Innocent Manzetti

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Innocent Manzetti

Innocent Vincent Barthélemy Charles Louis Manzetti (Aoste, 17 mars 1826 - Aoste, 15 mars 1877) est un scientifique et inventeur italien, originaire de la Vallée d'Aoste.

Selon des études menées par le Centre d'études Jean-Baptiste de Tillier d'Aoste, Innocent Manzetti serait le vrai inventeur du téléphone, précurseur d'Alexandre Graham Bell et d'Antoine Meucci. Il mit au point cette invention entre 1843 et 1865, sans enregistrer le brevet[1].

Il est connu également pour avoir inventé, entre autres, un automate jouant de la flûte, une voiture à vapeur, une pompe hydraulique, un ciment hydraulique spécial et une machine pour sculpter.

Premières années[modifier | modifier le code]

Le joueur de flûte (1840), ici protographié à la Maison de Mosse, exposé aujourd'hui au Centre Saint-Bénin

Il s'intéressa à la mécanique appliquée. En 1840, il réalisa un automate qui jouait de la flûte à travers un mécanisme à air comprimé et un programme gravé sur un disque, comme pour les carillons. Cet instrument était très avancé pour l'époque, et il constitue encore aujourd'hui l'objet d'étude de plusieurs experts, étant donné qu'il pourrait être considéré comme le premier moteur pneumatique du monde.

Le but de Manzetti était celui de faire parler son automate, qui avait attiré l'attention de nombreux savants et chercheurs de son époque, même de l'étranger, qui voulaient l'exposer aux plus importants salons et expositions scientifiques. Déjà en 1843 il avait envisagé un système pour réaliser un « télégraphe vocal ».

Entretemps, il réalisa beaucoup d'autres instruments mécaniques : il détient le brevet de la machine pour les pâtes (1857), largement utilisée encore de nos jours, et de la première voiture à vapeur (1864).

Le téléphone[modifier | modifier le code]

Aux débuts des années 1860, il se concentra sur le « télégraphe vocal ». Entre 1864 et 1865, il créa un véritable téléphone électrique qui transmettait la voix humaine à une distance supérieure à 500 mètres. Cet exploit fut diffusé par la presse en été 1865. Les journaux du monde entier annonçaient qu'un inventeur avait finalement trouvé le système pour transmettre la voix à distance à l'aide de l'électricité.

Antoine Meucci, un émigré italien à New York, était presque parvenu au même résultat. Quelques mois après avoir appris la nouvelle de la découverte de Manzetti, il écrivit une lettre à un journal américain et déclara « Je ne peux pas nier à Monsieur Manzetti son invention », et décrivit son prototype, qui était bien moins perfectionné et pratique du modèle de l'inventeur aostois.

Mais à cause des coûts, ni l'un ni l'autre ne brevetèrent leur invention, appelée Télettrophone par Meucci et Télégraphe vocal par Manzetti. En réalité, Meucci enregistra un caveat, une réservation de brevet valable pendant deux ans aux États-Unis, mais il ne parvint pas à le confirmer.

Le 14 février 1876, l'émigré écossais Alexandre Bell déposa son brevet pour le téléphone. Aux cours des décennies suivantes, une véritable querelle se déclencha au sujet de l'invention de cette invention révolutionnaire, surtout à cause des énormes rentes économiques effectives et potentielles.

Bell gagna cette bataille et put jouir de ces rentes, mais récemment la querelle a été rouverte, avec une tendance à rendre à Meucci sa priorité intellectuelle par rapport à Bell. Toutefois, beaucoup de doutes persistent à ce sujet, puisqu'une hypothèse est de nos jours en cours d'analyse, concernant un degré de paternité première à reconnaître à Innocent Manzetti.

Curiosités[modifier | modifier le code]

La place de la gare d'Aoste, ainsi que l'Institut technique pour comptables d'Aoste sont dédiés à Innocent Manzetti.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mauro Caniggia Nicolotti, Luca Poggianti, Manzetti. L'inventore del telefono, Aoste, La Vallée ed., 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Mauro Caniggia Nicolotti, Luca Poggianti, Manzetti. L'inventore del telefono, La Vallée ed., Aoste, 2012
  • (fr) Abbé Joseph-Marie Henry, Histoire populaire religieuse et civile de la Vallée d'Aoste. Imprimerie Marguerettaz, Aoste (1929) réédition en 1967. « Innocent Manzetti ou l'Inventeur valdôtain » chapitre 392 : p.460-462.
  • (fr) Jules Brocherel., Innocent Manzetti et l'invention du téléphone, Augusta Praetoria, Aoste, 1923, p. 115

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]