Ingénierie du paradis

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L'« ingénierie du paradis » (ou Paradise-Engineering) vise à créer la félicité perpétuelle par des modifications du cerveau humain.

La science pour abolir la souffrance, exalter le bonheur et l'humanisme[modifier | modifier le code]

Des penseurs contemporains mettent en avant que la souffrance et nos instincts les plus immoraux et destructeurs n'existent que parce qu'ils ont procuré un avantage sélectif à nos gènes dans une évolution imparfaite et sans compassion – mais que les scientifiques peuvent à présent prendre le contrôle du psychisme pour le rendre plus humain.

Pour simplifier, ils pensent que les substrats biologiques remodelés de notre esprit permettront à l'homme du futur proche d'être sublimement heureux, animé d'une soif de vivre invincible, et pétri d'une humanité profonde – tout aussi spontanément qu'il est actuellement prédisposé à la souffrance, à l'ennui ou plus généralement à la tiédeur.

Les principaux moyens examinés pour ce paradise-engineering sont l'ingénierie génétique, la psychopharmacologie avancée sélective, et les neurosciences (ainsi que, dans un futur plus distant, les nanotechnologies.)

Les défenseurs de ce projet pensent que les obstacles qui s'y opposent sont idéologiques bien plus que technologiques, et que la norme de notre santé mentale tenue pour absolue est un héritage arbitraire et malheureux de notre passé darwinien.

Une technique existante : le wireheading[modifier | modifier le code]

Un ensemble d'expériences particulièrement frappantes ont été menées au moyen du wireheading. Il s'agit de stimulations électriques des zones du plaisir du cerveau humain. Les résultats obtenus incluaient fou-rires, sentiments amoureux, bien-être total, enthousiasme débordant, plaisirs sexuels (parfois décrits comme un orgasme surnaturellement prolongé). Le tout sans autre cause que la stimulation due à des électrodes, et apparemment sans accoutumance.

Le projet du paradise-engineering ne se limite bien sûr pas à ces résultats spectaculaires mais sans raffinement, qui sont avancés comme une illustration supplémentaire de l'accessiblité de l'esprit humain à la science.

Organisations[modifier | modifier le code]

La Société Abolitionniste (pour « abolition de la souffrance ») est une organisation à but non lucratif promouvant ce paradise-engineering.

Les principes de cette philosophie ainsi que des stratégies technologiques potentielles pour éliminer les mécanismes de la souffrance sont très largement présentés dans le manifeste en ligne The Hedonistic Imperative du philosophe anglais David Pearce.

Questionnements philosophiques[modifier | modifier le code]

Que penser d'un futur « plus profondément extatique que tout ce qu'il est possible d'imaginer aujourd'hui » ?

Les promoteurs du paradise-engineering invoquent une urgence morale à examiner plus sérieusement ce projet, en ce qui concerne l'objectif de l'abolition de la souffrance. N'y a-t-il pas en effet des souffrances inutiles (dépression, suicide, dépendance à des drogues dangereuses...) ?

Les changements radicaux de la condition humaine envisagés par ces penseurs -et surtout peut-être bientôt rendus possibles par les avancées de la science- sont chargés de périls et d'espoirs, et semblent nécessiter des débats philosophiques et scientifiques prudents et approfondis, lesquels restent encore très marginaux.

Rapport à la psychiatrie et à la toxicomanie[modifier | modifier le code]

Une polémique contemporaine illustrant ce point est celle qui accompagne les tests d'administration de MDMA (« ecstasy ») aux victimes d'un trouble de stress post-traumatique (approbation en 2001 par la FDA aux États-Unis mais aussi des protocoles expérimentaux en Suisse et en Espagne).

Plus généralement, la norme de santé mentale défendue par la psychiatrie actuelle est jugée comme un conservatisme compréhensible mais à faire grandement évoluer.

Les dangers de la toxicomanie sont considérés comme la regrettable conséquence de notre ignorance entretenue par un puissant tabou et la rareté des investigations scientifiques sérieuses dans ce domaine. De plus, la toxicomanie obéit à des mécanismes économiques et sociaux sans rapport avec l'idée d'une (grande) amélioration du sens moral inné de la nature humaine.

L'idée est que, dans un premier temps, des drogues améliorées, élaborées avec une rigueur scientifique prudente, et donc sans les risques de celles qui existent pour le moment, permettront une grande amélioration de la santé mentale courante – en attendant une réelle redéfinition de la nature humaine par la génétique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Manifestes et présentations

Objections et discussions

Autres