Institut Heartland

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Logo de l'institut.

L'Institut Heartland (The Heartland Institute en anglais) est un think tank fondé en 1984 aux États-Unis et faisant la promotion du conservatisme[1],[2] et du libertarianisme[3],[4],[5]. Il est également connu pour ses positions climatosceptiques, notamment avec la création du Nongovernmental International Panel on Climate Change (NIPCC)[6],[7],[8].

Basé à Chicago, l'institut est reconnu comme un organisme à but non lucratif de type 501c par l'Internal Revenue Service. Il possède un comité de direction composé de 15 membres et, en 2011, emploi environ 40 personnes à plein temps[4].

En février 2012, le dévoilement public de documents internes volés montre que l'institut Heartland paye un certain nombre de personnes, dont des scientifiques, pour défendre des opinions climatosceptiques sur Internet ou pour soumettre à des décideurs des rapports rédigés en ce sens[N 1],[6]. « Les documents du Heartland montrent que le budget prévu sur la période 2010-2013 pour la production, l'édition et la promotion des rapports du NIPCC se monte à plus d'un million et demi de dollars, dont un demi-million environ pour ses auteurs »[9].

Financement de l'institut[modifier | modifier le code]

L'Institut Heartland ne divulgue pas ses sources de financement. Selon ses brochures, il reçoit des dons d'argent d'environ 1 600 personnes individuelles et organisations, et aucun don d'une seule et même entreprise ne représente plus de 5 % de son budget de fonctionnement, bien que le chiffre pour les donateurs individuels puissent être beaucoup plus élevé. Ainsi, d'après une information issue de documents qui auraient dû rester internes à l'institut, une seule et même personne, anonyme, a offert 4,6 millions de dollars américains ($) en 2008, et 979 000 $ en 2011, ce qui représente 20 % du budget global[10]. L'institut Heartland affirme qu'il n'accepte pas de fonds publics et n'effectue pas de recherche sous contrat pour des groupes d'intérêts[11].

Il semble que l'institut a reçu un financement de fondations politiques conservatrices telles que la Fondation Castle Rock (en), la Sarah Scaife Foundation (en), la John M. Olin Foundation (en) et la Bradley Foundation (en)[12]. En 2011, l'Institut a reçu 25 000 $ de la Charles G. Koch Foundation[13], bien que cette fondation affirme que la contribution était « 25 000 $ à l'Institut Heartland en 2011 pour la recherche en soins de santé, et non pas à propos du changement climatique »[14].

Des compagnies pétrolières et de gaz ont contribué à l'Institut Heartland, dont plus de 600 000 $ pour la société ExxonMobil entre 1998 et 2005[15] ; Greenpeace a d'ailleurs affirmé que l'Institut Heartland a reçu près de 800 000 $ de la société ExxonMobil[16]. En 2008, ExxonMobil a déclaré qu'ils allaient cesser de financer des groupes climatosceptiques, y compris Heartland[15],[17],[18]. Joseph Bast (en), président de l'Institut Heartland, a fait valoir que ExxonMobil a tout simplement souhaité se distancier de Heartland dans un souci d'image publique[15].

L'Institut Heartland a également reçu un financement et le soutien de compagnies de tabac Philip Morris[19], Altria et Reynolds American, et les entreprises de l'industrie pharmaceutique GlaxoSmithKline, Pfizer et Eli Lilly[10].

En 2006, la Fondation de la famille Walton (dirigée par la famille du fondateur de Wal-Mart) avait contribué pour environ 300 000 $ à l'Institut Heartland. L'institut a publié un éditorial dans The Courier-Journal défendant Wal-Mart contre les critiques à propos de son traitement des travailleurs. Les dons de la Fondation de la famille Walton n'ont pas été divulgués dans l'éditorial, et le rédacteur en chef du Courier-Journal a déclaré qu'il n'était pas au courant de la connexion et qu'il n'aurait probablement pas publié l'éditorial s'il en avait été informé[20]. L'institut a déclaré que ses auteurs « ne sont pas payés pour défendre Wal-Mart » et ne reçoivent pas de financement de la société[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'institut aurait notamment participé au « montage » du Climategate.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Michele Mohr, « Back-yard Think Tanks », The Chicago Tribune,‎ 8 janvier 1995 « the Heartland Institute, a conservative think tank based in Palatine. »
  2. (en)Ed Pilkington, « Anti-Obama protesters march in Washington », Irish Times,‎ 14 septembre 2009 « They include right-wing think tanks such as the Heartland Institute... »
  3. (en)Suzanne Goldenberg, « Heartland Institute faces fresh scrutiny over tax status », The Guardian,‎ 17 février 2012
  4. a et b (en)« About Us », sur http://www.heartland.org, The Heartland Institute « Milton Friedman called Heartland 'a highly effective libertarian institute. »
  5. (en) Alasdair Scott Roberts, Blacked out: government secrecy in the information age, Cambridge University Press,‎ 2006 (ISBN 0521858704 et 9780521858700, lire en ligne), p. 253
  6. a et b Normand Baillargeon, « Vous reprendrez bien un peu de propagande », sur http://voir.ca, Voir,‎ 21 février 2012
  7. (en)Steve Connor, « Tobacco and oil pay for climate conference », The Independent,‎ 3 mars 2008 « The first international conference designed to question the scientific consensus on climate change is being sponsored by a right-wing American think-tank which receives money from the oil industry. »
  8. (en)Roger Harrabin, « Climate sceptics rally to expose 'myth' », BBC,‎ 21 mai 2010 « At the world's biggest gathering of climate change sceptics, organised by the right-wing Heartland Institute... »
  9. Stéphane Foucart, « L'origine de la fuite des documents du Heartland Institute a été révélée », Le Monde,‎ 21 février 2012.
  10. a et b (en) « Climate science attack machine took donations from major corporations », The Guardian,‎ 16 fév. 2012 (lire en ligne)
  11. (en) Joseph Bast, « Welcome to The Heartland Institute! », Heartlander, The Heartland Institute,‎ 13 avril 2007
  12. (en) « Heartland Institute Funding », MediaTransparency (en) (consulté le 22 juin 2010)
  13. (en) Justin Gillis et Leslie Kaufman, « Leak Offers Glimpse of Campaign Against Climate Science », The New York Times,‎ 15 février 2012 (lire en ligne)
  14. (en) « Foundation statement on Heartland Institute » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Charles G. Koch Charitable Foundation (en). Consulté le 19 février 2012
  15. a, b et c (en) Andrew Revkin, « Skeptics Dispute Climate Worries and Each Other », New York Times,‎ 8 mars 2009 (lire en ligne)
  16. (en) David McKnight, « The climate change smokescreen », Sydney Morning Herald,‎ 2 août 2008 (lire en ligne)
  17. Monica Heger, (en)"ExxonMobil Cuts Back Its Funding for Climate Skeptics," IEEE Spectrum, July 2008 (retrieved Dec. 27, 2011)
  18. Kert Davies, (en)"Exxon continued to fund climate denial in 2009," Site de Greenpeace, 19 juillet 2010: « during the same period where Exxon bent to the pressure on its campaign of denial and cut all funding to hard core deniers like the Competitive Enterprise Institute, the Heartland Institute, the George C. Marshall Institute and others... » (retrieved Dec. 27, 2011)
  19. (en) Naomi Oreskes, Erik M. Conway, Merchants of Doubt (Les Marchands de doutes), Bloomsbury Press,‎ 2010 (ISBN 978-1-59691-610-4), ?
  20. a et b (en) Bill Adair, « Corporate spin can come in disguise », St. Petersburg Times,‎ September 10, 2006 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]