Institut d'études politiques de Paris

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Institut d’études politiques de Paris
Image illustrative de l'article Institut d'études politiques de Paris
Nom original École libre des sciences politiques
Informations
Fondation 1872
Fondateur Émile Boutmy
Type Grand établissement (EPSCP)
Régime linguistique Français
Anglais
Budget 145 millions d’euros de budget[1]
Dotation 80,5 millions d'euros[2]
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 15″ N 2° 19′ 42″ E / 48.854172, 2.32846948° 51′ 15″ Nord 2° 19′ 42″ Est / 48.854172, 2.328469  
Ville Paris
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Campus Paris (1871), Nancy (2000), Dijon (2001), Poitiers (2001), Menton (2005), Le Havre (2007), Reims (2009)
Direction
Président Jean-Claude Casanova
Directeur Frédéric Mion
Chiffres clés
Enseignants-chercheurs 182[3]
Étudiants 12 000[3]
Doctorants 550[3]
Niveau Bac+8 (Doctorat)
Diplômés/an 1 400 (master)[1]
Divers
Mascotte Le lion et le renard
Affiliation Sorbonne Paris Cité, G16+
Site web www.sciences-po.fr/

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Institut d’études politiques de Paris

L'Institut d'études politiques de Paris (IEP de Paris), communément désigné par l'apocope « Sciences Po » ou « Sciences Po Paris », est un grand établissement dans le domaine des sciences sociales et des relations internationales. Des enseignements de droit, de finance, de gestion des ressources humaines, de communication, de marketing, de journalisme et d'urbanisme sont également dispensés. L'école est réputée pour la qualité de son enseignement et son exigence. Pour preuve, le taux d'admission au collège universitaire, soit la première année d'études, était de seulement 10 % pour la rentrée de 2013.

Issu de la nationalisation de l'École libre des sciences politiques, fondée en 1872 par Émile Boutmy, l'IEP de Paris a le statut particulier de grand établissement, ce qui lui permet d'avoir un processus de recrutement très sélectif. C’est l’un des neuf instituts d'études politiques en France. La Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et l'IEP de Paris sont juridiquement liés et forment l'ensemble nommé Sciences Po.

L'IEP de Paris est en partenariat avec d'autres grandes institutions comme la London School of Economics, l'université de Colombie-Britannique, l'université libre de Berlin, la Hertie School of Governance de Berlin, la School of International and Public Affairs de l'université Columbia, Columbia Law School, Harvard Law School, McGill Faculty of law, la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l'université nationale de Singapour, et de l'université de Pennsylvanie, l'université Bocconi de Milan ou l'Escola superior d'administració i direcció d'empreses (ESADE) de Barcelone.

Sommaire

Organisation[modifier | modifier le code]

Statut[modifier | modifier le code]

L'entrée du 27, rue Saint-Guillaume (avant le changement de logo). Les mentions Institut d'études politiques de Paris et Fondation nationale des sciences politiques rappelaient les liens des deux institutions sous l'appellation d'ensemble Sciences Po.

L'Institut d'études politiques de Paris est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel en application du décret du 18 janvier 1969[4].

Le décret du 10 mai 1985[5] lui accorde le statut de grand établissement créé par la loi Savary[6]. Ce statut particulier lui donne une large autonomie et lui permet notamment de fixer librement le montant de ses droits de scolarité, en vertu de l'arrêté du 5 août 1991[7], qui délègue la fixation des montants des droits de scolarité afférents aux diplômes propres au conseil d'administration des établissements.

L'Institut est géré administrativement et financièrement par la Fondation nationale des sciences politiques, fondation privée reconnue d'utilité publique et créée à cet effet lors de sa nationalisation. Cette délégation de gestion, conventionnelle en 1945 puis réglementaire à partir de 1969, est d'ordre législatif depuis l'entrée en vigueur de la loi du 2 juillet 1998[8]. C'est la Fondation qui possède les bâtiments, reçoit de l'État une subvention qui constitue l'essentiel de ses ressources, perçoit les droits de scolarité versés par les élèves, et emploie et rémunère les enseignants non titulaires.

Depuis 1950, le directeur de l'Institut, actuellement Frédéric Mion, a toujours été également administrateur de la Fondation. Le président de la Fondation, actuellement Jean-Claude Casanova, est membre de droit du conseil de direction de l'Institut. D'autres personnalités – Jean-Paul Fitoussi, Michel Pébereau, Jean-François Sirinelli – sont membres du conseil d'administration de la Fondation et du conseil de direction de l'Institut, sans que cette double appartenance soit de droit.

Le 13 février 2010, il intègre officiellement le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) « Sorbonne Paris Cité » dont il est un des membres fondateurs. Ce premier PRES parisien est actuellement composé de 8 membres, dont 4 universités et 4 grandes écoles ou instituts : Paris 3, Paris 5, Paris 7, Paris 13 (membre associé), Sciences Po Paris, l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et l'École des hautes études en santé publique (EHESP). Le but étant de s'associer pour une recherche plus lisible sur la scène internationale.

Les sièges de l'Institut et de la Fondation se trouvent tous deux dans le bâtiment historique de l'École, l'ancien hôtel de Mortemart, au no 27 de la rue Saint-Guillaume. D'autres locaux des deux entités se trouvent aux 25, 29 et 30 de cette même rue, au 9 de la rue de la Chaise, au 56 de la rue des Saints-Pères, aux 117, 174, 199 et 224 du boulevard Saint-Germain, au 56 de la rue Jacob, et, depuis le rachat des anciens locaux de l'ÉNA, au 13 de la rue de l'Université, baptisés René-Rémond (une bibliothèque de Sciences Po, inaugurée en 2010, porte aussi le nom de René Rémond, mort en 2007 qui a été président de la Fondation nationale des sciences politiques).

Administration[modifier | modifier le code]

L'administration de l'institut est organisée en quatre directions :

  • la direction des affaires internationales et des échanges, créée en 1996 ;
  • la direction de la communication ;
  • la direction des études et de la scolarité ;
  • la direction de la formation continue.

Participent également les directions de la FNSP.

Au sein de la direction des affaires internationales et des échanges (DAIE), on compte :

  • le centre Europe
  • le centre des Amériques
  • le centre Asie-Pacifique
  • le centre Afrique Moyen-Orient
  • le pôle mobilité étudiante

Directeurs[modifier | modifier le code]

Depuis 1950, le directeur de l'IEP de Paris a toujours été administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Médaille d'Émile Boutmy fondateur et directeur de l'École des Sciences Politiques par Oscar Roty

L'IEP de Paris est issu de l'École libre des sciences politiques, surnommée « Sciences Po Paris », établissement privé fondé en 1872 par Émile Boutmy. Il en tire sa tradition pédagogique, ses premières structures, son surnom, et ses bâtiments de la rue Saint-Guillaume. L'École libre des sciences politiques fut établie en opposition à la Faculté de droit de Paris qui, à cette époque, formait alors les « élites » des grands corps de l'État.

En 1945, Charles de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française, confia à Michel Debré une Mission provisoire de la réforme de la Fonction publique, chargée notamment de réfléchir à la formation et la sélection des hauts fonctionnaires. Outre la création de l'École nationale d'administration (ENA), Debré proposa la nationalisation de l'École libre des sciences politiques, qu'avait déjà tentée le Front populaire. Lors des négociations avec Michel Debré et Jean-Marcel Jeanneney, les responsables de l'École, qui était une société privée (André Siegfried, Roger Seydoux, Jacques Chapsal), s'opposèrent cependant à une nationalisation totale.

Un accord fut finalement trouvé pour remplacer l'École par deux structures distinctes et complémentaires :

  • Une entité sui generis de statut privé, la Fondation nationale des sciences politiques, à laquelle fut transmis le patrimoine de l'École et la gérer administrativement et financièrement.
  • Une entité publique, l'Institut d'études politiques de l'Université de Paris, composante de l'Université de Paris, auquel fut attribuée la mission de formation initiale. L'Université de Paris délégua par convention la gestion administrative et financière de l'Institut à la FNSP.

D'autres instituts d'études politiques sont créés par la suite dans d'autres grandes villes en France.

De l'après-guerre à 1969[modifier | modifier le code]

L'École nationale d'administration, créée en même temps que l'IEP, s'installe dans un bâtiment acheté par la FNSP, l'hôtel de Cossé, dit de la Meilleraye, situé au nº 56 de la rue des Saint-Pères, derrière l'IEP ; les jardins des deux établissements sont voisins.

En 1947, Jacques Chapsal devient directeur en remplacement de Roger Seydoux, qui s'engage dans une carrière diplomatique ; il occupera ce poste jusqu'en 1979.

L'université de Paris est démembrée en 1969 par la loi Edgar-Faure[11]. L'institut prend alors son nom actuel d'Institut d'études politiques de Paris et devient un établissement public à caractère scientifique et culturel, distinct des universités, en application du décret du 18 janvier 1969[4]. Sa gestion fut déléguée à la FNSP.

Au milieu des années 1960, l'Institut d'études politiques de Paris devait migrer sur le campus alors naissant de Nanterre[réf. souhaitée]. Le projet fut suffisamment avancé pour qu'un vaste bâtiment soit érigé sous le nom d'IEP et soit partiellement occupé par quelques pionniers parisiens, tel Henri Mendras. Les événements de Mai 68 confortèrent les réticences devant un déménagement vers cette banlieue « peu fréquentable » et Sciences Po Paris resta intra muros, à l'étroit, tandis que l'Université Paris X-Nanterre, en pleine croissance, récupéra, de facto, le bâtiment (aujourd'hui bâtiment G), notamment au profit des enseignements de sciences économiques.

De 1969 à 1996[modifier | modifier le code]

De 1969 à 1975, les cours de première année (« année préparatoire ») sont donnés au Centre universitaire Dauphine.

Jusqu'en 1978, l'École nationale d'administration était située rue des Saints-Pères, dans un bâtiment qui n'était séparé du 27, rue Saint-Guillaume que par un jardin. Ainsi, dans le jargon des élèves de Sciences Po Paris, « traverser le jardin » signifiait réussir le concours d'entrée à l'ENA. En 1978, l'ENA emménage à l'hôtel de Feydeau de Brou, au no 13 de la rue de l'Université et abandonne le bâtiment de la rue des Saints-Pères, qui est affecté à l'IEP. Le mur séparant les deux jardins est abattu et les deux bâtiments sont reliés par un jardin dit « jardin du directeur » ; la pente légère au milieu de celui-ci signale aujourd'hui l'ancienne séparation.

En 1979, Jacques Chapsal quitte le poste directorial après trente-deux ans de mandat, et Michel Gentot lui succède.

Le décret du 10 mai 1985[12] fit de l'IEP de Paris un grand établissement, cet statut ayant été créé par l'article 37 de la loi Savary[6]. La délégation de gestion fut maintenue par ce décret.

La promotion 1986, qui compte parmi ses élèves nombre de futures célébrités — Isabelle Giordano, Alexandre Jardin, David Pujadas, Anne Roumanoff, etc. —, sera l'objet en 2004 d'un livre de la journaliste Ariane Chemin, La Promo.

En 1987, le politologue Alain Lancelot succède à Michel Gentot comme directeur.

À partir de la fin des années 1980, les frais de scolarité annuels connaissent une croissance soutenue : de 800 FF (120 environ) en 1987, il atteindront à 5 600 FF (850 €) en 1994[13]. En 1994, Alain Lancelot lance une réforme visant à supprimer les bourses, remplacées par des emprunts à intérêt faible et remboursables après l'entrée dans la vie professionnelle. Ceci provoque l'un des mouvements de protestation les plus longs de l'histoire de l'établissement. Une « grève générale et illimitée » finit par éclater en janvier 1995 ; l'amphithéâtre Émile-Boutmy est occupé trois jours durant et est rebaptisé du nom du castrat Farinelli, au motif que la direction voulait « couper les bourses ». La réforme est finalement retirée et Alain Lancelot ne demandera pas le renouvellement de son mandat l'année suivante. Richard Descoings, son directeur adjoint, lui succède alors.

1996 à 2012 : l'ère Descoings[modifier | modifier le code]

Le hall d'entrée de Sciences Po, dit la péniche (avant le retrait des drapeaux et le réaménagement du hall en 2008).

Richard Descoings engage dès son arrivée au poste de directeur l'internationalisation du recrutement de l'institut, qui accueille aujourd'hui un tiers d'étrangers parmi ses étudiants. Ce mouvement s'accompagne d'une croissance soutenue du nombre d'élèves : les effectifs passent de 4 254 pour l'année universitaire 1999-2000 à 5 717 pour 2002-2003.

L'article 74 de la loi du 2 juillet 1998[8], qui modifie l'ordonnance du 9 octobre 1945, renforce les liens entre Institut et Fondation, qui sont désormais d'ordre législatif.

Au printemps 2001, l'établissement annonce la création de Convention éducation prioritaire (CEP), conclues avec des lycées situés en zone d'éducation prioritaire près de Paris et de Nancy et permettant à certains de leurs élèves d'entrer en première année dans le cadre d'une procédure d'admission ad hoc, sur dossier puis sur entretien. Les « conventions ZEP », présentées le 26 février, sont l'un des premiers programmes de discrimination positive en France, et suscitent à ce titre un débat très vif, que ce soit au sein de l'établissement ou dans la presse. La première année, les CEP permettent à 17 étudiants d'entrer en première année. Le nombre de conventions et d'admis ira croissant, atteignant à la rentrée 2005 trente-trois lycées et cinquante-sept admis[14]. La première promotion incluant des élèves bénéficiaires de ces conventions est diplômée en 2006[15].

À la rentrée 2000, la scolarité est étendue à cinq ans : l'année préparatoire (AP) disparaît et est remplacée par un premier cycle de trois années, correspondant à la licence mais non diplômant, composé de quatre semestres d'étude et d'une année à l'étranger. Les quatre sections du cycle du diplôme sont supprimées et remplacées par vingt-trois majeures. L'IEP entend ainsi proposer une scolarité complète du baccalauréat jusqu'à l'entrée sur le marché du travail ou dans un troisième cycle universitaire ; il reste toutefois possible d'entrer en quatrième année après un autre cursus.

En 2003, une réforme des frais de scolarité est annoncée, établissant un barème de frais d'inscription allant de la gratuité pour les boursiers à 4 000 € pour les étudiants issus des familles ayant les revenus les plus élevés ; elle entre en vigueur à la rentrée 2004. À la rentrée 2005, les critères sont revus et le barème modifié, les frais atteignant jusqu'à 5 000 €.

À la rentrée 2004, le cycle du diplôme est de nouveau transformé : le diplôme de l'établissement et les diplômes d'études supérieures spécialisées (DESS) sont remplacés par un « master[16] », sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat et décliné en onze mentions. Les diplômes d'études approfondies (DEA) sont remplacés par un master recherche, organisé en cinq mentions, et obtenu en un an, ou bien en deux ans dans le cadre d'une double scolarité avec le cursus du diplôme de Sciences-Po.

La rentrée 2004 voit également la création d'une école de journalisme pour accueillir les étudiants de la nouvelle mention « Journalisme » du diplôme de Sciences Po. Cette décision intervient dans une période de crise pour le secteur, le Centre de formation des journalistes (CFJ) ayant même été contraint à un dépôt de bilan l'année précédente. L'École de la communication de Sciences Po est créée en septembre 2007.

2012 : succession difficile et remise en cause des orientations administratives et scolaires[modifier | modifier le code]

À la suite du décès de Richard Descoings, Hervé Crès, directeur adjoint, est nommé administrateur provisoire de Sciences-Po Paris[17]. Il est élu à ce poste le 30 octobre 2012 par le Conseil de direction[18].

À la suite d'un contrôle réalisé entre fin 2011 et juin 2012, la Cour des comptes a sévèrement critiqué la direction de l'IEP pour sa gestion financière, notamment depuis les « années Descoings ». La juridiction financière souligne une série de dysfonctionnements dans la gestion de l'établissement : elle note des « primes exorbitantes » que s'accordent les dirigeants de l'Institut. Le salaire de Richard Descoings a ainsi augmenté de 60,4 % entre 2005 à 2011 (en 2011 505 806 euros annuellement, alors que pour comparaison un président d'université perçoit en moyenne 160 095 euros). Elle met en avant des primes qui ne reposent sur aucun contrat formel. Les primes de Jean-Claude Casanova passant de 16 500 euros en 2007 à 69 000 euros en 2009[19]. La Cour des comptes indique que ces augmentations se sont déroulées sans que le conseil d'administration en soit informé, et surtout que ces augmentations ne sont pas en accord avec les règles fixées par le Code général des impôts. Elle identifie en partie la source de ces dérives de gestion dans le manque de transparence des statuts de l'IEP qui a entraîné « une gabegie d'argent public et de nombreux dysfonctionnements ».

Dans ce rapport[20] de 210 pages sont également dénoncés des emprunts, dont l'un est qualifié de « spéculatif et dangereux », le coût moyen élevé des étudiants (le quotidien Le Monde calcule ainsi que le coût de la scolarité pour un étudiant payant les droits maximums au tarif 2010 serait « de 51 700 euros sur cinq ans, contre plus de 35000 pour HEC et 38500 pour l'Essec »), les salaires de certains enseignants qui « effectuent 30 % de leur service mais sont payés 100 % »[21] et enfin l'absence de tout contrôle exercé par l'État[22]. Dans son rapport final, la Cour des comptes « se réserve de donner des suites juridictionnelles au vu des pièces en sa possession »[23], ce qui a également pour effet de suspendre la nomination de Hervé Crès et de remettre en cause la gouvernance actuelle exercée par Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau qui sont particulièrement visés par ce dossier[24].

Ce rapport accablant entraîne un vent de fronde dans l'établissement : le 27 novembre, une assemblée générale, réunissant 230 étudiants, enseignants et salariés, a demandé « au président du conseil d'administration (Jean-Claude Casanova) et au président du conseil de direction (Michel Pébereau) de présenter leur démission » [25]. Si Michel Pébereau a fait savoir qu'il ne sera pas candidat à sa succession en 2013[26], Jean-Claude Casanova n'a, pour l'heure, rien affirmé de tel. Ainsi, le 27 décembre, une tribune signée par deux directeurs de recherche et un professeur de Sciences Po et intitulée « Jean-Claude Casanova doit partir » est publiée dans le journal Le Monde[27] : elle rappelle les dérives relevées par la Cour des comptes et la responsabilité qu'en porte Jean-Claude Casanova en tant président du conseil d'administration de la FNSP mais elle pointe aussi du doigt la tentative de « passer en force » dans « la procédure de désignation du futur administrateur de la FNSP et directeur de l'Institut d'études politiques », (à savoir la nomination d'Hervé Crès, très favorable à une orientation néo-libérale[28]) sous couvert de préserver l'indépendance de l'institution, indépendance que l’État ne cherche pourtant nullement à remettre en cause.

L'enjeu véritable concerne la privatisation de l'enseignement, celle de l'établissement mais aussi celle de l'enseignement supérieur, au vu de la positon dominante cette institution dans le paysage éducatif français[28]. Sous l'impulsion de la direction d'Alain Lancelot, en 1987, l'école tendait à se transformer en « business school » à l'américaine, voyant les droits d'inscription passer de 800 à 5600 francs[13], politique à peine infléchie par Richard Descoings, sous la direction duquel, si les bourses augmentèrent et si elle vit l'ouverture de l'établissement aux ZEP, le recrutement devenait en réalité encore plus inégalitaire, la proportion des étudiants issus de parents cadres passant entre 2005 et 2010 de 58,5 % à 63,3 %[29], et Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau, en charge de l'actuelle gouvernance sont bien connus pour leurs prises de positions libérales[30]. Ainsi, plusieurs syndicats étudiants de Sciences-Po ont-ils fait savoir qu'ils étaient opposés à la politique actuelle des frais d'inscription[31].,[32]. Or, au-delà de cette seule institution, l'enjeu n'est ni plus ni moins que la privatisation de l'enseignement supérieur, puisque selon le sociologue Alain Garrigou « Sciences Po joue le rôle de poisson pilote d’une université néolibérale »[28].

En avril 2013, dans un contexte de baisse globale des subventions de l'État aux différents Instituts d'études politiques, les directeurs des IEP de province dénoncent les inégalités de traitement entre leurs établissement et Sciences Po Paris qui perçoit 60 millions d’euros de dotation de l’État pour 12 000 étudiants : « Il y a 10 000 étudiants en IEP de province qui se partagent 10 millions et Paris en obtient 60 millions!». Ils parlent de favoritisme «hallucinant»[33].

Chiffres clefs[34][modifier | modifier le code]

  • 9 600 étudiants dont 42 % d'internationaux représentant près de 52 pays ;
  • 450 doctorants ;
  • 190 chercheurs et enseignants-chercheurs ;
  • 145 millions d'euros de budget

Classement international[modifier | modifier le code]

En 2014, le QS World Ranking positionne Sciences Po Paris à la 13e place parmi les meilleures universités du monde dans le domaine de la science politique, relations internationales et sociologie[35]. En 2013, Sciences Po Paris avait obtenu la 16e dans le même classement, devant l'Université de Stanford et le Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.)[36].

Scolarité[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, l'IEP a abandonné le traditionnel cursus en trois ans, avec année préparatoire et cycle du diplôme, pour adopter une scolarité en cinq ans, séparés en deux cycles : un premier cycle de trois ans, préparatoire, et un deuxième cycle de deux ans de spécialisation. Cette réforme inscrit la scolarité dans le cadre du processus de Bologne qui a pour but la construction d'un espace européen de l'enseignement supérieur. L'IEP de Paris ne délivre que des diplômes d'établissement en ce qui concerne les masters professionnels, mais certains de ses diplômes donnent droit à des grades universitaires comme le doctorat et le master recherche qui sont des diplômes d'État.

Admission[modifier | modifier le code]

Il existe un grand nombre de procédures d'admission[37] :

  • En première année (à « Bac + 0 ») (chiffres de 2010) :
    • Examen d'entrée en première année : 317 admis (203 en 2006).
    • Convention éducation prioritaire (dites « conventions ZEP ») : 125 admis (57 en 2006).
    • Procédure internationale pour les élèves ayant effectué leurs études secondaires à l'étranger : 380 admis pour les première et deuxième années (186 en 2006).
  • En quatrième année (à « Bac + 3 ») (chiffres de 2006) :
    • Procédure d'admission en quatrième année : 338 admis.
    • Admission en quatrième année par le biais du cycle international d'études politiques (CIEP) : 190 étudiants étrangers admis.

Jusqu’en 2012 : admission sur dossier après une mention « Très bien » au baccalauréat : environ 300 admis en 2009 (164 en 2006).

Ces épreuves écrites se présentent sous la forme d'examens et non véritablement de concours[38] : l'admission est déterminée par l'obtention d'une note supérieure à la barre fixée par le jury. Il existe de nombreuses « prépas sciences po », publiques ou privées, qui préparent les candidats aux épreuves de sélection[39].

En 2008, le taux d'admission à l’entrée en première année était de 9 %, alors qu’au niveau de la quatrième année, 12 % des 2 623 candidats ont pu être admis à l’IEP[réf. souhaitée]. D'une manière générale le taux de sélection par la mention Très Bien et par concours oscille autour de 8 %, celle dite de CEP à moins de 15 % en 2009 (126 candidats admis sur 840).

La réforme 2013 entraîne la modification du concours d'admission à BAC +0 : l'épreuve de culture générale est supprimée ne laissant plus que l'épreuve de langue (coef 1), l'histoire et une spécialité (coef 2). L'admission directe via mention très bien est supprimée, les élèves dotés de cette mention devront passer obligatoirement l'oral d'admission comme tous les élèves déclarés admissibles : il s'agit d'un entretien afin de présenter ses motivations. En 2011, 5360 bacheliers ont candidaté (mention très bien ou examen). 965 élèves ont été admis.[réf. souhaitée]

Depuis 2002, le nombre de candidats a considérablement augmenté. En 2002, il y avait 200 candidatures pour le programme international. Ils étaient plus de 800 en 2007 soit une augmentation de 300 % en cinq ans. Pour le concours d'entrée, le nombre de candidats a doublé en cinq ans. Une augmentation de 500 % du nombre de candidats pour la sélection sur mention très bien est à noter.

Les effectifs sont en augmentation notamment grâce au campus de Reims qui est en pleine expansion.[réf. souhaitée]

Collège universitaire, premier cycle[modifier | modifier le code]

L'hôtel Chaboureau qui abrite Sciences Po, sur le campus de Poitiers.

Le premier cycle correspond en termes de cursus aux années de licence à l'université, et conduit depuis 2009 à son équivalent : le Bachelor[40],[41]. Il est issu de l'étoffement de l'ancienne année préparatoire (AP), qui a été étendue à deux ans et complétée par une année obligatoire à l'étranger, pour un séjour d'études ou un stage. Jusqu'en 2006, la scolarité de premier cycle n'était pas sanctionnée par un diplôme, mais le conseil de direction du 11 décembre 2006[42] a décidé de la mise en place d'un « certificat de fin d'études de premier cycle », que les élèves en 3e année en 2006-2007 sont les premiers à recevoir. La promotion 2009 du premier cycle, lequel a été renommé Collège universitaire, a été la première à recevoir le diplôme du Bachelor de Sciences Po Paris.

Le collège universitaire a pour but l'initiation des étudiants aux grandes disciplines sur lesquelles reposent leur formation (droit, science politique, histoire, économie, relations internationales sociologie, finance, géographie, philosophie), l'acquisition de méthodes de travail, et le renforcement des deux langues étrangères choisies (sous réserve d'avoir un niveau suffisant en anglais). Les étudiants de première année suivent notamment les cours magistraux de Guillaume Tusseau en droit constitutionnel, de Jean-François Chanet en histoire, d'Étienne Wasmer en microéconomie, de Jean-Marie Donegani et de Pascal Perrineau en sciences politiques et de Yann Algan en macroéconomie.

Campus en région - Spécialisation géographique[modifier | modifier le code]

Depuis 2000, les campus internationaux du Collège universitaire de Sciences Po proposent le Bachelor de Sciences Po enrichi d’un projet pédagogique centré sur les études d'une zone géographique :

Campus à Nancy : Europe - France - Allemagne[modifier | modifier le code]

Créé en 2000 dans la ville de Nancy.

Premier-né des campus en région, le campus européen franco-allemand de Sciences Po est spécialisé dans les relations franco-allemandes et le projet européen ; il pratique un recrutement d’étudiants pour moitié germanophones et pour moitié francophones, quel que soit leur pays d’origine. Deux cursus sont proposés : le programme trilingue (français, allemand, anglais) et le programme bilingue (allemand et anglais) avec cours intensifs de français. À certaines conditions, les étudiants peuvent également suivre des cours d’arabe, d’espagnol, d’italien, de suédois ou de russe. Ce programme, qui existe depuis 2000, accueille une centaine d’étudiants par promotion et est actuellement dirigé par François Laval.

Création des campus
Campus
Année de création
Paris
1871
Nancy
2000
Dijon
2001
Poitiers
2001
Menton
2005
Le Havre
2007
Reims
2009
Campus à Dijon - Europe centrale et orientale[modifier | modifier le code]

Créé en 2001 dans la ville de Dijon.

Spécialisé dans les défis de l'Union européenne d'aujourd'hui, le programme européen du Collège universitaire s'intéresse aux affaires européennes et aux enjeux de l'intégration et de l'élargissement aux pays d'Europe centrale et orientale. Chaque étudiant étant passé par le campus de Dijon doit être capable de travailler en français et en anglais et de disposer au moins d’un niveau intermédiaire dans l’une des langues européennes autres que le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien. Enseignement intensif en polonais, hongrois, tchèque, initiation au roumain pour les élèves italianophones ou perfectionnement en russe pour les russophones. Pour les élèves maîtrisant une langue européenne dite « rare », possibilité d'apprendre le russe, l'allemand, l'espagnol et l'italien. Enseignement bilingue : français et anglais. En outre, le campus de Dijon offre la possibilité de suivre un double cursus avec l'université de Bourgogne, permettant l'acquisition d'une licence de droit en 3 ans (deux premières années: cours partagés entre Sciences Po et l'université de Bourgogne, troisième année en Erasmus).

Campus à Poitiers : Europe- Amérique latine[modifier | modifier le code]

Créé en 2001 dans la ville de Poitiers.

Le programme latino-américain est enrichi par des cours sur la zone ibérique et latino-américaine et un enseignement intensif de langues devant amener les étudiants diplômés du Bachelor à maîtriser quatre langues (anglais, espagnol, français, portugais). Cours dans les quatre langues du campus.

Campus à Menton : Moyen-Orient et Méditerranée[modifier | modifier le code]

Créé en 2005 dans la ville de Menton.

Le campus Moyen-Orient Méditerranée du Collège universitaire s'intéresse aux enjeux politiques, économiques et sociaux des pays du pourtour méditerranéen, du Moyen-Orient et du Golfe. Les cours sont dispensés en trois langues (français, anglais et arabe), avec la possibilité d'apprendre l'arabe et le français et de continuer l'espagnol et l'italien. Le programme dispose d'un cursus francophone, d'un cursus anglophone ainsi que d'un cursus italophone depuis la rentrée 2013.

Campus au Havre : Europe-Asie[modifier | modifier le code]

Créé en 2007 dans la ville du Havre.

Spécialisé dans l'étude des problématiques européennes et asiatiques, le campus propose un enseignement intensif des langues orientales (chinois mandarin, japonais, coréen, hindi, indonésien). Le programme est majoritairement anglophone.

Campus à Reims[modifier | modifier le code]
  • Programme Europe-Amérique du Nord

Créé en 2009 dans la ville de Reims le campus fait la continuité de l'enseignement qui débutait en ce lieu au XVIIe siècle.

L'objectif du programme est de donner aux étudiants une compréhension comparée des systèmes européens et nord-américains. Les enseignants viennent des deux continents. Les cours sont dispensés entièrement en anglais, mais les élèves peuvent suivre des cours optionnels en français. Possibilité d'apprendre ou de perfectionner l'espagnol, l'italien, l'allemand et l'arabe.

  • Programme Europe-Afrique

Lancé en 2010 sur le campus parisien, le programme sera à la rentrée 2015 proposé au campus de Reims. Le programme euro-africain comporte des enseignements ciblés sur le continent africain dans son ensemble. Les étudiants de la section francophone ont une formation intensive en anglais. Tous doivent de surcroît suivre un enseignement de langues, à choisir parmi l'arabe (débutant ou intermédiaire), le portugais ou le swahili. Programmes francophone et anglophone.

Le campus à Reims accueillera à terme 1600 étudiants au sein de l'ancien Collège des Jésuites. Le projet inclut un transfert d'étudiants du collège universitaire, du campus parisien au campus rémois. Les discussions incluent également l'introduction de programmes de second cycle et l'évolution des programmes géo-politiques (Amériques, Océanie, Royaume-Uni).

Doubles diplômes[modifier | modifier le code]

Campus à Paris[modifier | modifier le code]

Sur le campus historique de Paris, Sciences Po dispose également de doubles diplômes au niveau de la licence, avec les universités de Paris :

  • avec l'Université Pierre-et-Marie-Curie, un double diplôme en sciences et sciences sociales (aussi appelé « Scube ») ;
  • avec l'Université Paris Sorbonne-Paris IV, trois doubles diplôme sciences sociales et humanités littéraires (aussi appelé « SPIV ») :
    • le double diplôme sciences sociales et lettres,
    • le double diplôme sciences sociales et philosophie,
    • le double diplôme sciences sociales et histoire ;
  • avec l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, double diplôme en mathématiques appliquées et sciences sociales (MASS) (aussi appelé « S.M.A.S.S »).

Campus en régions[modifier | modifier le code]

Sur les campus internationaux en région, des doubles cursus sont possibles avec les universités locales. Ainsi, les campus de Dijon, Nancy et Poitiers proposent des doubles cursus en droit, histoire, géographie, sociologie, économie ou langues. Ces doubles cursus mènent à la délivrance simultanée du bachelor de Sciences Po et de la licence choisie au terme de la 3e année d'étude.

De plus, certains campus internationaux proposent à leurs étudiants de suivre un double bachelor entre Sciences Po et une université prestigieuse partenaire à l'étranger :

  • Drapeau des États-Unis Un double bachelor Sciences Po – Columbia University (New York). Deux ans au Havre, à Menton ou Reims au sein des cursus anglophones, puis deux ans à Columbia, et obtention des deux diplômes de bachelor (choix d'une Majeure parmi plus de 70 possibilités en sciences ou humanités). Admission post-bac ou post- première année à Sciences Po ;
  • Drapeau de l'Allemagne Un double bachelor Sciences Po – Freie Universität de Berlin en sciences politiques. Après deux ans au sein de l'un des programmes du collège universitaire de Sciences Po, l'étudiant obtient le diplôme de bachelor en science politique internationale de la FU de Berlin à l'issue de deux années à Berlin. Mise en place d'une procédure d'admission post-bac en France et en Allemagne en 2014.  ;
  • Drapeau du Canada Un double bachelor Sciences Po – UBC (University of British Columbia à Vancouver.) Deux ans au Havre, à Menton ou Reims, puis deux ans à Vancouver, et obtention des deux diplômes de bachelor. Dans ce cadre, UBC propose un Bachelor of Arts en Économie, Histoire ou Science Politique ou un Bachelor of Commerce à la Sauder School of Business. Admission post-baccalauréat ou post-première année à Sciences Po ;
  • Drapeau du Japon Un double bachelor Sciences Po – Keio University de Tokyo. Deux ans au Havre, avec apprentissage intensif du japonais et spécialisation en économie et humanités scientifiques, puis deux ans à Tokyo, et obtention du « bachelor » de Sciences Po et du bachelor en économie de Keio University ;
  • Drapeau du Royaume-Uni Un double bachelor Sciences Po – UCL (University College London). Deux ans à Paris ou Dijon (italien), Nancy (allemand), Poitiers (espagnol) avec apprentissage intensif de la langue en question, puis deux ans à Londres dans le cadre d'une spécialisation (Économie, histoire, relations internationales, droit, philosophie ou politique). Obtention du « bachelor » de Sciences Po (avec la mention du campus choisi) et du Bachelor en European social and political studies (ESPS) de UCL ;
  • Drapeau du Royaume-Uni Un double bachelor Sciences Po- University of Sydney. Deux ans à Sciences Po, puis deux ans à Sydney au sein des Bachelor of Arts ou Bachelor of Political, Economic and Social Studies de l'Université de Sydney. Programme post-première année à Sciences Po lancé en 2013/2014, lancement des admissions post-bac en 2014/2015.

Master, deuxième cycle[modifier | modifier le code]

La spécialisation intervient au niveau du deuxième cycle. Les étudiants entrant en master ont la possibilité de choisir entre 29 mentions de masters, dont 16 au sein d'écoles professionnelles[43]. Au cours des études en Master, au moins un semestre est consacré à un stage ou un séjour d'études à l'étranger. Par ailleurs, les années de césure sont encouragées.

Écoles[modifier | modifier le code]

Création des écoles
Écoles
Année de création
École de Journalisme
2003
École de la Communication
2007
École de Droit, École Doctorale
2009
Écoles des Affaires internationales, PSIA
2010
Département d'Économie
2011
École d'Affaires Publiques
2014
École doctorale[modifier | modifier le code]

La formation initiale à la recherche a lieu au sein de l'école doctorale en partenariat avec les centres de recherche de la FNSP et permet d'obtenir un diplôme national de master à finalité recherche. Un double cursus aménagé permet de plus d'obtenir en deux ans le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris et un master à finalité de recherche.

  • Master Histoire
  • Master Sciences politiques : mention relations internationales, sociologie politique comparée ou théorie politique
  • Master Sociologie
  • Master Droit
  • Master Économie

L'École doctorale est également habilitée à délivrer le doctorat et l'habilitation à diriger des recherches dans les sciences sociales suivantes : histoire, science politique, sociologie, droit et économie.

Département d'économie[modifier | modifier le code]
  • Master in International Economic Policy (cogéré avec l'école des Affaires Internationales)
  • Master Finance et Stratégie (programme en français ou en anglais)
  • Master in Economics and Public Policy
  • Master in Economics and Business
  • Master in Financial Regulation and Risk Management
  • Master Économie (Programme Doctoral en Économie)
  • Master in Economic Journalism avec l'École de Journalisme de Sciences Po
  • Master in Economics and in Quantitative Methods avec l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne
École des Affaires Internationales / Paris School of International Affairs (PSIA)[modifier | modifier le code]
  • Master in Development Practice
  • Master in Environmental Policy
  • Master in Human Rights and Humanitarian Action
  • Master in International Development
  • Master in International Economic Policy
  • Master in International Energy
  • Master in International Public Management
  • Master in International Security
  • Double diplôme in Environmental Sciences and Policy avec l'Université Pierre-et-Marie-Curie (Paris 6)
  • Double diplôme in Journalism and International Affairs avec l'École de journalisme de Sciences Po
École de Droit[modifier | modifier le code]
  • Master Carrières judiciaires et juridiques[44]
  • Master Droit économique[44]
  • Classes préparatoires aux concours de la magistrature et des concours de commissaire de police et d'officier de gendarmerie

Les masters Carrières judiciaires et juridiques ou Droit économique sont reconnus comme équivalents à la maîtrise en droit pour l'exercice de la profession d'avocat en vertu d'un arrêté de mars 2007[45].

Cet arrêté a suscité de vives protestations parmi les enseignants des universités, qui dénoncent l'insuffisance et la brièveté de la formation juridique dispensée à l'IEP, la différence des moyens entre l'IEP et les universités, la différence de traitement entre l'IEP de Paris et ceux de province, et l'adéquation entre les épreuves d'admission en CRFPA (notamment la note de synthèse) et la formation de l'IEP[46],[47],[48],[49],[50],[51],[52],[53],[54],[55],[56],[57],[58]. Un recours en annulation contre l'arrêté du 21 mars 2007, déposé par des syndicats d'enseignants des universités, a été rejeté le 23 juillet 2008 par le Conseil d'État[59].

L'École de Droit a conclu des accords d'échanges avec plusieurs universités partenaires : Columbia Law School, Harvard Law School, McGill University, New York University School of Law, Northwestern University School of Law et Cornell Law School.

École de la Communication[modifier | modifier le code]
  • Master en communication (programme en français ou en anglais)
  • Master Marketing et Études
  • Double diplôme in Communication and Media avec l'Université Fudan située à Shanghai
École de Journalisme[modifier | modifier le code]
  • Master Journalisme
  • Double diplôme en journalisme avec Columbia University
  • Double diplôme en Journalism and International Affairs avec l'École en Affaires internationales de Sciences Po
École des Affaires Publiques (septembre 2014)[modifier | modifier le code]
  • Master Affaires Européennes
  • Master Affaires Publiques
  • Master in Corporate and Public Management (double diplôme avec HEC Paris)
  • Master of Public Affairs (MPA)
  • Double diplômes avec Bocconi University, London School of Economics, Freïe Universität Berlin, Universität St-Gallen (European Affairs)
  • Double diplôme Europe and Asia in Global Affairs avec Fundan University

L'établissement a annoncé la création à la rentrée 2014 d'une école des affaires publiques qui amènerait à une synergie entre les enseignements d'affaires publiques et européennes. Elle permettrait également d'engager une réforme de l'enseignement dans un objectif d'internationalisation et de renouvellement pédagogique.

Master of Public Affairs (MPA)[modifier | modifier le code]

Sciences Po délivre également un Master of Public Affairs (MPA)66. Ce master a la particularité d'un réseau très international. Le MPA, qui dure deux ans, enseigne des cours de sciences politiques, économie, statistiques et évaluation des politiques publiques. Il propose des doubles diplômes avec London School of Economics, la Hertie School of Governance de Berlin, la School of International and Public Affairs de l'université Columbia et la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l'université nationale de Singapour. Ce master fait partie de l'École des Affaires Publiques depuis sa création en septembre 2014.

Masters d'Affaires Urbaines[modifier | modifier le code]
  • Master Stratégies Territoriales et Urbaines
  • Master Governing the Large Metropolis
  • Double Diplôme Urban Policy avec la London School of Economics (LSE)
Autres Masters[modifier | modifier le code]
  • Master Gestion des Ressources Humaines
  • Cycle d'Urbanisme de Sciences Po
  • Programme d'expérimentation en Arts et Politique (SPEAP)

Doubles diplômes[modifier | modifier le code]

Des doubles diplômes ont été créés ces dernières années avec des établissements d'enseignement supérieur français ou étrangers qui permettent à un petit nombre d'étudiants de l'IEP et de l'établissement d'enseignement supérieur en question d'obtenir les diplômes des deux établissements à l'issue d'un cycle aménagé[60] :

Doctorat, troisième cycle[modifier | modifier le code]

L'IEP de Paris délivre des doctorats dans cinq disciplines :

Environ six cents doctorants, dont deux cents étrangers, préparent une thèse au sein de l'école doctorale.

Autres formations proposées à Sciences Po[modifier | modifier le code]

Executive Masters[modifier | modifier le code]

L'IEP de Paris délivre des diplômes récompensant l'obtention de masters destinés aux professionnels, les « Executive Masters »[62], dans 16 domaines[63] :

  • Finance d'Entreprise et Marchés de Capitaux,
  • Management des médias,
  • Ressources humaines,
  • Gestion publique,
  • Trajectoires Dirigeants,
  • Action stratégique et développement international,
  • Energy and Global Policies,
  • Gestion et politiques du handicap,
  • Sociologie de l'entreprise et stratégie du changement,
  • Sociologie de l'association et action dirigeante,
  • Gestion et politiques de santé,
  • Politiques gérontologiques et gestion des EHPAD,
  • Communication,
  • Décisions stratégiques dans un environnement complexe,
  • European Sport Governance,
  • Applied Labour Economics for development.

Ces programmes, d'une durée moyenne d'un an et demi, sont destinés aux cadres en activité.

School of International and Public Affairs: Columbia | SIPA[modifier | modifier le code]

Programme Copernic[modifier | modifier le code]

Sciences Po ainsi que trois autres Grandes Écoles françaises (École nationale des ponts et chaussées, École Nationale Supérieure des Mines de Paris et Le Collège des Ingénieurs) ont créé en 1990 le Programme Copernic destiné à délivrer de jeunes diplômés (Bac +5) essentiellement des pays d'Europe centrale et orientale une formation en management et au monde contemporain.

Copernic recrute de jeunes gestionnaires, ingénieurs et juristes, tous francophones, diplômés des plus grandes universités d’Albanie, Biélorussie, Bulgarie, Égypte, Hongrie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Russie, Slovaquie, Slovénie, Tunisie, Turquie, Ukraine.

La sélection se fait à partir d’un dossier, d’un test de français, et d’un entretien de motivation en français devant un jury constitué de représentants de COPERNIC, des services culturels des Ambassades de France, des entreprises partenaires et d’anciens coperniciens. Chaque promotion se compose de 40 à 50 étudiants : la moitié d’entre eux ont des profils d’ingénieurs, l’autre moitié de gestionnaires ou de juristes.

Cette formation est sanctionnée par l'obtention du diplôme Copernic, délivré conjointement par Sciences Po, les Mines de Paris, Les Ponts et Le Collège des Ingénieurs[64].

Préparation aux concours administratifs[modifier | modifier le code]

La préparation aux concours administratifs est depuis la fin du XIXe siècle l'une des fonctions historiques de l'établissement, qui fournit une part importante, voire la quasi-totalité des admis de certains concours administratifs[réf. nécessaire] ; ainsi la plus grande part des admis du concours externe de l'ENA en sont chaque année issus[réf. nécessaire].

L'IEP de Paris propose une année complémentaire de préparation aux concours administratifs, dite « Prépa concours » ou « Prep'ÉNA ». Elle consiste essentiellement en une préparation aux principaux concours administratifs français de catégorie A : École nationale d'administration (ENA), Institut national des études territoriales (INET), École nationale de la magistrature (ENM), École des hautes études en santé publique (EHESP), École nationale supérieure de sécurité sociale (EN3S), ministère des Affaires étrangères (conseiller cadre d'Orient, secrétaire cadre général, secrétaire cadre d'Orient), Banque de France (adjoint de direction), tribunaux administratifs (conseiller de deuxième classe). Elle est principalement destinée aux élèves de la mention « Affaires publiques » du 2e cycle d'études du diplôme de Sciences-Po.

Recherche[modifier | modifier le code]

Centres de recherche[modifier | modifier le code]

Les centres de recherche dépendent institutionnellement, au sein de Sciences Po, de la Fondation nationale des sciences politiques. On peut notamment signaler le CERI, le CEVIPOF, le Centre d'études européennes, le CSO…

Docteurs honoris causa[modifier | modifier le code]

Accordées de manière exceptionnelle, les distinctions honoris causa n’ont été remises qu'à cinq reprises dans l’histoire de l’école.

Bibliothèque et Presses[modifier | modifier le code]

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Les élèves et enseignants utilisent la bibliothèque de Sciences Po, rattachée à la Fondation nationale des sciences politiques.

Salles de lecture 27, rue Saint Guillaume
Voir l'article détaillé Bibliothèque de Sciences Po

Presses[modifier | modifier le code]

Sciences Po gère également les Presses de SciencesPo, pour diffuser la recherche de SciencesPo et publier des ouvrages de référence à destination de ses étudiants et du grand public[65].

Campus[modifier | modifier le code]

Localisation et Bâtiments[modifier | modifier le code]

Jardin de Sciences Po, dans la rue Saint-Guillaume et la rue des Saints-Pères.

L'IEP de Paris occupe divers bâtiments dans le centre de Paris, qui sont possédés ou loués par la FNSP. La plupart sont situés dans le VIIe arrondissement, et plusieurs dans la rue Saint-Guillaume, qui désigne l'IEP par métonymie :

Ce « campus urbain », s'il contribue au prestige de l'institut et lui permet d'accueillir facilement des intervenants extérieurs en raison de sa proximité avec les lieux de pouvoir, pose des problèmes d'éclatement et de place, rendus plus sensibles encore par la rapide augmentation du nombre d'étudiants ces dernières années. Il est cependant à observer que les distances entre bâtiments sont faibles et ne dépassent pas celles qui sont observées dans nombre de campus de grandes écoles en grande banlieue ou en province.

Marque[modifier | modifier le code]

L'IEP de Paris a déposé les marques « Sciences Po » et « SciencesPo » et semble tolérer les autres instituts d'études politiques à l’employer en précisant le nom de la ville, par exemple « Sciences Po Lille ».

Depuis les années 1990, l'Institut et la Fondation se sont lancés dans une politique de marque et utilisent l'appellation « Sciences Po » pour désigner toutes leurs activités. Certains organes internes ont été renommés.

[réf. nécessaire]

On peut y voir une volonté de renforcer l'identité commune des deux structures (Institut et Fondation) malgré leur statut particulier (« ambiguë » selon la Cour des comptes, « original » selon la direction). Selon le journaliste et énarque Alain Garrigou, connu pour ses critiques sur le fonctionnement de l'établissement, il s'agit également de souligner l'héritage de l'École libre des sciences politiques : « le nom de Sciences Po a transmis l'héritage de prestige de l'ancienne école libre. Les présentations de l'institution revendiquent une continuité bien établie : « Sciences Po est née en 1872, lorsque Émile Boutmy a créé l'École libre des sciences politiques pour renouveler la formation des élites en France », commentait une plaquette de 1997. Le nom commun a été officialisé ; la dénomination légale d'Institut d'études politiques de Paris a disparu. »[66]

Logotype[modifier | modifier le code]

Ancien logotype de l'établissement, remplacé en décembre 2007.
Nouveau logotype de l'établissement depuis décembre 2007.

Le logotype de Sciences Po est composé d’un renard et d'un lion qui se font face. Ces deux animaux ont été choisis en raison d’un passage du Prince de Machiavel :

« Si donc un prince doit savoir bien user de la bête, il doit choisir le renard et le lion ; car le lion ne peut se défendre des filets, le renard des loups ; il faut donc être renard pour connaître les filets et lion pour faire peur aux loups. Ceux qui veulent seulement faire les lions n’y entendent rien. »

Jusqu’en 2007, il était écartelé en quartiers, à la manière d'armoiries, pour symboliser les quatre missions d'origine de Sciences Po. Depuis décembre 2007, il est rouge et représente toujours un lion et un renard, face à face, tenant un livre, encadrés d'un carré.

Vie associative[modifier | modifier le code]

Associations permanentes[modifier | modifier le code]

L'IEP reconnaît cinq associations permanentes, dispensées de la procédure de reconnaissance faisant appel au vote des étudiants :

  • le Bureau des élèves (BDE), association chargée de l’intégration des étudiants, de l’animation de la vie étudiante et des services aux étudiants, renouvelé par élection chaque année au mois de juin ; tous les étudiants peuvent monter une liste candidate ;
  • le Bureau des arts (BDA) offre des cours d'art.
  • l'Association sportive (AS) propose une offre de sport.
  • Junior Consulting (JCSP), le cabinet de conseil des élèves de Sciences Po, membre de la Confédération Nationale des Junior Entreprises, est une association loi 1901 à but pédagogique, qui met au service de ses clients les compétences et l’expertise des étudiants de Sciences Po ;
  • Sciences Po Environnement/Ecocampus a vocation à rassembler toute la communauté de Sciences Po pour s'assurer de la prise en compte des questions environnentales au sein de l’établissement (sensibilisation, réduction de l'impact environnemental)

Autres[modifier | modifier le code]

Les autres associations, non permanentes, sont soumises à une procédure annuelle de reconnaissance par les étudiants.

Les associations de master (par exemple l'Association des Élèves et Diplômés Juristes de Sciences Po (AJSP) qui est l'association rattachée à l'École de droit) ainsi que les syndicats sont dispensées d'une telle procédure de reconnaissance bien que les sections étudiantes des partis politiques soient elles soumises à la procédure.

La plus vieille association de Sciences Po est le Centre Saint-Guillaume (CSG), aumônerie catholique des étudiants, fondée dans les années 1960.

Il y a plus de 70 associations comme la Sciences Po English Debating Society, Terra Nova Sciences Po, ATTAC, P.A.V.é.S, le Centre Saint Guillaume[67], Ambition campus et Sciences Po Finance.

Vie syndicale[modifier | modifier le code]

Toutes les sensibilités politiques sont représentées à Sciences Po à travers les syndicats étudiants : Unef, Solidaires Étudiant-e-s, Nouvelle Donne, InterZaide, UNI et . Les représentants sont élus, tous les ans, en janvier par les étudiants. Les syndicats étudiants sont appelés à siéger dans les instances de Sciences Po : le Conseil de direction, la Commission paritaire et le Conseil scientifique.

Chaque année, en janvier, et ce depuis 1975, les étudiants de Sciences Po, votent pour renouveler leurs représentants. La participation à ces élections est en progression depuis quelques années (elle a atteint 23 % cette année, sachant que 40 % des étudiants de Sciences Po sont des étudiants étrangers en échange, qui ne restent qu'un an et votent rarement à des élections comme celles-ci, que toute une promotion de Sciences Po est en troisième année à l'étranger et que beaucoup de masters sont en stage ou en année de césure). L'UNEF est le syndicat majoritaire à Sciences Po, et a obtenu 7 sièges sur 8 réservés aux élus étudiants dans chacun des conseils, avec plus de 75 % des voix exprimées.

Le campus de l'Institut d'études politiques de Paris à la télévision et au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Le 56 rue des Saints-Pères (ancien hôtel de Cossé), apparaît dans le film En plein cœur.
  • Une partie des locaux de SciencesPo, qui sont les anciens locaux de l'ENA, ont été utilisés à cette fin dans le téléfilm de Raoul Peck L'École du pouvoir consacré à l'ENA.

Enseignants[modifier | modifier le code]

Les enseignements sont assurés par mille quatre cents personnes aux statuts variés. Les enseignants titulaires d'un poste à l'institut ou à la FNSP sont largement minoritaires.

Il y a seulement soixante-six personnes titulaires d'un poste de maître de conférences des universités ou de professeur des universités à l'institut. Une partie des cent soixante-treize chercheurs associés à l'un des centres de la FNSP, ainsi que des soixante professeurs étrangers invités chaque année, enseigne également.

Les autres enseignants n'enseignent que ponctuellement à l'institut. Ce sont soit des spécialistes du domaine sur lequel porte leur enseignement (hauts fonctionnaires, dirigeants d'entreprise, personnalités politiques, intellectuels, etc.), soit des universitaires enseignant dans un autre établissement.

Les divers enseignants de l'Institut sont rattachés à des chaires, comme celle du développement durable ou encore celle du Mercosur.

Anciens élèves - L'Association des Sciences Po[modifier | modifier le code]

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Alumni notables[modifier | modifier le code]

Un grand nombre d'anciens élèves ont fait carrière dans la politique, la haute fonction publique, les médias, la recherche scientifique ou les entreprises, en France et dans le monde. D'autres ont joué un rôle important dans le domaine de l'art ou de la littérature.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Historique de l'association des anciens[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Les anciens élèves de Sciences Po Paris forment l'Association des Sciences Po (Sciences Po Alumni)[68]. Trois ans seulement après la création de l’École libre des sciences politiques en 1872, les anciens élèves ressentent le besoin de maintenir les liens qu’ils ont pu nouer lors de leur scolarité. C’est en effet le 20 mars 1875 qu’ils se fédèrent officiellement, 26 ans avant le vote de la loi 1901 sur les associations ; c’est donc la formule de la « Société » qui est choisie. L’objet social est ambitieux : « établir des relations amicales, un lien de solidarité et d’aide mutuelle entre tous les anciens élèves, élèves et auditeurs de l’École et éclairer, par la discussion et le travail en commun, les questions qui rentrent dans le domaine des Sciences Politiques »[69]. En tenant compte des présidences par intérim et des réélections après une période d’inéligibilité, quarante présidents et deux présidentes se succéderont à la tête de l’institution depuis cette époque fondatrice. Dès l’origine, un annuaire est édité.

La première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le conflit de 1914-1918 ne pouvait manquer d’avoir des effets perturbateurs ici comme partout ailleurs. Les conférences de sections et les repas d’anciens s’interrompent ; seules subsistent jusqu’en 1916, de grandes conférences permettant de débattre des événements de la guerre[69]. Le 9 février 1920, l’Assemblée générale peut enfin se tenir après six ans d’interruption. Le bilan de la guerre est très lourd : plus de 200 membres sont morts ou disparus au combat.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

La période de l’entre-deux-guerres renoue avec la tradition : la « société » continue d’être le reflet de l’École, qui forme ses élèves selon le modèle du « libéral éclairé » et prépare les candidats à s’intégrer dans les grands Corps de l’État. Elle anime des réunions et des grandes conférences, assure le service gratuit de la Revue des Sciences Politiques et celui de l’annuaire ; elle publie un bulletin, organise des excursions. Dès 1923, le bulletin rappelle que la Société a « la mission d’accorder aux plus jeunes son concours pour faciliter leur entrée dans la carrière qu’ils ont choisie ».

La seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Sciences Po n’échappe évidemment pas aux ambiguïtés ou discordances qui ont marqué la période de 1939-1945. Cependant, la Société des anciens élèves, comme l’École elle-même, s’est comportée plus qu’honorablement pendant cette période. Nombreux sont ceux parmi les anciens élèves qui participent à la Résistance et à la France libre[69].

Période post 1945[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, lorsqu’en 1945, le bulletin reparaît, on peut y lire qu’un service d’entraide particulièrement efficace a permis de livrer aux prisonniers quelque 11 000 colis pour un montant de deux millions de francs[réf. insuffisante]. On apprend également que quatre nouvelles sections professionnelles (Assurances, Banques, Commerce-Industrie-Agriculture et Professions Libérales), « répondant aux préoccupations de la vie actuelle », ont été créées[69].

Lors de la séance de son Conseil du 22 février 1946, la Société décide à l’unanimité de se transformer en association de la loi de 1901. Au-delà du changement de statut et d’appellation, elle s’adapte tout naturellement à la nouvelle page qui s’ouvre. Des sections éclosent dans les régions et à l’étranger. Les actions d’entraide ou de services se multiplient. L’association crée dans les années 1950 un service de cours polycopiés et entreprend une activité de prêts ou de dons ; elle organise les premiers stages étudiants dans les entreprises, en relation avec la Direction de l’Institut ; plus tard, elle fournira un appui aux anciens élèves rapatriés d’Afrique du Nord. Elle n’en abandonne pas pour autant ses activités traditionnelles[69]. Mai 1968 donne une fois de plus l’occasion de constater que l’Association vit non seulement à l’unisson de la Rue Saint Guillaume, mais également au rythme du pays. La remise en cause est générale. L’Association, pour sa part, s’efforce de la rendre aussi positive que possible. Les années 1970 vont être marquées par la présidence de Paul Delouvrier, qui fixe deux priorités : d’une part, le redressement de la gestion, d’autre part, le démarrage de nouveaux groupes professionnels et le placement des élèves et anciens élèves[69].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En 2013, on compte 56 000 anciens élèves vivants dont 8 000 adhérents à l'association, répartis en 80 entités (groupes professionnels, clubs, sections régionales et internationales) qui organisent plus de 100 manifestations par an. L'association emploie 13 personnes pour 1,5 million d’euros de budget.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://sciencespo.fr/content/116/en-chiffres-et-en-images.
  2. http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/25/l-iep-de-paris-favori-de-l-etat_1634249_3232.html.
  3. a, b et c « Sciences po en chiffres », sur www.sciences-po.fr (consulté le 11 décembre 2009).
  4. a et b Décret no 69–55 du 18 janvier 1969 relatif à l'institut d'études politiques de Paris (abrogé).
  5. Décret en Conseil d'État no 85-497 du 10 mai 1985 relatif à l'institut d'études politiques de Paris.
  6. a et b Loi n° 84–52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur.
  7. Arrêté du ministre de l'Éducation nationale et du ministre délégué au Budget du 5 août 1991, pris en application de l'article 48 de la loi de finances pour 1951.
  8. a et b Loi no 98–546 du 2 juillet 1998 portant dispositions d'ordre économique et financier, publiée au Journal officiel de la République française du 3 juillet 1998, p. 10140 : Article 74.
  9. Sciences Po : l'intrigante mort de Richard Descoings, Le Point, le 4 avril 2012.
  10. http://enseignementsup.blog.lemonde.fr/2012/11/28/sciences-po-un-conseiller-detat-nomme-au-poste-dadministrateur-provisoire/.
  11. Loi n° 68–978 du 12 novembre 1968 d'orientation de l'enseignement supérieur (abrogée).
  12. Décret en Conseil d'État n° 85-497 du 10 mai 1985 relatif à l'institut d'études politiques de Paris, publié au Journal officiel de la République française du 11 mai 1985, p. 5339-5340
  13. a et b Alain Garrigou, « Comment Sciences-Po et l'ENA deviennent des "business school" », Le Monde diplomatique, novembre 2000, p. 24–25.
  14. Chiffres tirés de Les Conventions éducation prioritaire : Cinq années d'une action pionnière (PDF), brochure de l'Institut d'études politiques de Paris, décembre 2005.
  15. « La première promotion ZEP de Sciences Po témoigne du succès de l’expérience », Le Monde, 20 juin 2006.
  16. Il ne s'agit en réalité pas du diplôme national intitulé master et régi par l'arrêté du 25 avril 2002, mais du « diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris » mentionné à l'art. 2 du décret du 10 mai 1985. Le grade de master est conféré de plein droit par l’État au titulaire du diplôme propre de l'IEP de Paris conformément au décret du 5 septembre 2005, au même titre qu'aux ingénieurs diplômés, cependant certaines personnes disent que les diplômes propres des établissements d'enseignement supérieur ne pouvant porter la même dénomination que les diplômes nationaux d'après l'article 2 du décret 84-573, l'utilisation de l'expression « master de Sciences Po » n'est pas réglementaire. D'après le rapport du Comité national d'évaluation de septembre 2005, « ce master n’a pas été soumis à l’habilitation du Ministère, ce qui peut poser un problème de positionnement, puis d’évaluation, de cette formation. ».
  17. Sciences-Po : Crès administrateur, Le Figaro, 5 avril 2012.
  18. Hervé Crès élu directeur de Sciences Po, Le Figaro, 30 octobre 2012.
  19. La Cour des comptes dénonce la gabegie de Sciences Po Paris, Maryline Baumard et Benoit Floc'h, Le Monde.fr, 8 octobre 2012.
  20. http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Sciences-Po-une-forte-ambition-une-gestion-defaillante.
  21. Sciences Po : la Cour des comptes éreinte la gestion de l'ère Descoings, Libération.fr, 8 octobre 2012.
  22. Sciences Po : la Cour des comptes accable Descoings, Assma Maad, Le Figaro.fr, 9 octobre 2012.
  23. Le choix du patron de Sciences Po suscite de fortes réserves, Benoît Floc'h, Le Monde.fr, 31 octobre 2012.
  24. Sciences Po: la Cour des comptes engage des poursuites, Marie-Amélie Lombard-Latune, Le Figaro.fr, 22 novembre 2012.
  25. « Indiscret Sciences Po : la direction assiégée », Benoît Floc'h, Le Monde.fr, 27 novembre 2012.
  26. http://www.challenges.fr/economie/20121129.CHA3710/pebereau-ne-se-representera-pas-a-la-tete-du-conseil-de-direction-de-sciences-po.html.
  27. « Jean-Claude Casanova doit partir », Le Monde.fr, 27 décembre 2012.
  28. a, b et c Alain Garrigou, « Sciences Po ou l’avant-garde néolibérale, lundi 26 novembre 2012.
  29. Cours des Comptes, « SCIENCES PO : UNE FORTE AMBITION, UNE GESTION DEFAILLANTE » Rapport public thématique, novembre 2012, p. 39.
  30. http://blog.mondediplo.net/2012-10-25-L-Ecole-libre-des-sciences-politiques.
  31. http://sciences-po.unef.fr/2010/12/02/fivsjusticesociale/.
  32. http://met-scpo.fr/www/2010/12/frais-de-scolarite-une-grande-victoire-du-met/.
  33. Les IEP de province dénoncent les privilèges de Sciences Po Paris, Lucile Quillet, Le Figaro.fr, 9 avril 2013.
  34. pour 2010; source: Sciences po.
  35. http://www.topuniversities.com/university-rankings/university-subject-rankings/2014/politics#sorting=rank+region=+country=+faculty=+stars=false+search=
  36. http://www.topuniversities.com/university-rankings/university-subject-rankings/2013/politics
  37. http://admissions.sciences-po.fr.
  38. (fr) « Premier Cycle - Bac en 2009 en France : épreuves d'admission » sur le site officiel de l'Institut d'études politiques de Paris, consulté le 13 juillet 2009.
  39. Camille Stromboni, « Dossiers : les coulisses des prépas Sciences-Po », mars 2010.
  40. La scolarité du collège universitaire, sur le site de Sciences Po.
  41. Victor Serre, « Le Bachelor de Sciences Po: "gadget" ou révolution? Interview de Sylvestre Frézal », 20 février 2010.
  42. http://www.sciences-po.fr/formation/cd_cp/cd2006/pv/11_decembre_2006.pdf.
  43. « Portail des masters de Sciences Po », sur http://master.sciences-po.fr/ (consulté le 21/06/2012).
  44. a et b Enseignements de l'école de droit.
  45. Arrêté du 21 mars 2007 modifiant l'arrêté du 25 novembre 1998 fixant la liste des titres ou diplômes reconnus comme équivalents à la maîtrise en droit pour l'exercice de la profession d'avocat, NOR: JUSX0700975A, J.O no 84 du 8 avril 2007 page 6609. Dans un arrêt du 13 juin 1997 (no 173646, Association "Collectif des étudiants 1995"), le Conseil d'État avait estimé « qu'en limitant la liste des équivalences [à la maîtrise en droit pour l'accès à la profession d'avocat] aux seuls titres ou diplômes sanctionnant des études portant principalement sur des matières juridiques, les auteurs de l'arrêté [interministériel du 7 août 1995 fixant la liste des titres ou diplômes reconnus comme équivalents à la maîtrise en droit pour l'exercice de la profession d'avocat] attaqué [n'avaient pas] entaché leur décision d'erreur manifeste d'appréciation ». La possession du seul diplôme de l'IEP (ou de la maîtrise en droit) ne permet pas d'exercer comme avocat, mais seulement de présenter sa candidature à l'examen d'entrée dans un centre de formation.
  46. Jacqueline Coignard, « Les facs ripostent pour former les avocats », Libération, 13 juin 2007, p. 11.
  47. Marie-Estelle Pech, « Querelle entre les facs de droit et Sciences Po », Le Figaro, 27 avril 2007.
  48. « Examen d'avocat ouvert à Sciences-Po: vif mécontentement du Snesup », Agence France Presse, 26 avril 2007.
  49. « L'Unef contre un accès dérogatoire par Sciences-Po Paris à l'examen d'avocat », Agence France Presse, 25 avril 2007.
  50. Jacqueline Coignard, « Sciences-Po arrache à l'État le concours du barreau », Libération, 20 avril 2007, p. 17.
  51. « Ce n'est pas en trois semestres que l'on forme un juriste », Questions à… Frédéric Rolin, professeur à l'université Paris X-Nanterre, AJDA 2007 p. 884.
  52. « Crise de l'Université; A fortiori ou a contrario ? Le contre-exemple du DJCE», entretien avec Hervé Croze, professeur à la faculté de droit de l'université Lyon-III et avocat, La Semaine Juridique - Entreprise et affaires, 3 mai 2007. Il existe effectivement une procédure (arrêté du 26 mars 1993 modifié) permettant aux diplômés de certaines grandes écoles d'être dispensés non seulement de la première année de médecine, mais aussi de la deuxième année.
  53. « L'inquiétude des directeurs d'IEJ », Gazette du Palais, 12 mai 2007, no 132.
  54. Sciences Po et la profession d'avocat - richard-descoings.net, 13 avril 2007.
  55. Bloghorrée » REP contre IEP, 18 mai 2007, avec les commentaires de Serge Slama, voir aussi la requête en référé de Serge Slama.
  56. Sur le blog du professeur Frédéric Rolin: « Comment former un avocat en 3 semestres d’études juridiques », « Appel des membres des Facultés de droit contre la remise en cause de l’utilité des études juridiques dans la formation des avocats par l’arrêté du 21 mars 2007 », « Quelques nouvelles sur notre appel », « Des (bonnes) nouvelles de notre appel ».
  57. Paul-Henri Antonmattei, Patrick Maistre du Chambon, « Formation des avocats, la colère des juristes », Le Monde, 23 mai 2007.
  58. Félix Rome, « Arrêté du 21 mars 2007 : beaucoup de bruit ! Pourquoi ? », recueil Dalloz 2007, p. 1193.
  59. CE, 23 juillet 2008, no 306321.
  60. http://www.sciences-po.fr/formation/master_scpo/index.htm.
  61. http://master.sciences-po.fr/sites/default/files/brochure_pennlaw.pdf.
  62. Malgré son nom, il ne s'agit pas du diplôme national de master régi par l'arrêté du 25 avril 2002, mais d'un diplôme propre à cet établissement, l'Institut d'Études Politiques de Paris. Les diplômes spécifiques des établissements d'enseignement supérieur français ne peuvent porter la même dénomination que les diplômes nationaux, d'après l'article 2 du décret 84-573.
  63. Programmes pour cadres et dirigeants, Formations 2011, SciencesPo, 07/2010.
  64. http://www.cerclecopernic.com/?page_id=4
  65. http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/presentation/.
  66. Alain Garrigou, « Sciences-Po laminoir des élites françaises », Le Monde diplomatique, mars 1999
  67. Site officiel du Centre Saint Guillaume, aumônerie de Sciences Po'
  68. http://www.sciences-po.asso.fr/.
  69. a, b, c, d, e et f http://www.sciences-po.asso.fr/gene/main.php?base=411.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Presse[modifier | modifier le code]

  • « Quand Descoings fait auditer Sciences-po, c'est par un de ses profs », Marianne 2, 21 juin 2010.
  • « Sciences-Po : une stratégie de communication qui élimine les questions gênantes », Mediapart, 16 octobre 2009.
  • « Ce qui ne se dit jamais sur Sciences-Po et les médias », Marianne, 13 janvier 2010.
  • « Sciences-Po : un “new management” version “management de la peur” », Mediapart, 15 octobre 2009.
  • « Sciences-Po : une vertigineuse course aux financements », Mediapart, 14 octobre 2010.
  • « Sciences-Po : bienvenue à la Cour du roi Richard ! », Mediapart, 13 octobre 2009.
  • « Richard Descoings ou la loterie des pauvres », Marianne 2, 15 janvier 2009.
  • « À quoi mène vraiment Sciences Po ? », L'Express, 3 novembre 2011.