Institut d'histoire sociale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Institut d'histoire sociale (IHS)
Création 1935
Siège 4, avenue Benoît-Frachon - 92023 Nanterre cedex
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 53′ 47″ N 2° 11′ 42″ E / 48.896447, 2.195104 ()48° 53′ 47″ Nord 2° 11′ 42″ Est / 48.896447, 2.195104 ()  
Directeur Pierre Rigoulot
Disciplines Histoire
Site web http://www.souvarine.fr/

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Institut d'histoire sociale (IHS)

L'Institut d'histoire sociale (IHS), créé en 1935 par Boris Souvarine, assisté du député socialiste du Nord Alexandre-Marie Desrousseaux (dit Bracke) et de l'historien Boris Nicolaevsky (en), était au départ une succursale de l'Institut international d'histoire sociale d'Amsterdam.

Première période[modifier | modifier le code]

L’Institut d'histoire sociale protège une partie des archives de Léon Trotski, qu'il avait lui-même confié à l'Institut. Mais elles sont finalement dérobées, sans doute par des agents soviétiques, en novembre 1936. Il en fut de même en 1940 : les nazis pillèrent une partie des archives et la bibliothèque, le tout étant transmis en Allemagne. L'Institut est démantelé, Souvarine est arrêté par la police de Vichy puis s'exile.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

À la Libération, la réouverture de l'IHS est rendue difficile par manque de moyens financiers, l'IIHS d'Amsterdam n'ayant plus les moyens d'entretenir cette succursale parisienne. Souvarine, avec l'aide du député d'Alger Jacques Chevallier, tente de reconstituer le fonds disparu. L'IHS ouvre à nouveau en 1954 à Paris. Il s'agit désormais d'une structure indépendante. L'Institut se consacre à l'histoire et à l'étude de mouvements politiques et sociaux, notamment le communisme, le marxisme, le socialisme, le stalinisme, l'anarchisme, le syndicalisme, etc.

L'Institut d'histoire sociale a édité, entre 1957 et 1968, Le Contrat social, « revue historique et critique des faits et des idées » dans lequel sont publiés des articles de Boris Souvarine, Maximilien Rubel, Maurice Paz, Raymond Aron, Maxime Leroy, Lucien Laurat, Kostas Papaioannou, Manès Sperber, Branko Lazitch, Michel Collinet, Marcel Body.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1976, Boris Souvarine a 81 ans et cesse de diriger l'Institut. Les nouveaux responsables sont alors majoritairement de droite, et sont depuis régulièrement critiqués[1]. Engagé dans un réseau anticommuniste, l'IHS lie des liens qui vont de secteurs de Force ouvrière jusqu'à des militants venus de l'extrême-droite française, et participe sous l'influence de Georges Albertini au « recyclage » d'anciens militants d'extrême droite afin de les faire intégrer des partis de droite plus institutionnels[2].

Selon la revue Critique Sociale, « il faut hélas constater qu'il y a usurpation du fonds d'archives et du nom de l’IHS historique. »[3]

En 1993, l'institut a lancé Les Cahiers d'Histoire Sociale (CHIS) aux éditions Albin Michel, qui s'intéresse à l'histoire politique, sociale et syndicale française et internationale. En 2005, les Cahiers se sont mués en Histoire et Liberté sous la direction du nouveau directeur de l'Institut, le néo-conservateur Pierre Rigoulot.

La bibliothèque de l'Institut, désormais située à Nanterre, est appelée « La Souvarine », en hommage à son fondateur. Depuis 1984, son fonds documentaire est rattaché aux archives départementales des Hauts-de-Seine.

Les présidents de l'Institut[modifier | modifier le code]

Les présidents successifs de l'Institut sont :

Ce poste est cependant essentiellement honorifique.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lutter contre l'islamisme sans faire le jeu des néo-conservateurs, Caroline Fourest, 2006.
  2. Génération Occident, Frédéric Charpier, Paris, Éditions du Seuil, « Essai », 2005, p. 183. (ISBN 2020614138)
  3. Dans le même texte, on peut lire : « L’Institut d’Histoire Sociale a été créé par des vétérans de l’anti-stalinisme de gauche ; mais il est aujourd’hui dirigé par des vétérans du stalinisme, devenus tout naturellement de farouches partisans de la droite néo-conservatrice. C’est-à-dire que l’IHS est passé à un courant et à une tradition politique inverses à ceux de sa fondation. » Les Vies de Boris Souvarine, Critique Sociale, 2008.