadistes attaquent Jourf al-Sakhr, au sud de Bagdad, avec pour objectif d'isoler la capitale et de couper la route de Kerbala[79].

Vers fin juillet, la destruction d'édifices religieux vieux de plusieurs siècles à Mossoul provoque une insurrection armée d'habitants de la ville[80].

Le 1er août, au moins dix personnes sont tuées et 29 autres blessées dans des attentats à Bagdad. L'attaque la plus sanglante vise le quartier chiite de Sadr City, dans le nord de la capitale. Dans le centre de Bagdad, trois bombes explosent quasi-simultanément près d'une mosquée chiite proche de la place Kholani[81].

Offensive des djihadistes contre les Peshmerga[modifier | modifier le code]

Les 2 et 3 août, l'EI remporte deux victoires contre les peshmergas kurdes et prend Zoumar et Sinjâr[82]. Ainsi, l'EI se montre déterminé à étendre leur emprise sur les territoires tenus par les Kurdes dans le nord de l'Irak dans un communiqué le 4 août[83]. Pour éviter cela, le gouvernement irakien a ordonné aux forces aériennes d'apporter leur soutien aux peshmergas kurdes[84].

La prise de Sinjâr provoque également la fuite de plus de milliers d'habitants, principalement des Yézidis et des Turcomans chiites qui s'étaient réfugiés dans cette ville. Environ 35 000 réfugiés se retrouvent bloqués dans les montagnes, souffrant principalement du manque d'eau. Deux jours après la prise de la ville au moins 40 enfants meurent de soif[85],[82],[86].

Le 6 août, des combattants kurdes des YPG et du PKK lancent ensemble une offensive contre des djihadistes dans la région de Mossoul afin de soutenir les peshmerga. Les forces kurdes venues de Turquie et de Syrie mènent des opérations contre les djihadistes de l'Etat islamique dans la région de Sinjar tandis que les peshmergas irakiens tentent de sécuriser des zones situées au nord et à l'est de Mossoul[87],[88]. Dans l'après-midi, une soixantaine de personnes sont tuées dans un bombardement de l'aviation gouvernementale irakienne contre un tribunal établi par les combattants djihadistes de l'État islamique[89]. Pendant ce temps à Bagdad, au moins trente personnes sont tuées et 70 blessées dans une série d'attentats. Deux explosions simultanées font notamment 16 morts dans le quartier chiite de Sadr City[90].

Le 7 août, l'EI s'empare des villes de Tal Kayf, de Bartella, de Karamlesh et surtout de Qaraqosh, la plus importante ville chrétienne d'Irak, dont la prise provoque l'exode de d'environ 100 000 civils, principalement chrétiens mais aussi Turkmènes, Shabaks et Yézidis[91],[92]. Le lendemain, les djihadistes prennent aux peshmerga le barrage de Mossoul, le plus grand d'Irak, contrôlant ainsi désormais l'approvisionnement en eau et en électricité d'une vaste zone[93].

Finalement le 8 août, devant la progression des djihadistes de l'EI, les États-Unis interviennent en engageant leur aviation en Irak. L'United States Air Force bombarde des positions d'artillerie de l'État islamique au sud d'Erbil. Deux chasseurs bombardiers américains larguent des bombes de 250 kg sur une pièce d'artillerie mobile[94],[95]. Puis, une deuxième série de frappes a été déclenchée par un drone éliminant des terroristes qui se servaient d'un mortier. Quelques dizaines de minutes plus tard, quatre chasseurs ont largué un total de huit bombes qui ont neutralisé un convoi et un mortier près d'Erbil[96].

Article détaillé : Massacres de Sinjâr.

Le 10 août, le gouvernement irakien affirme que 500 Yézidis, dont des femmes et des enfants, ont été massacrés par les djihadistes de l'EI, puis enterrés dans une fosse commune, encore vivants pour certains. De plus 300 femmes auraient également été réduites en esclavage[97].

Cependant environ 20 000 réfugiés Yézidis parviennent à s'échapper des montagnes en passant par la Syrie, ils regagnent ensuite le Kurdistan irakien avec l'aide des forces kurdes[97].

Le 10 août, soutenus par l'aviation américaine, les peshmerga reprennent les villes de Makhmour et de Gwer, située au sud d'Erbil[98].

Le 14 août, pour la première fois depuis fin 2011, une vingtaine de militaires américains effectuent une mission de reconnaissance sur les monts Sinjar[99]. Ils sont aidés par les britanniques qui ont déployé des forces spéciales dans le nord de l'Irak[100].

Le 15 août, les djihadistes de l'EI attaquent le village de Kocho, majoritairement peuplé de Yézidis, ils massacrent au moins 81 hommes et capturent les femmes et les enfants[101],[102].

De leur coté, les Peshmerga soutenus par l'aviation américaine tentent de reprendre le barrage de Mossoul. Le 17 août, les Kurdes affirment l'avoir repris aux djihadistes[103],[104].

Le 22 août 30 à 70 hommes sont massacrés dans l'attaque d'une mosquée sunnite commise probablement par des miliciens chiites. Pendant ce temps, les forces loyalistes tentent de reprendre la ville de Jalawla, tenue depuis le 11 août par l'EI[105],[106]. Le 25 août, les Kurdes encerclent la place[107].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Pertes selon l'Iraq Body Count (IBC)[modifier | modifier le code]

Pertes annuelles irakiennes civiles et militaires dues à l'insurrection, 2003-2012.
Pertes irakiennes Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Total
2011 388 388
2012 524 356 377 392 304 529 469 422 396 290 239 275 4 573[11]
2013 357 360 403 545 888 659 1 145 915 1 220 1 095 903 9 472[12],[108]

Pertes selon le gouvernement irakien[modifier | modifier le code]

Pertes irakiennes Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Total
2011 155 155
2012 151 150 112 126 132 131 325 164 365 144 166 208 2 174
2013 177 136 163 205 630 240 921 356 885 964[109] 948 5 625
2014 +2000 +1600 [110]

Autres évaluations[modifier | modifier le code]

Les violences en Irak font 3 000 morts de début janvier à fin avril, dont 600 membres des forces de sécurité[111].

Selon les Nations unies, les combats font au moins 2 417 morts en Irak lors du mois de juin, dont 886 militaires et policiers, et 1 531 civils. 2 287 Irakiens sont également blessés. Ce bilan ne prend cependant pas en compte la province d'Al-Anbar, totalement hors de contrôle[112].

Selon un rapport des Nations unies publié le 18 juillet 2014, 5 576 civils irakiens ont été tués et 11 665 blessés depuis le début de l'année 2014[113].

En juillet 2014, plus de 1.600 personnes ont été tuées dont 1.401 civils, 185 soldats et 83 policiers. Par ailleurs 2.104 personnes ont été blessées, dont 246 soldats et 153 policiers[110].

Selon le secrétaire général de la présidence kurde Fouad Hussein, 150 combattants kurdes ont été tués et plus de 500 autres blessés dans les combats qui les ont opposés aux djihadistes depuis le début de leur offensive en juin[13].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en)U.S. Sends Arms to Aid Iraq Fight With Extremists, The New York Times, 25 décembre 2013
  2. AFP : La Syrie prête à épauler l'Irak contre le «terrorisme» jihadiste
  3. a et b Libération : Des jihadistes font main basse sur le nord de l’Irak, par Jean-Pierre Perrin.
  4. France 24 : Vidéo : les peshmerga, ces combattants kurdes en première ligne contre l’EIIL
  5. Le Nouvel Observateur : Obama : l'Etat Islamique est "un cancer"
  6. AFP : Syrie: les combattants de l'Etat islamique ont dépassé les 50 000
  7. L'Express : L'Etat Islamique en Irak et au Levant, incubateur de djihadistes français, par Marie Le Douaran.
  8. [Ruth Sherlock, « Inside the leadership of Islamic State: how the new 'caliphate' is run », telegraph.co.uk, 9 juillet 2014.]
  9. a, b et c (en) Iraq Government Casualty Figures
  10. Le Nouvel Observateur : Le nombre de civils tués en 2012 en Irak a augmenté
  11. a et b Iraq Body Count : Iraqi deaths from violence in 2012
  12. a et b Iraq Body Count : The Trenching of Faults: Iraq 2013
  13. a, b et c Le Figaro : Irak: 150 combattants kurdes tués depuis juin
  14. (en) As bombs hit Baghdad, Iraq says about 69, 263 people killed between 2004 and 2011, Al Arabiya News, 29 février 2012
  15. (en) INSIGHT: Iraq’s Tensions Heightened by Syria Conflict, Voice of America, 29 novembre 2012
  16. (en) Free Iraqi Army inspired by Syria war, The Daily Star, 10 novembre 2012
  17. (fr) Irak : série d'attentats à la voiture piégée
  18. (fr) En Irak, une vaste série d'attentats fait 107 morts
  19. (fr) french.news.cn/monde/2012-08/17/c_131790575.html
  20. (fr) news.fr.msn.com/m6.../irak-10-morts-dans-des-attaques
  21. (en) Explosions kill 58 in Iraq, French consulate hit, Reuters, 9 septembre 2012
  22. (en) Death Sentence for a Top Iraqi Leader in a Day of Bloodshed, The New York Times, 9 septembre 2012
  23. (en) Many dead in attacks on Iraqi security forces, BBC News, 9 septembre 2012
  24. (en) Many killed in string of Iraq attacks, Al Jazeera, 30 septembre 2012
  25. (en) 32 Pilgrims Are Killed by Bombings in Central Iraq, The New York Times, 3 janvier 2013
  26. (en) Iraq Invasion Anniversary Carnage: 98 Killed, over 240 Wounded, Antiwar, 19 mars 2013
  27. (en) Deadly attacks target Iraq liquor stores, Al Jazeera, 14 mai 2013
  28. (en) Bombs kill more than 35 people across Iraq, Reuters, 15 mai 2013
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