Inlandsis du Groenland

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Inlandsis du Groenland
Carte de l'inlandsis du Groenland.
Carte de l'inlandsis du Groenland.

Pays Drapeau du Danemark Danemark
Province autonome Groenland
Massif Groenland
Type Inlandsis
Superficie 1 710 000 km2 (2010)
Altitude du front glaciaire 0 m (2010)
Coordonnées 75° N 40° O / 75, -4075° N 40° O / 75, -40  

Géolocalisation sur la carte : océan Atlantique

(Voir situation sur carte : océan Atlantique)
Inlandsis du Groenland

L'inlandsis du Groenland est un inlandsis situé au Groenland, une île d'Amérique du Nord constituant une région autonome du Danemark. Cet inlandsis couvre 1 710 000 km2 de superficie, soit 80 % du Groenland. C'est la deuxième plus grande masse de glace sur Terre après l'inlandsis de l'Antarctique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte des épaisseurs de l'inlandsis du Groenland ; GISP2 indique le site principal du Greenland Ice Sheet Project (en) où a été extraite une carotte de glace de trois kilomètres de longueur.

L'altitude moyenne de la glace est de 2 135 mètres[1].

La glace la plus vieille est ancienne de 110 000 ans[2].

Le Jakobshavn Isbræ est un des principaux glaciers, il produit 10 % des icebergs du Groenland. Situé au nord-ouest, le glacier Petermann, quant à lui, possède la plus grande langue glaciaire de l'hémisphère nord.

Le point 660[modifier | modifier le code]

Le point 660 est un point géographique au bord de l'inlandsis à hauteur de Kangerlussuaq (et accessible par des pistes depuis cette ville) qui représente un sommet de colline situé à la même altitude que la calotte à cet endroit (en l'occurrence 660 mètres, d'où son nom), et est donc fréquemment utilisé comme point de départ pour des expéditions sur la glace[3].

Risques liés à la fonte des glaces[modifier | modifier le code]

Si les 2,85 millions de kilomètres cubes de glace de l'inlandsis du Groenland fondaient, ils causeraient à eux seuls une élévation du niveau moyen de la mer de 7,2 mètres[4]. De tels événements se sont déjà produits dans le passé, parfois avec une montée rapide des mers[5].

Les glaciers et la couche de glace s'écoulent vers la mer avec une certaine élasticité, mais les mouvements différenciés et périodiques (rythme saisonnier marqué) de coulées de glace provoquent aussi de brutales cassures et des craquements dont les ondes élastiques se propagent en générant de petits tremblements de terre. Ces derniers sont enregistrés par des sismographes loin du pôle à travers le monde[6] avec une forte saisonnalité.


Récemment la fonte de l'inlandsis groenlandais semble s'être accélérée. Une étude publiée en 2006 a conclu que le nombre de ces séismes avait doublé de 2000 à 2005, tendance temporelle suggérant un lien avec une modification du cycle hydrologique et une réponse glaciaire à l'évolution des conditions climatiques[6]. Si l'on considère qu'une part du réchauffement climatique est d'origine humaine, une part des causes de ces séismes pourrait être considérée comme induite par l'Homme.

En 2012, la NASA et des scientifiques universitaires ont déterminé que l'aire de la calotte groenlandaise concernée par la fonte des glaces de surface est passée de 40 % à 97 % en seulement quatre jours[7], entre le 8 et 12 juillet de cette année. Une telle fonte de surface s'était déjà produite en 1889, mais jamais une aussi grande rapidité n'avait été enregistrée auparavant[8]. C'est l'éventuelle répétition rapprochée de ce type d'événement qu'il convient de surveiller, car elle témoignerait d'un emballement du réchauffement de la zone arctique.

Sur l'inlandsis[modifier | modifier le code]

Début de l'inlandsis, au point 660

Un certain nombre d'expéditions ont déjà eu lieu sur l'inlandsis, dont des traversées. L'état du bord de l'inlandsis le rend le plus souvent impraticable avec tout le matériel d'expédition (pulkas,...), puisqu'il s'agit en général de glaciers et autres zones de fractures très dangereuses. Pour cette raison on utilise, à défaut d'hélicoptère, le point 660 à hauteur de Kangerlussuaq, lieu où la glace est accessible et praticable et prend un aspect de monts et de vallées, de lacs et de rivières (bédières) d'une eau bleutée extrêmement pure à 0,5°C. Si la progression est moins dangereuse qu'aux abords des glaciers, le terrain est tout de même difficile en dehors de la période du printemps, la plus propice du fait que la glace est encore intacte et les températures plus clémentes qu'en hiver. Durant l'été, la fonte en surface de la glace entraîne une très forte humidification de celle-ci, engendrant failles et fissures, moulins, torrents (bédières), étendues d'eau, ainsi qu'une surface de la glace râpeuse et tranchante. Après plusieurs kilomètres la surface s'aplani et la pente s'affaiblit, permettant une progression plus aisée mais aussi une augmentation de la taille des étendues d'eau et de la fréquence des moulins, l'eau ayant moins de possibilités de s'échapper par la surface vers les rivières côtières. En s'enfonçant encore plus profondément les conditions se font plus propices encore à la progression humaine, mais dans tous les cas le printemps reste la meilleure période[3].

L'eau des rivières (bédières) sur l'inlandsis est issue de la fonte de la glace et est extrêmement pure. Mais après avoir franchi la calotte, et bien souvent être passée par dessous celle-ci, elle se charge fortement en silicates, lui donnant un aspect beige laiteux. L'eau devient alors peu propice à la vie et impropre à la consommation (c'est pourquoi il s'agit de la laisser reposer un certain temps lorsqu'on en prélève pour la boire afin de lui ôter un maximum de nocivité)[3].

Galerie[modifier | modifier le code]

Source descriptions : Association A²[3]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Encyclopaedia Britannica. 1999 Multimedia edition.
  2. (en)National Report to IUGG, Rev. Geophys. vol. 33 Suppl., American Geophysical Union, 1995 [1].
  3. a, b, c et d http://a.2.carre.free.fr/index.html, Association A², expédition-étude sociale ouest-Groenland, 2009
  4. (en) Climate Change 2001: The Scientific Basis. Contribution of Working Group I to the Third Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) [Houghton, J.T.,Y. Ding, D.J. Griggs, M. Noguer, P.J. van der Linden, X. Dai, K. Maskell, et C.A. Johnson (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA, 881 p. [2], [3], et [4].
  5. (en)Bette L. Otto-Bliesner, Shawn J. Marshall, Jonathan T. Overpeck, Gifford H. Miller, Aixue Hu et CAPE, Simulating Arctic Climate Warmth and Icefield Retreat in the Last Interglaciation ; Last Interglacial Project members, Science daté du 24 mars 2006, p. 1751-1753 (résumé).
  6. a et b (en) Göran Ekström, Meredith Nettles et Victor C. Tsai, Seasonality and Increasing Frequency of Greenland Glacial Earthquakes ; Science 2006-03-24 ; p. 1756-1758 (résumé).
  7. (en)Greenland ice sheet melted at unprecedented rate during July, The Guardian. Consulté le 25 juillet 2012.
  8. (en) Satellites reveal sudden Greenland ice melt, BBC News. Consulté le 25 juillet 2012.