Inspection générale des carrières

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L'Inspection générale des carrières (IGC) est l'organisme chargé de l'administration et du contrôle des anciennes carrières souterraines et des catacombes de Paris, anciennement connu sous le nom de Service des carrières du département de la Seine.

Regard de chaussée portant l'inscription « IDC » (« Inspection Des Carrières »).

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

En décembre 1774 se produisit rue d'Enfer à Paris un impressionnant effondrement de carrière qui engloutit sur plusieurs centaines de mètres les habitations en surface. La population ainsi que les autorités prirent alors conscience du risque sommeillant sous leurs pieds : le sous-sol parisien, exploité pendant des centaines d'années pour en extraire le calcaire et le gypse nécessaires aux constructions en surface, comportaient de nombreux vides fragilisant les fondations des bâtiments. La ville s'étant beaucoup développée depuis le Moyen Âge, d'anciennes exploitations de pierre initialement en périphéries se retrouvèrent recouvertes par l'étendue urbaine. Les conclusions des études commandées par le Conseil du Roi sur l'état du sous-sol furent si alarmantes qu'il fut décidé de créer une administration chargée de la surveillance et de la consolidation des anciennes carrières de pierre à bâtir.

L'inspection des carrières vit le jour le 4 avril 1777 par décret royal (il semble que le 4 avril soit en fait la date de création d'une commission spéciale chargée des carrières, l'IGC n'étant officiellement créée que le 24 avril 1777). Charles Axel Guillaumot, architecte du Roi, fut placé à la tête de l'administration le 27 avril de cette même année. Le même jour, un autre effondrement se produisit rue d'Enfer. La mission de l'inspection des carrières était double. D'une part répertorier les nombreux vides sommeillant sous Paris et d'autre part les consolider. Déjà à cette époque le propriétaire d'un terrain est également propriétaire du sous-sol. L'organisme d'état qu'est l'inspection générale des carrières se charge uniquement de consolider les vides de carrières se trouvant sous la voie publique, domaine du Roi. En plus de 200 ans, les équipes de l'inspection générale des carrières (ou IGC) vont faire des vides d'exploitation sous Paris un des plus remarquables ensembles architecturaux de France.

Le premier inspecteur général des carrières, Charles Axel Guillaumot, qui possédait déjà une solide expérience dans la consolidation des vides souterrains, posa les principes des opérations de confortation. Dès 1779, il adopta un système de confortation répondant à un vrai plan d'urbanisme souterrain. Il décida de ne plus suivre les galeries héritées des carriers, on ne se contentait plus des vides connus ou trouvés. De véritables voies publiques, rues, souterraines furent creusées, sous celles de la surface. L'IGC forait deux galeries parallèles à la verticale des façades des maisons, donnant ainsi accès aux propriétaires privés à leurs terrains sous-minés. Ils pouvaient ainsi entrevoir l'état des vides sous leurs propriétés et entreprendre les travaux nécessaires à leur consolidation. Ces galeries principales étaient entrecoupées par des galeries transversales et l'espace intermédiaire systématiquement remblayé. Des plaques indiquant le nom de rues étaient posées dans chaque galerie ainsi que l'orientation (est, ouest, nord, sud).

Guillaumot répartit le travail selon 3 branches :

  • fouilles et terrasses : chargée de percer les remblais d'exploitation afin de tracer les galeries de service de chaque côté d'une rue ;
  • maçonneries : construisait les piliers de confortation ;
  • cartographie : cette troisième branche était chargée de lever les plans à l'échelle 1/216.

De tous ces travailleurs souterrains seuls les ouvriers n'appartenaient pas à l'inspection générale des carrières. En effet pour les travaux il était fait appel à un entrepreneur privé. Ce n'est qu'en 1810 que les ouvriers furent intégrés dans l'administration. Le travail était réparti en ateliers, ainsi entre 1779 et 1800 on trouvait sous Paris l'atelier du Muséum (Jardin du Roi), du Faubourg Saint Marceau, de la rue Saint Jacques et du Val-de-grâce, de Saint Germain, de la rue d'Enfer, des Chartreux. On trouvait également à l'époque de tels ateliers en dehors de Paris.

Une fois percées, les galeries de service étaient bordées de longs piliers maçonnés soutenant le ciel de carrière. Ces piliers sont tous marqués d'une indication de consolidation. Ce type d'indication est de la forme « Numéro de pilier » « Initiale de l'inspecteur des carrières » « année de construction ». Ce format fut conservé jusqu'au début du XXe siècle.

Inspecteurs généraux[modifier | modifier le code]

Liste des inspecteurs généraux de 1777 à 1907[1]
Nom Dates Indicatif
C.A. Guillaumot 1777 - 1791 G
Duchemin 1791 - 1792 D
Demoustier 1792 - 1793 2
Bralle 1793 - 1795 B
C.A. Guillaumot 1796 - 1807 G
Commission (3 pers.) 1807 - 1809 Cmon
Héricart de Thury 1809 - 1831 HT
Jean Trémery 1831 - 1842 T
Chrétien-Auguste Juncker 1842 - 1851 J
Théodore-Marie-Clair Lorieux 1851 - 1856 L
Blavier 1856 - 1858 B
de Hennezel 1858 - 1865 H
du Souich 1865 - 1866
de Fourcy 1866 - 1870 F
Jacquot 1870 - 1871 E.J
Lantillon 1871
Jacquot 1871 - 1872 E.J
Descottes 1872 - 1875
Louis-Marcellin Tournaire 1875 - 1878 T
Gentil 1878 - 1879
Roger 1879 - 1885 R
Keller 1885 - 1896 K
Charles-Emile Wickersheimer 1896 - 1907 W
Weiss 1907

Références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Gerards, Paris Souterrain, réimpression de l'ouvrage paru aux éditions Garnier en 1908, DMI, Torcy, 1991, (ISBN 2-840-220024)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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