Íngrid Betancourt

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Íngrid Betancourt
Íngrid Betancourt à Pise (Italie), en 2008.
Íngrid Betancourt à Pise (Italie), en 2008.
Fonctions
Sénatrice de la République de Colombie
20 juillet 199823 février 2002
Président Andrés Pastrana Arango
Représentante de la République de Colombie
20 juillet 199420 juillet 1998
Président Ernesto Samper
Biographie
Nom de naissance Íngrid Betancourt Pulecio
Date de naissance 25 décembre 1961 (52 ans)
Lieu de naissance Bogota, Cundinamarca, Drapeau de la Colombie Colombie
Nationalité Franco-colombienne
Parti politique Parti libéral (1994 - 1998)
Oxígeno Verde (1998 - 2002)
Conjoint Fabrice Delloye (1983 - 1990)
Juan Carlos Lecompte (1997 - 2011)
Enfant(s) Mélanie Delloye-Betancourt
Lorenzo Delloye-Betancourt
Diplômé de Institut d'études politiques de Paris
Profession Politologue
Religion Catholique

Íngrid Betancourt
Sénateurs de Colombie
Représentants de Colombie

Íngrid Betancourt Pulecio[1], née à Bogota le 25 décembre 1961, est une femme politique franco-colombienne[2], candidate à la présidentielle colombienne en 2002, enlevée par une guérilla marxiste et maintenue en captivité pendant plus de six ans dans la jungle amazonienne.

Elle est enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) le 23 février 2002 alors qu’elle est en campagne présidentielle dans l'ancienne zone dite de « démilitarisation », là où se sont déroulés les pourparlers de paix avec les forces rebelles. Les négociations avec les FARC venaient d'échouer, et le gouvernement colombien annonçait le succès de l'opération militaire Tanatos, dont le but était de déloger la guérilla de la région. Son enlèvement est fortement médiatisé, en particulier « sur le registre de l'émotion » en France[3], ce qui en fait un otage de valeur pour la guérilla. Le gouvernement français essaie de la faire libérer en négociant avec les FARC et avec l'aide du président vénézuélien Hugo Chávez, sans succès[3].

Elle est délivrée, en compagnie de quatorze autres otages, lors de l’opération Jaque menée par l'armée nationale colombienne le 2 juillet 2008, six ans et demi après son enlèvement[4]. Sa libération, de même que son enlèvement en février 2002, ont reçu un large écho dans les médias.

Elle est désignée présidente d'honneur des Verts mondiaux lors du congrès du même nom en mai 2008 au Brésil[5].

Elle est élevée au grade de chevalier de la Légion d'honneur, reçoit les prix Concorde Prince-D'Asturias et Women's World Award, et son nom est proposé pour le prix Nobel de la paix, le prix Petra Kelly et le prix DVF, entre autres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Íngrid Betancourt est la fille de Gabriel Betancourt Mejía, ancien ministre colombien de l’Éducation, sous directeur général de l'Unesco et ambassadeur de Colombie en France et de Yolanda Pulecio Vélez, reine de beauté pendant sa jeunesse, députée, sénatrice et ambassadrice. Elle passe une partie de son enfance en France, lorsque son père est en poste à l’Unesco. Elle fait ses études primaires à Paris à l'Institut de l'Assomption[6]. Son père est alors ambassadeur de Colombie à l'Unesco, et de nombreuses personnalités fréquentent la famille, comme Fernando Botero et Gabriel García Márquez ; c'est ainsi qu'Íngrid Betancourt fait la connaissance du poète Pablo Neruda[7], avec qui sa famille gardera un fort lien d'amitié jusqu'à la mort de ce dernier en 1973[8].

Après être rentrée en Colombie et avoir vécu la séparation de ses parents, Íngrid Betancourt fait ses études secondaires au lycée français Louis-Pasteur de Bogota. Après son baccalauréat, elle retourne à Paris pour suivre les cours de l'Institut d'études politiques. Elle obtient son diplôme avec mention en 1983[réf. souhaitée]. C'est là qu'elle fait la connaissance d'un Français, Fabrice Delloye, qu'elle épouse en 1981. De cette union naissent deux enfants, Mélanie et Lorenzo Delloye-Betancourt.

En 1990, elle revient à Bogota et entame une procédure de divorce à l'amiable avec Fabrice Delloye. Elle vit avec ses deux enfants et intègre le ministère des Finances comme conseiller du ministre en 1990. En 1992 elle passe au ministère du Commerce extérieur, nouvellement créé, sous la direction de Juan Manuel Santos (élu président de la Colombie en 2010), puis décide de se présenter aux élections législatives, et obtient un siège à la Chambre des députés. Elle épouse en 1997 Juan Carlos Lecompte, architecte de formation et publicitaire de métier.

Religion[modifier | modifier le code]

Íngrid Betancourt est catholique et témoigne sa foi publiquement. Le 1er septembre 2008, elle a rencontré en audience privée le pape Benoît XVI, avec qui elle entretient d'excellents rapports : « un rêve », « une expérience inoubliable », « depuis ma libération je voulais le voir et l'embrasser »[9]. Depuis 2011, elle est inscrite au Harris Manchester College à Oxford où, après un master en doctrine moderne, elle étudie la théologie de la libération[10].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1990, Ingrid Betancourt entre au ministère colombien des Finances. Elle est élue députée en 1994 et crée son parti, Oxígeno Verde, en 1998. Elle est élue sénatrice la même année avec un résultat record dans l'histoire de la Colombie[11].

En 2002, elle s'apprête à se présenter à l’élection présidentielle, lorsqu'elle est enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) le 23 février près de Florencia, en compagnie de sa collaboratrice, Clara Rojas.

Otage des FARC entre 2002 et 2008[modifier | modifier le code]

Capture[modifier | modifier le code]

Lorsque les pourparlers avec les FARC échouent en février 2002, le gouvernement d'Andrés Pastrana donne l’ordre de reprendre la zone de 42 000 km2 qui leur a été concédée comme zone démilitarisée devant garantir leur sécurité durant les négociations. Une grande opération militaire - L'opération Thanatos- est déclenchée par l'armée colombienne par ordre du Président Pastrana pour déloger les forces rebelles du territoire le 21 février 2002.

Le 23 février 2002, le président Pastrana part en hélicoptère vers San Vicente del Caguán dans le but de prouver par sa présence le succès de l'opération Tanatos et l'éviction des FARC du territoire. Les autorités refusent qu'Íngrid Betancourt voyage par voie aérienne avec les journalistes qui accompagnent le chef de l’État[12]. Le président Andrés Pastrana explique sa décision comme fruit du manque de sécurité dans la zone. Simultanément il donne l'ordre de retirer de son service le groupe de gardes du corps assignés à la protection d'Íngrid Betancourt, laissant sans sécurité un candidat à l'élection présidentielle. Sa décision n'a jamais été expliquée. Il semblerait que, pour des raisons de convenances politiques, il voulait éviter la présence d'un candidat de l’opposition à San Vicente del Caguan en même temps que lui, durant la conférence de presse internationale qu'il avait convoquée.

Íngrid Betancourt décide néanmoins de maintenir son projet et de s'y rendre, pour soutenir le maire de San Vicente del Caguán, membre de son parti politique. À la sortie de Florencia, un barrage militaire contrôle l'identité des passagers et laisse passer les voitures dont celle d'Íngrid Betancourt. Comme le gouvernement l'a annoncé, les voitures traversent une zone fortement militarisée avec des centaines de soldats patrouillant la zone, et des hélicoptères survolant la route. Au détour d'un pont, les voitures sont arrêtées par un autre barrage militaire. Cette fois, ce sont les FARC, installées sur la route à la sortie du village de Montañitas. Íngrid Betancourt et Clara Rojas sont prises en otages[13].

Cet enlèvement inquiète le pouvoir, du fait de la notoriété de la candidate à l'étranger, notamment en France, et parce que le gouvernement craint que le fait d'avoir enlevé les escortes d'Íngrid Betancourt ne suscite des critiques à son encontre[14].

En France, Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, fait de la libération d'Ingrid Betancourt une affaire d'État.

De 2003 à 2006[modifier | modifier le code]

L’opération dite « du 14 juillet » est une tentative de libération d’Íngrid Betancourt, qui s'est soldée par un véritable fiasco. Elle a provoqué une tension dans les relations diplomatiques de la France avec la Colombie et le Brésil.

Le 9 juillet 2003, un avion de transport militaire français atterrit sur l’aéroport de Manaus, au Brésil, à la demande de la famille Betancourt, dans le but d’exfiltrer l'otage, dont la libération imminente est attendue sur la foi d'une information ratifiée par le nouveau gouvernement du président Uribe de Colombie. À bord de l'avion se trouvent une équipe médicale et des diplomates, dont le chef-adjoint du cabinet du ministre des Affaires étrangères français, qui a décidé de l’opération. Le commandant de bord a obtenu l’autorisation d’atterrissage au prétexte de faire le plein de kérosène avant de regagner Cayenne. L’attitude des Français paraît suspecte aux yeux de la police brésilienne (refus d’inspection de l’avion, propos des Français concernant le « ramassage de quatre personnes » surpris par des Brésiliens). Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, informé le 12 juillet de cette présence française, contacte son homologue français qui fait allusion à une opération humanitaire. Le 13 juillet, l’avion doit décoller pour Cayenne, sur ordre du président Luiz Inácio Lula da Silva.

L’opération est rendue publique par l'hebdomadaire brésilien Carta Capital. Elle donne alors lieu à la convocation des ambassadeurs français au Brésil et en Colombie. Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, présente des excuses publiques le 31 juillet. La mission provoque une polémique, car elle aurait été décidée par le ministre français des Affaires étrangères seul qui n'a informé ni le ministre de la Défense, ni le Premier ministre, ni le président de la République (lors d'un point de presse, le président Jacques Chirac a d'abord annoncé qu'il n'était pas au courant), ces points étant ensuite officiellement démentis[15],[16].

La mobilisation pour demander la libération d'Íngrid Betancourt se poursuit en France. Le chanteur Renaud écrit une chanson en son honneur (Dans la jungle) et organise différents concerts de soutien (notamment le 23 février 2006 au Zénith de Rouen ou au Zénith de Paris en novembre 2007).

2007[modifier | modifier le code]

La présidente d'Argentine, Cristina Fernández de Kirchner, avec Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, le 30 mai 2007.

Un otage des FARC, le sous-officier colombien Jhon Frank Pinchao, parvenu à s'échapper, s'exprime sur ses difficiles conditions de détention et livre des indices dans la recherche d'Ingrid Betancourt. Il indique avoir rencontré l'otage le 28 avril 2007 et affirme qu'elle a essayé à cinq reprises de s'échapper[17].

Le président Álvaro Uribe annonce le 4 juin 2007 qu'il a libéré sans condition le chef guérillero des FARC, Rodrigo Granda, à la demande expresse de son homologue français Nicolas Sarkozy. Álvaro Uribe annonce également la libération à venir de plus de cent cinquante rebelles repentis afin d'inciter la guérilla à libérer ses otages. Au lendemain de sa libération, le chef guérillero a critiqué ce processus, qualifiant les rebelles repentis de « déserteurs » et « obscurs personnages qui s'autoproclament commandants de troupes inexistantes ». « La louable intervention du président français en faveur de ma liberté a été dévoyée par M. Uribe et d'autres fonctionnaires du gouvernement qui y ont vu l'opportunité qu'ils recherchaient pour tenter de diviser les FARC », a déclaré Rodrigo Granda[réf. nécessaire] qui a en revanche apporté ses remerciements à Nicolas Sarkozy.

Rodrigo Granda est depuis, recherché par Interpol à la suite d'une demande d'un juge paraguayen pour sa présumée implication dans l'enlèvement et le meurtre de la fille de l'ancien président de la République du Paraguay, Raúl Cubas[Quand ?][18].

Le 30 novembre 2007 les autorités colombiennes diffusent une vidéo d'Íngrid Betancourt[19] (récupérée avec une lettre de douze pages d'Íngrid Betancourt à sa famille, à la suite de l'arrestation à Bogota de trois hommes appartenant aux FARC) qui daterait vraisemblablement du 24 octobre 2007[réf. nécessaire]. Elle y apparaît la tête baissée, extrêmement amaigrie et les cheveux très longs. L'otage n'y prononce pas le moindre mot.

Le 1er décembre 2007, les FARC ont laissé entendre qu'elles souhaitaient voir le président français Nicolas Sarkozy jouer un rôle accru dans le processus en cours concernant le sort des otages de la guérilla, dont Íngrid Betancourt, le gouvernement colombien également[réf. nécessaire]. Le 6 décembre 2007, Nicolas Sarkozy adresse deux messages[20] (l'un radiodiffusé, l'autre télédiffusé) à destination des FARC et des otages. Le président français en appelle à la fibre humanitaire du chef des FARC, Manuel Marulanda Vélez, pour libérer le plus rapidement possible Íngrid Betancourt et exprime son rêve « de voir Íngrid au milieu des siens pour Noël ».

Le lendemain de la parution de la vidéo, des extraits de la lettre qu'Íngrid Betancourt a adressée à sa mère[21] sont rendus publics. La Franco-Colombienne y raconte la vacuité des jours, les vexations quotidiennes et la fatigue des longues marches imposées par la fuite permanente des guérilleros. Elle explique également que ce qui compte le plus pour elle dorénavant, est d'entendre la voix de ses enfants par l'intermédiaire d'une radio abîmée en sa possession. Elle demande précisément à ce que trois messages hebdomadaires lui soient envoyés par ce biais les lundis, mercredis et vendredis. Radio France internationale, captée dans la jungle colombienne, répondra positivement à la demande du comité de soutien à Íngrid Betancourt. Après un premier envoi de message le 7 décembre 2007, l'opération est prévue pour se prolonger jusqu'à sa libération[22].

Íngrid Betancourt a reçu l'aide de l'Église catholique romaine, qui a joué un rôle actif dans les négociations[23].

2008[modifier | modifier le code]

Le 5 février 2008, deux millions de Colombiens manifestent contre les FARC. La gauche n'a pas appelé à manifester, mais la droite la plus dure et les para-militaires sont alors marginalisés car ils perdent leur monopole de la fermeté anti-FARC. Jusqu'alors critiqué par les deux camps et par une partie des médias, Alvaro Uribe apparaît comme le grand gagnant. La manifestation, dont il n'est pourtant pas l'instigateur[24], le met en position de force face aux FARC comme face aux paramilitaires et à leurs soutiens, jusque dans son propre parti, où le scandale de la parapolitique bat son plein. Quatre dirigeants paramilitaires dont la tête a été mise à prix sont tués par la police, arrêtés ou extradés dans les trois mois qui suivent la grande manifestation, alors que l'arrestation un an plus tôt de Jorge Noguera Cotes, ex-chef des services secrets, après des révélations de presse fracassantes, avait fragilisé tout l'édifice paramilitaire.

Le 28 février 2008, un otage des FARC libéré quelques jours auparavant informe la France de l'état de santé alarmant d'Íngrid Betancourt. Il aurait précisé à Nicolas Sarkozy qu'elle subissait de multiples sévices, vivait dans des conditions inhumaines et était extrêmement affaiblie après avoir contracté une hépatite B. Le président français s'est exprimé sur le sujet le jour-même, ajoutant, entre autres, que la libération de l'otage était une question de vie ou de mort et qu'il était prêt à venir chercher Íngrid Betancourt à la frontière colombienne si telle était une condition posée par les FARC. Les enfants d'Íngrid Betancourt se sont dits « extrêmement angoissés » par la situation de leur mère[25].

Le 1er mars 2008, à la suite d'une opération menée par l'armée colombienne, Luis Edgar Debia Silva, dit Raúl Reyes, considéré comme le numéro deux des FARC, est tué en territoire équatorien1,8 km de la frontière colombienne), avec plusieurs autres membres importants de la guérilla[26]. Si le gouvernement colombien considère ce résultat comme l'un des coups les plus durs portés aux FARC, et s'en félicite, la famille d'Íngrid Betancourt s'inquiète de ce qu'il puisse y avoir des répercussions négatives sur son éventuelle libération.

Concernant les circonstances de la mort du numéro deux des FARC et ses conséquences sur le sort d’Íngrid Betancourt l’ambassadeur de France en Équateur a laissé entendre quelques jours après la mort de Raúl Reyes que les États-Unis seraient impliqués, sans apporter plus de précision.

Fabrice Delloye, ex-mari d'Ingrid Betancourt, dans une interview au journal France-Soir précise que le 26 février 2008, une réunion à Panama a réuni les délégués des pays médiateurs (Espagne, France, Suisse) et le haut-commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Respreto. Selon Delloye les délégués ont annoncé qu’ils allaient rencontrer Raúl Reyes. L'officiel colombien leur aurait répondu que c'était très bien de vouloir rencontrer Reyes. Or toujours selon Fabrice Delloye, dans la nuit du 1er mars, le président colombien, Álvaro Uribe décide sciemment de faire abattre Reyes en territoire équatorien sans prévenir ni les présidents des États médiateurs, ni le président Correa alors qu’il commet un acte de guerre dans son pays.

Dans une interview au journal colombien Cambio, la sénatrice Piedad Córdoba parle de Noël Saez, assesseur du gouvernement français frappé par la concomitance de la mort de Reyes, avec son appel précédant la localisation du chef guérillero.

Lors d'un point de presse officiel le 7 mars 2008, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, confirme que la France était en contact avec le numéro deux des FARC, Raúl Reyes, quelques jours avant sa mort, alors que le 5 mars 2008, Laurent Wauquiez, porte-parole du Premier ministre français François Fillon, affirmait qu'il n'y avait « pas eu récemment » de contact avec Paris à propos d'Íngrid Betancourt[27].

Dès lors les FARC présentent cette action militaire comme un « grave revers »[28] pour la libération d'Íngrid Betancourt et d'autres otages, qui était, selon la guérilla, en cours de négociation avec les présidents français, équatorien et vénézuélien (négociations confirmées à des degrés divers par ces trois pays). Raúl Reyes aurait en effet été, selon les FARC, leur porte-parole dans ces difficiles négociations.

L'exécution de Reyes entraîne également une crise entre la Colombie et les pays voisins : l’Équateur, qui proteste contre l'incursion de l'armée colombienne sur son territoire, et le Venezuela, que la Colombie accuse d'appuyer les FARC, en se basant sur des documents retrouvés dans l'ordinateur portable de Raúl Reyes. Un groupe d'experts en affaires internationales, dont John Womack (en), de l'université Harvard, et Larry Birns, du Conseil des Affaires hémisphériques des États-Unis, a précisé, selon un compte rendu rapporté par Tele Sur, que la Colombie avait exagéré à des fins politiques le contenu de ces ordinateurs. Selon ce groupe, mais également selon José Miguel Insulza, « de manière évidente il n'existe pas de preuves qui lient le Venezuela avec les rebelles colombiens » notamment sur le plan financier.

Dans la nuit du 28 mars au 29 mars 2008, un Falcon 900, envoyé par l'Élysée, s'est posé « discrètement » sur la piste de Cayenne, en Guyane[29]. Il s'agit d'un avion médicalisé, stationné sur une base militaire, dans l'attente d'un dénouement de l'affaire Betancourt, et la libération de l'otage, après qu'un médiateur colombien a affirmé le 27 mars 2008 qu'Íngrid Betancourt serait atteinte d'une hépatite B, d'une leishmaniose et souffrirait de malnutrition.

À la suite de ces informations plus qu'alarmantes, le président colombien Álvaro Uribe, lance un appel aux FARC le même jour, en proposant la libération de tous les guérilleros y compris les prisonniers FARC condamnés pour crime contre l'humanité, en échange de la libération d'Íngrid Betancourt. Cette proposition est jugée « illégale » par le ministère colombien de la Justice et l'Organisation des Nations unies le 28 mars 2008.

Par la suite, le 30 mars 2008, cet avion redécollera de la base militaire de Rochambeau, à quinze kilomètres de Cayenne, en Guyane, pour rejoindre Paris[30]. L'avion repart vide : certaines sources militaires évoquent alors une opération de renfort pour l'opération « Harpie », destinée à lutter contre la clandestinité, lancée un mois plus tôt par Nicolas Sarkozy, président de la République française : une certaine confusion règne alors sur les raisons exactes de la présence de cet aéronef, resté trente-six heures à Rochambeau. L'Élysée confirmera dans la journée qu'un autre avion médicalisé reste en alerte permanente à Villacoublay, base militaire située près de Paris, prêt à décoller à tout moment, en cas de dénouement dans l'affaire Betancourt.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre français, François Fillon, affirmera au journal télévisé de 20 h de TF1 que le pays reste prêt à accueillir des guérilleros des FARC, qu'il qualifiera de « militants », si eux-mêmes libèrent Ingrid Betancourt. Dans une interview sur France Inter, le Premier ministre français ira plus loin en proposant le statut de réfugié politique aux guérilleros des FARC[31]. L'association France Terre d'asile réagira promptement à ces propos en rappelant que le statut de réfugié politique ne peut être accordé à une personne dont on aura de sérieuses raisons de penser qu’elles ont commis un crime contre la paix, un crime de guerre ou un crime contre l’humanité[32]. La réponse des FARC sur ces événements et la proposition relayée par Paris et Bogota se fait alors attendre.

Le 1er avril 2008, La Tribune rapporte la publication la veille par l’Agence de presse bolivarienne, basée au Venezuela, d'un communiqué des FARC. Dans une lettre datée du 20 mars 2008, Iván Márquez, un des sept leaders des Forces armées révolutionnaires de Colombie, explique qu’après l'attaque qui a causé la mort du commandant Raúl Reyes il était clair qu’« il n’y aurait pas de rencontre avec la délégation française en vue d’étudier la libération d’Ingrid ».

Après une réunion avec le comité de soutien à Ingrid Betancourt, Nicolas Sarkozy enregistre un second message à l'adresse des FARC et de Manuel Marulanda Vélez, le 1er avril 2008, pour lui demander de « libérer immédiatement Ingrid Betancourt » ; il ajoute : « Ce serait un crime de ne pas la relâcher ».

Le 2 avril 2008, le gouvernement français annonce l'envoi d'une mission humanitaire composée de Noël Saez, ancien consul français à Bogotá, Daniel Parfait, diplomate et compagnon d'Astrid Betancourt[33], ainsi qu'un médecin pour « accéder à notre compatriote Íngrid Betancourt ».

Dans un communiqué via leur agence de presse ANNCOL, les FARC auraient qualifié de naïve l'attitude de Nicolas Sarkozy.

Le 8 avril 2008, la guérilla des FARC a qualifié d'« irrecevable » la mission humanitaire, excluant ainsi d'agir sous « la pression médiatique ».

De plus, les FARC assurent à travers un communiqué diffusé par l'agence ANNCOL et rapporté Le Nouvel Observateur du 3 avril 2008 que la France est un pays capitaliste, que son président est de droite et qu'ils ne savent pas quelles sont les limites de la sincérité du président français. Comme le rapporte également ANNCOL, les FARC gardent le souvenir de la fâcheuse expérience de l'appel téléphonique de membres du gouvernement français qui a permis de localiser le camp de Raúl Reyes, et a permis à l'armée colombienne, avec le soutien des États-Unis, de procéder à son exécution.

Libération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Jaque.
Íngrid Betancourt rencontre Madonna, sous les yeux de la présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner, à la Casa Rosada en décembre 2008.

Íngrid Betancourt est libérée le 2 juillet 2008, avec quatorze autres otages, au cours de l'opération Jaque menée par l'armée nationale colombienne[34].

Retour en France[modifier | modifier le code]

Le surlendemain de sa libération, Íngrid Betancourt décide de rejoindre la France. Elle rencontre à son arrivée le président Nicolas Sarkozy et les associations qui ont œuvré à sa libération[35]. Le lendemain matin, elle suit des examens médicaux à l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce et déjeune avec l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui fut également son professeur[36]. Elle est reçue au Sénat le 8 juillet 2008[37] puis à l'Assemblée nationale et par l'ancien président Jacques Chirac le lendemain[38].

Le 14 juillet 2008, Nicolas Sarkozy lui remet les insignes de chevalier de la Légion d'honneur lors de la garden-party de l'Élysée.

Critiques[modifier | modifier le code]

Íngrid Betancourt allumant une bougie dans le sanctuaire de Lourdes, le 12 juillet 2008.

Le déferlement médiatique qui accompagne la présence d'Íngrid Betancourt en France, en particulier lors de sa visite à Lourdes le 12 juillet 2008, suscite des critiques[39], notamment par ses connotations religieuses.

Le 26 février 2009 est paru aux États-Unis le livre Out of Captivity[40] écrit par Marc Gonsalves, Tom Howes et Keith Stansell, trois co-otages d'Íngrid Betancourt durant cinq ans et demi, avec des commentaires très durs la concernant. Les critiques contre Íngrid Betancourt divisent les auteurs entre eux, ce qui décrédibilise les attaques qui y sont consignées[41],[42]. Elle aurait par ailleurs mis la vie des otages américains en danger en déclarant aux guérilleros que ces trois hommes étaient des membres de la CIA[43]. Ayant réussi à conserver sa radio, Íngrid Betancourt aurait refusé de communiquer aux autres prisonniers les informations qu'elle recevait[41]. Keith Stansell pour sa part, va jusqu'à affirmer qu'elle volait de la nourriture et qu'elle essayait de prendre le contrôle du camp de prisonniers[42]. Gonsalves, qui noua une certaine amitié avec Íngrid Betancourt[44], a cependant nuancé le propos de Stansell en affirmant qu'elle « ne rendait pas la vie facile aux guérilleros »[42].

D'autres otages ont soutenu des versions différentes. Jhon Frank Pinchao parle dans son livre d'Íngrid Betancourt avec admiration et explique que c'est grâce à elle qu'il a réussi à s'évader. Luis Eladio Pérez raconte dans son livre Infierno Verde qu'Íngrid Betancourt lui aurait sauvé la vie. Eduardo Gechem et Gloria Polanco la décrivent comme un être « plein d'humanité ».

Le Point décrit en détail et analyse la personnalité d'Íngrid Betancourt dans un de ses articles, ce qui suscite une polémique[45].

Après sa libération[modifier | modifier le code]

Íngrid Betancourt en 2008.

Dans une entrevue à la radio colombienne Radio Caracol, Íngrid Betancourt affirme, à la fin du mois de septembre 2008, que, bien qu'elle rêve de retourner en Colombie, elle se sait en danger dans ce pays parce que, pour les FARC, elle reste « un objectif militaire ».

Elle affirme par ailleurs qu'elle n'a aucune intention de participer à nouveau à la vie politique colombienne. Elle explique toutefois qu'elle reste mobilisée pour obtenir la libération des otages restants aux mains des FARC, et qu'il existe « d'autres façons » d'aider son pays, y compris depuis l'étranger[46].

Le 16 novembre 2008, le journaliste Mathieu Deslandes révèle dans Le Journal du dimanche qu'Íngrid Betancourt va demander aux comités qui se sont mobilisés pour sa libération qu'ils n'utilisent plus son nom : « Je suis libre, il faut maintenant penser aux autres », explique-t-elle.

Le 22 novembre 2008, à l'hôtel de ville de Paris, Íngrid Betancourt a expliqué à deux cents membres de comités de soutien venant de France et d'Europe, qu'elle ne voulait plus que son nom soit utilisé[47]. En conséquence, la Fédération internationale des comités Íngrid Betancourt (Ficib) a adopté le nom de Fédération internationale des comités libertad pour la libération des otages en Colombie (Ficlloc). Son logo a également été modifié. Il ne reprend plus le visage d'Íngrid Betancourt, mais une main sortant de trois fils de fer barbelé avec le slogan « Libertad »[48].

En janvier 2010, son ancien mari Juan Carlos Lecompte, alors en plein divorce avec Íngrid Bétancourt, annonce la sortie de son livre Ingrid et moi, une liberté douce-amère, publié en français aux éditions Alphée, où il accuse la guérilla des FARC d'avoir rendu son ex-compagne très glaciale[49].

En juillet 2010, Íngrid Betancourt, dans le cadre de la loi en faveur des victimes du terrorisme, entame une procédure de réclamation de 6,6 millions de dollars de dommages-intérêts à titre de compensation pour les traumatismes et les pertes dus à sa période de captivité[50]. Le gouvernement colombien réagit fortement et dénonce l'attaque en justice de Betancourt contre les soldats qui l'ont libérée. Cette affaire scandalise l'opinion publique colombienne. Il semblerait que les résultats des sondages montrant un fort soutien en faveur d'Íngrid Betancourt ainsi que le besoin d'éviter une enquête sur la décision de retirer les escortes de Betancourt le jour de son enlèvement, aient contribué à déclencher le lynchage médiatique qui s'en est suivi[51]. Au cours d'un entretien télévisé mené par Dario Arizmendi, le 11 juillet 2010, Íngrid Betancourt assure, très émue, qu'elle regrette la distorsion qui a été faite de sa demande d'indemnisation. Elle estime avoir un « pacte de sang » avec l'armée de son pays et se révolte à l'idée que l'on puisse l'accuser d'avoir attaqué en justice les soldats qui l'ont libérée[52]. En juillet 2010, elle précise que ce n'est pas elle seule qui avait fait cette demande, mais ses anciens compagnons de détention et que l'argent était destiné à une fondation[53]. Le 17 juillet 2010, Íngrid Betancourt annonce avoir refusé une indemnité de la France et émanant du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions. Parallèlement à sa démarche en Colombie, le Fonds avait accepté de lui verser une indemnité de 450 000 euros pour ses six années de détention, mais elle l'a refusée, jugeant l'indemnisation trop faible au regard de son préjudice[54]. Ce retour en arrière s'explique par la crainte de voir la polémique sur l'action judiciaire qu'elle envisageait de mener contre l'État colombien se répandre en France[55].

Elle annonce également qu'elle a totalement renoncé à faire de la politique[56].

En juin 2013, à l'occasion du cinquième anniversaire de sa libération, elle plaide pour une suspension de peine pour les guérilleros repentis. Elle déclare notamment que « nous ne pouvons pas continuer une justice de vengeance, la paix va nous demander d'accepter un certain degré d'impunité, c'est inévitable »[57].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Sí sabía, 1996 : enquête sur le financement de la campagne électorale d'Ernesto Samper par le cartel de Cali
  • Íngrid Betancourt, en collaboration avec Lionel Duroy, La Rage au cœur, Paris, XO Éditions,‎ 2001, 250 p. (ISBN 9782744147975)
    Prix spécial du jury du prix Vérité, 2007
  • Même le silence a une fin, éditions Gallimard, 2010 (ISBN 978-2-07-012664-4)
  • Demain dans tes yeux, éditions Gallimard, 2014 (ISBN 978-2-07-014579-9)
  • La Ligne bleue, éditions Gallimard, 2014 : roman sur l’Argentine à l’époque de la dictature militaire des années 1970-1980[58].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Íngrid Betancourt : six ans dans la jungle (Hostages : the Kidnapping of Ingrid Betancourt), documentaire d'Angus McQueen, Royaume-Uni, 2010, 90'

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son père utilisait également quand il était en poste à Paris à l'Unesco dans les années 1960-1970 l'orthographe Betancur, mais la date de changement officiel de l'orthographe n'est pas connue : http://www.hermes-editorial.com/chapitres/ch4.html http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001853/185375fb.pdf
  2. La nouvelle vie d'Íngrid Betancourt - Le Nouvel Observateur, 21 août 2008
  3. a et b « Betancourt : un échec diplomatique », L'Express, 10 juillet 2008
  4. Íngrid Betancourt a été libérée, RFI
  5. (en) Global Greens Second Congress 2008 - Ingrid Betancourt Resolution sur globalgreens.org, consulté le 26 février 2009.
  6. François Veyne, « Ingrid Bétencourt en pèlerinage à Lourdes », La Croix,‎ juillet 2008 (consulté le 14 mars 2012) ; Íngrid Betencourt remercie les sœurs de l'Institut en ces termes : « sans les bases spirituelles que vous m'avez données, je n'aurais pas pu tenir aussi bien en captivité ».
  7. Jacques Thomet, Ingrid Betancourt : Histoire de cœur ou raison d’État ?, Paris, Hugo et compagnie,‎ 2006, 240 p. (ISBN 2-7556-0072-1), p. 57-58. L'auteur ajoute qu'Íngrid « se cache parfois sous le piano pour écouter la conversation des invités, ainsi qu'elle le relatera dans ses mémoires ».
  8. « Íngrid Betancourt, la course contre la montre », Le Nouvel Observateur, 13 décembre 2007
  9. « Íngrid Betancourt très émue par Benoît XVI », Le Figaro, 2 septembre 2008, p. 9
  10. Article de Françoise Dargent sur lefigaro.fr du 19 juin 2014.
  11. Ingrid Betancourt, La rage au cœur, p. 225
  12. Maurice Lemoine, « La Colombie d’Íngrid Betancourt », sur Le Monde diplomatique, monde-diplomatique.fr,‎ avril 2006 (consulté le 16 décembre 2007), p. 1, 12 et 13.
  13. L'émission Un jour, une heure sur France 2 a procédé à une reconstitution des évènements, dans le cadre d'une enquête intitulée Íngrid Betancourt, les secrets d'un enlèvement La vidéo de l'émission.
  14. Jacques Thomet, Ingrid Betancourt : Histoire de cœur ou raison d’État ?, Paris, Hugo et compagnie,‎ 2006, 240 p. (ISBN 2-7556-0072-1), p. 79
  15. France 2, « entretien du ministre des Affaires étrangères M. Dominique de Villepin avec France 2 », ministère des Affaires étrangères,‎ 27 juillet 2003 (consulté le 25 janvier 2008).
  16. Axel Gyldèn, « Quand Paris voulait doubler Bogota », sur L'Express, lexpress.fr,‎ 22 février 2007
  17. Revue de presse de mai 2007
  18. Mandat d’arrêt international contre le commandant des FARC, Rodrigo Granda, libéré grâce à Nicolas Sarkozy - Un journalisme d'investigation
  19. « Une vidéo de preuve de vie d'Íngrid Betancourt », sur Comité IDF pour la libération d'Íngrid Betancourt, Clara Rojas et tous les otages en Colombie (consulté le 25 janvier 2008)
  20. « les messages de Nicolas Sarkozy », sur Comité IDF pour la libération d'Íngrid Betancourt, Clara Rojas et tous les otages en Colombie (consulté le 25 janvier 2008)
  21. « la lettre d'Ingrid Betancourt », sur Comité IDF pour la libération d'Íngrid Betancourt, Clara Rojas et tous les otages en Colombie (consulté le 25 janvier 2008)
  22. « Le message d'espoir des enfants d'Íngrid », sur Radio France internationale, rfi.fr,‎ 7 décembre 2007 (consulté le 16 décembre 2007)
  23. Article « La mère d'Ingrid Betancourt rencontre le pape » sur La Croix.
  24. Article de RFI
  25. AFP : Sarkozy appelle les FARC à ne pas laisser mourir Betancourt, angoisse de la famille
  26. (es) Communiqué de l'armée colombienne
  27. Raúl Reyes n'allait ni libérer Íngrid Betancourt ni rencontrer Nicolas Sarkozy - Un journalisme d'investigation
  28. Une transfuge des FARC assure que les guérilleros « craquent », Reuters, Le Point, 19 mai 2008.
  29. information reprise dans le Journal du dimanche du 30 mars 2008
  30. décollage à h 56 heure locale, 11 h 56 heure de Paris
  31. Astrid Betancourt · Un journalisme d’investigation
  32. Dernière minute Íngrid Betancourt · Un journalisme d’investigation
  33. Christophe Deloire, Christophe Dubois, Sexus Politicus, Albin Michel,‎ 2006 (ISBN 2226172556), p. 21
  34. « Ingrid Betancourt est libre », sur http://www.rtlinfo.be,‎ 2 juillet 2008 (consulté le 2 juillet 2008).
  35. Le Point du 4 juillet 2008, Íngrid Betancourtngrid Betancourt est en France
  36. AFP: Íngrid Betancourt a déjeuné avec Dominique de Villepin à Paris
  37. Les sénateurs français debout pour saluer Íngrid Betancourt
  38. Le Figaro - Flash actu : Chirac rend hommage à Betancourt
  39. François-Bernard Huygue, « Cathodique et catholique : Íngrid sanctissima »
  40. Lire le livre en ligne, sur le site de l'éditeur.
  41. a et b « États-Unis : trois ex-otages racontent leur relation difficile avec Íngrid Betancourt », AFP, 26 février 2009
  42. a, b et c « Dans un livre, trois ex-otages américains des FARC ne sont pas tendres avec Íngrid Betancourt », Associated Press sur www.latribune.fr
  43. « L'icône Betancourt mise à mal dans un livre », Le Monde, 27 février 2009
  44. (en) « Book Casts Harsh Light on Ex-Hostage in Colombia », The New York Times, 27 février 2009
  45. http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-04-17/polemique-ingrid-betancourt-ange-ou-demon/920/0/335902.
  46. (es)Íngrid Betancourt, de nuevo objetivo militar de las Farc
  47. Íngrid Betancourt ne veut plus qu'on utilise son nom, nouvel Obs.
  48. Ingrid Betancourt exige de retomber dans l'anonymat, Voici.
  49. Récit amer du mari d'Íngrid Betancourt sur une libération « hollywoodienne » d'après une dépêche de l'AFP
  50. http://fr.news.yahoo.com/4/20100709/tts-colombie-betancourt-ca02f96.html
  51. « La Colombie scandalisée par la demande d'Íngrid Betancourt », Le Monde, 10 juillet 2010.
  52. « L'ex-otage des FARC Íngrid Betancourt regrette d'avoir exigé de l'argent », Le Point, 12 juillet 2010.
  53. Íngrid Betancourt s'explique sur sa demande d'indemnisation, Le Point, 29 juillet 2010.
  54. « Pourquoi Íngrid Betancourt renonce », Le Journal du dimanche.
  55. « Íngrid Betancourt refuse une indemnisation française », Le Figaro, 18 juillet 2010.
  56. « Plus de politique pour Ingrid Betancourt », Le Figaro, 29 juillet 2010.
  57. Cinq ans après sa libération, Ingrid Betancourt prêche le « pardon » en Colombie.
  58. Ingrid Betancourt à l'occasion de la parution de « La ligne bleue » : Entretien .