Insurrection géorgienne de Texel

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Insurrection de Texel
Localisation de l'île du Texel au sein des Pays-Bas.
Localisation de l'île du Texel au sein des Pays-Bas.
Informations générales
Date 5 avril - 20 mai 1945
Lieu Texel (Pays-Bas), Pays-Bas
Issue Indécis
Belligérants
GeoLeg.PNG 882e bataillon d'infanterie «Reine Tamara» Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
GeoLeg.PNG Shalva Loladze Flag of the NSDAP (1920–1945).svg Klaus Breitner
Pertes
GeoLeg.PNG 565 tués
Drapeau des Pays-Bas 123 civils tués
Flag of the NSDAP (1920–1945).svg 812 tués[1]
Seconde Guerre mondiale
Batailles
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L’insurrection géorgienne de Texel (5 avril 194520 mai 1945) est une insurrection organisée par des soldats géorgiens de la légion géorgienne (ru) sur l’île néerlandaise de Texel, alors occupée par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. On qualifie parfois l’île, pour cette raison, de « dernier champ de bataille européen[2] ».

Cette insurrection se solda toutefois par un échec, avant que les Canadiens ne viennent mettre un terme aux activités allemandes sur l'île en mai 1945[2].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Insigne de la Légion géorgienne au sein de la Wehrmacht, reprenant les couleurs de la première république indépendante de Géorgie.

Texel est au cours de la Seconde Guerre mondiale devenue une pièce maîtresse dans le dispositif allemand du mur de l'Atlantique. Les Géorgiens, des soldats de la république socialiste soviétique de Géorgie, avaient été capturés sur le front russe et avaient choisi, plutôt que de mourir dans les camps de prisonniers, de combattre pour leurs adversaires. Ils étaient cantonnés sur l’île, servant de Hiwi dans le 882e bataillon de la légion géorgienne, une des légions de l'Est, des troupes auxiliaires au service de l’Allemagne (situation analogue à l'Armée Vlassov, principalement composée de soldats russes anti-communistes).

Déroulement de l'insurrection[modifier | modifier le code]

Cimetière militaire géorgien sur Texel.

Dans la nuit du 5 au 6 avril 1945, alors que le débarquement des troupes alliées semble imminent, ils entrent en rébellion contre la garnison de 2 000 Allemands présente sur place, qui perdent environ 400 des leurs cette nuit-là. Les insurgés géorgiens parviennent même à s’assurer le contrôle de l’île un court moment, mais ils doivent renoncer à capturer les pièces d’artillerie situées au nord et sud. De ce fait, ils ne peuvent empêcher l’arrivée des renforts allemands. Une contre-offensive est lancée depuis le continent, avec le soutien de blindés, et l’île est reprise par les troupes nazies après plusieurs semaines de combats acharnés.

Au cours de cette « guerre russe », ainsi qu’elle fut baptisée à Texel, environ 800 Allemands[3], 570 Géorgiens et 120 habitants de l’île trouvent la mort. Les destructions sont considérables, et des dizaines de fermes partent en fumée. Les combats se poursuivent inutilement après la capitulation allemande concernant les Pays-Bas et le Danemark, le 5 mai 1945, et même après la capitulation générale 3 jours plus tard. Ce n’est que le 20 mai 1945 que des troupes canadiennes, arrivées sur place, parviennent à pacifier le « dernier champ de bataille européen[2] ».

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les Géorgiens tombés au cours de la bataille reposent au cimetière commémoratif d'Hogeberg, près d’Oudeschild. Conformément aux dispositions adoptées lors de la conférence de Yalta, les survivants sont rapatriés de force en Union soviétique par les forces du SMERSH arrivées à Texel. Ces dernières prirent en charge 228 Géorgiens encore en vie, dont 26 ont été choisis et bannis avec leur famille, alors que tous les autres disparurent dans les camps du Goulag[1].[réf. nécessaire]

Ceci fut le sort de bon nombre des deux millions de prisonniers de guerre soviétiques rapatriés. Staline ayant toujours considéré la capture ou la capitulation de ses soldats comme un acte de trahison de leur part, à leur retour, la grande majorité fut contrainte au travail forcé[4].

Le musée de l’aviation de Texel, situé dans l’aéroport de l’île, abrite une exposition permanente dédiée à cet événement.

Le 18 juillet 2007, le président géorgien Mikheil Saakachvili prononça en conseil des ministres un discours concernant l'insurrection de Texel et observa une minute de silence[5], déclarant à cette occasion :

« Plusieurs centaines de soldats géorgiens, complètement dépourvus d’armes, ont désarmé la garnison allemande qui les dépassait en nombre et ont opposé une résistance farouche pendant plusieurs mois. Les Géorgiens ont combattu avec une ardeur héroïque. En même temps il faut insister sur leur mission. Je voudrais dire que ces hommes ont été sous-estimés - bon nombre d'entre eux ont été arrêtés, exilés et le reste de leur vie s’est passé dans la répression. Sans l’effort exceptionnel de Rezo Tabukashvili les événements du Texel auraient été perdus pour l'histoire de la Géorgie. Et c’est quelque chose qui ne devrait pas être oublié car la Géorgie est un pays de héros ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (nl) Dick van Reeuwijk. Opstand der Georgiërs, Sondermeldung Texel. Den Burg: Het Open Boek. Herzien Editie 2001, 71 pages. (ISBN 9070202093)
  • (en) Hans Houterman, J. N. Houterman, Eastern Troops in Zeeland, the Netherlands, 1943-1945, p. 62. Axis Europa Books, 1997. (ISBN 1891227009)
  • (en) Henri Antony Van der Zee, The Hunger Winter: Occupied Holland, 1944-45, pp. 213-220. University of Nebraska Press, 1998. (ISBN 0803296185)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (de) « Der Geburtstag des Todes [L'anniversaire de la mort] », Der Spiegel, 20/1995, p. 190.
  2. a, b et c (en) Georgian Uprising on the Texel Island in 1945, Rustaveli
  3. (en) The uprising of the Georgians, article sur Texel.net
  4. « Le Grand retour, URSS 1945-1946 », Histoire@Politique, no 3,‎ 2007 (lire en ligne)
  5. (en) President Respects Georgian Hero, Geotimes TV, 18 juillet 2007

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]