Institut d'Égypte

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L’Institut d’Égypte (arabe : المجمع العلمي المصري ) est une académie savante formée par Napoléon Bonaparte lors de la Campagne d'Égypte. Il est actuellement dirigé par le Pr. Mahmoud al-Shernoby.

L'Institut originel (1798-1801)[modifier | modifier le code]

Il se réunit la première fois sous la présidence de Gaspard Monge le (6 fructidor an VI), jusqu'à la quarante-septième et dernière réunion le (1er germinal an IX). Les savants participant au volet scientifique de la Campagne d'Égypte (voir la Commission des sciences et des arts) s'y retrouvent dans différentes sections, de manière analogue à l'Institut de France : mathématiques, physique et histoire naturelle, économie politique, littérature et arts.

Monge en est le président, Bonaparte le vice-président, Joseph Fourier le secrétaire et Costaz le secrétaire adjoint. L'Institut devait compter 48 membres (douze pour chacune des quatre sections). De fait il en comptera moins.

L'Institut capitalise le travail des savants de l'expédition de Bonaparte en Égypte lequel, le , prend la décision de regrouper tous les travaux des savants de la commission dans un ouvrage : la Description de l'Égypte.

Outre le formidable travail de redécouverte de l'Égypte dont la Description constitue la somme, l'Institut s'attacha à soutenir l'armée française dans une logique précoloniale visant à développer techniquement le pays.

Liste des membres[modifier | modifier le code]

  • Douze membres en section de mathématiques, dont :
  1. Napoléon Bonaparte lui-même,
  2. Louis Costaz,
  3. Joseph Fourier,
  4. Étienne Louis Malus,
  5. Gaspard Monge,
  6. Antoine François Andréossy,
  7. Michel Ange Lancret,
  8. Nicolas-Antoine Nouet,
  9. François Marie Quenot,
  10. Jacques-Marie Le Père,
  11. Charles Dugua.
  • Dix membres en section de physique et histoire naturelle, dont :
  1. Claude Louis Berthollet,
  2. René-Nicolas Dufriche Desgenettes[réf. nécessaire],
  3. Déodat Gratet de Dolomieu[réf. nécessaire],
  4. Étienne Geoffroy Saint-Hilaire,
  5. Adrien Raffeneau-Delile,
  6. Jules-César Savigny,
  7. Hippolyte-Victor Collet-Descotils,
  8. Antoine Dubois,
  9. Pierre Joseph de Beauchamp,
  10. Denis Samuel Bernard,
  11. Jacques-Pierre Champy.
  • Six membres en section d'économie politique, dont :
  1. Louis Marie Maximilien de Caffarelli du Falga,
  2. Jean-Lambert Tallien,
  3. Louis Alexandre de Corancez.
  4. Pierre Jacotin
  • Huit membres en section littérature et arts, dont :
  1. Vivant Denon,
  2. Jean-Baptiste Lepère,
  3. Henri-Joseph Redouté,
  4. Charles Norry,
  5. Jean Constantin Protain,
  6. Louis Ripault,
  7. André Dutertre,
  8. Jean Michel de Venture de Paradis,
  9. Michel Rigo.

Renaissance et activités[modifier | modifier le code]

L'activité de l'Institut d'Égypte reprend en 1836 sous le nom de Société égyptienne, grâce au travail de savants français, anglais et allemands. Son siège est transféré à Alexandrie en 1859 et son nom de nouveau changé en Institut Égyptien[1]. Le nouvel institut fonctionne sous les auspices du vice-roi d'Égypte Said Pacha : plusieurs de ses membres sont très importants comme le botaniste allemand Georg August Schweinfurth et les égyptologues Auguste Mariette et Gaston Maspero. Plus tard, en font partie Ahmed Kamal, le premier égyptologue égyptien ou le philologue Ahmad Zaki Pasha[2].

L'Institut revient au Caire en 1880, reprend son ancien nom par décret royal en 1918 et est directement placé sous la protection du palais royal[2].

L’incendie du 17 décembre 2011[modifier | modifier le code]

Le bâtiment de l'Institut d'Égypte datant du début du XXe siècle et situé à proximité de la place Tahrir, est incendié par un cocktail molotov le 17 décembre 2011, lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre mais cette version est contestée. Les murs extérieurs de l'Institut sont encore debout mais la toiture et les planchers se sont effondrés et l'intérieur est entièrement brûlé[3].

Dans ce bâtiment étaient conservés 200 000 ouvrages, certains rarissimes, concernant l'histoire et la géographie de l'Égypte. Les archives et ces ouvrages historiques ont été détruits dont huit volumes faisant partie de l’édition originale, tirée à mille exemplaires, de la Description de l'Égypte. L’Institut d'Égypte conservait également des documents administratifs datant de la présence française, des affiches, divers ouvrages savants et des récits de voyages hollandais et anglais[4].


Notes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Article de Francine Masson, directrice de la bibliothèque de l'École des mines, revue ABC Mines (décembre 1997).
  • Jean et Nicole Dhombres, Naissance d'un nouveau pouvoir : science et savants en France, 1793-1824, Payot, 1989.

Liens externes[modifier | modifier le code]