Convoyeur de l'air

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Les convoyeuses et convoyeurs de l'air sont des infirmières et infirmiers diplômés d'État, spécialisés dans le rapatriement et l'évacuation sanitaire par voie aérienne. Éléments d'équipage aéronautique militaire au sein des escadrons de transport de la brigade aérienne d'appui - projection de l'armée de l'air française, ces derniers sont regroupé(e)s dans l'escadrille aéro sanitaire 6/560 "Étampes" stationnée sur la base aérienne 107 de Vélizy-Villacoublay.

Deux statuts existent: celui historique des convoyeurs de l'air (CVA), officiers de l'armée de l'air, personnels navigants, infirmiers diplômés d'état sous statut d'officier sous contrat (OSC), et depuis 2008 ceux recrutés parmi les sous-officiers MITHA du SSA, les infirmiers convoyeurs de l'Armée de l'Air (ICVAA).

Ils sont titulaires du brevet de convoyeuse de l'air ou du brevet d'infirmier convoyeur de l'armée de l'air, après avoir suivi une formation s'étendant sur un peu moins d'un an, nécessitant le passage de multiples qualifications. Leur brevet doit être réévalué chaque année pour maintenir le niveau opérationnel des convoyeurs.

Le concours permettant le recrutement des convoyeurs de l'air (CVA) est suspendu par l'armée de l'air depuis 2006. Le nouveau statut d'infirmiers convoyeurs de l'armée de l'air est recruté depuis 2008 parmi le corps des MITHA du service de santé des armées.

Historique[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le ministère des Prisonniers et Déportés fait appel à des infirmières spécialisées issues de la section aviation de la Croix-Rouge française dirigée par Solange Hayaux du Tilly : les IPSA (Infirmières Pilotes, parachutistes et Secouristes de l’Air), pour rapatrier les prisonniers et déportés de l'Europe entière. Une équipe de bénévoles est rapidement mise sur pied par Aliette Bréguet assistée de Guite de Guyancourt et Simone Danloux. Puis c'est le ministère des Colonies qui fait appel à leurs compétences.

Début 1946, Marie-Thérèse Palu (dite Marithé) remplace Aliette Bréguet à la direction du service des convoyages et obtient le rattachement du service au GMMTA, ce qui permet de faire de ce nouveau métier, une profession à part entière. Le premier concours a lieu en juin 1946. Pendant leur période au G.M.M.T.A., elles deviennent "Assistantes de bord" à bord des 'Dakotas' et Junkers militaires.

Le titre officiel de convoyeuse de l'air est créé en avril 1947, et aura été conféré au total à 107 jeunes femmes à l'issue d'un concours, nécessitant un stage probatoire de trois mois et 300 heures de vol. L'effectif des convoyeuses est alors fixé à 35. La première promotion ne compte que 20 recrues. Le règlement leur impose un uniforme peu adapté à leur travail : chapeau à larges bords, bas et gants blancs. Les convoyeuses de l'Air sont militaires et font partie du personnel navigant. Elles sont sous les ordres d'une convoyeuse principale, elle-même sous les ordres du général commandant le G.M.M.T.A. (Groupement des Moyens Militaires de Transports Aériens).

Insignes de spécialité[modifier | modifier le code]

  • Brevet de convoyeuse de l'air (CVA)
    Brevet de convoyeuse de l'air (CVA)
    Convoyeuse de l'air - Armée de l'air - OSCPN - CVA - 1946
  • Brevet d'infirmier convoyeur de l'armée de l'air (ICVA)
    Brevet d'infirmier convoyeur de l'armée de l'air (ICVA)
    Infirmier convoyeur de l'armée de l'air - Service de santé des armées - MITHA - ICVA - 2008

Quelques convoyeuses de l'air célèbres[modifier | modifier le code]

  • C'est Marie Thérèse Palu, qui est désignée en 1945, pour prendre le service des convoyages : elle possédait des qualités de chef et un sens inné de l'organisation. Première chef des convoyeuses, elle organisa le premier recrutement, et raconta son épopée dans le livre Convoyeuses de l'air publié en 1957 aux Éditions du Siamois.
  • Valérie de la Renaudie, auteur du livre Sur les routes du ciel, Nouvelles Éditions latines (ISBN 2-7233-0524-4). Véritable cheville ouvrière de l'organisation, elle est titulaire de la Légion d'honneur, de la Croix de Guerre T.O.E. avec palmes, de la Croix de la Valeur militaire avec étoile, de la médaille de l'Aéronautique, de la médaille du Service de Santé.
  • Geneviève de Galard, engagée en Indochine, fut (officiellement) la seule femme présente lors de la bataille de Điện Biên Phủ, auteur du livre Une Femme à Dien Bien Phu, Éditions du Rocher (ISBN 2912485541). Son engagement est également mentionné par le Docteur Paul-Henri Grauwin, auteur de J'étais médecin à Dien Bien Phu et Seulement Médecin, et également au travers du livre Merci, Toubib des chirurgiens Thuriès, Hantz et Aulong. À son retour à Paris, elle avait reçu une lettre signée de 6 Officiers parachutistes du 11e Choc. Ils lui écrivaient :Laissez de côté toute propagande et publicité. Nos camarades n'ont point besoin d'articles ni de films. L'Histoire les jugera. Vous étiez avec eux, c'est suffisant.... Dans l'avant-propos de son livre, Geneviève de Haulmes explique comment cette réserve a constitué sa règle de vie.
  • Paule Bernard (née Dupont, 1920 +1974) ancienne résistante, est recrutée en 1949 par la Croix-Rouge française comme IPSA jusqu'en 1955 ; 130 missions de guerre dont sa participation à l'évacuation de Diên Biên Phû. Elle se tourne ensuite vers le journalisme et publie son autobiographie en 1959.

Les convoyeuses en mission à Dien Bien Phu[modifier | modifier le code]

  • Paule Bernard (dite Carmen)
  • Aimée Clavel (dite Pepita)
  • Yvonne Cozannet (dite Coco)
  • Michaela de Clermont-Tonnerre (dite Boum)
  • Geneviève de Galard
  • Mademoiselle Othnin-Girard
  • Elisabeth Gras (dite Lisbeth)
  • Brigitte de Kergolay (dite La mouche)
  • Arlette de La Loyere
  • Valérie de La Renaudie
  • Christine de Lestrade (1951)
  • Chantal Mees (1951)
  • Yolande Le Loc
  • Michelle Lesueur
  • Marie-Pierre de Montgolfier
  • Solange de Peyrimhoff
  • Alberte Othnin Girard

source : www.dienbienphu-org, www.fusillier-commando-air.fr et www.mae.org

Convoyeuses disparues en mission[modifier | modifier le code]

  • Berthe Finat, dont l'avion s'est écrasé au Maroc. Elle était la sœur de Maurice Finat, qui s'était tué en revenant d'une tentative de record de vitesse à Tananarive avec Paul des Forges.
  • Anne-Marie Rouanet, qui venait juste de s'engager à la T.A.I. et périt en mer le 16 octobre 1947.
  • Geneviève du Breuil de la Gueronniere.
  • Jeanne Desprez (assistance sociale air et non convoyeuse).
  • Colette de Lauriston (IPSA mais pas convoyeuse).
  • Jeanine Bourbon (IPSA mais pas convoyeuse).
  • Lucienne Just en 1947.
  • Béatrix de L'Épine, trouve la mort à une heure d'Hanoï, sur le Paris-Saigon, le 2 novembre 1948.
  • Cécile Idrac en 1949.
  • Geneviève Roure (fille du Général Albert Roure), après 4100 heures de vol, en 1951.
  • Gisèle Pons, en 1951. Âgée de 27 ans, licenciée en droit, infirmière DE, elle n'avait effectué que 250 heures de vol quand son appareil s'est écrasé à l'atterrissage.
  • Jacqueline Domergue, dite Jaïc (1924-1957) tuée lors d’une évacuation sanitaire héliportée le 29 novembre 1957 à L'Arba en Algérie.
  • Chantal Jourdy à Tizi Ouzou, le 8 décembre 1959, tuée au cours d'une évacuation sanitaire à bord d'hélicos H34.

Liens externes[modifier | modifier le code]