Infirmité motrice cérébrale

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Infirmité motrice cérébrale ou Déficience d'origine neurologique (DON)
Classification et ressources externes
US Navy 081028-N-3173B-027 Cmdr. John King assesses the reflexes of a Cerebral Palsy patient at the Arima District Health Facility as part of the humanitarian-civic assistance mission Continuing Promise (CP) 2008.jpg
Enfant atteint d'infirmité motrice cérébrale en train d'être ausculté.
CIM-10 G80
CIM-9 343
OMIM 603513

605388

DiseasesDB 2232
eMedicine neuro/533  pmr/24
MeSH D002547
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L'infirmité motrice cérébrale (IMC) a été définie en 1955 par le professeur Guy Tardieu[1] comme étant une infirmité motrice due à des lésions survenues durant la période péri-natale.

Les sujets souffrant d'affections neurologiques dégénératives[2] ou de retards moteurs liés à une déficience intellectuelle ne peuvent donc pas être considérés comme IMC.

Il s'agit d'un état pathologique (puisque non évolutif) non héréditaire comportant diverses atteintes neurologiques. Une cause exacte n'est pas toujours retrouvée mais elle est liée à la prématurité, l'hypoxie périnatale, les traumatismes cérébraux et l'ictère néonatal. Le degré d'atteinte neurologique est sévère dans un tiers des cas et modéré dans un sixième des cas. Little l'a décrite le premier en 1862 mais c'est le Dr Winthrop Phelps qui l'a baptisé en 1937.

Classification[modifier | modifier le code]

Étant donné la variabilité des atteintes neurologiques possibles, une classification s'impose en se basant sur le schéma de l'implication motrice et la distribution topographique :

Les troubles moteurs peuvent être classés en trois groupes :

  • Spastique : réflexes myotatiques hyperactifs et clonus.
  • Dyskinétique : mouvements choréique, athétosique et ballique, dystonie et ataxie.
  • Mixte : combinaison de spasticité et d'athétose impliquant tout le corps.

La distribution topographique distingue :

  • Monoplégie : un seul membre concerné, en général spastique. Rare, diagnostic difficile.
  • Hémiplégie : spasticité des deux membres ipsilatéraux. Varus équin du membre inférieur et coude, poignet, doigts fléchis avec adduction du pouce, mais surtout perte de la proprioception et de la stéréognosie.
  • Paraplégie : deux membres inférieurs spastiques, rare. Il faut exclure une atteinte de la moëlle épinière.
  • Diplégie : le plus fréquent, atteinte des deux membres inférieurs, spasticité marquée à leur racine, réflexes ostéo-tendineux hyperactifs et signe de Babinski. Les hanches sont en adduction flexion et rotation interne. Genu valgum et valgus équin des pieds.
  • Quadriplégie : atteinte des membres et du tronc avec difficulté d'élocution et dysphagie. 45 % de retard mental. Scoliose, rétractions et luxations de hanche [3].

Causes[modifier | modifier le code]

Causes d'origine pré ou néo-natale[modifier | modifier le code]

Causes durant l'accouchement[modifier | modifier le code]

  • Traumatisme (application du forceps, hémorragie)
  • Anoxie
  • Asphyxie
  • Analgésiques (dues à une administration de médicaments pouvant affecter la respiration de l'enfant)
  • Prématurité

Causes après l'accouchement[modifier | modifier le code]

  • Tumeurs au cerveau
  • Accident vasculaire cérébral (AVC)
  • Traumatisme crânien
  • Anoxie (empoisonnement ou étranglement)
  • Infections (fièvre infantile, méningite…)
  • Problèmes vasculaires

Types d'infirmité motrice cérébrale[modifier | modifier le code]

Forme hémiplégique[modifier | modifier le code]

Les sujets atteints de cette forme d'IMC sont relativement autonomes physiquement mais souffrent souvent de troubles cognitifs importants. Ces troubles peuvent être dû à une épilepsie présente dans 40 % des cas ou à des troubles visuels importants (comme le strabisme…)[1].

Forme spastique[modifier | modifier le code]

Cette forme est la plus fréquente et est le plus souvent la cause d'une naissance prématurée. Par spasticité on entend hypertonie musculaire ce qui perturbe la motricité fine du sujet qui peut également présenter des troubles de la sensibilité proprioceptive et de la stéréognosie.

Forme athétosique[modifier | modifier le code]

Cette forme qui représente 10 à 20 % des infirmités motrices cérébrales se caractérise par des mouvements involontaires exacerbés par l'émotion. Les personnes purement athétosiques ne souffrent généralement pas de troubles cognitifs associées.

Prise en charge[modifier | modifier le code]

La prise en charge du sujet IMC est souvent pluridisciplinaire.

  • La kinésithérapie permet de prévenir les raideurs,
  • L'ergothérapie permet de travailler sur la motricité fine mais aussi d'aménager l'environnement de la personne au mieux. Ce type de thérapie a pour but de maintenir ou de développer l'autonomie de l'enfant infirme moteur cérébral dans les occupations quotidiennes et cela à travers des activités ludiques et artisanales et des mises en situations (habillage, soins personnels, alimentation, communication…). Parfois même, l’ergothérapie permet de faire le choix des aides techniques nécessaires et indispensables pour un bon positionnement de la personne à domicile, à l'école ou au travail.
  • L'orthophonie permet de travailler l'élocution (troubles très présents notamment dans la forme athétosique).
  • La psychomotricité permet de travailler autour de la prise de conscience du corps, du schéma corporel, de la proprioception, de l'image du corps, de l'espace et du temps. Elle propose des stimulations adaptées au patient afin de mettre à profit ses capacités et possibilités d'évolution.
  • L'éducation conductive , méthode de rééducation motrice inventée dans les années 1940 par le Dr Hongrois, Andràs Petö, est particulièrement adaptée aux enfants IMC. Elle est pratiquée dans plus de 170 structures à travers le monde. La première école française d'éducation conductive ("Enfance Handicap Moteur[4]") fut ouverte en 2009. Elle est située à Pouilly-sur-Loire (58150) dans la Nièvre et accueille pour des sessions de 2 à 6 semaines des enfants IMC sans déficience cognitive venant de toute la France. Les enfants IMC y apprennent comment contourner leur handicap moteur.
  • Les activités physiques adaptées peuvent aider l'enfant IMC à entretenir un rapport avec son corps autrement que par les soins médicaux et paramédicaux. Les expériences corporelles vécues en dehors du temps de rééducation, c'est-à-dire en pratiquant une activité physique vont favoriser les progrès de l’enfant IMC, satisfaire son besoin d’autonomie, de compréhension des mouvements de son corps, de découverte et de perception de l’espace environnant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « L’Institut en Motricité Cérébrale », sur L’Institut en Motricité Cérébrale (consulté le 28 mai 2010)
  2. a et b « Diaporama », sur campusport.univ-lille2.fr (consulté le 28 mai 2010)
  3. "Orthopaedics". Fitzgerald 2002
  4. « A Petit Pas - Enfance Handicap Moteur »

Lien externe[modifier | modifier le code]

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