Institut national de l'audiovisuel

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Institut national de l'audiovisuel

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Logo de l'Institut national de l'audiovisuel

Création 6 janvier 1975
Forme juridique Établissement public à caractère industriel et commercial
Slogan Les images qui vous parlent
Siège social Drapeau de France Bry-sur-Marne (France)
Direction Agnès Saal (présidente-directrice générale)
Activité Audiovisuel
Effectif 959[1]
Site web www.institut-national-audiovisuel.fr
Chiffre d’affaires 40,9 millions d'euros (2012)[1]

L'Institut national de l'audiovisuel (Ina) est un établissement public à caractère industriel et commercial français, chargé notamment d'archiver les productions audiovisuelles, de produire, d'éditer, de céder des contenus audiovisuels et multimédias à destination de tous les publics, professionnels ou particuliers, pour tous les écrans. L'Ina est également un centre de formation et de recherche qui vise à développer et transmettre les savoirs dans les domaines de l'audiovisuel, des médias et du numérique.

Sommaire

Historique[modifier | modifier le code]

Article 3 de la loi du 7 août 1974 : l'Institut national de l'audiovisuel est chargé « de la conservation des archives, des recherches de création audiovisuelle et de la formation professionnelle ».

Créé par la réforme de l'audiovisuel menée en 1974 et mis en place le 6 janvier 1975, le cadre général, législatif, réglementaire et financier dans lequel l'Ina assure ses missions est fixé par l'État. Il dispose du pouvoir de contrôle sur ses activités, notamment à travers la présence de représentants de l'État et de parlementaires au conseil d'administration, la réponse à des questions parlementaires, enquêtes et rapports. Il reçoit pour financer ses activités une partie de la Redevance audiovisuelle.

En 1992, la loi du 20 juin étend le dépôt légal à la télévision et à la radio, et c'est l'Ina qui en est le dépositaire. Cette loi donne naissance en 1995 à l'Inathèque, chargée de la conservation et de la mise à la disposition des archives du dépôt légal aux chercheurs et étudiants. Son ouverture au public est effective en octobre 1998, au rez-de-jardin de la Bibliothèque François-Mitterrand. En 2002, le dépôt légal est étendu aux chaînes du câble et du satellite, puis en 2005, à la télévision numérique terrestre.

Par la suite, la loi DAVDSI du 1er août 2006 introduit en France le dépôt légal de l'Internet, dont la mise en oeuvre est partagée entre la Bibliothèque nationale de France et l'Ina. La collecte des sites par l'Ina débute à titre expérimental en février 2009.

En 2013, l'Ina capte en continu 120 chaînes de télévision et de radio et 9000 sites web médias.

Suite à un travail de numérisation de ses archives, l'Ina lance le 27 avril 2006 le site ina.fr, qui accueille à son lancement 100 000 archives représentant 10 000 heures de programmes : 80 % des archives disponibles sur ce site sont proposées en visionnage gratuit, l'internaute pouvant visionner les premières minutes des 20 % restant. Le téléchargement est payant suivant différentes formules (location ou achat du programme). Deux nouvelles versions du site sont mises en ligne, en 2009, puis en 2013. En 2009, le site accueille également 200 000 spots de publicité diffusés à la télévision française depuis 1968.

Au 30 janvier 2014, ina.fr compte 350 000 documents télévisuels et radiophoniques.

En 2018, l'Ina devrait avoir numérisé l'intégralité de ses archives menacées de dégradation définitive. Soit environ 835 000 heures de programmes audiovisuels sur un total du fonds de l'INA de près de trois millions d'heures d'archives audiovisuelles[2]. Cette numérisation est encadrée par le plan de sauvegarde et de numérisation (PSN). En 2009, selon Emmanuel Hoog, la numérisation effectuée par l'INA avait déjà permis de sauver plus de 600 000 heures d'une « destruction inéluctable »[3], soit entre trois quarts et deux tiers des archives de l'INA menacées[4].

Après des accords signés avec Dailymotion dès 2011, l'INA conclut en mars 2012 un accord avec YouTube, qui diffuse depuis une partie des vidéos de l'INA contre un partage des revenus publicitaires[5],[6] En 2013, l'Ina comptabilise au total 100 millions de vidéos vues.

Présidents[modifier | modifier le code]

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Sauvegarde et archivage du patrimoine audiovisuel[modifier | modifier le code]

L’Ina collecte, sauvegarde, numérise, restaure et valorise les archives de la radio et de la télévision françaises, soit plus de 70 ans de programmes radio et 60 ans de télévision.

Avec 5 millions d’heures de radio et de télévision conservées, et plus d’1 million de documents photographiques, les fonds d’archives de l’Ina sont parmi les plus importants au monde[2],[7].

Feuilletons, téléfilms, documentaires, journaux télévisés, magazines d’actualité, de sport, émissions de divertissement, entretiens, fictions radiophoniques, concerts… sans oublier les archives régionales, représentent une source d’archives pour la production, la diffusion, l’édition, mais aussi la recherche, l’éducation et désormais pour le grand public en accès direct.

Collecter les fonds audiovisuels[modifier | modifier le code]

La mission première de l'Ina est de collecter et de conserver les fonds audiovisuels français :

  • Les archives professionnelles, les chaînes publiques de radio et de télévision depuis 1945 (lois de 1974, 1982, 1986 et 2000) : 1 400 000 heures fin 2006, dont 700 000 heures de radio et 700 000 heures de télévision,
  • L'ensemble des programmes provenant des diffuseurs nationaux au titre du dépôt légal de la radio et de la télévision françaises. Les chaînes hertziennes de radio et de télévision depuis 1995 (loi du 20 juin 1992).
  • la loi DAVDSI du 1er août 2006 confie également à l'Ina le dépôt légal des sites web médias. L'ensemble des sites des diffuseurs, les web radio et web télé, les contenus édités par les acteurs de l'audiovisuel français et les sites liés aux programmes (émissions, séries, fan...).

Pour soutenir ce dispositif, l'Ina a mis en place un processus de captation numérique. En 2013, l'Ina capte en continu 120 chaînes de télévision et de radio et 9000 sites web médias, et l'archive ainsi constitué représentait un total cumulé de 5 millions d'heures de télévision et de radio.

Sauvegarder et numériser les fonds[modifier | modifier le code]

Parallèlement à la collecte, l’Ina assure la conservation physique de ce patrimoine audiovisuel français dont les supports, souvent uniques, se dégradent inexorablement au fil du temps. En 1999, l’Ina a lancé un plan de sauvegarde et de numérisation (PSN). D’ici 2018, l'Ina espère avoir sauvegardé l'ensemble des fonds en danger (835 000 heures). Si l'objectif est atteint, la France sera le seul pays au monde à avoir sauvé sa mémoire audiovisuelle.

Restaurer les fonds conservés[modifier | modifier le code]

La demande croissante d’images de bonne qualité et la dégradation du fonds ancien rendent nécessaire le traitement curatif des matériels films, vidéo et sons dégradés. Plus de 500 heures sont restaurées chaque année grâce aux logiciels développés en interne en lien avec les équipes de chercheurs.

Les services proposés par l'Ina[modifier | modifier le code]

Valorisation et diffusion des fonds[modifier | modifier le code]

Pour les professionnels[modifier | modifier le code]

L’Ina met en place des services dédiés aux professionnels pour faciliter la commercialisation des archives et la cession de droits d'exploitation, tant en France qu’à l’international. Ina MEDIAPRO est le service qui propose de rechercher, sélectionner puis acheter les droits d'exploitation de programmes audiovisuels.

Pour les chercheurs, enseignants et étudiants[modifier | modifier le code]

Le service de l'Ina THEQUE propose aux personnes souhaitant mener des recherches sur l'intégralités des fonds de l'Ina, un accès à des postes de consultation. Les équipes de l'Ina accueillent et orientent dans les délégations régionales ainsi qu'à la BnF. Des postes de consultation sont mis en en place dans des bibliothèques et des médiathèques afin de multiplier les points d'accès.

Pour le grand public[modifier | modifier le code]

L’Ina développe une politique de valorisation des archives à des fins éducatives et culturelles et initie pour cela de nombreux partenariats. Au travers de nombreux projets, l’Ina travaille sur la notion d’éducation à l’image et favorise par ailleurs la diffusion du patrimoine sous des formes variées au sein de festivals, rétrospectives, expositions, musées ou autres événements culturels. Depuis le 27 avril 2006, l'Ina développe l'accès libre aux archives via Internet, les applications mobiles, les télé connectées et les fournisseurs d'accès à internet. Au 30 janvier 2014, le site ina.fr permet d'accéder à 350 000 documents télévisés et radiophoniques. Les dossiers de la rédaction mettent en avant des émissions, magazines, fictions, ainsi que des évènements, thèmes et personnalités en lien avec l'actualité. L'offre s’enrichie de 5 000 heures par an et s'étend avec l'ouverture régulière de sites thématiques ou la mise en ligne d'offres spécifiques : Publicité, Thierry Ardisson, Roland Garros, festival de Cannes, les élections présidentielles, etc.

Dossiers thématiques[modifier | modifier le code]
Personnalités[modifier | modifier le code]

La présence sur les plateaux télé et radio de personnalités de tous les milieux :

Emissions et magazines[modifier | modifier le code]

Près de 1000 heures d'émissions emblématiques du patrimoine audiovisuel dont :

Séries, fictions et documentaires[modifier | modifier le code]
Sport[modifier | modifier le code]

Tous les sports télé ou radiodiffusés.

Journaux télévisés[modifier | modifier le code]

Les journaux télévisés [19] et les programmes des Actualités Françaises [20].

Fresques régionales[modifier | modifier le code]
Fresques thématiques[modifier | modifier le code]
  • Festival de Cannes : Les films, les réalisateurs, les cérémonies du Festival.
  • L'Europe des cultures : la création artistiques et la vie culturelle des 27 pays de l’Union européenne depuis 50 ans.
  • Arts Sonores : 60 ans de création sonore décrite par les équipes du Groupe de recherches musicales.
  • Charles De Gaulle - paroles publiques : 200 archives audio et vidéo pour restituer la vie politique et publique du général de Gaulle de 1940 à 1969.
  • elles@centrepompidou : prolongement de l'exposition, cette fresque réunit des portraits d’artistes femmes et les œuvres majeures.
Jeux et applications[modifier | modifier le code]

Recherche audiovisuelle et expérimentation sur l'image et le son[modifier | modifier le code]

Dès sa création, l'Ina a eu en charge la recherche, rapidement orientée vers la mise au point d'images de synthèse utilisées notamment par l'industrie française du dessin animé.

De 1982 à 2000, l'Ina a créé et piloté le salon Imagina, un rendez-vous annuel pour les professionnels de l'audiovisuel numérique.

Désormais, 95 % de cette recherche est tournée vers la préservation du patrimoine audiovisuel. Ainsi, l'Ina est impliqué dans de grands projets de recherche et d’expérimentation pour la sauvegarde et la protection des images et des sons et développe des outils numériques nécessaires à la restauration, l’indexation et le marquage des documents audiovisuels.

La recherche appliquée[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, l'Ina s'associe à des entreprises publiques et privées (CEA, France Télécom, Thomson, Thalès…), des universités et des centres de recherche français et étrangers. Depuis février 2004, le projet européen de recherche Prestospace, qui vise à développer des solutions intégrées et une approche industrielle pour les travaux de sauvegarde et de numérisation des archives audiovisuelles, est coordonné par l'Institut. L’Ina est aussi impliqué dans le développement de systèmes de classement et de recherche des contenus multimédias, de techniques de marquage des images permettant de les tracer, d'outils de navigation visant à faciliter la consultation des archives. Il participe aussi à des projets internationaux : le pôle de compétitivité Île-de-France Cap Digital, la Europeana (bibliothèque numérique européenne), Quaero (projet européen de moteur de recherche multimédia)…

Le groupe de recherche musicale[modifier | modifier le code]

Au sein de ce laboratoire de recherche, le Groupe de recherches musicales (GRM) est un lieu de recherche et de création dans les domaines du son enregistré et des musiques électroacoustiques.

Publications, revues, magazines[modifier | modifier le code]

Le 11 octobre 2010 l'Ina lance Ina Global une revue en ligne sur les acteurs et les évolutions des industries créatives, des médias et du web. La revue regroupe plus de 400 experts qui alimentent le site avec leurs articles[8].

Rencontres, débats, colloques et séminaires[modifier | modifier le code]

L’Ina organise régulièrement des ateliers de réflexion (Le Collège iconique), des colloques (Les rencontres Ina-Sorbonne) et des débats (Les lundis de l'Ina, les Club Ina EXPERT) consacrés au rôle et enjeux des médias dans notre société.

Production et édition de programmes audiovisuels et multimédia[modifier | modifier le code]

L’Ina produit et édite des programmes audiovisuels et multimédia pour le paysage audiovisuel français et international.

Documentaires audiovisuels[modifier | modifier le code]

Depuis trente ans, l'Ina a produit plus de 2 000 œuvres (soit 1 800 heures de programmes) : 1 500 ont été diffusées à la télévision et 200 films ont été sélectionnés dans des festivals internationaux. Ces productions (ou coproductions) concernent des figures historiques (Dante), politiques (Moi, Fidel Castro), scientifiques (Claude Lévi-Strauss) ou artistiques (Chagall), des moments historiques (La saga des immigrés, Une histoire de langue française) ou des sujets de société (Grandir au collège)…

Contenus pédagogiques[modifier | modifier le code]

L'Ina étend également sa production aux domaines éducatifs, pédagogiques et multimédias : avec France 5 pour le développement du site internet Côté profs pour les enseignants, avec des éditeurs scolaires pour la création de cartables électroniques, ou en participant à la conception de l'Espace numérique des savoirs, le portail éducatif du ministère de l'Éducation nationale. Son studio hypermédia est à l’origine d'innovations en matière de programmes interactifs mettant en scène les archives de l’Ina, comme la fresque interactive Jalons pour l’histoire du temps présent et les entretiens interactifs.

CD et DVD[modifier | modifier le code]

Depuis 2006, l'Ina édite des CD, DVD et Blu-ray d'émissions audiovisuelles pour la plupart directement tirées de ses archives. Outre des coffrets permettant de découvrir des émissions cultes de la radio et télévision française (Cinq colonnes à la une, Cinéma, Cinémas, Radioscopie, Discorama, Le Bébête show, Chorus), l'Ina a également entrepris d'éditer des fictions télévisées en créant les collections "Les grandes fictions de la télévision" et "Les inédits fantastiques".

Par ailleurs, l’Ina édite ou coédite des collections sonores ou vidéo retraçant les grandes heures de la radio et de la télévision. En radio, la collection Ina mémoire vive regroupe des récitals de musique classique, des discours, entretiens, lectures ou conférences avec des personnalités (André Malraux, Pierre Mendès France, Georges Pompidou, Michel Foucault…).

En télévision, de nombreuses collections sont consacrées à des émissions emblématiques : Les grands entretiens de Bernard Pivot, coédités avec Gallimard et comprenant notamment des entretiens avec Marguerite Yourcenar, Julien Green, Marguerite Duras, Françoise Dolto ou Albert Cohen. Une collection humoristique est consacrée à des émissions comme le Petit théâtre de Bouvard, les Shadoks ou Bonne nuit les petits.

Centre de formation aux métiers de l’audiovisuel, des médias et des contenus numériques[modifier | modifier le code]

L'Ina est un acteur international de l'enseignement supérieur et de la formation professionnelle aux métiers de l'image et du son.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Ina SUP, l'école de l'Ina accueille chaque année plus de 250 élèves pour des formations post-bac aux métiers de l'audiovisuel et du multimédia.

BTS audiovisuel[modifier | modifier le code]

Le BTS audiovisuel de l'Ina se divise en 4 options :

Dont deux en partenariat avec le CFA du spectacle vivant et de l'audiovisuel :

Licences[modifier | modifier le code]

Les licences de l'Ina sont menées en partenariat avec le CFA du spectacle vivant et de l'audiovisuel.

Masters et Mastères spécialisés[modifier | modifier le code]

7 formations allant de bac+3 à bac+5 permettent d'accéder à des diplômes de niveau 2 et 1.

Masters accessibles à bac +3

Masters accessibles à bac +4

  • Le Master 2 Droit, économie et gestion de l'audiovisuel est accessible à partir de bac +4. Ce diplôme permet d'acquérir des connaissances approfondies en matière de financement, d'exploitation commerciale et de stratégie marketing dans l'industrie et le marché de l'audiovisuel.
  • Le Master Documentaire, concepteur audiovisuel est également accessible à partir de bac +4. Il forme des personnes issues de toutes disciplines (lettres, sciences, commerce, ingénierie, sciences politiques, ...) aux métiers de réalisateur ou de concepteur audiovisuel multimédia.

Mastère spécialisé

Formation professionnelle[modifier | modifier le code]

Ancien centre de formation professionnelle de l'ORTF, l'Ina forme depuis 1974 des professionnels aux métiers de l'audiovisuel. Aujourd'hui, le catalogue propose plus de 450 stages qui couvrent tous les domaines de l’audiovisuel, des médias et des contenus numériques. Les 450 formations sont réparties par domaine d'activité :

Rôle à l'international[modifier | modifier le code]

Pionnier en matière de numérisation, l'Ina intervient dans d'autres pays afin de conseiller les entreprises et institutions dans leur travail de sauvegarde des archives audiovisuelles. L'Ina poursuit en parallèle des missions de solidarité, comme en Afghanistan, au Cambodge ou à Cuba[9], afin d'aider ces pays à reconstruire leur mémoire audiovisuelle.

L'institut est membre de la Fédération Internationale des Archives de Télévision (FIAT/IFTA), qui regroupe près de 180 institutions d'archivage dans 70 pays. Fin 2004, la FIAT/IFTA a lancé un appel international pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel mondial.

Typologie des fonds disponibles à l'Ina[modifier | modifier le code]

Les fonds de l'Ina (plus de 5 millions d'heures d'archives au total) regroupent la mémoire sonore et visuelle de plus de 60 ans de notre histoire, répartie dans six grandes collections : le fonds cinéma, le fonds national de télévision, le fonds radio, le fonds photo, les fonds régionaux et le fonds du dépôt légal. La plupart de ces archives sont conservées au centre de Saint-Rémy-l'Honoré[10],[11], près des Essarts-le-Roi (Yvelines).

Fonds cinéma[modifier | modifier le code]

Trente ans d'actualités :

  • le fonds de la Coopérative générale du cinéma français, soit dix-huit films produits entre 1944 et 1963, douze documentaires et six longs métrages. Exemple : La Bataille du rail de René Clément, primé au premier Festival de Cannes de l'après-guerre en 1946.

Fonds national de télévision[modifier | modifier le code]

L'INA assure une mission de dépôt légal de 88 chaînes de télévision[3].

  • Les actualités nationales ou fonds « actualités » : les journaux télévisés, les émissions et débats politiques, les magazines d'information, de reportages, les magazines et retransmissions sportives, diffusés par la Radio Télévision Française (RTF) puis l'ORTF, et la télévision publique aujourd'hui. Exemple : le premier journal télévisé créé par Pierre Sabbagh le 26 juin 1949.

Fonds radio[modifier | modifier le code]

L'INA assure une mission de dépôt légal de 20 stations de radio[3].

Les premiers enregistrements radiophoniques remontent à 1933 (discours de personnalités comme Blum, Paul Reynaud, Daladier, etc.). Pour la période de la Seconde Guerre mondiale, 4 000 enregistrements sonores proviennent des radios qui émettaient depuis Paris (zone occupée), Vichy (zone libre) ou de l'extérieur (la Résistance). Après la Guerre, une collecte des émissions a été organisée : des entretiens avec des artistes (Breton, Claudel, Giono…), des concerts de l'Orchestre national du théâtre des Champs-Élysées, des émissions de variétés ou d'information culturelle (Rendez-vous à cinq heures, Dimanche dans un fauteuil, Radioscopie, Les grandes enquêtes…).

Dès 1975, le fonds est alimenté quotidiennement par les émissions de Radio France : Le pays d'ici, Les mardis du théâtre ou du cinéma, L'Histoire en direct sur France Culture ; Le Masque et la Plume, Rue des Entrepreneurs, L'oreille en coin, Le téléphone sonne sur France Inter ; Euphonia, Le matin des musiciens sur France Musique.

Fonds publicité[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, l’Ina a mis en ligne sur son site web [21] un fonds de 200 000 spots de publicité[12]. Cet approche « Web 2.0 » est inspiré notamment de Dailymotion et de YouTube avec l'introduction de rubriques, d'espaces commentaires, de systèmes classement type « les vidéos les plus vues »[13]. Ce fonds reprend tous les spots diffusés à la télévision française depuis le 1er octobre 1968, date de la première diffusion d'un spot publicitaire à la télé. Il est issu de trois fonds :

  • le fonds RFP (Régie Française de Publicité), soit 25 500 spots ainsi que des campagnes d'intérêt général et collectives, qui couvre la période entre 1968 à 1984,
  • le fonds de la SECODIP, soit 33 300 spots, entre 1985 et 1994.
  • le fonds du Dépôt légal depuis 1995 qui comprend tous les spots de production française récoltés auprès de l'ARPP (ex BVP) et déjà disponible pour les utilisateurs du centre de consultation de l'Inathèque. Il s'enrichit de 15 à 20 000 spots chaque année.

L’initiative de l’Ina est un moyen de fixer l’évolution des pratiques publicitaires témoignant de l’évolution des mœurs, des modes de consommation, de la place de la femme ou des habitudes vestimentaires en France, etc.

Fonds photo[modifier | modifier le code]

Évalué à environ 1,5 million de photographies, datant pour les plus anciennes des années 1950, ce fonds témoigne des prémices de la télévision, quand les émissions avaient lieu en direct et n'étaient ni enregistrées, ni archivées : des reportages sur les tournages, le travail des équipes techniques, des réalisateurs et des artistes, des portraits de personnalités, et des reportages retraçant la vie quotidienne en France entre 1961 et 1974.

En novembre 2010, l'Ina ouvre pour la première fois son fonds photo au grand public, en partenariat avec Photoservice.com, sur le site internet photo.ina.fr.

Fonds régionaux[modifier | modifier le code]

Six délégations régionales conservent les programmes des radios et des télévisions publiques régionales. Chaque délégation valorise en moyenne 50 000 heures d'archives (radio et télévision) datant, pour les plus anciennes, des années 1950.

Fonds du dépôt légal[modifier | modifier le code]

  • La Télévision nationale hertzienne : TF1, France 2, France 3, Canal+, M6, Arte, France 5. Du 1er janvier 1995 au 1er janvier 2002, il s'agit du dépôt des programmes d'origine française en première diffusion, et un échantillonnage pour les journaux télévisés, les jeux et les retransmissions sportives. Il existe aussi un dépôt de 7 journées témoins chaque année reprenant l'intégralité d'une journée de diffusion pour toutes les chaînes. Depuis le 1er janvier 2002, tous les programmes sont collectés 24 heures sur 24.
  • Un fonds vidéo-musiques : 3 500 documents constitués de clips musicaux d'origine française en première diffusion depuis le 1er janvier 1995.
  • Un fonds publicité : 10 000 documents par an intégrant des spots publicitaires en première diffusion française depuis le 1er janvier 1995.
  • Un fonds du Service d'observation des programmes : 67 500 documents regroupant l'enregistrement intégral des programmes des chaînes nationales hertziennes de 1986 à 2001 pour TF1, France 2 et France 3 ; de 1992 à 2001 pour Canal+, Arte et M6.
  • Un fonds de documentation écrite : il s'agit d'un fonds d'ouvrages, de périodiques, de rapports, de thèses et de publications de recherche comme, des grilles de programmes, des dossiers de presse, des ouvrages consacrés aux médias ou des périodiques.

L'« enfer »[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1974, une salle du sous-sol du siège de l'ORTF, surnommée par les journalistes l’« enfer » (en référence à l'enfer de la Bibliothèque nationale de France, accueillant les ouvrages qui avaient été jugés subversifs), accueille les bobines de télévisions interdites de diffusion. Oubliées dans des sacs en jute sans étiquettes et sans références, après le démantèlement de l'ORTF en 1974, elles sont redécouvertes en 1992, lors du déménagement du siège vers le 13e arrondissement de Paris, auparavant situé rue Cognacq-Jay. Michel Raynal, directeur délégué adjoint aux collections de l'INA explique : « la plupart du temps, les raisons de cette mise au purgatoire étaient politiques, mais il y avait aussi des questions juridiques », dans un contexte où le général de Gaulle avait souhaité faire de la télévision des années 1960 la « voix de la France » et donc avoir un droit de regard dessus. Un organisme sous le contrôle du ministre de l'Information Alain Peyrefitte, le SLII (Service de liaison interministériel pour l'information) est chargé jusqu'en 1969 de contrôler la « bonne conduite de la radio et de la télévision ». Le SLII ne survit pas aux manifestations de Mai 68, qui impliquent aussi du personnel de la télévision ; en 1976, Valéry Giscard d'Estaing lui créé un successeur, le SID (Service d'information et de diffusion), qui coordonne la communication gouvernementale, remplacé en 1996 par le SIG (Service d'information du gouvernement), qui a encore pour mission de valoriser l'action de l'exécutif auprès des médias.

Outre des films d'information, qui constituent la plus grande partie des fonds (comme l’accident des 24 Heures du Mans 1955 à cause de l'enquête judiciaire en cours ou le général de Gaulle se mouchant sur la place Saint-Marc lors d'un voyage présidentiel à Venise), on trouve par exemple un reportage du magazine Gros plan de 1961Salvador Dalí évoque ses « souvenirs de vie intra-utérine » et commente le film Un Chien andalou, une émission de Terre des arts de Max-Pol Fouchet, où le journaliste parle de la révolution cubaine de 1960, une interview de François Truffaut déplorant la fermeture de la Cinémathèque de Chaillot au début des années 1970, une émission d'Aujourd'hui Madame où est évoqué le film polémique d'André Cayatte Mourir d'aimer ou encore des passages des chanteurs Évariste et Bernard Lavilliers. Ces fonds ont depuis été « numérisés, répertoriés, réintégrés dans les archives et ils sont accessibles aux chercheurs et au grand public sur le site de l'INA »[14].

À savoir[modifier | modifier le code]

  • Le plus vieux document de l'Ina date de 1891 : c'est la voix de Gustave Eiffel.
  • Il faudrait 300 ans non-stop pour voir et écouter toutes les archives de l'Ina.
  • Lors du premier jour de mise en ligne d'ina.fr, 6 millions et demi de visiteurs se sont connectés. Les documents les plus visionnés sont Les Shadoks et Mai 68.
  • On reconnaît les archives de l'Ina grâce au logo blanc Ina présent sur les images. Cependant, la loi interdit de « sigler » une œuvre sans l'accord des auteurs.
  • Des réflexions sur le dépôt légal d'internet sont en cours. Il devrait être mis en place à l'horizon 2009/2010 sous l'égide de l'Ina pour sa partie audiovisuelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ina - Indicateurs chiffrés des activités de l'Institut National de l'Audiovisuel », sur institut-national-audiovisuel.fr (site officiel) (consulté le 11 septembre 2014)
  2. a et b Entretien avec Emmanuel Hoog sur LeJournalduNet
  3. a, b et c Jérôme Bouteiller, Entretien avec Emmanuel Hoog. La culture est trop précieuse pour être abandonnée à un moteur de recherche, L'Expansion, le 23 septembre 2009
  4. Nathalie Silbert Et Jean-Christophe Feraud, « Il ne faut pas avoir peur de Google, mais du monopole », Les Échos, le 25 septembre 2009.
  5. Communiqué de presse commun
  6. lemonde.fr, « YouTube va mettre en ligne 57 000 vidéos issues du fonds de l'INA », Le Monde, le 27 mars 2012.
  7. LesEchos.fr : L'Institut National de l'Audiovisuel, leader de l'archivage numérique - 04/01/2013 - http://www.lesechos.fr/luxe/culture/mille-feuilles/0202480175295-l-institut-national-de-l-audiovisuel-leader-de-l-archivage-numerique-525583.php
  8. Mathieu Gallet : invité du buzz média Figaro Orange - 7 oct. 2010
  9. Télématin du 27/12/2012 : L’Ina au secours des archives cubaines
  10. « Le cadre légal, Com. 2010-2014 – Une mémoire sauvegardée et enrichie », sur institut-national-audiovisuel.fr, INA (consulté le 17 décembre 2012).
  11. « Présentation par action des crédits demandés – Action no 01 : Institut national de l’audiovisuel », sur performance-publique.budget.gouv.fr (consulté le 17 décembre 2012).
  12. L'humanité, « La démocratisation du savoir », journalier [lire en ligne]
  13. Neteco, « L'Ina.fr s'étoffe en mode "Dailymotion" », site Internet [lire en ligne]
  14. Daniel Psenny, « L'INA ouvre les portes de l'enfer », in Le Monde, samedi 25 mai 2013, page 3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article
Livre

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]